‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 2)Chapitre 4 sur 66 · NIX · texte numérisé non relu

NIX

Rien n'est plus beau Que de voir les flocons, aux plus étranges formes, Couvrir un jour d'hiver les Chênes et les Ormes

De leur manteau !

Par cette suite, — Milliards de flocons dont l'azur est terni — On a la notion de ce qu'est l'Infini,

Le sans-limite !

Dans les forêts L'astre vient découper des dessins fantastiques, Fait naître en un instant mille couleurs magiques

Dans ses reflets !

L'âme est ravie !...

Surtout quand le soleil darde ses rayons d'or !... La neige meurt!... Mourante, elle est plus belle encor

Que dans sa vie !

En moins d'un jour Ces géants des forêts sous la neige blanchissent; Mais, plus heureux que nous, bientôt ils rajeunissent Au printemps : ils sont vieux et jeunes tour à tour ! !

Hcrit à ma fenêtre en regardant le l'arc, le 21 janvier 1873.

Page 1