‹ Recueil d'itinʹeraires dans la Turquie d'EuropeChapitre 28 sur 46 · CROATIE TUR9UE · texte numérisé non relu

CROATIE TUR9UE

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BANJALOUKA À KOSTAINITZA ET À NOVI,

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KOZARATZ ou ST ARI . MAIDAN.

La route de Banjalouka à IvaTnska descend la vallée dn Verbas jusques Ters Patrisëvatz, Puis on traverse une suite de petites hauteurs, en partie couvertes de bocages en bouleaux ou chênes , d'où on descend dans la vallée de Gomoïnitza en se tenant loin de ce cours d'eau sur la hauteur, qui forme le pied méridional de la crête du Eozaratz. La partie inférieure du Gomoïnitza, le confluent de cette rivière avec la Sanna et la vallée où ses eaux continuent à couler à 1*0., forment une vaste plaine avec beaucoup de petits bois, de pâturages et de villages. Kozaratz, bourg d'un millier d'habitans, est immédiatement au S. O. au-dessous de la montagne boisée en chênes, qui porte son nom et qui a dans cet endroit une pente plus roide qu'ailleurs. Sa hauteur peut aller à 1600 p. Les murs blancs du château carré de Kozaratz (de Koza^ chèvre) et entourés de fossés, ressortent de loin au milieu de la verdure des forêts. Priédor ou Prijédor près du mont Baljé, a aussi un petit château. A 2 1. en deçà de ce village la vallée de la Sanna se rétrécit et on atteint Novi en traversant encore un pays de bocages et de pâturages.

Si on veut se rendre de Banjalouka à Kostainitza ou Doubitza, on passe par Kozaratz, d'où on a le choix de plusieurs

routes ou sentiers, traversant la partie occidentale, basse et en partie boisée, du mont Kozaratz.

Si on veut aller à Novî par Brounzény-Maidan, Maidan et Stari-Maidan , on remonte à TO. du quartier de Banjalouka près du fort le petit torrent de Tzrkvina, qui coule dans le bas à travers des prés et des vergers, et dans le haut au milieu de petits bocages de chênes. A environ une petite heure de Banjalouka on abandonne ce cours d'eau, qui prend sa source au S. et court ensuite de l'O. à TE. On monte par une pente roide sur la hauteur voisine d'environ 100 p. d'élévation sur la vallée. Ces collines forment des plate-formes échelonnées et quelquefois couvertes de bouleaux, mais entre ces terrasses s'élevant à me* sure qu'on avance à l'O., se trouve deux vallons.

A environ 2 L de Banjalouka on atteint la cime la plus élevée de ces hauteurs, qui sont un bas prolongement septentrional du Koukavitza - Planina , séparant le Verbas de la Gomoïnitza. La vue de ce point, à environ 1000 p. de h. abs., est une des plus étendues et donne une bonne idée de la configuration de la Croatie turque. Au N. se trouvent les parties inférieures et larges des vallées de la Gomoïnitza et de la Sanna, courant du S.S.O. au N.N.Ë., mais on ne voit pas la vallée moins considérable du Satinska, séparée de la Sanna par les hauteurs du Bérémégina- Planina avec son prolongement oriental^ savoir les collines tertiaires du Krnio-Brdo. La crête isolée et boisée de Kozaratz fait un effet particulier au milieu du pays plat et en deçà de la grande Sanna coulant presque de l'E.S.E. à rO.N.O. A l'O. on apperçoit la vallée supérieure de la Sanna et les basées crêtes en deçà du Japra et de TOuna, tandis que depuis ces Cïivités le terrain s'élève au S. O. et S- en amphithéâtre jusqu'au delà des montagnes de Pétrovatz de 3 à 4000 p. de h. et juj^qu'à celles, qui forment le partage des eaux enire le Japra et celles coulant vers Bihatch. Le premier gradin est forme environ par Je Koukavitza, l'extrémité septentrionale du Kragouliévatecha, le Maidan ska- Planina et le Grmetech entre les sources du Japra et de la Sanna. Sur un second éclielon apparaî&eent le Lopata (pèle), le Matjévatza ef le Priaika er>tre Ostrovîtza, Pétrovatz et Klioutsch, et enfin sur un troiâièmc plan se trouvent le haut Tzrliévitza près de Kaménitza et peut-être même le Jadovnik

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CD deçà de TOunatz. Toutes ces crêtes sont dirigées du N. O. au S. E.

Le terrain qu'on parcourt ensuite, est extrêmement entrecoupé et difficile à décrire, parce que ce sont des cavités ovales en grande partie fermées et en partie sans eau. En remontant de pareilles sinuosités bordées de pentes boisées, on arrive à Bistritza à 5 h. de Banjalouka, d'où on va gagner à 3 h. plus loin Brounzény-Maidan. Les deux petits cours d'eau, qu'on traverse jusques-là, sont le Gomoïnitza et un cours d'eau à l'O. de Piskavitza, coulant tous les deux du N. au S. Ce dernier entre dans la grande vallée de la Gomoïnitza à environ 1 1. de Brouzéni- Maidan. La carte de Vienne est très fautive pour cette partie de la Croatie ^).

Brouzény-Maidan avec une petite mosquée, est sur le Satin ska-Eieka, qui coule environ du S. au N. avec des contours de TE, à l'O. et se jette dans la Gomoïnitza* Son fond est occupé par de belles prairies et à iy2 h. au-dessus de Brounzéni- Maidan le torrent fait mouvoir les soufflets de trois fonderies de fer.

Les mines de Novi-Maidan (nouvelle mine) sont situées à 20' au S.O. de Timar (Simar des cartes) et à 2 1. S. de Eozaratz, sur la partie N. O. de la plate-forme du Bérémégîntza-Planina. Elle s'élève à 900 ou 1000 p. de h. abs. et sépare cette vallée de celle de la Sanna. Il en descend un petit cours d'eau à l'E. de Timar. Les maisons de paysans y sont misérables; nous y avons couché dans une maison toute trouée et composée de bois et de boue.

Pour gagner de là Stari-Maidan (vieille mine), on traverse la vallée évasée de la Sanna et on remonte le torrent du Maidanski-Potok jusqu'à ce lieu principal des fonderies de fer en

') Mon Tartare trouvait que le postillon bosniaque était négligeant et insolent et il résolut de le punir sans m'en dire mot. Malgré une petite pluie, il nous dit de nous arrêter un instant, puis il descendit de cheval et défit une corde. Il voulait lier le postillon k un arbre et le fouetter, mais celui-ci fut plus alerte, lui arracha de la ceinture un de ses pistolets et s'éloigna en le menaçant de faire feu. Le Tartare furieux l'ajuste avec son autre pistolet et remonte à cheval. Pendant prës d'une heure ces deux personnages se tinrent k distance se menaçant Tnn l'autre. Je ne réussis qu'avec peine k ramener la paix dans mon entourage.

