‹ Recueil d'expériences et d'observations faites sur différens travaux exécutés pour la construction du pont de Nemours, pour celle de l'arsenal et du port militaire d'Anvers, et pour la reconstruction du port de Flessingue; dans lequel on a traité la théorie de l'équilibre des voutes;Chapitre 34 sur 37 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

DES PRÉCIS HISTORIQUES DES TRAVAUX DE LA CONSTRUCTION d’uNX FORME. #

Deux formes pour le radoub des vaisseaux de haut bord devaient être construites aux deux extrémités du fond du grand bassin d'Anvers; 1’éftie d’elle était très-avancée à la ûn de la campagne de 181 3, et aurait été achevée dans le cours de celle de 1814, sans, les événemens politiques qui ont amené l’évacuation de la Belgique par les Français.

La construction d’une forme est, sans contredit, l’ouvrage d’art le plus difficile h exécuter, attendu la surveillance et les soins qu’il demande de la part des ingénieurs pour qu’il remplisse les conditions que sa 'destination exige. Ces conditions sont , non-seulement une solidité qui ne fasse craindre aucun mouvement dans aucune des parties du bassin, mais un élanchement parfait de ce bassin lorsqu’un vaisseau y est en radoub ; le fameux bassin de Toulon et ceux de Rochefort sont loin de remplir cette dernière condition; mais il faut dire en mente temps que le terrain sur lequel ce* grandes constructions sont assises a pu

contribuer, par sa mauvaise qualité, aux mouvcmens qu’elles ont éprouvés. .•

Le bassin de la forme dont il s’agit a g 5 mètres de longueur à partir de son entrée , et aG mètres de largeur entre les tablettes des bajoyers ou murs d’enceinte.

L’entrée a 14 mètres de largeur, au niveau du radier, et ao mètres entre les tablettes des bajoyers.

La fondation sur pilotis cl grillage, composé de longrines, recouvert d'un plancher de madriers, est faite de niveau sur 1 8 mètres de largeur, et se termine par trois retraites de chaque côté, dont deux oft i mètre 60 de largeur et de hauteur, et la troisième 3 mètres ao sur i mètre 6o de hauteur, en total a4 mètres 4o de largeur.

Les pieux de fondation sont espacés de i mètre 3 o de milieu et*, milieu , et ont o mètre 3 o de diamètre moyen. '

L’entrée delà forme est construite pour recevoir un bâteau-porte au lieu de portes-écl usées; on préfère aujourd'hui le premier moyen au second pour la facilité qu’on a de déplacer et de replacer le bâteauporte à volonté. Lorsqu'un vaisseau est entré dans la forme , ce bâteau étant lége est conduit en place et présenté de manière que ses membrures, au nombre de deux de chaque côté, correspondent à deux rainures pratiquées dans le parement des bajoyers et du radier ; maintenu dans cette position , on le charge d'un volume d’eau suffisant pour le faire échouer au moyen de petites vannes pratiquées dans chaque bord ; ensuite on fait écouler l'eau qui est dans la forme au niveau de celle du bassin , ou par des vannes de vidange , ou on l’épuise au moyen d’une pompe à vapeur. Alors le bâteau-porte ayant à soutenir toute la charge d’eau du bassin se trouve avoir ses membrures fortement appliquées contre les parois latérales des rainures, et remplit les fonctions de portes-d’écluse.

Lorsque le vaisseau a reçu son radoub et qu’on veut le faire sortir , on introduit l'eau du bassin par les deux aqueducs pratiqués dans les bajoyers en tête de la forme; et lorsqu’elle est de niveau avec celle du bassin, on épuise l’eau introduite dans le bâteau-porte avec des pompes qui y sont établies à demeure : le bâteau, devenu lège, remonte dans ses rainures qu’il quitte facilement, sa façon étant plus large en

haut qu'en bas, et on le range de côté pour donner passage au

Vaisseau.

Mois de juta.

Épuisement.

L’épuisement de la fouille pour la fondation de la forme a été commencé le 4 juin i8i3. L'eau était enlevée par. quatre chapelets inclinés, et conduite dans les fossés de la place par l’écluse des pestife'rés.

Le 1 1 , un des quatre chapelets a été supprimé, et l’on a établi un second étage de machines à épuiser composé de deux chapelets et d’une vis d’Archimède.

Le 16 , un troisième étage composé de deux chapelets a été établi.

Le 18 au soir, le fond du terrain était entièrement découvert : alors on a fait cesser le mouvement d’un chapelet à chaque étage , et les épuiseraens ont été faits avec quatre pendant te reste du mois , savoir : deux au premier étage , un au second et un au troisième. Cependant l’augmentation des sources a obligé de faire manoeuvrer de temps en temps un chapelet de plus aux derniers étages ; les sources les plus fortes ont été encaissées et élevées à Go centimètres environ au-dessus du niveau où elles s’étaient manifestées ; des nivellenaens faits avec soin ont démontré que ces sources n’avaient aucune relation directe avec les grands réservoirs d’eau environnant la fouille.

Le terrain étant découvert, on a fait des rigoles d’écoulement pour assécher les terres , et les déblais ont été commencés et continués pendant le reste du mois? *

Un éboulement assez considérable s’est fait dans l’angle intérieur nord du bitardcau ; il paraissait dû à une filtration du bassin , ou à une source; son accroissement a déterminé à écrètcr le Li tard eau de deux mètres de hauteur, en adoucissant le talus du côté de la forme.

I.e déblai du puisard provisoire de la machine à vapeur a été commencé.

Tous les plans, dessins et profils nécessaires à l’exécution des travaux ont été remis à l’cntreprençur pour qu’il eût à s’y conformer, tant pour

la fourniture des matériaux que pour la façon et la main-d’œuvre de l’emploi.

Mois de Juillet.

