‹ Recueil d'opérasChapitre 103 sur 1141 · HENRIETTE, BÉNÉDICT · texte numérisé non relu

HENRIETTE, BÉNÉDICT

HENRIETTE, entrant. Cette permission du roi, que vient de me remettre ma tante, c*est donc vrai..- il n'y a donc plus d'obstacle...

BÉNÉDICT, à part. Si je pouvais m'en aller sans être vu!

(Il heurte un fauteuil.) IIEMIIETTE , se retournant et l'apercevant. Bénéd'ictll

DUO

bÉkÉdict, timidement Oui. . . c'est moi cpii viens ici, Sladacae l'wibassaçUicc ,

Offrir pour mon hcncficc Une loge «pie voici.

IIKNRIETTE.

Ah ! si je piis aujourd'hui Vous servir de protectrice, Je rends grâce au sort propLcc, Qui m'oflrc un ancien ami.

IlENÉniCT.

De cet ami, malgré votre opulence, Le nom n'est donc pas ell'act;?

HENRIETTE

Ah ! dans ces lieux, votre seule présence Me rend tout mon bonheur passe !

ENSEMBLE

De l'aurore de notre vie Comment perdre le souvenir ?

Je le sens, jamais on n'ouHie Premiers chagrins, premiers plaisirs !

HENRIETTE

Je vois encor l'humble mansarde Oîi nous répétions tous les deux !

eÉnédict.

Où parfois, sans y prendre garde,

H«XRIETTB.

Nous chantions faux à qui mieux mieux !.

Et cette sérénade }

Que me donnait un camarade ?

eÉsédict.

Quoi ! vous n'avez rien oublié?

Non, non, je n'ai rien oublie', Ni les succès, ni l'amitié.

ENSEMBLE

De l'aurore de notre vie (Comment perdre les souvenirs p" ;" ' , "t Je le sens, jamais on n'oublie Premiers chagrins, premiers plaisirs! ', ,

HENRIETTE, gatment.

Et puis, comme aux moindies caprices...

eékÉdict.

On était vite à vos genoux !

HENRIETTE

Et puis le soir dans les coulisses...

eÉkbdict.

Joyeux propos et billets doux.

HENRIETTE

Sans or et sans richesse aucune...

bÉwédict.

Toujours gais et de bonne humeur!

HENRIETTE

Tout en attendant la fortune...

eÉnÉdict.

On avait déjîi le bonheur!

ENSEMBLE

Ah ! le bon temps !

Quels doux instans !

Ah ! qu'on est bien

Quand on n'a rien ! Ah ! l'heureux temps que celui-là !

Toujours mon cœur s'en souviendra !

bÉkçdict.

D'abord comme la salle entière...

HE^•RIETTE.

En silence nous écoutait !

EÉnÉdict.

Et quand s'élançait du parterre...

HENRIETTE

Un bravo qui nous enivrait !

bÉnÉdict.

Et lorsque pleuvaieut sur la scène

HENRIETTE

I<€5 J«)a<{uçts aux ouilç couleurs. ., , . .-^jj^; ^ji

LE MAGASIN THEATRAL

BKNEDICT.

Ab ! ces jonrs-là vous e'iiez iciiic.

HENRIETTE

Avec ma couronne de fleurs !

ENSEMBLE

Ah ! le bon temps !

Quels doux instans! etc.

EÉNÉDICT.

Et vous rappelez-vous encore?..

A peine le rideau tombait,

L'écho de la salle sonore.

De votre nom retentissait...

C'est vous... c'est vous qu'on demandait !

HENRIETTE

C'est vrai!., c'est vrai!..

bénédict.

Devant le public idolâtre, C'est moi... moi qui sur le théâtre [Lui prenant la main.)

Vous ramenais ainsi... je tenais votre main Que dans mon transport soudain Malgré moi je serrais... ainsi!

HENRIETTE, retirant sa main.

Béne'dictl..

bénèdict.

Ah ! pardon, j'oubliais qu'aujourd'hui... {Reprise de la première phrase du duo.) Aujourd'hui, je viens ici, Madame l'amljassadrice, Offrir pour mon bénéfice, La loge que voici...

ENSEMBLE

bénédict, la lui donnant.

La voici ! la voici !

HENRIETTE, uvcc émotiou etprcnant le coupon de

loge.

Merci, Béne'dict, merci !

Ainsi donc, Bénédict. .. vous avez un bénéfice?..

BÉNÉDICT. Oui, madame... qu'on me devait depuis long-temps. ..depuis Vienne.

HENRIETTE. OÙ VOUS avez cu de grands succès ?

BÉNÉDICT. A ce qu'ils disent.... et alors M. Fortunatus a doublé mes appointemens.

HENRIETTE. Ail î tant micuxl vous êtes donc heureux?

BÉNÉDICT. Non, madame... mais je suis riche.

HENRIETTE. Et nos anciens amis, et Charlotte ?

BÉNÉDICT. Ah ! celle-là, elle est au pinacle!., elle a eu, à Vienne, un succès de rage... Tous les soirs, des vers... des bouquets et des bravos... tous les journaux retentissaient de ses éloges... il n'était question que d'elle... comme de vous autrefois !

HENRIETTE. Oh! moi... l'on n en parle

plus! .

BÉNÉDICT. C'est ce que je me disais :

C'est étonnant... on ne parle donc pas des duchesses!... tandis que Charlotte la cantatrice... et puis... ce n'est rien encore... Là-bas, à Vienne, elle avait tourné toutes les têtes... c'était à qui lui ferait la cour.

]M. le duc , votre mari, a dû vous le dire.

HENRIETTE. Non, Vraiment, it ne m'a rien dit.

BÉNÉDICT. Ah!., c'est différent!., tous les grands seigneurs étaient à ses pieds... Ces nobles d'Allemagne, si fiers et si hautains, se disputaient à qui serait reçu chez elle... à qui l'entourerait de soins et d'hommages... Enfin, tout comme vous...

dans votre temps... avant votre bonheur.

HENRIETTE , à part. Oui , vraiment.

BÉNÉDICT. Mais vous avez un si bel emploi maintenant... je veux dire un si bel état! Et puis, tant d'éclat... tant d'estime... tant de considération surtout.

HENRIETTE. Silence!., c'est la sœur de mon mari.

9 OQOoQooooaoooooaooooooocooQOOooooooooooooa

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