Id., July 1899, p
10 RECUEIL D V ARCHÉOLOGtE ORIENTALE
corps. En réalité, il y a simplement deux paires d'ailes, rigoureusement symétriques et recourbées, la première paire en haut, la seconde en bas.
Il suffit de jeter un coup d'œil sur la reproduction donnée cidessus 1 , pour se convaincre qu'il ne s'agit ni d'un aigle, ni d'un papillon. C'est tout simplement le symbole égyptien bien connu, le scarabée aux quatre ailes éployées, vu de dos, la tète en haut. Nous n'avons ici, par suite du manque de détails et de la grossièreté du travail, que la silhouette de la bestiole sacrée ; mais cette silhouette est d'une rare fidélité. Ce symbole créé sur les bords du Nil avait, comme tant d'autres, fait fortune en Orient et principalement en Syrie. C'est ce que prouve catégoriquement, entre autres, un sceau d'onyx gravé, en caractères phéniciens archaïques, au nom de Abd-Hadad, que j'ai fait connaître autrefois 8 , et qui représente dans la même position, le même scarabée ; la seule différence consiste dans le fini et la perfection de l'exécution qu'on admire chez celui-ci.
Cette constatation est importante, parce qu'elle établit un premier et intime rapport entre l'anse de Tell Zakariya et les anses de Jérusalem. En effet, celles-ci portent l'estampille d'un autre symbole, également d'origine égytienne, et non moins populaire en Syrie, le disque solaire ailé ou l'épervier sacré. Il y aurait beaucoup à dire sur ce dernier symbole dans lequel, pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer ici, j'incline à reconnaître ce que les Israélites appelaient le kabod. J'aurai, j'espère, l'occasion d'y revenir.
Ce premier point déterminé, j'arrive à l'interprétation de la légende elle-même.
Il ne saurait plus y avoir de doute désormais que, dans cette légende, le second terme, pan, est le nom même de la ville de Hébron, de même que *p et nahzfl ', sur les estampilles congénères
1. P. 8. Cf. les autres exemplaires publiés ultérieurement, ûJ.,i6., plate V, et que je reproduis plus loin, p. il.
3. Ou, plutôt, n3[Wl, comme nous en aurons tout à l'heure la preuve formelle.