Déblais ,

Les déblais ont été continués avec toute l'activité possible; une pluie abondante dans les premiers jours du mois les a beaucoup retardés , malgré le nombre de terrassiers porté successivement jusqu’à aijo : c’était le plus grand nombre qu’on pouvait employer sur un espace de 20 mètres de longueur et de 24 mètres de largeur.

Les déblais, parvenus à la côte, 1 1 mètres 20 au-dessous de la tablette des quais, ont été suspendus le 27, parce que la fluidité du sable entraîné par les sources situées au pied des talus , exhaussait le terrain au fur et à mesure qu’il était enlevé; il devenait impossible de continuer la fouille sans employer quelque moyen préservatif dans son pourtour. ,

La file des pilots de rive de la première retraite des fondations qui devait être garnie de bordages verticaux , aurait formé un obstacle aux sables coulans ; mais la pose du bofdage inférieur devenait elle-même impossible par la même raison ; on s’est déterminé à remplacer les bordages par des palplanches de 2 mètres de longueur, qui ont rempli le but proposé , et ont eu l’avantage d’arrêter les filtrations en soutenant le sable.

Les déblais , dans la partie de la tête de la forme , n’ont été poussés qu’à to mètres 76 au-dessous des tablettes des quSis; à cette profondeur les anciennes palplanches du mur de fond du bassin, après avoir prisa leur tête un ventre de 18 centimètres, mesuré sur les moises, ont été presque déchaussées, et il eût été imprudent de déblayer plus bas avant d’avoir battu la'filc de palplanches extérieures de l’encoffremenl que l’on se proposait de construire et de remplir en terre glaise pour préserver I’avant-radiér des filtrations de l’eau du bassin ; car l’expérience démontrait, par l'affouilleraent qui se taisait aux pieds des talus de la fouille , et par l’éboulemcnt successif de ces talus, que pareil mouvement aurait lieu sur le batardeau; daus cecas lesiuouvetncns de terre

devenaient beaucoup plus dangereux , et il était essentiel de s’eu garantir : ou s’est donc réservé de déblayer dans cette partie après l’entier achèvement dfe l’encoffrement.

On a eu surtout à se louer d’avoir fait enlever dans le commencement du mois , une partie des terres rapportées autrefois au pied du batardeau, parce qu’elles eussent beaucoup augmenté la poussée.

On a dit que les talus de la fouille s'affouillaicnt et s’éboulaient : cela arrivait particuliérement dans les parties où les sources débouchaient : l’eau entraînait le sable de l'intérieur des terres dans le fond des rigoles, et ce dépôt l’exhaussait de près de 1 1 centimètres par i a heures. Ce fait a clé constaté par un procès-verbal de la Commission des toisés de la marine, dans une expérience relative à uti nouvel article inséré dans la soumission de l’entrepreneur pbur terrassement des sables mouvans.

Epuisement.

Les sources, d’abord très-considérables, étaient au nombre de six très-remarquables ; elles ont paru après l’enlèvement du dernier banc de coquillages.

La première s’est manifestée au pied d’un des chapelets du troisième étage ; elle était intermittente dans le commencement de son apparition ; son écoulement est devenu constant, et n’a point éprouvé de diminution , au moins sensiblement , quoique l’on épuisât a mètres en contre-bas, et à une distance horizontale de 8 mètres.

On a essayé d’encaisser plusieurs sources ; mais après s’étre élevées de 5 o à Co cenlim., elles ont fini par s’ouvrir un passage dans les environs, et ont rendu l’encaissement inutile.

On a jaugé deux sources , l’une de' 16 pouces de fontainier, et l’autre d’environ a/}.

• Dans le commencement du mois, un chapelet de prise d’eau suffisait ; mais les sources, au nombre de io, s’étant considérablement accrues , deux chapelets avaient peine -à entretenir l’épuisement, et les ouvrages ont été couverts d’eau plusieurs fois pour les moindres réparations des machines. On peut juger par la jauge de deux de ces sources , des peines et des soins extrêmes que les épuisemens ont exigés.

Deux cent soixante manœuvres, tant français que prisonniers espa-

gnols , ont été employés par jour au mouvement des chapelets. Trente manœuvres dragueurs ont été employés à la construction et à l'entretien des rigoles ; on a été forcé de soutenir leurs bords par des files de petites palplanchcs moisées et battues à la masse.

L’entretien , la réparation et le mouvement des machines à épuiser ont exigé environ dix charpentiers par jour. ( •

Quelques soins que l’on apportât au curage et à l’entretien des rigoles, l’écoulement de l’eau du fond de la forme était toujours gêné par l’ex- Iraussement des sables , et l’on s’est décidé à poser un chapelet au fond de la fouille ; par ce moyen on a pu déblayer plus bas dans cette partie.

• Pilotage.

Dès le 7 du mois, on avait monté dans la fouille trois sonnettes, et leur nombre, qui a été en croissant au fur et à mesure que le déblai le permettait, a été porté jusqu’à ta, qui manœuvraient à la fois le aC.

Deux sonnettes ont été employées continuellement à battre les palplanches de l’encoffrement. Cet cncoiïremcnt a pour file intérieure de patplancbes la deuxième ligne de pieux de i’avant-radier moisés à cet effet et retournés d’équerre en allant sous les fondations de la forme ; les moises de ces parties en retour ont été enlevées avant la fin de l’ouvrage afin d’éviter les filtrations qu’elles auraient favorisées.

Les dix autres sonnettes ont été employées à battre les pilots de la rive delà première retraite et ceux de l’intérieur de la fondation de la forme.

La longueur de chaque pilot , sa fiche et son refus ont été inscrit» sur un tableau général où chaque pilot a son numéro. Deux piqueur» ont été chargés d’en prendre attachement.

Les douze sonnettes ont été manœuvrées par trois cent quatre-vingtquatre hommes; les pilots ont pris moyennement 3 mètres 70 cent, de fiche,

• Mois d Août.

