PLANCHE V. — FIGURE 1. OROBANCHE MINOR
FIGURE 2. CORDYCEPS MILITARIS.
ou blanchâtres, leurs feuilles se réduisent à des écailles, leurs racines sont remplacées par des suçoirs.
L’Orobanche du T rèfle (Orobanche minor) que représente la fgure I est, à ce point de vue, unexemple typique. Sa base est formée d’un renflement charnu qui émet de nombreux suçoirs, et beaucoup de ceux-ci s'appliquent sur les racines de la plante nourricière d’une façon si intime que les vaisseaux des deux plantes arrivent en contact 1mmédiat. La tige, d’un brun violacé, ne porte en fait de feuilles que de petites écailles. Les fleurs, au contraire, ont une structure tout à fait normale et se rattachent de très près
au type des Scrophulariacées et des Gesnéracées. De même que pour les parasites, on peut, avec JoHow, diviser les saprophytes en hémisaprophytes
et en holosaprophytes, suivant qu’ils sont ou non munis de chlorophylle. Le nombre des hémisaprophytes est difficile à déterminer actuellement; il est sans doute fort grand. ‘Quant aux Phanérogames holosaprophytes, on en a signalé environ 160, appartenant aux Monocotylédones (Orchidacées, Burmanniacées, Triuridacées) et aux Dicotylédones (Pyrolacées, Gentianacées).
Le Champignon pyrénomycète de notre figure 2 offre ceci d’intéressant qu’il est tour à tour parasite et saprophyte. Ce Champignon (Cordyceps militaris) se rapproche beaucoup par sa structure de l'Ergot de seigle (Claviceps purpurea). Comme lui, il forme un sclérote compact d’où s'élèvent des appareils fructifères colorés, qui contiennent des poches ou périthèces remplies d’asques très minces à huit ascospores filiformes. Ces périthèces font, à la surface du Champignon, des saillies orangées, bien apparentes dans la figure. Déjà dans l’asque, les ascospores se divisent transversalement en plus de cent fragments et, une fois qu’elles sont mises en liberté, chacun de ceux-ci peut germer sur des substrats très divers. Ainsi naît un mycélium dont les rameaux aériens se réunissent souvent en cordons qui produisent des chapelets de conidies. C’est la forme désignée jadis sous le nom d’Jsaria farinosa.
Si les ascospores arrivent au contact d’une chenille ou d’une chrysalide, leurs filaments germinatifs pénètrent au travers de l'enveloppe chitineuse et y vivent quelque temps en parasites, envahissant les tissus et surtout le sang. Ici se forment des conidies cylindriques que le sang transporte avec lui et qui s’y multiplient en grand nombre : l'animal s’épuise et
meurt après quelques semaines. Le mycélium se développe alors en saprophyte et 1l métamorphose tout le corps, au bout d’un ou deux jours, en une véritable momie fongique, visible dans notre figure sous la déchirure de l'enveloppe chitineuse. Cette masse mycélienne a les propriétés d’un sclérote et produit, après quelque temps, soit les appareils fructifères d’où nous sommes partis, soit la forme conidienne /saria. Il est très rare de trouver les deux formes, Cordyceps et Isaria, sur la même chenille.
Les filaments germinatifs issus de conidies ne pénètrent dans le corps des [Insectes que par les stigmates; le développement ultérieur est semblable à celui qui vient d’être
Poe enr. indiqué, avec cette différence
Sradcruee Gerrurame que les :sclérotes NÉE
conidies ne produisent jamais
que la forme conidienne et non le Cordyceps avec ses asques.
Les figures 5, 6 et 7 sont consacrées à la Levure de bière (Saccharomyces Cerevisiae), Champignon dont le mode de vie est exclusivement saprophyte. Il se présente, Comme on sait, sous forme de cellules plus ou moins elliptiques, qui se multiplient par bourgeonnement, c’est-à-dire que la cellule émet, en un ou plusieurs points de sa surface, des protubérances, d’abord extrêmement petites, qui grandissent peu à peu et finissent par atteindre le volume de la cellule dont elles proviennent.
L'existence du noyau, d’abord signalée par FK. ScHMITZ, en 1879, a été souvent contestée. En colorant, avec précaution, au moyen d’hématoxyline, 1l est cependant facile de le mettre en évidence (figure 7) : on l’aperçoit sous forme d’une masse relativement grosse, environnée de cytoplasme granuleux. Une portion de ce noyau pénètre assez tardivement dans la jeune cellule, qui se sépare ensuite, par une cloison, de la cellule maternelle. A l’aide de grossissements suffisants (1,500 à 2,000 diamètres), on constate que la lamelle mitoyenne, entre les deux cellules, subit une sorte de désorganisation et forme une pièce intermédiaire, d’aspect homogène, visible dans nos figures; elle rattache seule les deux cellules l’une à l’autre et, en se détruisant, elle les isole.
Nété question, à propos de la planche III, de la production d’amidon chez les végétaux verts; c’est sous cette forme surtout que les réserves hydrocarbonées s'emmagasinent chez eux. Le glycogène, qui est un isomère de l’amidon, remplit chez les Champignons un rôle analogue. La matière organique de ces végétaux, au lieu de provenir directement de l’anhydride carbonique, dérive, 1l est vrai, de composés moins simples; mais, à part cette question d’origine, on constate un parallélisme physiologique complet entre l’amidon et le glycogène. C’est ce dont 1l est facile de s'assurer chez la Levure. Cultivée dans du moût de bière ordinaire, elle s’y développe activement, consomme la plus grande partie de la matière sucrée qu'elle absorbe, et ne forme presque pas de glycogène (figure 5). Si, au contraire, on additionne le moût d’une quantité notable de saccharose, la Levure absorbe plus de sucre qu’elle n’en peut utiliser et en condense une
partie sous forme de glycogène dans ses cellules. Celui-c1 finit par remplir complètement les vacuoles (figure 6); nos figures 5 et 6 le montrent coloré par l’iode en brun-acajou d’autant plus foncé qu'il est plus abondant. Cette accumulation se fait surtout dans les cellules adultes, tandis que les cellules au début de leur développement utilisent tout ce qu’elles reçoivent,
PLANCHE V. — FIGURES 5-6. SACCHAROMYCES CEREVISIAE : GLYCOGÈNE.
et ne constituent pas de réserves glycogéniques. Il en est de même pour l’amidon dans les points végétatifs.
La Levure de bière peut vivre au contact de l’air et, dans ce cas, respire à la façon des animaux et des plantes supérieures. Mais elle est capable aussi de continuer à vivre en l'absence d'oxygène libre, — en
anaérobie (PASTEUR), — à la condition qu’elle ait à sa disposition de la glycose, qu’elle décompose alors en alcool et anhydride carbonique. C’est ce qui constitue la fermentation alcoolique.
Le Saccharomyces Cerevisiae joue un rôle essentiel dans deux grandes industries : la fabrication de la bière et celle du pain. La première est une véritable fermentation alcoolique, presque exclusivement anaérobie.
La fermentation panaire, en revanche, est presque exclusivement aérobie. La pâte faite au moyen de farine et d’eau, et addition-