P. E. F., Quart.Statcm., April 1899, p. 103 et suiv
Je reproduis ci-dessous le dessin, peut-être un peu rudimentaire, mais assez fidèle *, qui accompagne cette description.
L'étroite parenté de cette anse estampillée avec celles découvertes à Jérusalem, près de trente ans auparavant, saute aux yeux; et M. Bliss ne pouvait manquer de faire le rapprochement. Tout en faisant remarquer que le nom de la ville de Hébron apparaît aussi dans la Bible comme nom de personnes \ M. Bliss estime avec raison que cette nouvelle légende fait pencher la balance en . faveur de l'interprétation comme noms de villes de tous les seconds éléments de ces légendes, légendes visiblement congénères. Écartant implicitement Tune des deux traductions qu'il avait mises en ligne (« Au roi Hébron »)\ il retient l'autre : « Au roi de Hébron ». Il part de là pour aboutir à la conclusion suivante :
La ville de Hébron, autrefois Kiriat Arba, n'ayant reçu ce premier nom qu'à l'époque de la conquête de la Palestine par les Hébreux; d'autre part, David, bien qu'installé à Hébron pendant les sept premières années de son règne, ayant été, dès cette époque même, « roi sur Israël »> et n'ayant guère pu, par conséquent, porter le titre restreint de « roi de Hébron », c'est entre ces deux points extrêmes, c'est-à-dire entre le temps de Josué et celui de David, qu'il conviendrait de placer la date du
1. Comme j'ai pu m'en assurer, grâce à un moulage que je dois à l'obligeance du Comité du Palestine Exploration Fund.
2. On peut ajouter, ce qui est assez curieux, qu'il en est de même pour le nom de «yr = «p.
3. Hébron étant considéré comme nom d'homme. M. Hilprecht, tout récemment encore (P. E. F., Statement, 1899, p. 209), s'est attardé, bien à tort, à ce mirage irrévocablement dissipé par les faits.
JARRES ISRAÉLITES MARQUÉES A l' ESTAMPILLE DES ROIS DE JUDA 9
monument. La date la plus basse ne pourrait dépasser l'intronisation deSaiil, parce que c'est à partir de ce moment que le mot meleky « roi », a pris un sens pflls large et a cessé d'être appliqué, comme il Tétait dans la période antérieure, au chef d'une ville ou d'un simple district.
Tel est le raisonnement de M. Bliss. Pour quiconque a quelque expérience de la paléographie sémitique, cette conclusion semblera inadmissible; la forme des lettres de la légende en question suffit, à elle seule, pour montrer qu'elles sont postérieures — et peut-être de beaucoup — à l'époque de David ; le plus qu'on puisse dire, c'est que, selon toute apparence, elles sont antérieures à l'exil, ce qui est déjà fort joli. L'erreur de M. Bliss provient de ce qu'il n'a pas compris le véritable sens de cette légende, dont la concision est, en effet, quelque peu déroutante, mais qui, cependant, rapprochée de ses congénères, contient, comme je vais essayer de le montrer, la véritable clef du problème.