MER LAUNUTRITION PAR LES FEUILLES
21. — Reportons-nous au tableau de la composition de l’herbe ($ 8) : nous remarquons que l’élément le plus important de la substance sèche, le carbone, ne figure pas dans notre liquide de culture aqueuse. Quoique le sol en renferme toujours de grandes quantités (carbonates, humus), /a plante n'a donc pas besoin de le trouver à portée de ses racines.
22. — Dès lors, elle ne peut l’emprunter qu’à l'atmosphère, où le carbone existe en très minime proportion, à l’état d’anhydride carbonique (S 14).
Gesbrices que l'expérience. directe confirme. On s'assure par l'analyse chimique que les feuilles vertes, vivantes, éclairées par les rayons solaires ou par une lumière intense, absorbent l’anhydride carbonique de l'air, le décomposent, assimilent le carbone et rejettent l'oxygène (S 2).
23. — En dehors de l’anhydride carbonique, les plantes empruntent encore à l’air de l’oxygène : nous en reparlerons à propos de la respiration. De plus, les Légumineuses sont capables d'utiliser l’azote atmosphérique, comme nous l’expliquerons plus tard. On
ne connaît point jusqu'ici d’autres plantes de nos cultures qui jouissent de cette propriété remarquable.
24. — Le sodium, le silicium et le chlore font défaut dans notre liquide de culture; 1ls n’existent pas non plus en quantité sensible dans l’air. Néanmoins, nos plantes d'expérience croissent, fleurissent, fructifient. Il faut en conclure que ces trois corps simples ne leur sont pas indispensables. Si l’analyse les révèle dans toutes les plantes, c'est uniquement parce qu’ils sont si répandus dans le sol que les plantes les avalent, en quelque sorte, malgré elles. [Quant au manganèse (métal voisin du fer et fort répandu aussi dans le sol), il se peut qu’il soit nécessaire ou, au moins, très utile en quantité extrêmement faible; mais ce point n’est pas définitivement établi.| En somme, “otre liste de quatorze éléments se réduit donc à dix ou onxe ($ 9).