LE NOM DE PH1LOUMENÈ EN PUNIQUE
l'introduction d'hypothèses fort contestables. Je ne vois guère à en retenir, comme donnée nouvelle et utile, que le rapprochement ingénieux de "jna avec la racine "jsn, rapprochement qui vient, du reste, à l'appui de la conclusion à laquelle j'avais abouti sur la fonction grammaticale de ce mot. Il est juste d'ajouter que le fac-similé exécuté par M. Lidzbarski avec beaucoup de soin, est en progrès marqué sur le fac-similé publié antérieurement. Mais il me sera permis de rappeler encore qu'il ne fail que confirmer graphiquement, sur toute la ligne, les sérieuses modicatiotls qu'une sévère « cross-examinalion » de l'original m'avait permis d'introduire déjà dans le déchiffrement obtenu par M. Berger.
Le nom de Philoumenè en punique.
L'inscription punique du C. 1. S., n° 1301, est une dédicace faite par une femme qui porte un nom nouveau et jusqu'ici inexpliqué : ]rv[by]:i m webs, x, fille de Baalyaton.
Le nom du père est franchement punique ; celui de la fille a plutôt une physionomie étrangère. M. Berger le transcrit Palmina et, tout en avouant qu'il n'en voit pas l'origine, il le rapproche du nom d'un certain Flavius Palminus qui apparaît dans une inscription romaine de Timgad(C. /. L., VIII, n° 2403 a). Il ajoute qu'on pourrait peut-ôtre aussi être tenté de le comparer au mot hébreu, ou plutôt araméen (Daniel), *aabs, qui se retrouve également dans d'autres langues sémitiques sous diverses formes 1 et qui est employé au sens de « un tel », 5 8sïva, lorsqu'on parle de quelqu'un sans donner son nom.
Cette dernière acception suffirait pour exclure l'hypothèse qu'un pareil mot ait pu justement servir de nom propre.
Quant au rapprochement, plus satisfaisant assurément, avec Palminus, au féminin Palmina, il soulève deux objections, ou, tout au moins, deux difficultés.