SOMMAIRE
g i»*r. Rôle des diverses particularités de la fleur. — § 2. Genèse des êtres vivants et finalité. — Espèces cultivées. — Espèces sauva,^es : variation et hérédité. — Survivance des mieux adaptés. — La varialùlité est-elle limitée ? — ,§ 3. Application à la structure des fleurs. — Terminolooie. — § 4. Avantages du croisement. — Expériences de D.\rwin. — Autog-amie et xénogamie. — Formule de la loi du croisement. — Gitonogamie. — ?! 5. Structures allogamiques. — Structures autogamiques succédanées. — §6. Agents divers de rallogamie. — § 7. Particularités qui amènent la visite des Insectes : chasmogamie et cléistogamie. — Nectar, etc. — Organes colorés. — Odeurs. — Organes d'appui, etc. — S; 8. Particularités qui amènent le croisement. — Pollen et stigmate. — Pollen prépotent. — Ajicrçu des principales structures florales : L Individus monomorphes : — i. Fleurs monomorphes. — 2. Fleurs pléomorphes. — II. Individus pléomorphes : A) Individus hétéromésogames. — Bi Individus hétérostjdes. — C) Individus hétérodichogames. — D) Individus polyoïques. — ï; 9. Développement progressif des structures florales. — >; 10. Conclusion.
Chez les végétaux, il y a un organe qui, entre tous, nous apparaît sous les formes les plus variées : c'est la fleur. Tantôt sa corolle se réduit à quelques écailles imperceptibles, tantôt elle atteint de gigantesques proportions comme dans le Victoria regia; tantôt elle est régulière, tantôt elle présente les formes les plus capricieuses ; ici le pollen et les ovules arrivent au même moment à l'âge adulte, là un temps notable sépare les époques de leur maturité. La couleur de la fleur, l'instant du jour auquel elle s'épanouit, le nectar qu'elle élabore, le parfum qu'elle répand, les mouvements que souvent ses diverses parties exécutent, tout cela contribue à en faire parfois un appareil extrêmement complexe, alors que parfois elle ne s'élève pas au-dessus du type le plus simple que nous puissions nous figurer.
11 n'y a pas encore très longtemps, le botaniste se trouvait en face de ces structures, aussi incapable de comprendre la simplicité des unes cjue la complication des autres.
Dans le règne animal, on était déjà parvenu à se rendre compte, au moins dans la plupart des cas, du rôle que chaque partie d'un appareil joue dans le fonctionnement de l'ensemble.
Si nous examinons de même un appareil floral compliqué, comme un Catasefinn, une Aristoloche ou un Posoqiicria /nii^raiis, nous nous rappellerons immédiatement que jusqu'à ces dernières années on ne soupçonnait pas — bien plus, on ne cherchait même pas à comprendre — le rôle de toutes les dispositions délicates qu'il offre. Le botaniste trouvait la fleur, il en décrivait les formes et les teintes, le parfum et les mouvements, mais il ne lui venait guère à l'idée de se demander ce que tout cela signifie. On se contentait souvent de dire que les fleurs ont été créées brillantes pour charmer l'homme, roi de la création : et l'on se figurait avoir tout expliqué.