Croatie. Les usines y sont dans le même genre qu'à Voïnîtza et EgrîPalanka. (Voyez ma Turquie. Vol. 8, pag. 64.) Les mines se trouvent aux environs de ce petit bourg , ainsi qu'au S. O. du vieux château de Eamengrad (château du rocher).

Depuis Stari-Maidan on peut aller à Novi par la vallée du Japra ou par Stankovatz gagner celle de la Sanna. Sur ces hauteurs on a la vue des montagnes coupées de ravins» où se trouvent les sources du Japra, et on passe le chemin de Banjalouka à Bihatch. Sur cette route les villages sont entourés souvent de pruniers et composés en partie de maisons simplement faites en planches de bois et remplies de trous aussi bien dans la toiture que sur les côtés.

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DE

BANJALOUKA À BROD.

On fait le toar du fort de Banjalouka pour gagner le pont, qui est à sa sortie orientale. En deçà du Verbas il y a encore une petite rue garnie de maisons» d'où on atteint une petite hauteur interposée entre le Verbas et la partie inférieure du Verbagne ou Verbania. Ce dernier torrent coule dans une assez large vallée occupée par des pâturages, et un pont de bois sert à le passer. On ne fait que traverser cette cavité, pour monter sur des plate-formes du Prisika d'environ SOO à 600 p. de h. Ces collines à pentes assez douces et à sol graveleux sont couvertes de chênes et de bouleaux.

En deçà de ces hauteurs et des bois, à environ 3 1. de Banjalouka, on atteint un autre vallon champêtre dirigé au N. O. et où sont situés les deux villages de Slatina supérieur et inférieur (Slatina gomi et dolni). A y, h. au N. du Slatina supérieur et à l'E. de l'inférieur se trouve au milieu des bois sur la pente du plateau une pelouse marécageuse avec une excellente source minérale acidulé. Aucune maison ne se trouve dans son voisinage. Nous rentrâmes dans les bois en continuant de nous diriger au N. E. Nous passâmes par un vallon dont l'eau coule dans celle du Slatina et nous atteignîmes en deçà d'une autre crête un torrent coulant du S. E. au N.O. et au N. Plus loin il nous fallut encore franchir quatre cavités, où se trouvaient des cours d'eau se rendant au N. O. dans le Verbas. Le premier surtout

était BSBez considérable, tandie que lea autres Tétaient moins et coulaient dang des lîte plui élevés et plus évasée. Enfin aprèa une journée passée presque continuellement dans les bais de chêneâ, noue atteignîmes le haut de la yallée du Goran , où eat sî^ tué Leschnia.

Noua étions tout près de ce gros irillage sans pouToir le voir, tant il faisait déjà obscur ou tant les maisons en étaient cachées dans un cul de sac. Âusâi nous adreesâmea-nous à uo pajaau et le priâmes de nous donner un guide. Un garçon de ferme nous fut accordé sur le champ, mais ce gaillard ne nous accompagna qu'en vue du village et aucune promesse de recompense ne put rengager à nous conduire jusques chez TAgha, ce quïétait cependant l'important, puisque, vu la nuit, nous pou viona risquer de ne trouver personne à qui demander des renseignemens. ')

Si la route depuis le Yerbagne à Leschnia présentait déjà des difficultés, vu la quantité de sentiers dans des bois, où il n y a âme qui vive ou plutôt, où personne ne se laisse voir, CêlIe de Lescli' uia à Derbend était encore moins aisée à suivre, Néanmoins nous partîmes j^ans guide n'ayant pas pu nous en procurer et comptant que des Houlans^ faisant le même chemin que nous, nous en serviraient* Nos préparatifs de départ tardant trop, les Houlans partirent avant nous et nous abandonnèrent à notre bonne fortune.

Après Leschnia la route est établie sur une crête boisée entre deux vallées courant du S. au N. et à '/a 1. de ce village elle se bifurque, il faut prendre à gauche^ inds trouvant le ehemin de droite mieux tracé, noua noue mîmes à le suivre et arrivâmes enfin à une barrière en deçà de laquelle était un fond occupé par une jolie prairie. Nous y entrâmes, mais nous ne pûmes trouver aucune autre iseue à cette cavité que c^Ue par laquelle nous étions entrés. Voyant que nous nous étions égarés et que la route devait être plus au N.4 nous nous enfonçâmes dans les broussailles et les bois de hôtres, de bouleaux et d* aunes. Au milieu de cette nature

') L'Aghft était abient et jsoii divan était déjà occupé par une diatatue de Hf>u]»i)^ iju Spahis en activité de senrice, de manîtsre qu'on nou» colloqaa dant uoe chanibrâ voiF^ice et les damC'S an Harem qou& coroy^rent bientôt aa bon »ouper^ Cumiiie Leschiiia n*a. pas d*ftuhcrge* c*e«t la maisun de TAgha, qui en fait l'oiTicef et k< leudsmaiu aoua a'eûitiei ri«n a p^fet que ïa Dourritare de quh tiiwifaujt.

agreste nous entendions de temps à autre des cris ou des coups de haches, mais en approchant des lieux, d*où partaient ces bruits, nous ne pouvions jamais appercevoir quelqu'un, tellement les Chrétiens de ces lieux paraissent être accoutumés à être molestés par les Musulmans. Nous désespérions déjà de sortir de ce fourrée quand nous atteignîmes une hutte, où nous surprimes une femme au moment, où elle voulait fuir. Elle nous confirma dans l'idée que la route était sur la crête au N.

Nous eûmes Vs ^* ^ monter avant de retrouver notre chemin qu'on ne pouvait du reste méconnaître, puisque c'était la seule voie un peu large au milieu de ces bois. En nous dirigeant au N.E. nous descendîmes de notre forêt de chênes au village de Prniavor, dont toutes les boutiques étaient fermées et qui n'est qu'une rue d'une soixantaine de maisons. Au N.E. de cet endroit le Goran conflue avec le Vichatschka venant du S.S.O. ou de la partie occidentale de la montagne du Ljoubatscha-Planina et se réunit à Palaschkovtzi supérieur (P. gomi) au grand Okrina. Ce dernier coule du S.O.-N.E. entre le Lioubatz et le Brestovatz et a ses sources avec l'Oussora dans les contreforts septentrionaux du Kljetzka, tandis que le petit Okrina (Mali O.) ou par abrégé Mokrina coule du S.S.O.-N.N.E. entre les monts Krinina et Brestovatz et joint le grand Okrina au-dessous de Popovitch.

Nous parcourûmes des suites de mamelons en partie boisés, en partie couverts de pâturages et qui seraient des contreforts du Tzaréva*6ora restant au N.O., nous passâmes à 1 1. de là à Ilova et à Ya h. plus loin à Palaschkovtzi, d'où nous eûmes une vue sur les montagnes de Brestovatz entre les deux Okrina (si. Oukrina) et sur celle de Lioubatz. Ces crêtes secondaires se présentent comme de grosses têtes à dos arrondis, à extrémités escarpées et contrastent avec les collines tertiaires boisées à leurs pieds. On dirait encore voir les promontoires de la mer tertiaire, qui couvrait une fois la Hongrie.

