‹ Recueil d'expériences et d'observations faites sur différens travaux exécutés pour la construction du pont de Nemours, pour celle de l'arsenal et du port militaire d'Anvers, et pour la reconstruction du port de Flessingue; dans lequel on a traité la théorie de l'équilibre des voutes;Chapitre 35 sur 37 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

DES TRAVAUX EXECUTES AU BASSIN A rtOT PENDANT l’ ANNÉE l8l5.

Première Écluse.

Les tablettes de couronnement des chambres du pont tournant ont été achevées telles qu'elles avaient été projetées anciennement, ainsi que les coulisses dans lesquelles se logent les crémaillères qui servent à l’ouverture des portes. Ces ouvrages ont parachevé la première écluse , qui n’a plus besoin que d'étre entretenue.

11 a été fait aussi aux portes busquées de cette écluse des réparations importantes. On sait que la principale liaison du poteau tourillon avec l’entieloisc supérieure consiste en une équerre dont la branche horizontale est boulonnée sur la face supérieure de cette entretoise, et la branche verticale est encastrée dans le poteau-tourillon cette dernière branche passait en dedans du collier et frottait contre lui lorsque la pdrte manoeuvrait. Celte équerre était cassée au coude, da® les quatre venteaux des portes d’Ebe. Comme la branche horizontale retient l’extrémité de l’écharpe , la rupture de l’équerre rendait l’écharpe inutile. On a remplacé ces équerres. Cette opération , qui n'était pas sans inconvéniens, a été faite avec succès. On a soutenu chaque venteau par un ponton

amarre au poteau busqué, un peu avant Totale de pleine mer , ee qui a donné la facilité de caler l'entretoise inférieure et d'ouvrir le collier. L'ancienne équerre a été enlevée et portée à la forge pour en faire une nouvelle exactement semblable; celle-ci a été corroyée différemment, pour éviter le même accident. On a remarqué à cette occasion , par la difficulté que Ton a eue à enlever les boulons qui ferment les charnières des colliers , qu’il est inutile et même nuisible de donner au boulon un diamètre exactement égal à celui du trou des charnières, et qu’il est avantageux de laisser une à deux lignes de jeu : on a fait repasser les boulons au tour afin de leur donner ce jeu.

On a cru devoir consigner ici ces opérations parce quelles ne sont pas f^quentes.

Passe entre les Musoirs.

Les machines à draguer ont enlevé cinq mille mètres cubes de vase et sable, tant dans la passe entre les musoirs qu’à la tête de ces musoirs, où il restait encore quelques parties de fascinage du premier batardeau sur lesquels les vaisseaux touchaient quelquefois en entrant, et surtout en sortant du bassin. •

Ces dernières parties ont clé enlevées avec soin; elles se trouvaient situées un peu extérieurement aux musoirs, et dans le courant de l'Escaut. .

Mais l’attérisscment était considérable en dedans du musoir; l’eau des bassins ayant été maintenue au niveau de basse-mer pendant les mois de juin , juillet, août et septembre , l’envasement pendant ces quatre mois, où Ton n'a pu faire chasser l'écluse, a clé d’une hauteur réduite de trois pieds sur toute la surface comprise entre les musoirs et la tête de l’écluse ; ce qui donne un volume d’environ trente-neuf mille pieds cubes de vase , lesquels , ont . été enlevés en quinze jours , savoir : quinze mille pieds cubes avec le$ machines à draguer, et vingt-quatre mille au moyen débitasses , sans compter le rapport des marées pendant ces quinze jours de travail.

Le plus grand envasemeul a eu lieu dan» Taxe de l’écluse , et par conséquent de la passe; il était au maximum de sept pieds et demi. Le dépôt des vases aurait été uniforme sans l’effet des chasses. Les courans

latéraux des deux aqueducs produisent un remou qui ne suit pas toutà-fail la direction de l’axe de l'écluse , parce que les courans de la chasse sont plus ou moins entraînés par le courant de jussant , pendant lequel elle a lieu. +

On diminue l’effet de ce remou , autant que possible, en commençant et finissant les citasses par les ventelles des portes, qui produisent un courant directement opposé au remou ; mais néanmoins l’action de cclui-ci est toujours prépondérante.

Cela a deux inconvéniens : le premier, de ne pas obtenir le plus grand approfondissement dans l’axe de la passe , et le second, de déchausser le pied des musoirs.

Celui-ci est si sensible qu'il a produit un affouillement de dix-huit pieds à mer basse au musoir de flot. Les pieux jointifs étaient entièrement déchaussés. Cet affouillement a été comblé en grosvnoellons qui ont fort bien résisté aux courans des chasses subséquentes ; et ce moyen devra étre’employé pour l’affouillcment du musoir de jussant, qui sera probablement aussi profond, après les chasses nécessaires pour entretenir la passe pendant l’hiver.

Avant-bassin.

