TURBO PEAU DE SERPENT
TurBo PELLIS SERPENTIS ,desta conoïdea, subventricosa, imperforala, sulcata,
rufescente, maculis rnigris longitudinalibus latis marmorata. Habitat in America æquinoctiali, ad portum Acapulco Mexicanorum.
Cette coquille ressemble au Turbo nommé communément la bouche d’argent (Turbo arsyrostomus, Gm. ) , mais elle est plus pointue ; le dernier tour est moins ventru; son bord droit est uni et sans aucun pli. Les sillons longitudinaux de sa surface externe sont inégaux.. Les carènes qui les séparent sont lisses, et n’ont pas les écailles imbriquées de celui auquel je compare cette nouvelle espèce.
La couleur est roussâtre ou jaunâtre. Des taches noires longitudinales , inégales, plus ou moins rapprochées, forment de grandes et larges marbrures sur cette coquille. À la face inférieure, il y a des séries de points noirs alongés sur plusieurs des côtes” de la coquille. L'intérieur de la bouche est bleuâtre, à reflets argentés.
Cet individu a 16 lignes de haut et 12 de large.
LITTORINE.
Les Littorines appartiennent à l’ordre des Pectinibranches, et ont beaucoup de rapport avec les Paludines. M. de Lamarck confondoit la plupart des espèces de ce genre avec les Phasianelles, mais l’applatissement de la columelle des Littorines les rend faciles à distinguer des genres voisins. L'espèce de ce genre rapportée par MM. de Humboldt et Bonpland est déjà mentionnée dans l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, sous le nom de Phasianelle péruvienne. Ayant reconnu ia nécessité d'adopter ie genre établi par M.de Ferrusac ; je l'appelle.
Zoologie, Tom. II. 39
LITTORINE PÉRUVIENNE.
Lirronxa PEruvIANA, fesla parvula, conoidea, subüliter transversim siriat&, fesco nigricante, maculis albis angulatis longitudinaliter picta. Phasianelle peruviana, Lam., anim. sans vert., VII, p. 55, n° 5.
Habitat ad oras Americæ australis, prope poritum Caliao Peruvianorum.
Cette jolie petite Littorine n'offre rien de remarquable dans ses formes. Sa columelle est aplatie; l'ouverture de sa bouche est oblongue. Les stries d’accroissement sont fortement senties et rapprochées; elles rendent la surface de la coquille finement striée.
Le fond de la couleur est un marron noirâtre éclairé par de petites bandelettes longitudinales, anguleuses et flexueuses , en zigzag , dont le nombre varie sur les différens individus. Quelques-uns n’ont que trois ou quatre de ces bandes, et alors la plus grande portion du fond de la coquille est colorée en noiïrûtre ; mais d’autres ont huit à dix bandelettes, et ils offrent presque autant de couleur blanche que de noire. Il arrive très-souvent que des petites taches blanches arrondies sont éparses sur le noirâtre. L’opercule est mince et corné.
Les plus grands individus ont 7 lignes de longueur.
En lisant cette description, on jugera pourquoi j'ai fait quelques changemens à la phrase caractéristique rédigée par M. de Lamark; elle n’est pas en effet très-exactie.
TURRITELLE.
Les espèces de ce genre sont aussi de l’ordre des Pectinibranches , et voisines des Turbos. Elles ont, comme eux, l’ouverture de la bouche arrondie, sans que les deux bords soient réunis supérieurement; mais la forme turriculée de la coquille fait aisément distinguer les Turritelles. C’est sur les côtes de l'Océan Pacifique que MM. de Humboldt et Bonpland ont trouvé les trois espèces que j'ai observées dans leur collection. L'une est connue depuis long-temps : c'est la Turritelle tarrière de Lamarck (Turbo terebra, Lin.). Une autre, de petite taille, est remarquable par l’angle aigu qui est à la partie inférieure de la bouche. |
C'est pour rappeler ce caractère que je la nomme
SUR LES COQUILLES UNIVALVES MARINESe 275
TURRITELLE À BOUCHE ANGULEUSE.