En delà du Palaschkovtzi inférieur (P. dolni) nous nous égarâmes de nouveau dans un fond de pâturages entouré de bois et le plus drôle de cette aventure fut qu'un Bosniaque musulman nous suivait avec son domestique croyant que nous le tirerions d'embarras. Le domestique avait fait cependant plusieurs fois la route, mais il y a tant de sentiers que le plus habile peut s'y tromper. Tout ce que nous pûmes comprendre clairement, c'est

fju'il fallait pâ&eer rOkriua de la rive méridionale au bord eept«ntrion»lj dont noua étions ëéparëi par défi boïa et dee cours d'eau ou de petits marécagee.

Après H^oîr essayé pluBÎeurB sentiers, nous en suivîmes un, qui nous fit franchir le premier marais, mais en deçà nous tombâmes enfin dans un champ de maïs bien clôturé. Heureusement le temps de la récolte j avait attiré un Bosniaque, qui nous donna passage et fit pour cela un trou à ses haies. Peu après nous pûf^sâmes à gué rOkrina et descendîmes un peu cette rivière très peu profonde pour nous enfoncer ensuite dans un énorme bois de gros chênes, qui occupe le fond de cette vaste vallée,

La route dans ce bois était assez large, mais boueuse et les bifurcations n'y manquaient pas non plu@i de manière que noue étions sans cesî^e k appeler les paysans, dont nous entendions les voix. Or, aucun de ces gens, occupée à la garde des cochons, ne noue répondait et le fourré du bois étmt tel qu^îl n*y avait pae moyen de les joindre. Il paraît que plueieure paysans, dieëéniinée dans cette forêt, chassaient ce jour-là devant eux les cochons pour en choisir un certain nombre pour la vente. C'était des crie continuels se répétant sur des lignes déterminées et s'él oignant ou se rapprochant de nous suivant les contours décrite par la route»

Nous mimes environ 1 */a h. à traverser le sol noir et humide de ce bois^ d*oii nous comnienc^âmee à nous élever sur des hauteurs boisées. Nous nons félicitions déjà d'être hors de ce labyrinthe de routes, quand nous nous égarâmes de nouveau et fûmes remis en bon chemin par un paysan. Nous étions occupés à revenir sur nos pas, quand à notre grande surprise nous rencontrâmes nos Houlans de Leschnia, qui s^égaraient aussi malgré un guide- Us nous racontèrent que ne sachant plue se reconnaître au milieu des bois, ils étaient retournés à Leschnia et avaient forcé un paysan k les suivre, or comme ce pauvre diable lee aurait égarés sans nous, il fiit renvoyé tout de suite sans aucune indemnité.

La montagne^ sur laquelle noue ëtîonSr a entre IS et 1400 p> de h. ftbs. et dépend des hauteurs médiocres du Zvtschda-Gora iBBHM^a Topa) (Miont à bruit semblable à un sifflet). Elle domine la large vallée de rOkrina, qui est dirigée au N.E* et n*oftVe guère que des bois, au ^milieu desquels reetent cachée les villages. Elle paraissmt séparée du Danube par des collines presque double

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plus élevées que celles sur lesquelles nous étions et portant sur les cartes le nom de Motavitza. La Save traverse au confluent de rOrlaja une espèce de large défilé^ et les collines depuis-là à Brod en E^clavonie sont liées à celles de Motavitza et atteignent pour le moins une aussi grande élévation.

Nous montâmes jusqu'au hameau de Vischnia et en descendîmes au NJS. pour traverser un vallon arrosé par un affluent de l*Okrina« Ce petit cours d'eau avait des bords argileux si escar^ pés et était si bourbeux que nous fûmes obligés de descendre de cheval et de le franchir sur un tronc d'arbre. Lie reste de la route depuis-là jusqu'à Derbend a lieu sur une plateau ondulé et déboisé* A son extrémité on n a plus qu'un petit vallon à passer pour atteindre Derbend situé sur la dernière pente des coteaux et comptant environ ISO habitations.

Le fortin de Derbend est entouré de maisons et il en part au S. une rue assez longue et une autre au N. Des Zingares occupent quelques maisons éparses au S.O. L'auberge est dans la rue septentrionale, mais il n'y avait plus de place à cause du nombre de Houlans en garnison, qui paraissaient mener une vie joyeuse, vu le bruit qu'ils faisaient. L'aubergiste musulman nous reçut en conséquence dans sa maison à l'autre bout du bourg et nous y traita avec une politesse exquise. Le fort de Derbend était alors la résidence ou le lieu d'exil de Faessli-Pascha, jadis Kadi influent à Sérajévo, et connu aussi sous le nom de Nakif-Effendi.

Pour se rendre de Derbend à Busud on franchit à gué à 1 1. du premier bourg l'Okrina, qui fait mouvoir quelques moulins, parmi lesquels il y en a près de Derbend, (|ui ont 7 meules. En deçà de l'Okrina nous montâmes sur de petites éminences boisées de 8 à 900 p. de h. abs. et à sol marneux , nous en descendîmes à Eoratschi à 4 1. de Derbend. Dans la plaine à TE. se trouvent plusieurs grands villages chrétiens ; la route en traverse deux, mais nous ne pûmes pas en apprendre le nom, les habitans étant hors de chez eux. Une fois la Save atteinte, on longe cette rivière pendant % d'h. en jouissant de la vue agréable de l'amphithéâtre des coteaux tertiaires aux environs de BrodenEsclavonie. Leurs parties correspondantes en Bosnie forment les hauteurs du Voutschak-Brdo au S. de la Save entre Brod et Dobor. Nous remarquâmes qu'on avait coupé tous les arbres, qui gênaient le halage

Bur la rive bosniaque, mais au Heu d'enlever les troncs on en avait laissé bon nombre tomber dans Teau, où il y en avait pourtant déjà assez pour encombrer la navigation.

Pour arriver plus vîte à Busud (s. Bousoud)» on quitte la Save pour aller tout droit sur ce village assez misérable, où il nous fallut attendre 2 h. avant de pouvoir passer en Esclavonie. ^)

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DE

SPALATROÀBROD

PAR

KOUPEIS, TRAVNIK et le long de la BOSNA.

JJepuis la plate-forme sèche de Sign, espèce de Earst plein d'entonnoirs, on passe le Prolog, cime ayant 200 p. de hauteur au-dessus de Sign, et on descend dans la plaine de Livno, qui est sujette à des inondations et contient des marécages, parce que ses eaux n'ont pas d'autres issus que des Katavotrons. Cette cavité est à un niveau supérieur à celle de Sign,. Entre cette dernière et une plus petite autour de Schvitza se trouve le mont Tzitzer, dont la plate-forme présente aussi les caractères du Earst et ofire des pins, n y a là le Han de Borovaglava. Une descente rapide conduit dans le vallon du Voditza, qui sort tout formé d'un rocher calcaire. La cavité de Schvitza est entourée de cimes dolomitiqaes de 800 à 1000 p. d'élévation.

