Revue critique, 20 nov
HÉRON d'aLEXANDMR ET P0SE1D0NI0S LE STOÏCIEN 137
Après avoir établi, par un raisonnement paléographique, philologique et historique rigoureusement conduit, que ce nom et ce litre devaient être substitués à l'invraisemblable Praxidamas le peintre, lecture proposée par l J éditeur et traducteur du texte arabe, M. Carra de Vaux, j'avais tiré de ce fait, jusqu'alors inconnu, toutes les conclusions chronologiques qu'il impliquait.. On semble aujourd'hui les trouver si naturelles qu'on ne songe môme pas à les attribuer à leur véritable auteur. M. W. Schmidt (p. xiv, n v 2) se borne à renvoyer accessoirement aux quatre ou cinq lignes mentionnant mon « hypothèse » dans les comptesrendus sommaires des séances de la Société asiatique et de celles de l'Académie des Inscriptions. Je me permettrai de le renvoyer à mon tour aux pages de mes Éludes d Archéologie orientale 1 contenant le mémoire détaillé que j'ai consacré à ce sujet, et où je mo suis efforcé d'envisager la question sous ses principales faces. J'ai appris avec plaisir, en lisant l'introduction de M. W. Schmidt, que ma conjecture se trouverait aujourd'hui matériellement confirmée par plusieurs manuscrits arabes, découverts depuis. J'estime que cela ne diminue en rien — bien au contraire —le mérite de l'avoir faite sans un secours qui n'existait pas alors. Il n'est pas indifférent, il serait même utile de constater, le cas échéant, en insistant sur de pareilles vérifications que les méthodes d'induction un peu divinatoires que nous sommes journellement obligés d'employer, ont réellement du bon, puisqu'elles sont capables de nous conduire droit à la vérité, trop souvent inaccessible par d'autres voies. En science, il ne faut pas considérer seulement le but atteint, mais, parfois aussi, le chemin suivi pour l'atteindre, car si l'expérience démontre que ce chemin est sûr, nous sommes autorisés, par cela même, à y repasser, à l'occasion, pour trouver la solution d'autres problèmes similaires. C'est ce que j'ai fait encore tout récemment et, si je ne m'abuse, avec le même profit, pour la question à'Empédocle et de Zenon, dans la littérature syriaque et arabe 1 .