I 2 3 4 5 6 7 8 PLANCHE I. — NUTRITION PAR LES RACINES
solutions dont la composition chimique est rigoureusement déterminée (méthode des cultures aqueuses).
Le mélange salin suivant, dû à Sacs, convient à des essais de ce genre :
HAUAISTINES LR, US SUN. 1 litre Mitrate de POIRSSE LES = «0 , … . 187.0 Pulate dé TMMASRESIE Ne : : | o8r.5 BUNAte déchAtEE PRE DE. 7 | 03.5 Phosphate de chaux tribasique. . . o8r.5
Dulate eee medion ta o8r,03
On y ajoute souvent 0.5 gramme de chlorure de sodium pour prévenir l’altération du liquide ; maïs cette addition n’est pas indispensable, si l’on a soin de renouveler fréquemment les solutions.
Dans ce mélange que nous appellerons complet, le Maïs se développe parfaitement; avec quelques soins spéciaux, 1l donne des fleurs et des graines.
Le mélange complet comprend donc neuf corps simples : oxygène, hydrogène, azote, soufre, phosphore, potassium, calcium, magnésium, fer; 1l faut y ajouter le carbone que la plante emprunte à l’air sous la forme d’anhydride carbonique. Il en résulte (dans les limites de précision qu’il a été possible d'atteindre jusqu'ici, quant à la pureté des substances employées et à l’inattaquabilité des vases de culture) que quelques-uns des éléments constamment présents dans les cendres des plantes (sodium, silicium, chlore) ne leur sont point indispensables.
Cette liste des neuf corps simples du mélange de Sacs se réduit à huit pour les Léguminées qui, dans certaines conditions, peuvent se passer de combinaisons azotées et utilisér l’azote libre de lParr(vein planche VIT).
La suppression de l’un quelconque de ces neuf (ou huit) éléments amène des troubles graves et arrête bientôt le développement. Ainsi l’absence de fer occasionne la maladie appelée chlorose : incapable de former de la chlorophylle, la plante s’épuise et meurt. La privation de calcium ou de potassium est rapidement mortelle. Il ne faut pas oublier, dans ce genre d'expériences, que la graine apporte avec elle des réserves alimentaires : toutes autres choses égales, l’absence d’un élément se fera sentir d'autant moins vite que ces réserves sont plus abondantes. C’est grâce
à ces réserves que le Maïs vit assez longtemps dans l’eau distillée, mais il reste chétif et ne parvient pas à fleurir.
Les cultures aqueuses représentées à la planche I se font de la manière suivante : des graines bien constituées et égales entre elles sont mises en germination dans un germoir, ou simplement sur un tissu à larges mailles, tendu au-dessus d’un cristallisoir contenant de l’eau distillée. Quand la radicule et la tigelle ont commencé à se développer, les jeunes plantes sont fixées entre les deux moitiés d’un bouchon que l’on adapte sur un bocal cylindrique en verre presque rempli du liquide de culture. Les racines doivent plonger dans le liquide sans que la graine même soit immcseéc Il test utile d’entourer les: bocaux de cylindres opaques en carton ou en métal, afin d’éviter que des Algues ne s’y développent.
EXPEICMMONLDE LA PEANCPFIE 1!
A gauche, en haut : COMPOSITION CHIMIQUE DE L'HERBE DES PRAIRIES (SUBSTANCE SÈCHE), représentée graphiquement par des lignes horizontales placées en face de chacun des symboles chimiques et dont les longueurs sont proportionnelles aux nombres du tableau ci-dessus. Les quatre premières lignes se rapportent aux éléments de la partie combustible ou organique; les six suivantes aux éléments indispensables des cendres; les trois dernières aux corps qui ne sont pas absolument nécessaires.
Parmi ces divers éléments, le carbone, une partie de l’oxygène et, éventuellement, l’azote (cas des Léguminées, planche VIT) proviennent de l’air; tous les autres sont empruntés au sol par les racines.
Partie inférieure : NUTRITION PAR LES RACINES : Cultures aqueuses de Maïs {Zea Mays), toutes âgées de deux mois et demi (juilletseptembre 1892). Ces cultures sont reproduites sur la planche en grandeur naturelle.
FIGURE 1. — CULTURE DANS L'EAU DISTILLÉE. — La plante est vivante, mais chétive; les racines, peu nombreuses, sont fort longues. À
FIGURE 2. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS LA POTASSE {l'azote a été donné sous forme de nitrate de soude). — La plante meurt très rapidement; racines assez ramifiées.
FIGURE 3. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS LA CHAUX (l’acide phosphorique a été donné sous forme de phosphate de potasse). — La plante est vivante, un peu plus grande que dans l’eau distillée, mais très chétive.
FIGURE 4. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS L'AZOTE (la potasse a été donnée sous forme de sulfate de potasse). — La plante est vivante, assez bien portante pour le moment, mais peu développée; les racines sont très ramifiées.
FIGURE 5. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS L'ACIDE PHOSPHORIQUE. — La plante est vivante, un peu plus vigoureuse que la précédente, mais les racines sont moins développées.
FIGURE 6. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS LA MAGNÉSIE. — La plante est vivante, plus vigoureuse que les précédentes, avec racines fort développées. Elle n’arrivera pourtant pas à un développement complet.
FIGURE 7. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET, MOINS LE FER. — Comme dimensions, la plante est à peu près normale. Ses deux premières feuilles, utilisant le fer renfermé dans la graine, étaient vertes, comme on peut le remarquer dans la figure; les feuilles suivantes, privées de fer, sont d’un blanc jaunâtre (chlorose). Racines très ramifiées. — La plante ne pouvant, par suite de l'absence de chlorophylle, assimiler le carbone, va bientôt mourir d’inanition, ce qu’annoncent déjà le brunissement et la dessiccation des extrémités foliaires.
FIGURE 8. — CULTURE DANS LE LIQUIDE DE SACHS COMPLET. — Plante bien portante, tout à fait vigoureuse. Les feuilles sont larges et d’un beau vert, les racines nombreuses et bien ramifiées.