On monte ensuite sur un mont Malovan, quî atteint 4500 p. et n'est que le prolongement SpE, du Vitorga au N.E. de la cavité

') Le bac turc était occapé ittrla rive opposée a des chargcmoiu de pruneaux et d'ailleurs la quarantaine autrichienne eat fermée de midi h, 3*/, h. Ko* chevaux auraient dû passer avec nous san» pajer de droit, cependant lu MiUHielim de Bn^ud reçut de nous sur territoire autTictiien 5 francs oomm« un pourbgiru»

de Glamosch et aux sources de l'Ounatz. Une descente courte conduit à Koupresch, village situé dans une vallée de 21. de large ayant une hauteur absolue de plus de 3000 p. et arrosée par le Bistritza, il s'engoufire dans des fentes de rochers, pour reparaître dans le Kousko-Blato» d'où ses eaux gagnent le Tzétina. Les sommités les plus élevées à l'entour restent au-dessous de la région des pins rabougris et courent du N. O.-S. E. Au N.O. le bassin de Koupresch à 3500 p. de h. abs. est séparé de celui de Blagaj, au N. £. duquel s'élève le Eoprilnitza-PIanina (Karvaginska des cartes) (SOOO p.) aux sources de la Janiska ou Pliva, qui va gagner le Verbas à travers le lac de Jézéro. A TE. de Eouprcsch le mont Eadouscha est dirigé plutôt à !'£• et au N. E. et se lie au mont Zetz derrière Voïnitza.

Le col du Eoprilnitza (4000 p.) à 600 p. sur Koupresch conduit entre des cimes calcaires dans une vallée, d'où on débouche par une descente de 12 à ISOOp. En abandonnant ce torrent et passant par le Han Sniljaga (3200 pO > on descend à Prousatz et à son château dans la vallée du Verbas (si. Verbac) , qui est entourée de hautes cimes de Dolomie de 800 à 1000 p. de h. Depuis là on gagne plus bas Skopia (1700 p.) et on n'a plus que le mont Radovan à franchir, pour atteindre la vallée du Laschva ou Travnik. On atteint le point de partage des eaux du Verbas et du Komar affluent occidental du Laschva par la vallée de rOboratzka-Rieka ; la montée et la descente sont rapides et il y a un Han au bas de cette dernière à 2 h« du Laschva et à 3 V^ h. de Travnik.

La route de cette ville à Vrandouk passe sur la pente du mont Vlasitch et traverse le vallon de Biéla, affluent du Laschva. On trouve à 5 h. de Travnik Gradischkie à 600 p. sur la Bosna et on y jouit de la vue sur Zénitza et sur la Bosna ; l'extrémité méridionale de la crête du Matzoulie-Planina reste au N.O. Depuis Zénitza une route passe la Bosna sur un pont de bois et se rend à Soutinska sur le Trstjanitza, où se trouve à TE. un des couvents catholiques principaux de la Bosnie, ou bien on peut gagner Sérajévo en remontant par Sérinja la Bosna à distance de ses eaux.

On longe la Bosna sur sa rive occidentale par Boukovitza jusqu'à Vrandouk. La rivière est resserrée à Turbet entre le Blatnitza et le Kapté-Planina et Vrandouk avec son château fort est au

N. de ce défilé sur un haut rocher oi&ant une précipice vers la rivière et de belles vues. Entre la Bosna et le Krivaja-Rieka (rivière ondulée) s'élève le Erschna-Glava (tête pierreuse). A3h.de Vrandouk la vallée s'élargit et on y trouve les 3 Hans de Dobrispolie et à 2 h. de là Loupina, puis la vallée de la Bosna se rétrécit de nouveau jusqu'à V2 1. avant Schabtsché ou Schéptsché (600 m.), où se trouve une petite plaine tertiaire et alluviale. Un torrent précède cette ville. Cette route ofire de beaux points de vue. On franchit la Lieschnitza sur un pont en pierre à S h. au N. et on arrive à Maglay (700 h.), qui a une grande mosquée et est entouré de montagnes de 4 à 600 p. La route de Maglaj à Sérajévo remonte la Bosna par Zénitza et Visoko ou bien elle suit la vallée de la Erivaja. Cette dernière voie est moins usitée à cause des mauvais chemins. La montagne du Tzmi-Vrch reste à rO. et rO.S. O. , tandis quà l'E. est l'Osren-Planina courant N. O.-S. E. La Bosna y a 100 pas de large. L'Osren la sépare de la Jala ou Spretza ou Spretscha coulant S. E.-N. O. A 6 h, de là est le Han de Mravîle et on traverse l'Ousora. En continuant à longer la Bosna, on atteint Dobor, où il y a un château ruiné, et Kotorsko, village mahométan, enfin en traversant le Voutschîak-Brdo, on atteint Bousoud ou le Brod turc. (Voyez Sendtner, Ausland 1848.)

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DE

BANJALOUKA À ZVORNIK

PAB MAGLAJ.

Cyette route jusqu'à Teschain et Maglaj nous a été représentée comme une succession non interrompue de montées et de descentes au milieu d'un pays très boisé surtout en chênes. On y coupe en effet beaucoup de crêtes, qui la plupart sont alignées du N. O. au S. E.y quoique cela ne paraisse pas sur les cartes. Le point le plus élevé de la route entre Banjalouka et Teschain, est une échancrure du mont Lioubatz ou Lioubatch entre la val» lée du Vichatschka et TOkrina. Il ne doit guère, être au-dessous de la hauteur du col du mont Tisovatz. ^

Teschain (t. Tischné) et Maglaj sont remarquables par des vieux châteaux. A ce dernier bourg on traverse la Bosna sur un bac et on peut se rendre à Brjesnitza ou par Boukovitza à Gratschanitza sur la Jala. Ce dernier bourg est appliqué contre une hauteur, qui est un prolongement S.E. du Trbova. La longue vallée delà Jala court du S.E. au N. O. et est bordée au S.O. par les montagnes de Vélovnik, de Présoutza et d'Oschrenk, et au N. E. par la Majévitza, le Médvédniak et le Rjétani. Parmi les nombreux affluens de la Jala se distingue TOskovo ou plutôt Spretza, dont les sources sont au S. O. de Zaornik. Près du confluent de cette rivière avec la Jala, Mr. Sendtner indique sous le uom de

Kiséliak une eau acidulé et saline. Cette vallée est large, en partie cultivée et pleine de villages. Dans sa partie supérieure se trouvent les deux Touzla (salé) inférieur et supérieur, dont la population s'élève à 4 à SOOO habitans. Comme à Gratschanitza ce sont en partie des Bosniaques catholiques* Dans ces lieux sont des sources salées et hydrosulfureuses, dont on extrait du sel par révaporation. Le haut de la vallée de la Jala est séparé par un col de 1000 à ISOO p. d'avec le torrent, qui débouche dans la Drina au N. de Zvornik.

