PLANCHE XV.— RACES DE CHOUX (BRASSICA OLERACEA
allemand : Rübsen), Brassica Napus L. (Colza, Navet; en allemand : Raps).
Ben piemirebderces espèces, THÉOPHRASTE décrivait trois sortes, PLINE six, TourNEFoRT vingt, A.-P. DE CaAnpoLLE plus de trente, Lunp et KJAErskou cent vingt-deux. Notre planche représente quelques-unes des formes les plus remarquables, toutes dessinées à la même échelle, de manière qu’on se rende compte de l’étendue de la variation chez cette espèce et de ce’que peut créer une sélection méthodique.
Le type sauvage du Byrassica oleracea existe dans l'ile de Helgoland, sur les côtes de l'Angleterre et de l'Irlande, en Normandie et dans le Pasde-Calais/ vamlersey et Guernesey, sur la côte septentrionale de la Méditerranée, près de Nice, Gênes et Eucques. Nous l'avons observé nous-mêmes, avec toutes les
apparences d’une plante spontanée, en Angleterre : sur les rochers près de Douvres, où Morison le signalait déjà en 1657, sur ceux de la côte du Yorkshire et du
pays de Galles; en France : au cap Blanc-Nez (Pas-de- Calais). Le Chou sauvage forme généralement la première année une rosette caulinaire de grandes feuilles
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glauques, pinnatiséquées, lyrées, à lobe terminal très ample. L'année suivante, il se ramifie plus ou moins, puis fleurit et fructifie (figure 1). S1 l’hiver n’est pas
trop rigoureux, il peut très bien vivre une troisième année ou même davantage, et fleurir plusieurs fois de suite. Il se ramifie alors beaucoup et produit, à l’extrémité de chacune de ses branches, de nombreuses
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feuilles de petites dimensions (figure 2). On remarque de grandes différences entre le Chou sauvage et ses variétés cultivées, au point de vue des organes végétatifs, sur lesquels à précisément porté la sélection de l’homme, tandis qu’on n’en constate guère dans l’inflorescence, les fleurs, les siliques et les graines.
Parmi les 122 variétés de Brassica oleracea qu’ils étudient, Lunp et KJAErsKoU ont établi six groupes :
1° Brassica oleracea L. acephala DC. (Chou non pommé; en allemand : Blätterkohl), à tige allongée et à feuilles étalées. À ce groupe se rapporte le Chou frisé d'hiver de notre figure 3.
2° Brassica oleracea L. gongylodes L. (Chou-rave; en allemand : Kohlrübe). Tige courte, renflée en boule à la base des feuilles. Nous avons représenté le Chou-rave violet de Vienne (figure 5).
3° Brassica oleracea L. gemmifera DC. (Chou de Bruxelles, Chou à rosettes; en allemand : Rosenkohl, Brüsseler Sprossenkohl). Bourgeons capités nombreux à l’aisselle des feuilles (figure 7).
4° Brassica oleracea LL. sabauda L. (Chou pommé frisé, Chou de Milan, Chou de Savoie; en allemand :
Welschkohl, Wirsing). Feuilles bosselées, cloquées, qui restent rassemblées en un bouton (pomme) plus ou moins serré.
5° Brassica oleracea L. capitata DC. (Chou cabus, Chou pommé non frisé; en allemand : Kopfkohl, Kraut), caractérisé par ses feuilles lisses formant une pomme généralement dense, souvent blanche ou rouge. La figure 6 représente le Chou rouge gros ordinaire.
6° Brassica oleracea L. Botryhis L. (Chou-fleur; en allemand : Blumenkohl). Inflorescence raccourcie,
hypertrophiée, blanchâtre, charnue, à fleurs rudimentaires. Parfois, cette masse est énorme et sa nature florale est méconnaissable. Nous avons choisi de préférence (figure 4) un exemplaire à inflorescence modérément développée et parsemée encore de petites feuilles qui en démontrent l’origine.
Enfin, la figure 8 se rapporte à une variété géante cultivée à Jersey, qui se rattache au groupe Brassica oleracea acephala et a été désignée sous le nom de variété procera Alefeld. La plante, semée en automne, atteint son plein développement dès le mois de juillet suivant. Sa tige, simple et verticale, dépasse alors notablement la taille d’un homme (figure 8) : elle mesure plus de 2 mètres, parfois jusqu’à 3 et même près de 5 mètres HD = Curtis). Elle est employée à Jersey en guise de canne. On a l’habitude d’enlever les feuilles pour l'alimentation du bétail à mesure que la tige grandit. WiLLiaM Hooker attribuait à cette pratique l'énorme accroissement en hauteur de la plante; mais il faut y voir plutôt l’effet d’une sélection prolongée et aussi du climat doux et humide des îles de la Manche, puisque les mêmes graines, semées ailleurs, produisent des plantes qui, tout en étant élevées, sont loin d’atteindre une aussi grande hauteur.
EXRPETEATION DE EA PEANCHE XV
FiGure 1 (1/4). — Portion d’un pied fleuri et fructifié de Brassica oleracea L., sauvage, àgé de deux ans, récolté sur les . rochers du bord de la mer (Great Orme’s Head, Pays de Galles), en septembre 1892.
FiGurE 2 (1/4). — Un autre pied de Brassica oleracea L.,
sauvage, du même endroit et de la même date, ramifié et portant de nombreuses branches feuillées, âgé probablement de trois ans. Ces deux spécimens avaient été photographiés sur place.
F1c. 3 (1/4). — Chou vert frisé d’hiver, cultivé (forme du groupe Brassica oleracea L. acephala DC.).
FiGurE 4 (1/4). — Chou-fleur, cultivé (forme du groupe Brassica oleracea L. Botrytis L.).
Ficure 5 (1/4). — Chou-rave violet de Vienne, cultivé (forme du groupe Brassica oleracea XL. gongylodes L.).
Ficure 6 (1/4). — Chou rouge gros ordinaire, cultivé (forme du groupe Brassica oleracea L. capitata DC.).
FiGurE 7 (1/4). — Chou de Bruxelles, cultivé (forme du groupe Brassica oleracea L. gemmifera DC.).
Fiqure 8 (1/41 — Chou cavalier ou à vaches, cultivé à Jersey : Brassica oleracea L. procera Alefeld (forme du groupe Brassica oleracea L. acephala DC.). — D'après une photographie exécutée pour ces planches, grâce à l’obligeante intervention de MM. Brée et De La Mare, de Saint-Hélier. Le spécimen figuré mesurait 2m15 à partir du sol.
LETTRE PRÉFACE (x) MAR URILORE DES ALGUES" DE BELGIQUE
PAR E. DE WILDEMAN