». Curage. m

On a profité de l’état de basse-mer, maintenue dans l’avant-bassin , pour enlever, soit avec les machines à draguer, soit avec les bateaux d’évaseurs , la vase qui s’y était accumulée , ainsi que les immondices des vaisseaux. *

, L’envasement de l'avant-bassin pendant trois ans a été d’une hauteur réduite d’un pied et demi au-dessus de son ancien fond; on peut donc supposer que désormais l’atlérissement de l'avant-bassin sera 8e m pouces par an , ce qui donne un volume de cent dix mille pieds cftbes de Vase, dont l'enlèvement fera l’objet d’un curage d’entretien qui pourra être donné à l'entreprise. , ’

L’envasement de l’avant-bassin a principalement lieu dans l'axe de la première e’cluse, parce que l’eau de l’Escaut, en rentrant par les aqueducs, produit un afl’ouillement au pied de l'avant-radier, remue les vases et les dépose , par un remou , dans l’axe de l'écluse.

On a dirigé le travail des machines à draguer et des bateaux d’évaseurs de manière à produire une passe pour les vaisseaux entrant dans l’avant-bassin ; ainsi qu’un chenal qui communique d'une écluse à l’autre. #

On a aussi enlevé une grands partie du batardeau en avant de la seconde écluse.

Quais et Murs de quais de t Avant-bassin.

On a achevé la pose des tablettes des murs de quai de l’avantbassin , près de la seconde écluse ; on a également achevé le parage des mêmes quais.

Seconde Écluse.

On a achevé l’îévation des bajoycrs de la seconde écluse et on a posé les tablettes : il restait encore à poser celles qui devaient recèvoir les portées des poutres du pont volant, et qui dépendaient du projet du pont proposé.

La manœuvre des portes busquées de cette écluse s’était faite jusqu’alors avec des cabestans volans et des vergues de sapin ; il restait à installer les crcftaillères et les cabestans fixes qui portent les lanternes *

Arrière-Bassin.

On a commencé la pose des tablettes «des quais de l’arrière-bassin; elle a été achevée sur toute la longueur du quai vis-à-vis la maison Anséatique.

Ces tablettes n’ont qu'un mètre de largeur et quarante centimètres d’épaisseur, tandis que celles de l’avant-bassin ont deux mètres sur soixante centimètres; il en est résulté, sur le développement de l'arrière» bassin r une diminution de dépense de cent soixante mille francs.

Le quai de l’arrièrc-bassin, vis-à-vis la maison Anséatique, a été entièrement pavé. t.

Mur de clôture. *

La communication de l’arricre-bassin avec la ville a été fermée par un mur de clôtare qui commence vers l'alignement de Ja maison Anséatique, et qui finit au bout du batardeau de la forme ea construction. Il a été établi une double palissade à claire-voie pour fermer entièrement le quai du côté de la ville.

Le mur de clôture ne pouvait être continué plus loin , tant à cause du mouvement du terrain, qui a reçu momentanément les déblais de la forme , qu’à cause de la gêne extrême que ce mur aurait apportée pour le transport et le dépôt des matériaux en approvisionnement pour la forme pendant la campagne de 1814.

La maison éclusière, qui n’avait que les murs de cage , a été achevée entièrement j elle a été habitée à dater du 1" septembre.

Quais de F Escaut.

On n’a point travaillé aux murs de quais à construire au bord de l’Escaut ; mais on a été obligé d’arrêter les dégâts de ce fleuve dans la partie de la rive qui touche à la maison éclusière , et à la coqucrie du même côté. La marée du 11 octobre, poussée par un vent violent, a produit un déchirement considérable dans cette partie, l'afTouinement s'est arrêté à douze pieds de la coquerie. Pour prévenir les progrès de la lame de pleine mer, on a soutenu l’amncheracnt par un fascinage qui a dû assurer les fondations de la coqucrie pendant quelque temps.

Forme.

Le pilotage de la forme a été achevé, à l’exception de douze pilots qui se trouvaient dans la partie de l’aqueduc qui est sous les bajoyers du fond de la forme.

La charpente du grillage des radiers et des second et troisième planchers a été achevée ; il restait à poser les moises de la troisième retraite et le quatrième plancher.

La maçonnerie a été élevée jusqu’au niveau de la première banquatte • at

pour la forme proprement dite, et jusqu’à la hauteur de la naissance des bajoyers pour la chambr* du bateau-porte. Il a été exécuté un peu moins des deux cinquièmes de la totalité de la maçonnerie en brique de la forme.

La maçonnerie en pierre de taille du radier du bateau-porte a été posée sur la moitié de la surface; celle de la cunette a été achevée dans toute la partie découverte.

Le batardeau en avant de la tête de la forme qui avait été écrété a été rétabli dans son premier état.

Aqueduc entre la forme et la pompe à feu.

Les palplanches d’enceinte de l’aqueduc ont été battues ; mais il a été impossible de commencer le battage des pilots, parce que la fouille entre les palplanches n’aurait pu être poussée à la profondeur requise qu’après le battage des palplanches.

Pompe à feu et Puisard provisoire.

Le puisard provisoire a été achevé ainsi que la pose du mécanisme de la pompe à feu ; il restait à construire le puits qui doit donner l’eau de condensation ; mais l’on pourra faire jouer la machine pendant la construction de ce puits.

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