LA VOIE ROMAINE DE PALMYRE A R1SAPHA
L'identification de Cholle, inscrite par la Table entre Oru[d)a et Risapa, à 22 milles de la première et à 20 de la seconde, constitue un problème très difficile. M. Morilzn'a fait qu'embrouiller la question en supposant, bien gratuitement, une interversion dans les positions relatives de Oruda et de Cholle; il fait passer celle-ci entre Oruda et Harac (Aracha-Erek), du côté de Palmyre, et la place au lieu dit SouAh?ié(« source d'eau chaude »). M. Hartmann n'a pas de peine à démontrer combien cette hypothèse est peu heureuse; le moindre de ses inconvénients est d'impliquer l'existence d'une étape invraisemblable de 72 kilomètres, sans arrêt, sans point d'eau, entre Oruda et Risapa.
Il est donc beaucoup plus naturel d'admettre, avec la Table, que Cholle se trouvait à peu près à moitié chemin entre ces deux dernières villes, à 22 milles de la première, à 20 de la seconde. Seulement, il faut avouer que, sur cette base, le terrain ne nous offre rien de satisfaisant. Je ne vois guère que le lieu dit AbouKhamts 1 , entre Tayibé (Oruba) et Rosâfa (Risapa), qui, au moins par sa position, répondrait à peu près aux conditions voulues. Mais, ici encore, nous manquons de tout fondement toponymique et, de plus, nous n'avons aucun renseignement sur l'aspect de ce site. Il est donc prudent de suspendre son jugement jusqu'à plus ample informé.
Il y aurait peut-être lieu, nonobstant, d'utiliser un renseignement, malheureusement bien vague, donné par un voyageur qui, en 1808, a traversé et décrit ces régions si mal connues. Rousseau* mentionne, mais seulement par ouï-dire et sans en préciser la position, un point d'eau sis dans les parages nord* de Tayibé,
1 . Nom inscrit avec un signe de doute sur la Carte de M. Moritz.
2. J.-B. -Louis-Jacques Rousseau, Voyage de Bigdadà Alep, publié, d'après le manuscrit de l'auteur, par L. Poinssot, Paris, 1899, pp. 153 et 157 (cf. t. III du Recueil d'archéologie orientale, p. 285 s. et les Additions afférentes, à la fin du volume).
3. C'est, du moins, ce qui paraît résulter du contexte des deux passages dans le premier desquels les Guessour el-Ekheweïn me semblent répondre au Kasr el-Kheir de la Carte de M. Moritz (au sud-est et près de Tayibé). La description de Rousseau concorde bien, pour ce dernier point, avec celles citées en note (p. 28, n. 3), par M. Moritz; par conséquent, ces vastes bâtiments étant,
et dont il écrit le nom tantôt Koivan (p. 153), tantôt Elkowin (p. 157). Sous le rapport de la première syllabe [Ko = Cho), ce nom rappelle assez celui de la Cholle de la Table ; et, si Ton tient compte, d'une part, des mauvaises graphies fréquentes sur cette Table ', d'autre part, de l'incertitude que présente souvent l'écriture de Rousseau lui-même 1 , on peut se demander si ce n'est pas à l'endroit mentionné par celui-ci (et identique peut-être à Abou Khamls ?) qu'il conviendrait de chercher la station intermédiaire entre Oru(d)a et Risapa.
Inscriptions grecques de Mésopotamie.
M. Sterrett 1 addnné la copie et la lecture suivantes d'une petite inscription grecque provenant d'un village situé près de Biredjik, sur la rive orientale de l'Euphrate :
ZEAATABHAAY nEXEPEKAIOAY KmiACAAYTT€XAIP€
7jÎ{x) aY(a)0r; aXux£ yzçe xa» 'OXj[[/.]z».i; aXuze yraTpE.
Le nom de femme Zéa est bizarre; Tépithète àyaO^, au lieu de Xpir^, est d'un emploi assez rare dans cette formule funéraire; de plus, on s'attendrait alors à ce que cette épithète fût rattachécà àXinre par xxl et, aussi, à ce qu'elle fût également intercalée, dans la seconde partie de l'inscription, entre le nom de l'autre défunte Olympias et l'expression qui se répète textuellement: oXuîts -/aTpe.
comme je l'ai montré dans le volume précédent de ce Recueil (loc. cit.) y d'origine arabe (époque du calife Hichâm), les diverses hypothèses émises à leur sujet par M. Moritz deviennent bien précaires.
1. Il convient, toutefois, de rappeler que la leçon Cholle semble garantie par Ptolémée (XoUr 4 ) et V Anonyme de Ravenne (Cholle).
2. Il faudrait vérifier les graphies exactes dans le manuscrit dont la lecture est parfois douteuse. C'est ainsi que le nom de la localité associée à celle-ci est imprimé une fois Nedomyat, une autre fois Nedayat.
3. Sterrett, The Wolfe expédition to Asia Minor (Pap(rs of Ihe Amtrkan School } etc., vol. III), p. 433, n° 626.