RÉSUMÉ
I. — Il faut donner aux plantes inférieures une place plus grande (]uc ne le t'ont la plupart des traités élémentaires.
IL — La division en Cryptogames et Phanérogames est surannée. Les Cryptogames comprennent au moins trois embranchements, plus ou moins équivalents entre eux et aux Phanérogames.
m. — Les Characées sont des .Mgues.
\V . — Les lichens ne sont (ju'une subdivision biologie] uc des Chamjngnons.
V. — Les Gymnospermes forment un gioupe l)ien distinct de toutes les autres Phanérogames.
\'L — De même que celui des Diclines, le groupe des Apétales, dans sa délimitaticMi classicjue, ne peut être conservé.
\'II. — Les Sympétales sont le terme le plus élevé de l'évolution des Dicotvlédones.
UN ORDRE DE RECHERCHES TROP NÉCxLIGÉ
l'efficacité des structures défensives
DES PLANTES (l)
La culture et l'étude des plantes ont de tout temps été en honneur en Belgique ; les expositions florales s'}- succèdent avec fréquence, les Revues et les Associations horticoles sont nombreuses, notre Société est prospère — et, malgré cela, il faut bien l'avouer, la situation de la botanique scientifique n'est pas brillante dans notre pays. De loin en loin, il se produit une monographie intéressante ou un travail de physiologie, de biologie, d'anatomie, de paléontologie végétales; mais, à part ces trop rares exceptions, nous ne trouvons que catalogues et florules à perte de vue. Je crois vraiment que nous en abusons un peu, et qu'il serait temps de porter ailleurs notre activité. C'est là une opinion que je me suis déjà permis d'exprimer il y a plusieurs années (2) et c'est aussi, semble-t-il, l'avis de nos savants confrères, Martens et Crépin (3l.
[il) Ce travail a paru ilans le Bulletin de la Société royale de liotiniiquc de Belgique, t. XXV, pp. ,s6-io4, ii juillet 1886. Depuis lors, Léo Errera n'a pas cessé de s'intéresser à ces recherches, et tout en conseillant aux avitres de faire des observations, il ne négligea lui-même aucune occasion d'étudier la façon dont les herbi\"ores se comportent vis-à-vis des plantes; de plus, il réunissait tous les renseignements bibliographiques relatifs à ce sujet. Un grand nombre de ces obser\-ations et de ces indications bibliographiques ont servi pour la réimpression actuelle. Ces nouvelles notes sont mises entre crochets.]
(2) Errer.a. et Gev.\ert. Strnctures et modes de fécondation des fleurs, voyez ])lus haut, p. 3i.
(3) Martexs, Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique, t. XXI, .Se fasc, 1882, p. 214. Crépin, ibidem, t. XXI\', 2° ])artie, i8S5. p 76. — [Voir a\issi Pi,ATE.\u, Observations et expériences sur les moyens de protection de l'Ahruxas (irossxilariata L., ilans .Mémoires de la .Société :ooloi;ique de l'rance. 1844.]
2gO ŒUVRES DE BOTAXIQI'E GKXÉRALE
On objectera que tout le monde n'a pas un microscope à sa disposition, peut-être même insinuera-t-on que ceux qui en ont un ne savent pas toujours s'en servir; on ajoutera cpie les rccluMchcs délicates de la phvsiologie ou de l'anatomie demandent une longue préparation et que l'on s'expose à décourager bien des amateurs sincères en leur demandant plus qu'ils ne peuvent donner. Beaucoup de nos confrères distinguent à merveille les espèces phanérogami(]ues ; ils aiment à herboriser, ils ont le désir, assez légitime, de publier de temps en temps les résultats de leurs observations : (jue voulez-vous qu'ils fassent, nous dira-t-on, à moins de rédiger des catalogues?
Eh bien ! sans études nouvelles ou difficiles, mais en appliquant à d'autres problèmes les connaissances qu'ils possèdent, nous pensons (|u'ils peuvent faire œuvre plus originale et se rendre plus utiles à la science.
Nous avons jadis esquissé à ce point de vue les recherches si attravantes sur les modes de fécondation des fleurs et sur leurs rapports avec les Insectes; dans le même ordre d'idées, Martens a signalé l'examen comparé de la germination, la morphologie souterraine des plantes, leurs noms populaires, et Crépin a appelé l'attention sur diverses (juestions de géographie botani(]uc aisément abordal)les. Nous voudrions encore indiquer aujourd'hui un autre genre d'observations, très faciles et pourtant très négligées jusqu'ici, que nous recommandons vivement aux botanistes herborisants. Il s'agit de noter avec soin les plantes que les divers animaux l)routent et celles cju'ils évitent, afin d'établir l'efficacité plus ou moins grande des moyens de protection dont elles sont munies. Cette étude offre beau-