TurriTELLA GoNOsTOMA, {esta conica, striis transversis sublilibus cincta ; ad apicem albida, infra cornea, flamimulis nigricantibus variegata , an- Jractibus planis, carina transversa dimidiatis , apertura angulata.
Habitat ad oras Americæ australis in portum Acapulco Mexicanorum.
. Cette petite Turritelle n’a que onze ou douze tours de spire. Ils sont larges et aplatis. Une carène parallèle à la ligne spirale, relevée sur le milieu de chacun d'eux, les partage en deux parties égales et semble ainsi doubler le nombre des tours. Le bord inférieur de chacun est plié en gouttière anguleuse, qui forme dans la partie inférieure de l’ouverture un angle saillant très-caractéristique. Le bord columellaire est légèrement arrondi, et la base se réfléchit un peu en dehors. Le dernier tour est aplati inférieurement. Les stries d’accroissement parallèles au bord droit sont très-visibles. La pointe de cette coquille est blanche : les trois ou quatre derniers tours prennent une teinte cornée tachetée de flammes noirâtres. La carène qui parcourt le milieu des tours, est blanchâtre avec des petits points espacés régulièrement, ce qui lui donne l’apparence d’un petit chapelet.
Cette coquille n’a guère plus d’un pouce de longueur. ré
TURRITELLE A BOUCHE BLANCHE.
La troisième espèce rapportée des mêmes parages est remarquable par l'ouverture arrondie de sa bouche. Les deux bords se rapprochent comme dans les Cyclostomes. Mais l'animal a été forcé de raccommoder sa coquille, à cause d’une blessure reçue un peu avant d’en terminer l'ouverture. Cet accident a peutêtre été cause de la réunion des deux bords. Si on observe, sur un grand nombre de coquilles de cette même espèce, que l'ouverture est toujours arrondie , il est certain que ce Gastéropode, probablement Pectinibranche, deviendra le type d'un nouveau genre qui différeroit des Turritelles proprement dites comme les Turbos diffèrent des Trochus.
Ayant eu soin de consigner ici cette observation, je crois que je puis tou-
jours laisser provisoirement cette espèce parmi les Turritelles, et pour rappeler son caractère le plus saillant, je propose de la nommer
TuRRITELLA LEUCOSTOMA, (esta lurrita, costis lransversis circumcincta ; nitida, albida, flammulis castaneis variegata; anfractibus subtumidis, apertura integra rotundata, candida.
Habitat in Oceano Pacifico, ad portum Acapulco Mexicanorum.
La coquille est composée de vingt-cinq à vingt-six tours de spire. Les supérieurs sont étroits et aplatis. On compte sur leur surface quatre ou cinq carènes parallèles à la courbe spirale. À mesure que l’on regarde des tours plus rapprochés des derniers, on voit le bord inférieur se relever, et les deux derniers sont tellement renflés que leur surface est presque arrondie. Les cinq carènes des premiers tours sans être plus relevées sont cependant mieux marquées, parce qu'elles sont plus espacées. Leur intervalle est de même sillonné par des petites côtes arrondies très-fines , et parallèles aux carènes principales.
La surface n'offre presque pas de trace de stries verticales ou parallèles au bord droit de l'ouverture. Il se réunit supérieurement au bord gauche, et une callosité blanche très-marquée s'étend sur l’avant-dernier tour qui ne sert plus à compléter l'ouverture de la bouche.
Cette coquille est lisse, brillante, et sur un fond blanchätre elle est agréablement peinte de taches ou de flammes roussâtres et quelquefois Ge couleur marron assez vif. L'intérieur de la bouche est d’un beau blanc pur.
L'individu que je décris est haut de 4 pouces.
CÉRITE.