Terrassement.

On n’a point travaillé au déblai dans les premiers jour» du mois; on attendait la fin du hallage des pieux pour achever la fouille. On sait

que la fifhe de» pilou exhausse en général la surface des lertes, et l'expérience l’a démontré particulièrement pour le terrain sablonneux de la forme d’Anvers.

Depuis le moment où le banc de coquillage avait été traversé , on éprouvait une grande difficulté à contenir les talus de la fouille, dont le sable coulait continuellement avec l’eau des sources. On a proposé de le. contenir avec une file continue de petites palplancbcs formant ceinture autour de la première retraite des fondations. Celte mesura ayant été autorisée , on a commencé à la mettre à exécution le 6 avec quatre petites sonnettes , et le l5 la moitié de l'enceinte était garnie de palplanches. .

Elles ont été d’un> grand secours pour le déblai des terres rapportées par un événement arrivé le i3 de ce mois (i); on peut dire meme que

(j) Cet événement est trop remarquable pour le passer sous silence; on va le rapporter succinctement. m

La plus forte source du fond de la forme avait paru quelque temps après celles qui •'étaient manifestées autour et dans l’enceinte de la fouille à mesure que les terrasses avançaient. Son accroissement avait été lent, elle avait eu de fréquentes intermittences apres lesquelles elle avait charrié du sable fin.

Ces intermittences annonçaient visiblement des cboulemens intérieurs ; mais il était impossible de connaître quel était son néservoir. Le n août au soir elle avait donné de l'inquiétude; le (3 elle parut se ralentir ; enfin, le i 3 , à six heures du malin , elle déboucha dans l’enceinte de la forme avec une telle abondance , et entraioaii une si grande quantité de sq^le, qu'il était facile de prévoir que les chapelets employés ne pourraient bientôt suffire aux épuisemens. En moins d’une demi-heure , ilsc fit un tel éboulcment de terre, et l'eau déboucha dans l'enceinte île la forme si abondamment, que les terrassiers cl les ouvriers employés aux sonnettes n'eurent que le temps de se sauver , et bientôt toute l'enceinte de la forme fut ren.% plie d’eau.

li était bien probable que cette eau venait du fossé de la place. J'ordonnai iCy lancer un canot., et de sonder soigneusement au pied du mur de revêtement du reiu* part : on trouva une excavation sous la fondation du mur, de 7 mètres de longueur, qui s'étendait à 4 mètres au large du fossé.

Au moment où l'éboulement de terre s'était fait dans l'enceinte de la forme , une seconde excavation s'etait faite au pied du parapet, sur environ 10 mètres de largeur au niveau du chemin couvert ; une troisième excavation d^m^mc largeur à-pfii-prés •'était faite de l'autre côté de ce chemin à 6 mètres de distance ; enfin à 2 mètres 5 o

sans cctto fîleMe pal planches , il eût été impossible d'enlever les terres dont il s'agit. Ce n’a etc que le 19, sis jours après l’événement relaté ci-contre, qu’il a été possible de commencera enlever les terres rapportées ; et le 28 , la fouille des fondations était à-peu-près à la même profondeur où elle était au commencement du mois , à l’exception de la partie de la tête de la forme , qui a été approforfdie à la cote 1 1 mètres /}o centim. au-dessous de la tablette des quais.

Le déblai des terres rapportées a été beaucoup plus long que celui du terrain naturel; la ter/*c végétale, les débris de vieilles maçonneries et le sable qui provenaient de l’éboulemcnt du'i3 , formaient un mélange semblable aux vases molles dont le transport était difficile.

Le battage des pilots exécuté jusqu’au 1 5 avec 1 1 bonnettes , a été interrompu jusqu’au 25, et a été repris à cette époque avec 4 sonnettes : on ne pouvait en placer davantage dans la fouille.

de celte dernière, il s'était formé, comme par cnclinivtcment , une tranchée de 35 mètres de longueur sur 11 , 1 a el*i 4 mètres de largeur, et environ 7^8 mètres de^rofondeur.

La partie de cet éboulcmcnl entraînée dans l'enceinte dfc la fouille des fondations de la forme a etc évaluée à environ 2000 ifletres cubes ; mais il est à remarquer que l’eau débouchait dans cette enceinte sous une charge de 7 mèlres de hauteur. On doit encore remarquer que le terre-plein entre le fossé de la place et la fouille de la forme avait 78 mèlres d’épaisseur ; que celui qui séparait la fouille du puisard de la pompe à feu et ce même fossé n’avait que 37 mètres, et qu’il a résisté.

La conduite souterraine que s’était faite l’cdfll du fossé de la place sous la fondation du mur de rempart étant connue , on s’est empressé de la remplir de terre ’de scorrcs après avoir réduit l’eau de ce fossé au plus bas possible; on a également élevé un massif en terre de meme nature au pied du mur , en prolongeant ce massif ^plusieurs mètres au-delà du périmètre de l’excavation.

Cet événement prouve. que lorsqu’un ouvrage d’art est exécuté dans une localité qui oppose des difficultés inhérentes au terrain , et présente des chances qui font éburir le danger d’t^rouvcr des avaries , il faut que l'ingénieur soit sans cesse sur ses gardes, qu’il prévoie non-seulement ce qui lui est nécessaire en approvisionnemens , machines , équipages cl ustensiles pour le courant du service, niais encore pour les cas imprévus dont il se voit menacé. Plusieurs personnes regardaient l’événement dont je viens de parler comme devant retarder les travaux d’une campagne ; ils n’oul clé inlerrotgpus que pendant quatre jours.

. . Encojfrement de T avant- radier.

On a achevé dans ce mois le battage des palplanches de l’encoffrement dont on a parle dans le précis historique de juillet. Cet cneoffrement est compris entrcdeux files de pieux. et palplanches assemblées à grains d’orge.

