‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 125 sur 175 · BULIMES · texte numérisé non relu

BULIMES

Les Bulimes sont des Hélices dont le tortillon s'élève en s’enroulant en spirale. Cette différence influe sur la forme de la bouche, et rend facile la distinction de ces deux genres. Les Bulimes ont le diamètre vertical de la

bouche plus grand que le diamètre horizontal ; le contraire à lieu dans les Colimacées que l’on doit rapporter au genre Helix.

Les coquilles de ce genre paroïssent propres aux contrées équinoxiales. L’on trouve, entre les tropiques, le plus grand nombre d’espèces, et elles y atteignent la plus grande taille. C’est en Amérique que l’on en a recueilli le plus. Les îles de l'Atlantique en nourrissent peu d’espèces. Les Moluques en ont un tiers de moins que le continent d'Amérique. De même que les Hélices, la plupart des Bulimes ont la lèvre épaisse et réfléchie, quand l'animal a acquis tout son développement; mais il y en a un assez grand nombre qui paroissent n'avoir jamais de bourrelet, et qui sont aux Bulimes ce qu'étoient les Hélicelles aux Hélices. M. de Lamarck avoit, dans son prodrome du cours d'Histoire naturelle, établi une division dans le genre Bulime qu'il nommoiït Bulimopsis. Depuis, dans son Histoire des animaux sans vertèbres , il a supprimé ces deux genres, Hélicelles et Bulimopsis.Je conviens qu'il étoit quelquefois difficile de rapporter à Fun de ces deuxgenres les Hélices ou les Bulimes à lèvres tranchantes que l’on pouvoit examiner : une objection qu’on lui faisoit est que l’on pouvoit, par exemple, placer, dans le genre des Hélicelles, une jeune Hélice. Je crois cette objection mal fondée, parce que l’on peut distinguer le bord tranchant d’une coquille qui ne doit plus grandir de celle qui n’a pas encore atteint son développement. L'épaisseur du test, la plus grande facilité à compter les stries d’accroissement, ne laissent aucun doute pour décider si la coquille est adulte. Si la coquille est jeune, le conchyologiste doit douter ainsi qu'il arrive dans toutes Les classes

de la zoologie. On ne doit jamais comparer entre eux que des animaux adultes pour porter un jugement satisfaisant sur leurs rapports naturels. En réunissant dans un même genre les coquilles à lèvres tranchantes et à lèvres réfléchies, on compose des genres dont les caractères ne sont pas nets et tranchés, parce qu'ils réunissent des animaux qui ne forment pas un groupe naturel, bien qu'ils soient voisins les uns des autres. Je crois, d’ailleurs, que ce changement constant de forme doit être en rapport avec des habitudes différentes chez ces Mollusques dont le collier a aussi une disposition différente.

Cependant je n'ai que trop peu d’espèces à faire connoiïtre pour changer

Mia méthode suivie par lillusire conchyologiste qui m'a servi de maitre; je ferai deux sections, en décrivant dans l’une les Bulimes à bord réfléchi et dans

l’autre les Bulimes à lèvres tranchantes.

A. BULIMES à bord réfléchi. -

La première espèce est nouvelle; je la nomme

BULIME PHASIANELLE. PL zv, fig. 4, a, à.

Burimus PHASIANELLA , {esta ovala, conica, ex viridescente fusca, gullis crebris inspersa, ullimo et pene ullimo anfractu transversim striato , margine levi reflexo violaceo. Nob.

Ce Bulime a six tours de spire dont le dernier est globuleux, et de près du double plus haut et plus grand que les cinq autres. ‘

Les stries d'accroissement sont larges, parallèles à la bouche, fortement tracées, surtout vers le haut de chaque tour de spire. Les trois premiers tours sont lisses , sans stries , et la pointe de la coquille est mousse.

L'ouverture de la bouche est un ovale assez alongé, dont le diamètre longitudinal a près de deux fois la longueur du diamètre transversal. Elle est lisse en dedans; la columelle est courte et lisse. Il n’y a point d’ombilic. Le fond de la couleur du Bulime phasianelle est mêlé de verdâtre et de roussâtre; les deux derniers tours sont mouchetés de nombreuses taches linéaires transversales rousses ; sur le cinquième tour de spire, il y a une ou deux bandes longitudinales rousses ; sur le quatrième tour, il y a sept à huit de ces bandes, mais on ne voit plus de petites mouches; et enfin les trois premiers tours sont blancs, sans taches. L’épiderme est très-mince, lisse, luisant, et sa couleur d'un gris-verdâtre; en dedans, la bouche est blanche, teinte de violet : cette couleur devient plus foncée sur la lèvre et sur la columelle que dans le fond de la bouche. Longueur, 26 lignes.