Je vais encore ajouter à ce genre si nombreux en espèces difficiles à distinguer entre elles , sept nouvelles qui diffèrent de toutes celles que nos collections renferment jusqu'à ce jour. Quatre sont originaires des côtes occidentales de l'Amérique équinoxiale, et n'offrent pas à beaucoup près autant d'intérêt que celles que MM. À. de Humboldt et A. Bonpland ont pris à la Corogne. Ces deux coquilles, voisines l’une de l’autre, ressemblent tellement à deux espèces fossiles des environs de Paris (ainsi que je le dirai dans leurs descriptions), qu’elles deviennent importantes sous le rapport de la géologie et de la distribution
géographique des espèces sur le globe. On est frappé de la ressemblance qui existe entre des animaux pris à des distances si grandes, et à des intervalles de temps si éloignés, puisque les uns ont vécu dans nos contrées , au-delà des époques hisioriques , et que les autres se trouvent de nos jours dans les régions tropicales. L'examen de ces êtres nous ramène vers la question si intéressante et jusqu’à présent insoluble de l’origine des espèces. Le temps et les changemens dans les circonstances physiques sont-ils les causes des variations lentes et successives dont nous croyons avoir de fréquens exemples dans l'étude des différentes espèces, ou bien ces espèces ont-elles été assujetties, dans le grand enchaînement des êtres, dès l’origine, à des formes fixes dont elles ne devoient jamais dévier? Comment le naturaliste doit-il alors établir les limites entre les espèces et les variétés? Je vais commencer par décrire les Cérites recueillies sur la côte d’Acapulco.
CERITE MUSIQUE.
Certrarum musica , {esta turrila, abbreviata , echinata , transversim striata ; albida, lineolis fuscis variesata; ullimo anfractu seriebus tuberculorum {ransversis qualernis circumcinclo.
Habitat ad portum Acapulco.
Cette jolie Cérite est voisine de l’espèce décrite par Bruguières , sous le nom de Gerithium litteratum, et que l’on retrouve sous la même dénomination dans l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, NII, p. 76. :
Je ferai remarquer ici que les deux auteurs cités comme synonimes, Born et Gualtieri, ne me paroissent pas avoir représenté des coquilles d’une même espèce. Les figures de ces auteurs ne montrent cependant l’une et l’autre qu'une seule rangée de tubercules sur le dernier tour. Les coquilles des côtes de l'Océan Pacifique, que je décris dans cet article, en ayant quatre rangées, m'ont paru devoir être distinguées. |
On leur compte neuf ou dix tours de spire. La hauteur du dernier égale celle de tous les autres et fait la moitié de la longueur de la coquille. Il n’y a que de fortes stries transversales. Près du bord supérieur des tours, on voit une rangée de tubercules pointus, assez forts : sur le dernier tour, il y a au-dessous de ce rang trois autres séries de tubercules coniques, plus petites que ceux de la rangée supérieure.
L'ouverture de la bouche est ovalaire, un peu élargie à la base par le
développement que prend la lèvre à sa partie inférieure. Elle est peu épaisse, un peu calleuse, se prolonge sur le ventre du dernier tour, de manière à laisser une gouitière étroite sur le haut de la bouche. Le bord columellaire est renflé en une grosse Callosité odontoïde au-dessous de la gouttière. Il se relève vers la base, et s’élargit en une lame mince et tranchante, détachée du syphon. Celui-ci est court et relevé sur le dos de l'animal.
Sur un fond plus ou moins blanchâtre, la coquille offre de nombreuses rangées de petites linéoles roussätres disposées parallèlement entre elles, semblables à de la musique écrite. La lèvre est brillante et d’un blanc bleuâtre; la columelle à une teinte violette.
L'individu est haut de 15 lignes.
CÉRITE GRENUE.
Ceriruium craNosum, tesfa conica , acuminata, fusca, subcoslasta, cosus granulosis.
Habitat cum præcedente.
Cette petite coquille est composée de onze à douze tours, dont le dernier n’a guère que le quart de la hauteur totale. Chaque tour porte trois rangées parallèles de granulations disposées à des intervalles égaux, de manière qu’elles forment sur la coquille des côtes longitudinales partant du sommet et sillonnant régulièrement l’obélisque de la coquille. La bouche est petite, et le canal court, tenant déjà un peu de celui des Potamides.
Les nombreux individus que j'ai sous les yeux n’ont que 9 ou 10 lignes de
haut.