PLANCHE VII. — FIGURES 5-7. FIXATION DE L'AZOTE : PISUM SATIVUM
doivent absorber dans le sol des combinaisons azotées (nitrates ou sels ammoniacaux). Il en est tout autrement lorsque des microbes spéciaux se développent dans les racines de ces plantes : grâce à cette intervention, les Léguminées assimilent indirectement l'azote libre de l’air et peuvent prospérer dans des sols privés de toute combinaison azotée. Ainsi s'expliquent les propriétés « améliorantes » des Trèfles, Vesces, Lupins, etc., connues depuis l’antiquité et si souvent utilisées en agriculture.
Le microbe propre aux Léguminées et auquel on a donné le nom de Ruzobium Leguminosarum détermine la formation sur leurs racines de petits tubercules (figures 6 et 7), dont l’abondance et le volume varient suivant les espèces. C’est cet organisme inférieur qui assimile l’azote libre, et l’'emmagasine en se multipliant dans la portion centrale des nodosités. Plus tard, 1l disparaît ; ses cellules sont résorbées, et les produits de leur transformation servent à la croissance de la Léguminée et à la formation de ses fleurs et de ses graines.
La Léguminée et le Rhizobium constituent un cas remarquable de mutualisme végétal, c’est-à-dire de « symbiose » à profit bilatéral, différant par là du parasitisme, qui est une symbiose à profit unilatéral.
On comprend donc que les Pois, les Trèfles, les Lupins et les autres plantes du même ordre puissent croître dans les terres pauvres en combinaisons azotées, mais pourvues de matières minérales, là où les Graminées, les Crucifères, les Composées et d’autres végétaux ne parviennent pas à prospérer.
L'avantage que la présence de nodosités radicales procure à une Léguminée cultivée en sol très pauvre en azote se manifeste clairement dans l'expérience dont nos figures 5 et 6 montrent les résultats.
Les deux Pois (Pisum sativum) représentés ont été semés en décembre 1894 dans du sable bien lavé, très pauvre en azote combiné et additionné des matières
minérales suivantes, par pot contenant 2 kilogrammes de sable :
Carbonate de chaux grammes.
Phosphate de chäux. … 11.9, 1. Sramimes SUITAr de CHATELET, en —
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À la moitié des pots, on a ajouté et mélangé au sable quelques grammes de terre prise dans un jardin potager, à un endroit où des Pois avaient été cultivés l’été précédent. Les pots ont été placés dans une serre chaude, et on n'a pris aucun soin particulier pour mettre ceux qui n'avaient pas reçu de terre de potager à l’abri des microbes que pouvaient apporter l’air et l’eau des arrosements. Néanmoins, lorsqu'on a mis fin à l'expérience, on n’a pas trouvé de nodosités sur les racines des Pois cultivés dans lesable auquel on n’avait pas mélangé de terre de jardin. Il y en avait beaucoup sur les racines des Pois de l’autre série. Ces nodosités résultaient du développement des germes apportés par la terre. Après quelques semaines, la différence de développement des deux séries est frappante : les Pois qui ont été inoculés et dont les racines présentent des nodosités ont des tiges vigoureuses et leurs feuilles, malgré la saison (hiver), sont d’un vert foncé. Au contraire, les Pois soustraits à l’action microbienne restent chétifs et sont incapables de donner des graines.
ÉCRÉICATION DE-LA-BREANCEIE» VII
Ficure 1 (4/1). — Feuille de Dionaea muscipula montrant les deux portions du pétiole et le limbe à deux valves avec ses dents marginales, ses glandes digestives et ses six poils sensibles.
Fiqure 2 (4/1). — Feuille semblable qui a capturé une grosse Mouche, dont deux pattes et le bout des ailes dépassent le bord foliaire. Par suite de la fermeture complète des valves, les dents marginales, d'abord entre-croisées, sont maintenant divergentes. La Mouche a été capturée le 18 mai 1876, et la feuille ne s’est rouverte entièrement que le 8 juin.
Fieure 3 (1/1). — Feuille complète d’un Nepenthes cultivé (N. coccinea Hort., hybride du N. phyllamphora et du N. Hookeriana) dont on distingue les quatre parties : lame basilaire élargie,
5 5 portion filiforme, urne avec ailes et rebord, couvercle.
FiGure 4 (2/1). — Section médiane de la même urne, pour montrer les détails du rebord et les deux régions de la surface interne : la supérieure pâle et lisse, l’inférieure plus foncée et glanduleuse.
FiGures 5 et 6 (1/2). — Deux Pois (Pisum sativum) cultivés en serre, du 7 décembre 1894 au 7 mars 1895, dans du sable lavé, additionné de matières minérales, sans azote combiné.
Dans l’un des pots, on a ajouté, en outre, au sable, un peu de terre de jardin où des Pois avaient poussé antérieurement : des nodosités nombreuses se sont développées sur les racines, et la plante est vigoureuse (figure 6). Dans l’autre pot on n’a rien ajouté : pas de nodosités, plante très chétive, faute d'azote assimilable (figure 5).
FiGure 7 (15/1). — Fragment de racine avec nodosités provenant de la plante figure 6.