EN ALLANT HERBORISER
Cherchons la fritillaire aux teintes de saphir, Cherchons parmi les prés la gente fritillaire, Frétillant avec grâce aux baisers du zéphyr; Cherchons la fritillaire aux teintes de saphir !
Déjà la pâquerette en fleur, perle d'Ophir, Pare Therbe aux reflets de Tcmeraude claire; Cherchons la fritillaire aux teintes de saphir, Cherchons parmi les prés la gente fritillaire !
Bruxelles, le 6 avril 1S74.
On dit qu'un jour deux jouvenceaux Suivaient à deux la même route, Le long des bois et des ruisseaux.
Dans les prés où le mouton broute, Ils cueillaient, ces deux compagnons, La clochette, la véronique, Même parfois des champignons...
Ils faisaient de la botanique!...
Il advint qu'au pied d'un bouleau Ils firent une découverte :
Là poussait au milieu de Peau Une herbe curieuse et verte; On va jusqu'au bord du chemin...
Voyez d'ici TelTet scénique; On approche, on se tend la main..
Pour faire de la botanique!...
On se penche sur le talus
Et sur les plantes qui tremblotent...
Mais tout à coup Ton ne voit plus
Sur Teau, que deux chapeaux qui flottent.
Les jouvenceaux trop hasardeux
Etaient allés trop loin : bernique !
Ils s'étaient noyés tous les deux...
En faisant de la botanique !
Ils sont tout trempés par les flots!
Leurs bottes en sont toutes pleines...
Mais voilà que deux gros mulots Serpentent, traversant les plaines :
C'est eux qui courent ! — Le château Devient témoin de leur panique !
Oh ! s'ils s'étaient gardés plus tôt...
De faire de la botanique!
On s'arrange comme Ton peut!
Pour les vêtir, on fait la quête...
Si le pantalon serre un peu, S'il manque un bout à la jaquette,
N'importe ! On a su se guérir Par une friction tonique ; Et Ton doit bien un peu souffrir.
Quand on fait de la botanique!..
Voilà comment tout ça finit !
On nous emmitoufle de laine !
Et tout bas notre cœur bénit
Les hôtes et leur châtelaine!...
Je termine ici mon caquet,
Et me résume : un mot unique,
Hourrah pour tous! C'est le bouquet
Pour faire de la botanique.