La file extérieure , c'est-i-dire , celle qui touche le batardeau, est la première ligne de pieux de l’avant-radier réunis par des palplanches de t 5 centimètres d'épaisseur. Cette dimension était indispensable pour atteindre la profondeur exigée. Celte même file de pieux est retournée d’équerre, passe sous les fondations de la forme, et sert à retenir le terrain sous les fondations des murs de quai qui auraient pu être déchaussés. .

La file extérieure des palplanches est batluc sur la ligne desnneiens pieux au pied du mur du quai. Ces pieux ont été rebattus de 80 centimètres afin de leur donner une fiche qui permit de faire le déblai à la profondeur indiquée par le projet de la forme. •

On a commencé le ai le remplissage de l’cncoffremenl en terre de scorres. Au fur et à mesure que l’on approfondissait la fouille , on voyait augmenter le danger qu’il y aurait eu à la déblayer ou même à la draguer à la profondeur requise sur tou,te la longneur à la fois.

On a donc pris le parti d’approfondir partie par partie , et de soutenir chaque fouille partielle par un remplissage peu élevé. On a commencé par l’angle du côté de la .ville. Dès qu’on a eu atteint la profondeur à la côte , 1 1 mètres 40 ccntim. au-dessous des tablettes des quais, le déblai est devenu pour ainsi dire impossible par l’écoulement du sable qui remplaçait celui qu’on enlevait. Mais un inconvénient plus grave qui en résultait, était l’augmentation rapide des filtrations et l'affaissement du pied du batardeau, dont quelques parties tombaient dans le vide formé par le sable coulant. Les filtrations devenaient si abpndantes que leur communication avec les eaux de l’arrière-bassin était évidente. 11 a fallu travailler avec une grande promptitude et sans relàchg pour étouffer une partie d«s filtrations.

On voit par ce qui précède qu’il eût été bien dangereux de chercher

à donner plus de profondeur à l’encofFiemenl , et qu'il avait fallu ne pas perdre de temps entre le déblai et le remplissage: celui-ci a été achevé le 37, sur toute la longueur et la hauteur de l’encofTrement.

Dans la matinée du a, la digue du quatrième étage de chapelets, ayant 8 mètres d’épaisseur, a été percée à sa base par l’eau drf puisard du troisième étage. Cet accident est dû a la grande perméabilité du terrain, et à la position d'une source considérable qui débouchait dans ce puisard, comme on l’a déjà dit (précis historique du mois de juillet), et dont l'eau a suivi les ramifications.

Les épuisemens ont été interrompus pendant quatre heures , et l’on a profité de cette interruption forcée pour former un corrôi de terre glaise qui a préservé de pareil accident cette partie de la digue. .

Pendant le repos des machines à épuiser, l'eau est montée de 1 mètre dans l’enceinte des travaux de la forme.

I.c 5, la grande source qui sortait du fond de la forme ayant été rencontrée dans sa route souterraine par la fouille de l’aqueduc, a cessé de couler par le talus delà forme, et a commencé à déboucher par le talus* de l’aqueduc. C’est cette source qui a occasioné l'événement du i 5 août.

Les épuisemens ont été arrêtés depuis le tS au matin jusqu’au t 5 ; le 16 ils ont été repris à 6 heures du matin , et le 19 à la même heure toute la fouille de la forme était découverte.

Toutes les sources qui existaient avant l’événement dont on a parlé se sont montrées de nouveau, excepté celle qui l’avait produit; mais elle a reparu dans la matinée du 37, à la même place où elle était avant le 5 , c’est-à-dire dans le fond de la forme.

Le 19 au soir, une source qui existait depuis long-temps dans le massif même de la digue du quatrième étage de chapelets, et qui dès le 14 juillet avait été encaissée et conduite hors de la digue par utae husc en bois, a commencé à donner un produit dix fois plus considérable que celui du matin du même jour. Elle charriait une grandequantité de sable et avait des intermittences dues évidemment à des éboulemens intérieurs; tout indiquait quelle finirait bientôt par emporter le corps de la digue. Dans un tel état de crise on résolut de l’arrêter en fermant exactement la buse.pour la forcer à prendre une autre

direction. Cela est effectivement arrivé ; quelques heures après la fermeture de la buse, elle s’est fait un passago’au-dessousdc la digue. Son produit est reste constant, cl elle n’a plus amène de sable. Alots il a fallu penser à assurer la solidité de la digue; on y est parvenu en soutenant son pied par un rang de palplancbes jointives à grains doige qui environnait également le puisard des chapelets du quatrième étage et se réunissait aux palplancbes d’enceinte de la forme.

Une autre source assez considérable , et qui n’existait pas avant le i3, s’est montrée dans l’un des angles du puisard de la pompe a feu. Sa proximité avec l’eau des lassés de la place donnant des craintes, un a fait un petit barrage dans la fouille de l'aqueduc qui forçait 1 eau à s'accumuler dans le puisard; la hauteur à laquelle elle s'rtl elevee comprimait la source, diminuait son produit et emjiêcbail 1 ée.oulcment du sable. On a pris Bussi une autre précaution en prolongeant des deux côtés la file de palplancbes qui faisait le fond du puisard provisoire , et ch remplissant en terre de scorres la partie ou est situé le pilotis du fourneau. •

Une autre source située dans l’angle opposé à celui d’où est sortie celle qui a eu communiéalion avec le» fossés de la place , s’est aussi montrée , mais à une hauteur plus grande quelle n’avait paru la première fois. Cette source a toujours été la plus considérable ; avant le ta, elle s’est trouvée naturellement encaissée par l’éboulemenl des terres ; on l’a conduite par une rigole au puisard du troisième étage de cbajielels.