Cette belle espèce habite la Nouvelle-Espagne.

BULIME METAFORME.

Le second Bulime que je décris a été figuré par M. de Ferrussac, mais il n’en a pas encore publié la description. Ce savant ne connoissoit pas exactement la patrie de cette espèce, et il l'indique avec doute comme une espèce = américaine. Le nôtre a été rapporté des Philippines par M. le lieutenant-colonel Pablo Ruiz de la Bastida qui l’a donné à M. de Humboldt. Je le caractérise ainsi:

Burimus mETAroRMIS, (esta conica, solida, abbreviala, lavi, albida sub epidermide ex viridescente flavo ; spira ad columellam ex perpureo Jusca.

Helix (cochlostyla) metaformis. Ferrus., Hist. Moll., PL. cvur, fig. 2.

Ce Bulime, dont la spire se compose de cinq tours , est remarquable par la grosseur de son sommet qui est obtus. Sa hauteur n’est que d’un cinquième plus grande que la largeur du dernier tour, dont la hauteur surpasse de très-peu celle de tous les autres : il n’y a d’autres stries sur sa surface que les accroissemens rapprochés de la coquille.

L'ouverture de la bouche est aussi large que haute : le bourrelet qui la borde s'élargit et s’épaissit beaucoup vers la columelle. La couleur de la coquille est blanchâtre; mais elle paroït le plus souvent d’un jaune olivätre pâle, à cause de la couleur de l’épiderme épais qui la recouvre : vers la pointe, elle prend une teinte rougeûtre. Le bourrelet et le dedans de la bouche sont d’un beau blanc pur et luisant; un trait brun-pourpré sépare le bord columellaire de la coquille qui n’a pas d’ombilic.

Hauteur, quinze lignes.

Largeur, douze lignes.

Habite aux Philippines.

B. BULIMES à févres tranchantes.

Les espèces dont il nous reste à parler n’ont pas la lèvre réfléchie ; elles ressemblent d’ailleurs aux autres Bulimes, et elles lient les espèces de ce genre avec celles qui composent le genre Agathine.

BULIME ONDÉ. PI. 1v, fig. 1, @, 6.

Un de nos Bulimes avoit été connu par Gmelin et par Muller. Ces auteurs en faisoient un Bumis ; genre qui ne comprend plus que des coquilles marines. Gmelin l’avoit rangé parmi les Bulla. C’est Bruguières qui l’a placé dans le genre des Bulimes. |

Burrmus uNDaTus , esta ovata , subconica, glabra, lenui, albida, strus Juscis longitudinalibus undatis ornata, tribus transversis cincta, labro aculo ad marginem fusco, columella fusca.

Buccinum zebra Mull., Verm., pag. 138 , n° 33r.

Bulla zebra Gmel. ”

Bulimus undatus Brug. , Dict. n° 38. Lam. VI, pag. 118.

Helix (Cochlostyle aplostome) undata Ferrus., Hist. de Moll., PL. exiv, fig. 5-8. PL: cxv.

Les couleurs de ce Bulime varient considérablement. Il m'a paru que les individus qui ont servi de modèles aux figures données par M. de Ferrussac, n’avoient pas la lèvre aussi noire que ceux que MM. de Humboldt ét Bonpland ont rapportés; voilà pourquoi nous en avons reproduit une nouvelle figure.

Cette coquille est régulièrement conique; sa plus grande largeur n’égale pas la moitié de sa hauteur : la hauteur du dernier tour mesure à peu près la moitié de celle de la coquille; celle du second tour en est à peu près le tiers. La pointe .est mousse et obtuse. Les stries longitudinales sont fines, parallèles entre elles, et se composent des stries d’accroissement.

