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UN ORDRE DE RECHERCHES TROP MÉGLIGÉ

grandes différences dans les goûts et la susceptibilité des espèces animales. Certaines d'entre elles présentent même une résistance si extraordinaire qu'il faut y voir sans doute une contre-adaptation, c'est-à-dire une propriété acquise spécialement par sélection naturelle, de manière à braver les moyens défensifs de la plante — à peu près de la même façon que l'habileté croissante des voleurs de profession est une contre-adaptation contre la vigilance croissante de la police. Ainsi le goût des Anes pour les Chardons est proverbial; les Dindons recherchent VUrtica urens auquel les bestiaux ne touchent pas tant (pi'il est frais (i). Le Persil, au contraire, recherché des Moutons, des Lièvres et des Lapins, est un poison pour les petits Oiseaux (2), etc., etc. (3). De même, les fruits des arbres élevés se trouvent hors de portée du bétail, mais restent accessibles aux Oiseaux; et le cou de la Girafe comme les ailes des Chauves-Souris frugivores ou l'adresse des Singes à grimper dans les branches, sont évidemment des contre-adaptations qui permettent à ces animaux d'atteindre des feuilles ou des fruits inabordables pour les autres Mammifères.

Les plantes. devront être observées autant que possible aux divers âges et toujours à l'état frais, car beaucoup sont recherchées dans leur jeunesse et délaissées plus tard, soit parce qu'elles deviennent coriaces ou épineuses, soit parce qu'elles développent vers l'époque de la floraison des principes désagréables aux ani-

(i) Lecoo, Op. cit.. p. i5i.

(2) Ibidem, p. 286.

[(3) Suivant Darwin (Origin uf Spnies, p. gi, certains végétaux, vénéneux pour les Cochons et les Moutons blancs ne le sont pas pour les individus colorés.]

maux ; et d'autres perdent à l'état de toin les propriétés ()ui les prutéi^aient pendant leur vie. On pourra parfois mettre à profit l'expérience des paysans intelligents, mais il sera toujours bon de vérifier leurs intlitaticjns, afin d'être sûr qu'elles se rapportent à la plante fraîche et qu'il n'y a pas d'erreur sur le nom de l'espèce dont ils parlent. \\n tout cas, ces recherches, conduites avec méthode, apporteront à leur tour à la prati(|ue ai^ricolc et à l'élève du béta'l d'utiles enseignements. Et si elles contribuent à rapprocher davantage la botanique scientiliciue et la botanique appliquée, les théoriciens el h's praticiens, ce ne sera pas leur moindre mérite.

Cette notice pourrait s'arrêter ici. Mais comme un exemple vaut mieux, dit-on, (]ue les meilleurs préceptes, nous allons essayer d'appliquer notie programme à {|uel(]ues espèces de la fiore belge.

Les moyens de protection des plantes peuvent être classés grosso modo, en trois catégories, suivant qu'il s'agit de caractères biologiques, anatomiques ou chimicjues. Nous entendons ici par caiactères anatomiques d'une plante ceux qui sont lournis par sa structure considérée en elle-même, et par caractères biologi(]ues ceux (jui sont loui'nis par ses rapports a\ec \c monde extérieur, Plut(')t cjue d'entrer à ce sujet dans de longues explications, nous renvoyons le lecteur au tableau synoptique suivant.

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