Depuis l’événement du t5 août, deux chapelets ont suffi pour tenir la fouille de la forme à sec: cependant, comme plusieurs sources amenaient du sable, et notamment celle qui avait parti le 37 cl sur laquelle on devait principalement porter son attention, on a senti la nécessité de piendre des mesures qui pussent diminuer leurs progrès insensibles.

Un système général de palplanches d’enceinte était le moyen le plus elCcace d’arrêter l’écoulement du sable qu’entraînaient les sources , de prévenir les suites funestes qui en résultaient ordinairement, et de faciliter les fondations de la forme de l’aqueduc. Les différent^ dispositions & prendre à cet égard ont fait le sujet d’un rapport de l'ingénieur

en chef, qui, vu l’urgence , ordonna de les mettre à exécution.

Quels que fussent les moyens que l’on se proposait d’employer , on ne pouvait se dissimuler qu’il était impossible de répondre qu’un événement semblable à celui du i3 août n’arrivât pas de nouveau : tous les points de la fouille des fondations de la forme étaient menacés du même danger ; les épuisemens étaient en lutte continuelle avec les réservoirs d’eau environniins , tels que l’arrière-bassin , l’eau des fossés de la place , celle des blanchisseries et celle de la fouille de la deuxième forme ; il était donc urgent d’abréger le plus possible le temps des fondations.

Pompe à feu.

On a. battu les pilots de la fondation du fourneau ; le grillage et la plate-forme ont été posés; on a commencé la maçonnerie de briques.

DE I.’lMGÏNIILR EM CHEF , SUSJS A LA SUITE DU PRECIS HISTORIQUE DONT L’EXTRAIT PRÉCÈDE.

On voit par le précis historique ci-dessus , et ceux qui l’ont précédé, quelles difficultés présente le terrain pour la fondation de la forme. L’ingénieu r en chef a em ployé tous les moy ensqui ont dépendu de lui pour porter la fouille au degré de profondeur indique par le projet approuvé par le Ministre; mais après avoir épuisé toutes les ressources que l’art peut indiquer dans une circonstance aussi difficile , il a été obligé de faire au projet les modifications désignées par le profil ci-joint d’une partie de la coupe en longueur (i). Au moyen de ces modifications, qui ne peuvent altérer la solidité de la fondation de la forme, on ne sera point obligé de baisser lc*quatrième étage de chapelets , d'approfondir les rigoles d’écoulement des eaux , d’augmenter le talus de la fouille dont on n’aurait pu arrêter les éboulemens sans l’emploi ‘de palplanches battucssurla face verticale de la deuxième banquette.

(i) Ce profil était joint au précis historique adressé au Conseil des travaux maritimes.

On remarquera que la partie la plus faible du radier du bateau-porte a 2 mètres 40 centim. d’épaisseur de maçonnerie au-dessus de la plateforme , la même que celle donnée par le projet à la fondation des aqueducs; que dans remplacement du bateau-porte il a 2 mètres So cent., et que sur environ un tiers de sa longueur ce radier a 3 mètres ; enfin que le radier de la forme a 1 mètre 80 cent., ce qui ne diffère du projet que de 20 ccntirn!

L’ingénieur en chef a pris toutes les mesures possibles pour porter la fouille de l’cncoffrcmenl Construit en avant de l’entrée de la forme et rempli en terre glaise , à la profondeur de 12 mètres 20 centim., audessous de la tablette des quais du bassin, comme le prescrit le projet. Il a été impossible de porter cette profondeur à plus de 1 1 mètres 4 ° cent. II est indubitable qu’on se fût exposé à de beaucoup plus grands affaissemens que ceux qui ont eu lieu au pied du batardeau , si l’on n’eut pas arrêté très-promptement les filtrations de l’eau du bassin qui entraînait avec elle une quantité considérable de sable.

On verra pas le profil que la fouille de l’encoffrement est portée audessous du deuxième banc de coquillage, celui qui sert de conducteur à toutes les sources qui débouchent dans la fouille de la forme. On remarquera enfin que l’ingénieur en chef a pris la précaution de faire battre une filedepalplanchcs de deux mèlresdc longueur vis-à-vis chaque retraite qu’on est obligé de faire dans la fondation du radier du bateauporte , et que les palplanches battues en travers de ce radier descendent beaucoup plus bas que n’aurait descendu le corroi de terre glaisa*Jans l’encoffrement, en l’exécutant suivant le projet : ces moyens lui paraissent devoir lever toute inquiétude relativement aux modifications qu’il a été forcé de faire, et dont il vient de rendre compte.

A fois de septembre.

Déblais.

La fouille du milieu de la forme avait été terminée dans les derniers jours du mois précédent ; on a continué le déblai à la tête et au fond dans les premiers jours de septembre; le déblai total a été achevé le. g.

Pilotage.

Le battage des pilots du premier plancher a été continué avec cinq sonnettes au lieu dè quatre seulement qui avaient pu être employées dans le mois d'août ; le pilotage a été terminé le 8.

Du 7 au 16, on a battu les pilots de la seconde retraite de fondation des bajoyers ou murs d’enceinte de la forme. •

On a jugé nécessaire de rebattre généralement les pilots de fondation, qui portent un poids plus considérable q«p ceux du radier, et qui sont recépés à a mètres au-dessus du terrain naturel.

On avait achevé, le 5, le battage des petites palplanches d'enceinte, et le i5, celui de la troisième file de palpanches de deuxmètresde longueur en travers de l’axe de fa forme qui va d'un pan coupé à l’autre. On remarquera qu’au moyen des précautions ordonnées par l’ingénieur en chef, la fondation du radier de la forme et celle du bateau-porte sont entourées de palplanches jointives, cl qu’indépendammentde cette enceinte, deux files de palplanches sont battues en travers et recépécs au niveau du grillage en tète de la forme du côté du bassin.

Charpente du Grillage.