En 1847 Mr. Sendtner a visité depuis Touzla Srebmik (d'argent), (ISOO h.), où il y a un château du moyen âge sur un mont conique, qui est un promontoire d'une crête de 2500 p. de h. abs. Il a passé par Preschke, le mont Médvéniak, Obodnitza, Drapnitch, Lisovitch et Knésova* De là il a été à Gradaschatz par Tmitza, Spionitza et Obousovat. Il y a un vieux château dans le premier lieu et enfin il est arrivé à Brod. (Voyez Ausland, 1848.)

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DE

SÉRAJÉVO A BELGRADE

PAR

ZVORNIK ET RATSCHA.

Jr our aller de Sërajëvo à Zvornîk, îl faut monter sur le côté N. E. de la ville par des rues pavées fort en pente et enfin on passe la porte de la ville, en deçà de laquelle il y a encore à distance quelques maisons isolées entpurées de jardins. Mais ces signes d'habitations disparaissent bientôt, car à moins d'une lieue on ne s'imaginerait pas d'être auprès d'une si grande cité, en n'étant entouré que d'arides et sauvages montagnes. La route monte par une pente assez forte à un col ou une crête, qui lie transversalement du S. au N. l'arête , à l'extrémité S# O. de laquelle est la citadelle de Sérajévo avec une autre, qui lui est parallèle er placée plus au N. Le sillon du torrent de Koschova ou Keschova reste à la gauche et ne se prolonge pa« au S. comme dans la carte de Mr. Kiepert.

Depuis ce col, qui a environ 3200 p. de h. abs., on descend insensiblement par un chemin t es mauvais dans la vallée d'Ivagoschtscha, dont les eaux se rendent dans la Bosna. La route tourne autour de plusieurs ravins et sa dernière partie traverse des bocages; comme le sol est formé par une argile rouge et que le pavé est extrêmement démantelé, ce chemin est effroyable. Dans la vallée il y a quelques habitations et un Han si peu fré<]uenté qu'on n'y trouve presque rien , mais à 1 y, 1. de là en deçà du torrent et de petits bois il y a dans le village de Mokro (humide) un assez bon gîte. Ce village bosniaque est situé déjà à 3058 p. de h. abs. sur la pente N.E. du grand plateau de la montagne

de Botnanfa. A son entrée je fuB surpris de voir on gros bloc de pierre excavé en forme de tombeau ou d'auge et gisant à terre sans usage ^)>

Mokro est un endroit pittoresque à cause de sa position au pied d'escarpemens calcaires ornés de boie de bouleaux et de sapins; dans la vallée sont des prairies et des bouquets d*arbres. On a environ une petite demî-lieure à monter, pour atteindre un grand plateau calcaire presque déboisé, sur lequel on continue à voyager à 3743 p, de h. abs., pour ainsi dire, en plaine ondulée. C'était dans le ISèœe siècle le lieu des exploits des célèbres brigands No vak, de son frère Eadivoi et du jeune Grouitza, conime en fait foi une belle chanson.

On passe près du village et de l'auberge isolée de Turbet- Han et à côté de sources abondantes d'eau très froide sourdaut d'un petit rocher calcaire. Près du Han est le hameau de Rakévitza (It! Makovicza des cartes)* Ce n'est qu'à 4 L de Mokro qu'on arrive à l'auberge isolée de Podromonium dans un ravin déboisé. On continue à voyager sur des plateaux de plue de 3000 p. et ou laisse à droite le village de Vidritch» qui est à 3 1. de Podromonium* Que signifie ce nomlatinî est-ce un reliquat des Romains ou des Hongrois? Koschoutitza est à 1 L de là au pied de montagnes calcaires offrant des escarpemens et couronnées de sapins. Plusieurs crêtes se présentent là, courant du N, au S. Ou monte depuis Koschoutitza sur un plateau couvert de sapins et voyageant au N. N, R, on en descend dans un vallon boisé dépendant du Krivaja-Rieka, d*où on tourne auN. £.^ pour passer par des chemins marécageux, très mauvais, une petite crête en partie boisée* Ce n^est qu'en de<;à de cette dernière qu'on descend dans le vallon de Krîvaja-Rieka courant du S. E. au N/0- Ses sources sont au pied septentrional du Jasénitzaet du Dévétak. Elle coule d*abord entre le Kopita et le Lieîna- Planina, puis entre la montagne de Koschoutitza et le Plotscha,

^) L'aiib«rge offrait dans récurie un grand carré entouré de planches, au mi lieu duquel on pouvait faîrc du feu et dont Tiutt^neur était occupé en i>uirr par une espèce de Ut de cainp h. rentoor du foyer. Il y avait de plus prèâ de lu nu pavillon en boii à chemiuée et pouvant se femier de tous cùtés avec de grunib volets d'une pi^ce. Cbmme il iaisaît froid, doue préférâmes l'écurie et nous noui* y trouvâmes fort bien^ car il faut toujours penser que lea éctirîea bosniaques sont trois fois plus larges que les tiâtrcj et qu'où est loin d'être à cûié des chevaiiTt, lors même iju'ou eu e^t littéralement entouré.

pIuR ba8 entre le Gosiritschko et leBabinetencoiB-pInBloin entre le Sarougie , le Grabovatz et le Komiratsoha. Elle va enfin tomber dans la Boena dans une direction du S. S. E« au N. N. O. La vallée de Erivaja-Bîeka contient Tauberge de Hitsch-Male-Han. C'était une grande écurie nouvellement bâtie et pouvant contenir 240 chevaux, on y a le tort de ne pas paver convenablement l'entrée, qui dans les temps de pluie est occupée par un bourbier. >)

Pour sortir de ce vallon, il faut monter sur la crête au N.E^ appartenant à la montagne de Plotscha; cela s'exécute par des chemins épouvantablement bourbeux au milieu d'une forêt de sapins et de hêtres. Les chevaux cherchaient en vain dans les taillis à éviter la route changée en un véritable mare. Nos Eiradgis couraient après leurs chevaux de bat et les dirigeaient simplement par les jurons les plus obscènes ou blasphémateurs. D'autres voyageurs tiraient des coups de pistolets ou de fusils. D'autres perdaient leurs Fess ou leurs chapeaux, en passant sous les branches ; tout cela formait un tableau de voyage, qui doit plutôt avoir son pareil dans les bois d'Amérique qu'en Europe.