L'ouverture de la bouche est plus haute que large ; le bord columellaire est même un peu réfléchi en dehors; le bord libre est mince et tranchant. L’avant-dernier tour ne fait pas une grande saillie dans l’ouverture de la bouche. Il n’y a pas d’ombilic. 5

Ce Bulime offre, sur un fond blanchätre, des flammes longitudinales ondulées d’un brun-roussâtre très-vif.

Sur le dernier tour, on voit les traces de trois rubans transversaux et articulés , parallèles entre eux, d’un brun-roussâtre, un peu plus foncé que les flammes longitudinales.

Sur l’avant-dernier, on voit les traces de deux rubans seulement : la pointe est noiràtre.

MM. de Humboldt et Bonpland ont trouvé cette coquille au Mexique. Elle a près de deux pouces de haut et un de large.

BULIME A LÈVRES NOIRES. PL zv, fig. 3, a, à.

Burimus MELANOCHEILUS lesla ovata, conica, glabra, lavi, alba, fascüs tribus flavis, striis undatis nullis.

C’est une espèce très-voisine de la précédente : la coquille est un peu plus raccourcie; aussi la hauteur n’est pas à beaucoup près le double de la largeur.

Elle forme un cône plus pointu que le précédent. La hauteur du dernier est égale à la largeur de la coquille; celle de l’avant-dernier tour est le tiers de celle du dernier. La surface est lisse, et on voit à peine les stries longitudinales d’accroissement.

L'ouverture de la bouche est oblongue; le bord columellaire est légèrement réfléchi en dehors : le bord libre est mince et tranchant.

Il n’y a pas d'ombilic.

Cette coquille est blanche. Sur le dernier tour, il y a deux raies assez larges, transverses, jaunâtres, dont l’une passe presque par le milieu de ce tour; l’autre passe très-près de la base. :

Près de la spire, on voit les traces de deux cordons articulés, composés de taches roussätres. Ces deux cordons sont très-marqués sur l’avantdernier tour.

Le sommet de la columelle est roussâtre , ainsi que l’intérieur de l’avantdernier tour. Toute la lèvre est marquée d’une large bande noire à reflets bleuâtres. La pointe est marron foncé.

Sur l'avant-dernier tour, au-dessus de l'insertion de la lèvre, on voit une ligne longitudinale, bleuâtre ; très-foncée , qui est la trace d’une ancienne ouverture de la coquille.

Cette coquille mince et légère vient de la Nouvelle-Espagne. Elle à dixneuf lignes de hauteur et onze de largeur.

BULIME À BANDELETTES. PL zvr, fig. 1,@, D. %

Cet élégant Bulime avoit été communiqué, par M. Bonpland, à M. de Lamarck qui l’a nommé

Burimus mexicanus , {esta acuminata, tenui, pellucida, alba, fusco zonata, zonis vel fasciis subinterrapuis ; labro acuto. Bulimus mexicanus , Lam., Anim. sans vert., VI, p. 123.

Helix (Cochlogène) Fittata, Daud. Moll., p. 58, n° 397.

Cette coquille, mince et légère, est peinte de couleurs tranchées et agréablement disposées. Sa forme est celle d’un cône alongé, dont la hauteur est, à peude chose près, double de la largeur. Le dernier tour est aussi large que haut; je compte six tours des spires : il n’y a pas de stries longitudinales ; mais les verticales sont fortement marquées et assez distantes l’une de l’autre.

L'ouverture de la bouche est assez étroite; sa largeur est presque la moitié de sa hauteur. Le bord libre et tranchant se réfléchit en dehors sur la columelle et forme un ombilic assez grand.

Les individus que j'ai vus sont adultes ; je fais cette remarque, parce que je crois devoir rectifier l’épithète de subreflexo dont M. de Lamarck s’est servi en parlant du bord de ce Bulime.

Sur un fond blanc et pur, assez brillant, on voit, sur le haut du dernier tour, trois raies longitudinales parallèles, écartées, brunes : elles sont bordées en dessous par une autre raie aussi large, de couleur jaune. Un cordon jaune isolé règne le long du haut de ce tour : on ne voit plus que ce cordon sur les autres tours ; les inférieurs sont cachés par l’enroulement des autres tours de

manière à ne plus laisser voir qu’un simple trait brun le long de la spire. Hauteur, treize lignes.

Largeur, sept lignes.

Habite au Mexique.

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