Le i " septembre , on a commencé la pose des moises du gritlage du radier de la forme et de celui du •bateau-porte.

L* 28 , les longrines et le plancher qui les recouvre étaient posés et calfatés. Ce plancher était parfaitement étanche.

Le5o, la cliarpcnle de fondation du radier du bateau-porte était prcsqu'achcvée sur toute %t largeur de la forme, et les*— des petites moises du plancher de la première retraite étaient [>osés.

Remplissage en terre glaise.

Dès que les palplanches d’enceinte ont été battues autour de la forme , on a établi un corroi de terre glaise derrière ces palplanches jusqu'à la profondeur du plancher; ce corroi de terre glaise a arrêté les pe-

titcs sources et a beaucoup facilité la pose du la charpente du grillage et de la maçonnerie.

Les intervalles des moises ont été également remplis en terre glaise. Ce remplissage a été exécuté en commençant par les côtés et en avançant vers lave de la forme , où l’on avait ménagé une rigole par laquelle s'écoulait l’eau de toutes les sources. On jugera qu’on a dû la fermer promptement en achevant le plancher du grillage, qui a été cunslruit en suivant la même marche.

• Sources et Epuisement.

On avait cru pouvoir étouffer subitement le produit des sources qui alimentaient la rigole; mais l’eau ayant pénétré en plusieurs points le remplissage en terre glaise vers la tête de forme, on a reconnu qu’il serait plus prudent de lui laisser un passage le long des petites palplancltes d’enceinte du côté du chapelet ; en conséquence , on a coupé les abouts des moises qui toucliaientces palplanches, et l’eau a coulé librement en sc rendant de la tête et du ford de la forme dans le puisard du quatrième étage de chapelets.

Les deux sources qui étaient du côté de la ville et qui ne' pouvaient arriver à cette rigole latérale , ont été élevées et conduites dans des auges placées au-desstts de la maçonnerie.

Partie eaux venant de la tcle de la forme s'écoulait par la rigole du côté des chapelets, et partie du côté opposé était élevée par une pompe , jusqu'à ce que ta maçonnerie ait été assez haute pour qn’on essayai d’étouffer les eaux : on l'a fait avec succès.

Quoique les sources fussent comprimées et diminuées, leur pro- 9 duil n’en exigeait pas moins deux chapelets de prise d’eau, qui ont é.é relevés successivement à mesure que l’élévation de la maçonnerie le permettait.

Le I er septembre, on a jaugé la source qui avait occasioné l'événement du i 3 août, et qui avait reparu le 37 du meme mois : son produit s’est trouvé de 14 pouces de fontainier.

Le 3 , elle avait un pc» diminué ; maie le meme jour elle a cessé subitement de couler après le battage du premier panneau de palplanches

de la fondation de l’aqueduc , qu’on avait placé exprès dans la direction de cette source : elle n’a pas été revue depuis ce moment.

Maçonnerie.

On a commencé, le 17, la maçonnerie du radier du bateau-porte; elle a été interrompue le 23 , afin d’achever la charpente de la partie adjacente au radier de la forme; elle a été reprise le 37 sur les trois quarts de la surface du radier; on y a employé soixante-dix maçons.

A la fin du mob, la maçonnerie fuite s’élevait à un cube d’environ huit cents mètres.

On a ajp porté tout le*soin possible dans la façon de cette maçonnerie et dans le choix des matériaux. On a surveillé particulièrement la partie dt» radier qui est sous la cunelle.

On a vu , dans les observations qui précèdent le précb historique du mois dernier , que l’on a été obligé de descendre par retraite partie du grillage du bateau-porte jusqu’à celui de la forme, et que celui-ci même a été fondé de 20 centimètres moins bas que ne l'indique le projet; on a pu au contraire baisser les parties du grillage du bateau-porte qui se trouvent sous les aqueducs ; et attendu que les retraites latérales de la fondation de la forme devaient se raccorder avec la maçonnerie du mur de quai existant, il était avantageux de les mettre au même niveau que les fondations de ce mur. Cet abaissement a paru d’autant plus* convenable que, de cette manière, les fondations de ces retraites sont au niveau du fond de l’arrière-bassin ; tandis qu’elles auraient été à 5 o centimètres au-dessus si l’on eût suivi le projet approuvé.

Le déchaussement des arrachemens des murs de quai n’a présenté aucune difficulté. On a trouvé de chaque côté de très-petites filtra- • tions qui s’étaient établies à travers le bétardcau, le long des moiscs qui régnent au pied du mur du fond du bassin ; elles ont été étouffées facilement , en remplissant de terre glaise mêlée de chaux en poudre l’intervalle entre les moïses de retraites.

Aqueduc.

Le 3, on a commencé à battre les palplanches d'enceinte de l’aqueduc. Le battage n'a pu être exécuté dans le commencement avec toute la célérité qu’on lui a donnée depuis, parce qu’il a fallu un certain temps pour approvisionner, débiter et tailler en grain d’orge quatre cents palplanches dont on n’avait pu prévoir le besoin.

L’expérience ayant démdhtré , à la tête de la forme , que les palplanclies qui avaient à traverser le banc de coquillage ne pouvaient prendre 4 mètres de fiche sans se disjoindre , on a d’abord donné à celle de l’aqueduc 3 mètres de fiche, après quoi l’on a déblayé un mètre et demi environ entre les deux rangées qui devaient encaisser la fondation de l’aqueduc.

Mois cf octobre.

Terrassement.

Les terrassemens exécutés dans le mois d’octobre consistent en remplissage au-dessous des petites moises du plancher de la première retraite de fondation derrière les bordages verticaux. Lyemblai a été fait en terre de scorres près des bordages, et il a été terminé en terres grasses des environs de la fouille de la forme.

Bdtardeau.