Au milieu de cette suite de forêts établies sur des plateaux et permettant peu d'étudier la configuration du pays, nous arrivâmes enfin à 3282 p. de h. abs. à un Han isolé, où nous ne trouvâmes qu'une jeune fille chrétienne, qui n'avait que sa chemise et sa jupe. Voyant des Turcs, elle se hâta d'aller mettre son pantalon et nous servit ensuite des œufs et du lait Peu après cette auberge que je puis bien nommer de la forêt noire, on commence à descendre par un chemin, qui est pendant 2 h. un pavé fort incliné et bombe. Toute cette pente de montagnes est encore boisée en hêtres et en chênes. De temps à autre on a la vue des montagnes au N. N. EL ou sur un pays très boisé. *)

'} Noos nous établîmes autour da fea dans le carré destiné aux yojageturB, les estrades j étaient assez hantes pour servir de chaises et avec dn foin elles offraient un bon lit. Un de nos Kiradgis, qui s'était placé vis-à-yis de nous, se mit k découvrir sa poitrine et nous montrer qu'il fallait tenir nos lits aussi loin de lui que possible. Du reste, lorsque le pauvre homme eût achevé sa chasse, il alU coucher avec ses bêtes à la belle étoile, malgré qu'il gela la nuit.

*) Vers le milieu de cette descente nous vîmes deux Kavas établis à côté du cadavre d'un Tartare à peine couvert de feuillages. Cet homme avait eu un dispute dans une auberge avec des Kiradgis, ceux-ci lavaient suivi et l'avaient voulu morigéner à leur aise dans cette forêt, mais ils l'avaient tellement frappé de leurs bâtons qu'il était resté sur la place. On avait posté des gardes près de son corps jusqu'à ce qu'on en eût fait l'inspection (chesch).

Quand on a achevé la descente, il faut quiuer le v&Ilon, datia lequel on est, pour franchir uu petit col au N* E., d'où on a encore une autre longue deecente au milieu de» bois, avant d'arriver au village et à l'auberge de Podgoré (eous le mont)» situés à 64Soa 662 p* de h* abs. dans une vallée dépendant du baaain da Tzerni- Jadar ou Jadar noir* Ce dernier coule du S- O. au N. E. et prend ses sources sur le côté N, E. du Lisina-Planina, un prolongemeut N, O. du Stolatz sur la Drtna eerbe. Mr Vouk Stephanovitch en place les sources dans le Kraljeva Gora.

La vallée, dans laquelle on se trouve, est bordée de montagnes de 600 à 1000 p. On descend cette vallée^ qui est en partie cultivée ou occupée par de belles prairies et on arrive à Nova- Kasaba (la nouvelle bourgade), où an passe le Jadar sur un pont en pierre sang parapet d'un côt4 Ce village est entouré de pruniers, de noyers et de pêchîers et a une auberge. Dans la même vallée se trouvent au S, sur la montagne les sources acidulés de Lèpénîtza (le Lepenevich des cartes )«

A y^ h de là un torrent venant de TE- vient joindre le Jadar appelé Tzemi noir, pour le distinguer du Jadar dans le N. O» de la ServiCj et à 1 1. plus IoÎb il reçoit un grand torrent venant du même côté. C'est près de là que cette rivière passe par une fente calcaire si étroite et à côtés si abruptes que la route est obligée de monter très haut, pour continuer pendant 2 h. à ee tenir à un niveau fort élevé sur le torrent. Malgré que les Bosniaques nous avaient dit qu'à Podgoré toutes les montagnes cessaient et qu'on n'avait plus qu*une plaine (Cbe llunnina) jusqu'à Zvomik, nous mîmes plus d'une heure à grimper et autant presqu*à descendre de cette corniche assez boisée et ayant 14 à 1500 p. de h^ Cela peut donner une idée de la Bosnie, qui dans le fait n'est qu'une gérie de rides, les unes plus élevées que les autres et dirigées duN.O,-S,E., entr'elles il y a des vallées plus ou moins profondes* Les plaines y sont si rares et les habi tan s si accoutumés aux nnontagnes qu'ils n'appellent presque déjà plus montagnes les hauteurs ne dépassant pas 2Q00 pieds-

C*est sur cette partie si pittoresque de la route qu'on passe très près du pied du rocher, sur lequel est perché le château de Koufichlat, appelé par les Turcs Kizlar à cause d'une aventure arrivée à une jeune fille, en turc Kk; les chansons serbes en conservent la mémoire. On y voit quelques maisonnettes, qui sem*

blent indiquer qu'il est habite. Ce vieux manœr est à peindre au milieu de cet énorme cirque de montagnes, au fond duquel on voit de temps à autre l'eau du Jadar, qui va déboucher dans la Kladina et en deçà de cette dernière s'élèvent à TE. les montagnes boisées et vertes de la Servie. Il faut avouer que si toutes les entrées de la Bosnie du côté de la Drina ont de semblables défilés, quelques poignées de soldats pourraient y arrêter des armées.

Au bas de la descente il y a des pavés si inclinés que je défie bien tous les chevaux du monde de s'y tenir; on ne sait vraiment comment s'expliquer de pareilles constructions de chaussée. Dans ces lieux on atteint la Kladina, qui courant de l'O. à TE. a ses sources en deçà de Kladanj (Kjia^aH») au N. de la montagne de Grabovatz et n'est séparée du Jadar que par la grosse montagne boisée du Bormatscha-Planina, tandis qu'an N. de ses eaux s'élèvent le Raschevo et le Baragovo.

On longe pendant une bonne demi-heure le Jadar, pour le passer ensuite à gué ou bien, si on veut, on peut aussi descendre jusque près de son confluent dans la Drina, parce qu'il y a une autre gué et un Han avec quelques habitations dans le voisinage. Nous nous décidâmes pour cette dernière route, espérant dîner à l'auberge et nous envoyâmes notre Tartare en avant nous préparer notre logement à Zvomik.

Un pavé exécrable nous conduisit à travers les bois à l'auberge désirée, où nous ne trouvâmes personne, parce qu'on était occupé à des travaux de campagne* Deux piles indiquaient qu'il y avait une fois un pont sur le Tzerni-Jadar , un bac y était amarré, mais il n'y avait personne pour nous passer; il fallut nous résigner à tenter le passage à gué, ce que nous fîmes heureusement, malgré la grande profondeur de Teau. Depuis là on peut aussi gagner le long de la Drina Srebemitza et Yischegrad.

La route traverse ensuite une plaine cultivée en blé et maïs sur les bords de la Drina, dont on s'approche toujours plus. On distingue bientôt les habitations sur la rive serbe et on entend les cris des paysans sur l'autre bord. La vallée se rétrécit peu à peu et la route devient fort agréable, en étant ombragée d'arbres fruitiers et surtout de pommiers. Les paysans occupés à la récolte des fruits se faisaient un plaisir d'en laisser prendre quelques-uns. On passe un petit torrent, qui est marqué sur la carte, mais je n'ai pas apperçu le village de Koschirévo.

