‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 69 sur 213 · Zeilsch. f. Assyr., 1896; p · texte numérisé non relu

Zeilsch. f. Assyr., 1896; p

MAiNBOUG-HIÉRAPOLlS DANS LES INSCRIPTIONS NABATEENNBS 101

rotées dans son carnet n os 52,53, 54 = C. I.S., n 09 422 A, 422 B et 423, se trouvent au débouché occidental de la vallée du Sîq, sur le bord nord du ruisseau, dans la région des anciennes carrières, sur une paroi de rocher verticale. L'endroit est d'un accès très difficile. Sur les parois des carrières on ne relève, çà et là, que le mot abw, sans aucun nom propre, et de nombreux dessins au trait représentant des autels ou des cippes de différentes formes.

L'épigraphe wisnnK est gravée immédiatement au-dessous d'une sorte de niche rectangulaire, de m ,50 à m ,60 de haut, défoncée dans une paroi de rocher verticale et bien dressée. Au fond de cette niche peu profonde, et à la partie supérieure, sont gravés deux rectangles séparés par deux lignes verticales, à peu près de cette façon : (£5} 1 1 £Ey

Commençant immédiatement au bord gauche de la niche, mais à un niveau un peu supérieur à celui de l'épigraphe NnnnN est gravée l'épigraphe n° 52. L'épigraphe, n° 53, qui est la répétition textuelle du n° 52, est gravée à droite de la niche, mais à une distance notablement plus grande, que M. Euling évalue, de mémoire, à 1 ou 2 mètres.

La lecture matérielle des n°» 52 et 53 est assurée : Nivaa \Q* comme il a été transcrit au Corpus-, ou mieux, je crois, NnmJD, car dans aucune des deux épigraphes le noun n'affecte la forme finale ; il est surtout, au n 52, visiblement lié au guimel qui le suit.

Quelle peut être la signification de ce mot ainsi répété? Tout en se demandant si ce serait pas le nom de quelque divinité, à rattacher au nom Nnsnrw, lui-même obscur, les éditeurs du Corpus le tenaient pour inexplicable : « quid significet ignoramus ». Il y donc là une petite énigme qui attend sa solution. Voici celle que je proposerai.

Je considère la terminaison Nrv, comme une désinence d'adjectif féminin, rv, suivie de Yaleph emphatique, toutes choses parfaitement régulières en araméen. Nous aurions, par conséquent, affaire à un qualificatif se rapportant à quelque individualité féminine, individualité soit divine, soit humaine — nous examinerons ce point tout à l'heure : « la ? »

De quelle nature peut être ce qualificatif? Je crois que ce n'est autre chose qu'un ethnique, tiré du nom de la ville d'Hiérapolis, la Hiérapolis de la Syrie Cyrrhestique, dont nous aurions ici pour la première fois, ce qui est d'un très grand intérêt, le nom sous sa véritable forme originale asun, Manbig, Manbeg ou Manboug : Nnunao, « laManbougienne ».

On sait que celte ville reçut son nom de Hiérapolis ou de Hiéropolis, « ville sainte », à l'époque des Séleucides, nom bien mérité, car là s'élevait le fameux sanctuaire consacré principalement à lagrande déesse syrienne, Astarté. selonlesuns, Atergatis ou Derceto, selon les autres. Mais à côté de ce nom grec, la ville avait conservé son ancien nom indigène; elle ne Ta même jamais perdu. La forme arabe de ce nom, encore usité, r^>*,Manbidj y Manbedj, concorde, en effet, de la façon la plus absolue avec celle qui, à mon avis, nous est révélée par notre inscription nabatéenne : A^o. Le syriaque, il est vrai, l'appelle aiaD 4 , nom que l'on transcrit généralement Maboug, ou Mabog, mais probablement à tort; il semble bien — et notre nouveau document apporte à l'appui un indice décisif, — que, dans cette forme syriaque, le beth était, en réalité, frappé d'une réduplication non apparente dans l'écriture, et que la prononciation, tout au moins la prononciation correcte, devait être Mabboug ou Mabbog . Le redoublement du b correspond, normalement, dans les errements de la phonétique sémitique, à l'assimilation d'un n précédant ce b : bb = nb. La même assimilation paraît également exister dans la forme talmudique, un peu différente, aso, Mapeg, ou, mieux, Mappeg, ville où, nous dit le Talmud de Babylone*, Ton adorait une idole appelée on vin, Taratam 2 ; on reconnaît sans peine, dans ce dernier nom, celui de la déesse de Hiérapolis : Atergatis. Le changement du s en S peut, à la rigueur, s'expliquer phonétiquement; mais il est peut-être simplement do

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