. ï/ordre ayant été donné, dans le mob précédent, de rétablir l’eau dans le bassin pour l’entrée des vaisseaux an mob d’octobre, on a continué l’exhaussement du batardeau commencé dans le mob de septembre, et l’on a rechargé le sommet de celui de la seconde forme projetée. On a suivi le système déjà adopté en faisant les deux talus en terre de scorres et l’intérieur en sable.

Deux tranchées ont été faites pour découvrir* et couper la semelle des poteaux de garde du quai de la machine à mater les vaisseaux ; la partie de chaque batardeau adjacente au quai a été remplie en

( »Sa )

terre glaise ; celle précaution a détruit les filtrations qui avaient lieu le long du mur, et qui se manifestaient dès que l'eau, dans le bassin , était au-dessus de la semelle.

Le 1 5 , on a mis ao pieds d'eau dans le bassin ; le a5 , ou y a fait entrer t pied G pouces de plus ; les batardeaux ont supporté cette cliargc sans 1 faire aucun mouvement.

• Sources , Epuisement, etc.

Le 3, la source située du côté de la ville, en face des chapelets, ayant été exhaussée et par là bcaucod}> diminuée, on a cru pouvoir supprimer un chapeletà chaque étage, en augmentant le nombre d’hommes manœuvrant le chapelet restant; mais il a été impossible d’entretenir les épuisemens, et l’on a été oblige de revenir à deux chapelets : cependant , comme celui du quatrième étage était moins incliné q«c les autres , et qu’il ne recevait pas les sources du fond de la forme, il a suffi d'augmenter le nombre de manœuvres pour qu’il entretint répuiscincnl à lui seul.

Le y, les sources étaient diminuées, et l'on a voulu diminuer aussi le nombre des 1 tommes employés au mouvement des chapelets; mais les glandes pluies des 8 , 9 , il , i 5 eli 7 ont forcé de suite à le laisser tel qu’il étt^ avant l’essai tenté.

La petite ris i ère de Skecn s'étant considérablement accrue , les eaux n’ont pu dégorger par l'éclusc St. Laurent , cl cllesont élevé le niveau de celles des fossés de la place à la hauteur de demi-marée.

D’un autre côté , les eaux du bassin ayant été retenues à la hauteur de pleine mer depuis le t5 , il ne serait pas surprenant que le produit des sources soit resté le môme, quoiqu’on épuisât alors à une moindre profondeur.

L'infiltration des eaux pluviales et les différens niveaux auxquels on a épuisé pendant le mois, rendent incertaine toute observation sur le produit général des sources, et l’on ne peut dire jusqu’à quel point elles ont été augmentées par le surcroît de pression des grands réservoirs environnans*.

Pilotage.

Le battage et rebattage des pilots de la troisième retraite ont été terminés vers le milieu du mois : alors était acbevée la partie de pilotage de la forme qui devait être faite en i8i3-

, Grillage des Retraites.

On a achevé toute la charpente et les bordages des retraites q«i devaient être faits en i8i3

Maçonnerie.

La maçonnerie de brigues du radier et de la première banquette a éprouvé beaucoup d’interruptions ; elle a été suspendue les 5, 8 , 9, îo, n , i3 et 17 par la pluie, le 3o par la gelée du matin. Depuis le ao, on n’a employé que 3o maçons au lieu de 60 qui travaillaient au commencement du mois , parce que ce n’a été que le a5 qu’on a eu connaissance d’un supplément de fonds de 1 5o,ooo fr. affecté & l’achèvement de la maçonnerie de la forme jusqu’à la seconde banquette.

On a vu, dans le précis historique du mois précédent , que l’on avait laissé un vide entre la maçonnerie et les petites palplanches au pourtour du radier pour former une rigole d’écoulement aux sources qui existaient en dedans de l’enceinte des palplanches. Lorsque la maçonnerie a été élevée à la hauteur d’un mètre au-dessus du plancher du grillage , on a pensé qu’en achevant précipitamment la maçonnerie dans cet intervalle on comprimerait fcs sources par un remplissage, et qu’on les forcerait à prendre une autre direction : en conséquence , on a formé de petits barrages en terre glaise pour exécuter ce remplissage par partie ; l’eau qui arrivait entre ces barrages était enlevée par de petites pompes ordinaires. On avait la facilité de maçonner à sec , ou du moins dans u^ eau dormante.

Les petits puisards dans lesquels étaient placées les pompes ont été remplis immédiatement avec un béton composé de mortier de trass et

ao

de débris de briques ; au moment de le couler on y ajoutait de la cbaux vive avec du trass.

La fermeture de cette rigole n’a été faite que le i 5 ; ainsi la maçonnerie du fond de la cunette de la forme , commencée le ay septembre, n’a été soumise à la pression des sources que vingt jours après la construction.

Les eaux des sources ayant été forcées de changer de débouchés , n’en ont pas moins alimenté le puisard du quatrième étage de chapelets; elles sÿ' rendaient en passant en siphon sous les moises du grillage de fondation. On ne doit point être étonné de celte communication, parce qu'il est impossible de remplir le dessous des moises aussi facilement que le. dessous des chapeaux. La pose des moises , rapprochées horizontalement l’une de l’autre par les boulons, exige que ces pièces soient placées successivement avapt le remplissage en terre glaise, tandis que les chapeaux peuvent être enfoncés à la masse dans un remplissage qui affleure le dessus des tenons des pilots, lesquels, d’ailjeurs, sont autant d’obstacles pour les filtrations le longsdes chapeaux.

La première pierre du radier du bateau-porte a été posée le 1 1, et celle de la cunette de la forme le ta; la cunette était aux trois quarts faite à la fin du mois , et le radier du bateau-porte à-peu»* près au tiers.

m Pompe à Feu.