A 1*4 1- avant Zyornik commencent d^ënormea escarpemens calcaires, qui bordent la Drina des deux côtés. Ça et là de petites cavernes se voient dans cea muraillcBj au pied desquelles il n'y a que juste la place pour la route et même quelquefois il a fallu entamer le rocher, pour lui donner la largeur de la voie d'un cliarriot. Ces défiles à deux ou trois forts contours cessent enfin et amènent à Ya L de Zvornik à un petit promontoire qu'on franchit par une pent^ rapide» On se trouve alors sur une plate-forme, sur laquelle est placé près de la rivière le village de Dîvitch avec des jardins. Ne serait-ce pas le Glasinatz des cliansons ou ce lieu serait-il à placer sur le Jadar? On a devant soi la forteresse de Zvornik avec sa quantité de petites tourelles rondes en étages les unes au-dessus des autres. Les Kiradgis hâtaient notre marche craignant de trouver la porte inférieure de la citadelle fermée, noua envoyâmes en avant notre domestique, pour avertir le poste de notre arrivée, mais c'était bien précaution inutile^ car la porte était grande ouverte et nous n'y vîmes qu'un vieux Disdar ou portier turc* qui nous souhaita le bon soir. Un canon rouillé gisait près de la porte. Nous avançâmes à travers des casemates ruinées et des maisons très délabrées et atteignîmes bientôt la porte opposée de la citadelle, qui pour le coup était close. Un de nos Kiradgis a^en approcha et ne la trouvant pas fermée à la clef» il Touvrit sans façon, ce qui peut donner une idée de la manière, dont on garde les forteresses en Turquie en tempe de paix<

Zvornik est une longue ville située entre la Drina et la colline, elle a souffert de la guerre, car on y voit assez de décombres. Sa population ne me paraît pas aller au-delà de 10^000 âmcs^ quoiqu'on rélève à 14,000. Pour jouir de la vue des environs, il faut monter au château ou à TO, de la ville h 660 p, de h. abs. Elle est appliquée contre un contrefort du Vélo vnik, montagne formant le prolongement du Présoutzai qui courant du N.O. au S* E, sépare les cours de la Spretza et de la Jala. En passant devant le Konak du Fascha, un Kavas demanda notre passeport, nous le rembarrâmes en lui disant de le demander à notre Tartare,

Comme le Paschane laissait traverser laDrina à personne pour je ne sais quelle rancune contre la quarantaine serbe, il nou^i fallut aller chercher le bac de Eatscha au confluent de cette rivière dans la Save- La route longe la Drina, qui est asse^ large et courante» mais a des bancs de sable dans la portion, qui traverse la pUiine au^

dessons de Zvornik. Nous n'y avons pas rencontre Tabanitch sur un petit cours d*eau.

 3 L de la ville les montagnes cessent des deux côtes de la rivière et il y a entr'elles et la plaine une basse corniche de collines que la route franchit à 4 1. de Zvornik. Ces hauteurs, en partie boisées en chênes et en partie couvertes de cultures et de villages, forment un joli pays. A gauche reste à distance sur la hauteur la ruine du château de Kostour sur le mont Kliéschévatz, au pied duquel est le village musulman et chrétien de Skotschitch. En Servie on apperçoit les montagnes de Bobija distinguées en petite et grande, en deçà des quelles est le couvent de Tronoschû, tandis que plus au N.Ë. est le mont Ivérak à l'Ë. de Loznitza (de Lozcl, vigne). Non loin de la Drina est le village de Koviliatsché (33 m. et 610 h.). La partie de la plaine sous Loznitza s'appelle Titschar. Le petit torrent de Schtira traverse Loznitza. Le passage de la Drina près de Loznitza s'appelle Srmdan (puant), parce qu'il est à côté d'un hameau de ce nom. Cette dénomination provient du marais voisin nommé Srmljiva-Bara, parce qu'il exhale de l'hydrogène sulfuré.

Depuis les hauteurs citées à 616 p. de h. abs. on a une belle vue sur la plaine, les bords de la Save et les montagnes delà Syrmie. La plaine septentrionale de cette partie de la Bosnie s'appelle Sembérija, nom dérivé d*après Mr. Vouk Stephanovitch de Sebery ancien mot serbe signifiant paysan-laboureur. On distingue aussi en Servie les collines au S. de Schabatz, qui sont liées à celles de Loznitza par une série de basses crêtes formant le fond d*un vaste cul de sac ou d'une plaine , dans laquelle est située Leschnitza vis-à-vis de Janja. On y remarque à côté le mont pointu de Vidojévitza couronné d'une ruine et au-dessous celle du couvent d'Ivana. Derrière Leschnitza est la petite plaine du Jitschkopolie arrosée par le Jitscha (JKnHa), qui prend ses sources dans les hauteurs du Gomi-Dobritch (64 m. et 383 h.) ; le village inférieur (D. dolni) compte 86 maisons et Sâ4 habitans. Le Jitscha sépare les cercles de Podrina et de Schabatz.

A 3 1. avant Janja (de Jan;, peuplier) on passe le joli village de Schépak sur un petit cours d'eau du même nom, qui vient du Doubrava-Planina, assez haute colline à TO. et au N. de Mateschko* vatz. On traverse les bas coteaux du Trschnatscha-Gora (mont des cerises), qui sont assez nus. Vis «à- vis sur la rive serbe est le con-

fluent du Jéravija (JKepaBija) ou Jénivînia, TÎi^à-ris de l'Ue de Krivitcha-Ada au N, de Loznitza.

Avant Jania on franchit le Souenîtza, qui vient du S,0. et descend à l'E. des crêtes, aux pentes occidentales desquelles coule le Lîboschnîtza. Jania est un gros village, qui a l*air tout-à-fuit eerbe* ees maisons étant isolées les unes des autres et entonrëes d*une cloison de branches d'arbres. Il y a une grande place g^~ zonnée, mais tes rues sont fort boueuses pendant riiumldîté, parce que le sol est argileux. Nous y trouvâmes une auberge passable, oà il j avait 2 ou 3 chambres au premier, mais la maison érait assez délabrée et Tescalier de boîs mauvais comme c'est souvent le cas en Turquie,

A Janja, à 380 p* de h. abs., on voit encore de loin au S,0, les dernières collines de la Bosnie, sur lesquelles est le bourg de Bélina» Au N. de Janja on parcourt un pays en partie cultivé, où on passe non loin de plusieurs villages* On ne touche que celui de Médiatchî et celui de Balatoun à 1 L du bac de Ratacha. Le bac était en gravé sur un banc de sable, auquel on ne pouvait parvenir qu'en guéant un bras de la Driua. Il était sous la surveillance de deux individus, dont Fun était en même temps le chef de la douane. Il nous demanda le passe-port et fit venir des gens pour l'aider à mettre à flot le bac* Une dixaine d'hommes arrivés enfin, ne le purent» et la nuit venant, nous résolûmes de passer la Drîna dans un petit batelet , ou ne pouvaient être que 3 ou 4 persounes. Les chevaux passèrent à la nage et manquèrent de renverser le batelet au milieu de la rivière. Après trois traversées nous étions avec nos effets sur le territoire serbe. Deux soldats de milice nous y reçurent et nous escortèrent à la quarantaine à près d'un quart de lieue de là

La plaine de Matschva entre la Save, la Drîna et les montagnes du Tzer, est une des parties les plus fertiles de la Servie et couverte de beaux villages dans les endroits déboisés à l'exception du grand marais$ et de la forêt immense de Kitog. Ces derniers sont placés vers son milieu entre Ouzvetchie (77 m, et 522 hO à l'E» Glouschtzt (188 m, et 1228 h, avec une école) à 1*0-, Su)atie- Notchaiskii (86 m. 536 h. et une école) et Bogatitch au 8. La forêt est remplie d<^ cochons en même temps qu'elle oflFre des facilités pour repousser les agressions des Bosniaques, Comme il n'y a pas de ruisseaux dans cette plaine, on est obligé de ti^y contenter d'eau de puits.

