Hartmann, Z. d. Deutsch. Pal. Ver., XXÏI, p. 135 s
Y Anonyme de Ravenne. L'on s'accorde également à identifier
celte ville avec le 'Oitrdh, ^/v*, mentionné par les anciens géo*
graphes arabes, comme une petite ville du désert syrien dépendant d'Alep et située entre Palmyre et Rosâfa, c'est-à-dire précisément sur le tracé de la route de la Table de Peutinger. Le malheur est que ce nom suggestif de 'Ourdh* a disparu de la nomenclature arabe moderne, ce qui complique la solution sur le terrain. Néanmoins, tout paraît indiquer que la ville cherchée est représentée par le village appelé aujourd'hui Tayibé et situé sensiblement dans la direction et à la distance requises. C'est la conclusion à laquelle on s'est généralement arrêté, en admettant que l'endroit avait troqué son vieux nom spécifique contre le nom générique et banal de Tayibé, voulant dire en arabe a la bonne » f . MM. Moritz et Hartmann, tout en se rangeant sur ce point à l'opinion commune, n'ont pas fait état d'un renseignement qui a l'avantage, tout au moins, de nous montrer les deux toponymes étroitement associés. Je l'emprunte à un passage des Marâsidelittîla * qui est resté jusqu'ici inaperçu : « Tayibé est un village du district de 'Ourdh, situé entre Palmyre et Alep. » Voilà qui pourrait contribuer à nous expliquer pourquoi et comment a eu lieu la substitution du nom de Tayibé à celui de 'Ourdh. En tout cas, si Tayibé n'est pas 'Ourdh même, elle ne doit en être guère loin, et, par conséquent, l'on ne se trompe pas de beaucoup en localisant àTayibé la Oru(d)a de la Table. L'augmentation de probabilité que nous appporte cette donnée nouvelle n'est pas à dédaigner.
1. D'après les habitudes de la phonétique syrienne, *Ourdh devait se prononcer comme un dissyllabe : 'Oureùdh; et, à cet état, le nom se rapproche encore davantage des transcriptions antiques. C'est, vraisemblablement un vieux nom indigène, peut-être araméen. Il est à remarquer, toutefois, que 'oiiMA, entre autres sens, a en arabe celui de « moitié » et que YOruda de la Table et son représentant moderne probable Tayibé, sont sensiblement à moitié chemin entre Palmyre et Rosâfa.
2. Peut-être par allusion à la qualité de l'eau? En tout cas, les Tayibé foisonnent dans la toponymie syrienne et il semble que, plus d'une fois, ce nom banal a dû prendre la place d'un nom antique (cf., par exemple, en Palestine, Tayibé = Ophrah de la Bible).