On a achevé le battage des pal planches du puisard , et Ton a déblayé l’intervalle corn pris entre elles. Des pal planches battues avec une si grande fiche, quoiqu’assemblées à grain d’orge et de iG centimètres d'épaisseur, laissent toujours assez de vide entre elles pour le passage d’une petite quantité de sable, et, à plus forte raison , ne peuvent-elles empêcher celui de l'eau des sour ces environnantes. On a donc pensé que le puisard de la pompe à feu, après quelque temps d'épuisement r serait bientôt devenu le point auquel se seraient rendus toutes le» spirces et le sable des terrains voisins ; dès-lors il n'y aurait eu aucune securité pour la solidité du fourneau de la cheminée, du mécanisme et du puisard même. Les inconvéniens auraient pu devenir encore plus graves au bout de quelques mois, si l'on considère la proximité de»

eaux des fossés de la place : il fallait donc rendre le puisard impénétrable aux sources extérieures, et ne lui donner communication qu'avec l’aqueduc. Pour arriver à ce but , on a fait construire une caisse- de 3 o pieds de longueur, 6 pieds de largeur et 8 pieds de profondeur ; elle est ouverte du côté de l’aqueduc. Cotte caisse est formée par de forts châssis sur lesquels sont cloués des bordages de 3 pouces d’épaisseur, bien calfatés en dehors; son poids est de dix-huit milliers; elle a été assemblée au-dessus du puisard ; des apparaux convenables avaient été installés pour l’enlever et la descendre de suite dans le puisard , dés que le fond de celui-ci serait préparé pour la recevoir.

Le déblai du puisard avait déjà été commencé le ta ; mais on avait été forcé de l’abandonner* l'apparition «de plusieurs sources considérables venant du fond. 11 était prudent d’arrêter le déblai, parce que la caisse n’était pas encore construite, et qu’alors l’eau des fossés de la place était trés-liaute, par les.raisons que l’on a exposées précédemment.

Dans la soirée du 37, toutes les palplancbes du puisard étant battues à profondeur, la caisse étant achevée et disposée à ôtre descendue, on a recommencé le déblai ; il a été continué sans relâche jusqu’au lendemain 38. Sur les troi| heures après midi l’approfondissement devenait insensible par le rapport du sable ; des affouillcmens assez considérables avaient lieu à l'extérieur des palplanches : on s’est décidé'à descendre la caisse pour prévenir tout accident.

Le fond du puisard avait été approfondi à la côte 10 métrés 60; mais le temps nécessaire pour regaler le fond , enlever les échafauds , les élançons , et descendre la caisse, a suffi pour produire fin exhaussement de to centimètres. Comme le fond de la caisse a aussi 10 centimètres d’épaisseur , il s’est trouvé que l’intérieur esta la côte 10 mètres /jo , c’est-à-dire 44 centimètres en oonire-bas de la naissance du fond de la cunette de la forme. Ce puisard n’était que provisoire, en attendant qu’on en construisît un commun aux deux formes.

Moig de Novembre.

On a fait le remplissage en terre glaise sous la deuxième retraite des fondations.

Au 3o novembre, il ne restait à battre qu’une centaine de pilots de fondations des murs d’enceinte de la forme; ils ont clé battus avec quatre sonnettes.*

La maçonnerie de brique a été arrasée au niveau du dessous des moises et do la seconde retraite.

Les pierres de taille de la cunette de la forme ont été entièrement posées; celles du radier du bateau-porte n’ont pu l’être que sur la moitié de la surface entre la tête et la première rainure. On a également elévé la maçonnerie en pierre de taille de la tête de la forme, et celle qui (ait continuation du socle du mur du fond du bassin.

On a pose les gisents du plancher qui doit recouvrir le radier de la forme, et 1 intervalle entre chacun a été rempli en briques de Gueldre posées de champ.

Les gisents du plancherdu radierqui sont situés entre les parties courbes de la forme , ayant une assez grande portée , ont. été retenus à leur extrémité vers la cunette par un boulon vertical à vis et écrou. Cclnici est scellé dans une pierre de taille noyée dans la maçonnerie de brique du radier, et dont les faces sont taillées en queue d’aronde. Le boulon qui fixe les gisents contre le radier en maçonnerie permet leur remplacement en cas de réparation. On peut employer ee moyen dans toutes les circonstances où un plancher sur grillage risque d’être sonlevc et rompu par la pression de l'eau qui s’introduirait dessous (i).

La maçonnerie a été arrêtée le a5.

On a achevé la pose des petites m dises de la seconde retraite de» fondations ; on les a recouvertes de bordages, et on a élevé les bordages* verticaux qui forment la troisième retraite.

Le 7 , la maçonnerie s’est trouvée assez élevée pour permettre la suppression des» chapelets du quatrième étage. ,

(i) Ce moyen très-simple peut être employé' également pour affermir et fi.rer d'une manière invariable sur pilotis , un grillage recouvert d'un plancher sans autre charge ; la partie des boulons scellés dans la pierre doit, dans ce cas, dire disposée en tire-fond pour entrer dans la tcle du pilot. En cas de besoin, on frcllrait la tête du pilot avant de disposer le trou du tire-fond avec une tarière moins grosse que lui.

La profondeur des épuisetnens devenue moins grande a permis également de supprimer un chapelet aux deuxième et troisième étages, en augmentant pour chacun le nombre des épuiseurs. Le premier étage a toujours eu deux chapelets, parce qu’il épuisait l'eau des sources du batardeau et celle de la deuxième forme, qui avaient un peu augmenté.

La grande pression que supportait le batardeau de la forme en construction, par l’introduction de l’eau dans le bassin , avait probablement contribué à l’augmentation de l’affouillcment de son pied du côté de la machine à radier , la filtration qui avait lieu de ce côté ayant été sans doute fermée par quelques petits éboulemcns intérieurs , est venue paraître dans une autre partie. On s’est décidé à soutenir le pied de ce batardeau par un rang de tunage et de fascinage. ^

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