‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 9 sur 213 · Sauf, toutefois, M. Pilcher, /. c · texte numérisé non relu

Sauf, toutefois, M. Pilcher, /. c

2. On pourrait aussi penser à rW : r "Tn] = rwrn, Hadanhah, ville de Juda, dans la Chephelah (Josuô, xv, 37). Mais cette restitution paraît moins satisfaisante, tant sous le rapport de la forme grammaticale que sous celui de la position géographique. Pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer ici, je serais d'avis d'identifier teHadachah de Josué avec le village actuel de Hat ta y à Test de Medjdel et d'Ascalon. Cf. sur ce point mes Archaeological Researcbcs in Palestine, vol. il, p. 76, note.

Reste à rendre compte du mot -jSa, précédé du lamed y soit possessif, soit dédicatoire, mot par lequel débutent uniformément toutes ces petites épigraphes congénères.

11 me semble impossible d'y voir, avec M. Sayce, le nom du dieu Moloch et de comprendre : « Au Moloch de telle ou telle cité »'. S'il s'agissait réellement d'une dédicace au dieu de la cité, on s'attendrait bien plutôt au vocable Baal qu'au vocable Moloch. Et puis, cette dédicace solennelle serait bien peu à sa place, cachée pour ainsi dire dans une estampille minuscule marquant discrètement une simple anse de jarre; en pareil cas, c'est plutôt la panse qui aurait dû recevoir une telle dédicace, et la dédicace aurait dû être tracée en beaux caractères, bien apparents. Force est donc de prendre le mot -jSd dans son sens ordinaire de roi.

Mais alors comment agencer ce mot roi avec les divers noms de villes qui lui sont associés? Il est tout aussi difficile d'admettre que ces légendes doivent être traduites, comme le suppose M. Bliss : « Au roi de telle ou telle ville ». Comme je l'ai fait remarquer plus haut, les seules considérations paléographiques suffiraient à nous montrer que les estampilles ne peuvent être antérieures à l'époque des rois de Juda, c'est-à-dire à une époque où il ne saurait plus être question d'un « roi de Hébron », d'un « roi de Ziph », d'un « roi de Socho », etc. Il est de toute impossibilité historique d'admettre, à cette date, relativement tardive, la survivance de petits royaumes analogues à ceux dans lesquels la Palestine était encore morcelée au moment de la conquête de Josué. Tout au plus pourrait-on parler de « gouverneurs »; mais le titre de melek appliqué à de simples gouverneurs serait vraiment excessif et en complet désaccord aussi bien avec la valeur certaine du mot qu'avec tout ce que nous apprend la Bible sur l'organisation du royaume de Juda.

La difficulté est grande, comme on le voit. De quelque côté

1. M. Conder a repris tout récemment à son compte l'hypothèse insoutenable de M. Sayce (P. E. F., Stat., 1899, p. 353). Mais ce ne sont certes pas les arguments qu'il invoque qui renfloueront ce vieux bateau définitivement coulé.

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