Ce pays a dû être déjà très anciennement cultivëy car nous voyons que le héros Milosch-Obilitsch avait sa résidence sar le Tzer sous le Knes-Lazar M. Ce pays ravagé en 1804 fut le théâtre des exploits de Louko Lazarévîtch et surtout de Stojan-Tschoupitsch^ né à Notchaiy quiycommandait.Milosch-Stoitschévitsch, autre guerrier de ce temps, est né dans le district voisin de Potzérie. D fut repeuplé depuis par des émigrés bosniaques et bulgares, que le prince Jephrew Obrénovitch, alors commandant de la Nachie de Schabatz, a distribué dans un grand nombre de villages. Tous ces derniers ont de larges rues tirées au cordeau, en même temps que chaque maison a son enclos.

Entre Ratscha et Schabatz, la distance de 7 h., on passe à Tzma-Bara (marécage noir) (198 m. et 1323 h.), où il y avait une redoute sous Tzemi-George et près de là à Doublie Milosch battit en 1815 Ali-Pascha de Nikschitch. On laisse au S. Tzrnobarskii-Salasch , qui est le lieu, où les Serbes vainquirent les Bosniaques en 1806 et où se distingua Stojan-Tschoupitch. Les autres villages sur cette route sont d abord Klénie (179 m. et 1314 h.). On traverse le Batar venant de la plaine de Batova. Au N. sont les têtes du petit cours d'eau du Zasavitza, qui coule dans la Save. Puis on rencontre Bogatitch (271 m. et 2005 h.)» Bélotitch (90 m. et 670 h.) et Schtitar (31 m. et 544 h.). Avant d'atteindre Schabatz on traverse le Eamitschak, qui descend du S.O. ou du Tzer et reçoit le Moutnik. Au haut de la vallée du Kamitschak est le couvent de Tschokéschina avec deux moines.

Schabatz, dans une plaine, est une ville ouverte de 674 m. et 2936 h. serbes avec 270 m. ou 1350 h. turcs. Ces derniers demeurent en partie dans la ville et en partie dans le fort vers le Danube, où il y a garnison ottomane. (Voyez pour sa description, ma Turquie. Vol. 2, pag. 335.) Les rues sont larges et la principale assez longue avec quelques maisons en pierres d'un étage dans le genre hongrois. C'est aussi la résidence du commandant et du tribunal du cercle et il y a une expédition des lettres.

Le cercle de Schabatz contient 57 communes, 1 ville, 114 villages, 9021 maisons et 56,765 âmes. Il y a 23 écoles et un

') Milosch, ayant amené très pen de guerriers de ce district pour prendre part à la bataille de Kosovo, le roi, lai ayant demandé oti étaient ses Matsch- ▼iens/ reçut pour réponse qu'ils n'étaient pas venu k cause des travaux agricoles. Il 8*écria alors en colère qu'ils labourent avec Taide de Dieu iusqa'à ce qu'il ne leur reste que des épines et qne ce qu'ils sèment soit récolté par les Turcs.

gjînnase ainsi i|Ue trois ilouanes^ c^avoir à ychahatz, Mitrovuza et Rarâchai Le cercle de Scliabatz se divise en Z districts» Bavoir celui des bords de la Save et du Tnmnava, celui sous le mont Tzer (Podtzéra) et celui du Matëchva< Le premier district comprend 54 villages, 2434 maisons et 17,806 âmes. La résidence du commandant est à Schabatz. Le second contient un bourgs 22 villages, 1954 maisons et 11^913 âmes. Le commandant réside aussi à Schabatz* En6n le troisième est composé de 38 villages, 4133 maisons et 27,046 âmes. Le commandant est à Bogatîtch.

Schabatz est le chef-lieu du diocèse, qui comprend les cercles eccclé^iastiques de Schabatz (37 p., 14égL), de Valiévo et des bords de la Drina (Podrina) ou 139 paroisses, 63 églises et 5 couyents. 8chabatz est la résidence d*un évoque, qui a soos lui 5 archîprêtres, 15 moines et 139 prêtres séculiers.

De Schabatz à Palége on voyage en plaine sans voir beaucoup la Save* Il y a peu de petits bois. On passe le Doumatscba, autre torrent du Tzerj dont la vallée supérieure recèle k couveut sans moines de Kadovaschnitza avec le village du même nom (25 m. et 142 hj. A plus d'une lieue de Schabatz se trouvent la plaine et le village de Miachar (le Mîschan des carteâ) (4S m, et 302 h.), près duquel Tzer ni -George gagna en août 18Ûd une bataille contre les Bosniaques et les Turcs , malgré l'infériorité du nombre de ses troupea relativement à celles de renuemi. (Voyez la révolution serbe de Mr. lianke^ 1 820, p. 96.) On passe plus loin à Oroachatz (26 m, et Î88 h.) sur le Doubrava, qui a ses sources- mères vers les ruines de Dvorischté (32 ni, et 247 h.). Tune de celles-ci, venant de TO* # s'appelle Netschaja, Plus loin vient Trbouschatz (S0 m* et 365 h,)* Ou laisse vers la Save Dragocvatz (47 m. et 303 h,) et Provo {100 m. et 609 h.).

On franchit sur un pont un petit cours d'eau, le Mali Doubokn, qui joint à Debrfz (30 m. et 254 h.), la Save dans le point, où elle décrit un grand contour et se rapproche de la route. Ce lieu est, comme on t^ait, célèbre dans rhistoire serbe et il y a eu là anciennement quelques fortifications, Avant Oumtché on franchit le Voukodraj {pron, Voukodnige)» qui descend du Tzer presque de VO. à l'E. et cache vers ses sources le petit couvent de Kaona. Entre Oumtché et Palége (Ilajieat) on ne rencontre que les villages d'Oudovitza et de Ratari (26 m, et 160 h,). Pour les détails de la route de Palége à Belgrade, voyez ITtînéraire suiTant*

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