OUVRAGES A CONSULTER
MünrTz et Girarp. — Les Engrais, 3° édition, 3 volumes. Paris, Firmin Didot, 1803.
Wozrr. — Les Engrais (traduit par A. DamsEaux). Bruxelles, Mayolez, 1887.
W. Knop. — Ackererde und Culturpflanze. Leipzig, 1883. WacGxer. — Die rationelle Düngung, 2° édition. Darmstadt, 1891.
* Almanach agricole belge. — Bruxelles, Mayolez et Audiarte, 1899 et années suivantes.
[Acx. GRÉGOIRE. — Le service agrologique de la station agronomique de Müôckern (Saxe). Bruxelles, 1904.]
LEÇON VI XV.— ENGRAIS COMMERCIAUX {sule) 63. — Les engrais phosphatés renferment presque tous
le phosphore à l’état de phosphate de chaux. Les principaux sont :
1° Les phosphates minéraux (apatites, phosphorites, craie phosphatée; nodules; coprolithes) qu’on trouve en certains endroits, en gisements considérables, surtout dans le terrain crétacé (Ciply, Mesvin, etc.).
2° Les phosphates métallurgiques ou scories de déphosphoration ou scories Thomas Gilchrist, résidus de la fabrication de l’acier, dans lequel les phosphates constituent une impureté nuisible.
3° Les os, qui contiennent, à l’état frais, environ 1/5 de leur poids d’acide phosphorique. Avant leur utilisation agricole, 1ls sont souvent dépouillés de leur graisse ou de leur gélatine, ou employés dans l’industrie sucrière sous la forme de noir animal.
4° Les guanos phosphatés, qui sont des guanos ordinaires ($ 62, 3) privés, par l’action des pluies, de la plus grande partie de leurs composés azotés.
5° Les divers engrais précédents modifiés par des traitements chimiques dont nous allons parler.
64. — C’est surtout pour les phosphates qu’une pulvérisation extrêmement fine ($ 53) a de l'importance.
En outre, 1l faut tenir grand compte de leur éfat chimique.
Le phosphate ordinaire, neutre ou tricalcique, peut être regardé comme la combinaison d’une quantité
déterminée d’acide phosphorique avec trois parties de chaux. Il est insoluble dans l’eau et dans une solution de citrate d'ammoniaque. En le traitant par des acides (acide sulfurique, acide phosphorique), on lui enlève une ou deux parties de chaux; on obtient successivement du phosphate brcalcique, soluble dans le citrate d'ammoniaque, mais insoluble dans l'eau, et du phosphate monocalcique où superphosphate. Ce dernier se dissout dans l’eau et dans le citrate; on doit à LieBiG (1840) son introduction en agriculture.
Après peu de temps, par l'effet du calcaire, du fer et de l’alumine qu’il renferme, une partie du superphosphate subit une réfrogradathion, c’est-à-dire qu’il redevient insoluble dans l’eau, en retournant principalement à l’état de phosphate bicalcique.
Enfin, on peut attaquer et dissoudre par un acide certains phosphates (scories, os, etc.), puis traiter cette solution par de la chaux. On obtient ainsi du phosphate précipité, formé d’un mélange de phosphate bicalcique et de phosphate tricalcique, à un état de division très favorable.
Tous ces phosphates redeviennent bientôt, dans le sol, du phosphate neutre. Mais l’avantage du superphosphate est surtout d’imprégner uniformément la terre et d’avoir une action plus rapide. Viennent ensuite, comme efficacité, les scories THomas Git- CHRIST finement moulues, le phosphate rétrogradé, le phosphate précipité et le phosphate minéral en poudre très fine.
Les phosphates étant retenus par le sol ($ 54), on peut les employer longtemps d'avance et en quantités notables. Ils doivent être enfouis par un labour, de préférence avec du fumier ou de l'engrais vert.
- 65: —- Les engrais potassiques -offrent moins d’importance que les engrais phosphatés et azotés, et, dans les terres fumées avec soin, leur emploi est rarement nécessaire. Toutefois une addition de sels potassiques est souvent très utile et mérite de se généraliser davantage.
Les principaux engrais potassiques sont :
10 Les sels de potassium extraits des £aux marines.
2% Les cendres des plantes (Varechs, Bruyères, Fougères, Genêts, bois, etc.).
3° Les sels de potassium extraits des mélasses et vinasses de Betteraves.
4° Les sels de potassium des gisements de Séassfurt, près Magdebourg, en Allemagne.
Dans les terres riches en calcaire, on peut ajouter avant l’hiver du chlorure de potassium qui s’y transformera en carbonate; dans les terres qui manquent de calcaire, les autres composés de potassium sont préférables; 1ls devront y être répandus au moment de leur utilisation. Il faut en tout cas les enfouir par un labour.