‹ Recueil d'opérasChapitre 108 sur 1141 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CHARLOTTE , seule , enveloppée d'une mante rabattue sur les yeux , et entrant par la netite porte du théâtre.

Personne ne m'a vue ! me voici dans la loge grillée de monsieur le duc ! et m'y voici incognito... non pas que je ne sois rassurée par ma conscience et par le motif qui m'amène; mais on est si méchant au théâtre, et puis ils sont tous si jaloux de moi ! parce que j'ai du talent, de la figure... Quels propos on ferait au foyer si l'on me savait ici I « — Avez-vous vu » Charlotte ? — Non. — Elle est dans la >» petite loge de l'ambassadeur. — Bah ! 1» en tête-à-tête ? — Précisément. — Ah ! » c'est une inconvenance qui n'est pas » permise... » Avec ça, qu'elles ne s'en permettent pas, mes camarades; mais, moi , je suis trop bonne, je vois tout et je ne dis rien , pas même que la seconde chanteuse a deux amans , et que la troisième n'en trouve plus. ( Allant pris de la loge grillée du fond. ) Ah ! mon Dieu ! voilà qu'on arrive dans la salle, on allume les rampes... tout le monde doit être sur le théâtre ; heureusement je m'y suis prise de bonne heure, et sans rencontrer personne; j'ai pu entrer par cette porte dérobée qui donne sur la scène. ( Examinant. la loge. ) Quel luxe ! quelle élégance I c'est drôle, tout de même... une loge grillée... vue à l'intérieur !

PREMIER COUPLET

Que ces murs coquets , S'ils n'étaient discrets, Que ces murs coquets Diraient de secrets!..

La grille légère

passe cet acte, retites por

'ouverture de la des décorations celle de droite

Dérobe avec art

, Plus d'un doux mystère , :.;

Plus d'un doux regard !

La pièce commence , '.

On risque un aveu ; Mais l'ouvrage avance , On s'avance un peu!..

Puis, sans qu'on approuve Un hardi dessein , Une main se trouve Dans une autre main !

Ah! ah! ah!

Que ces murs coquets , ^

S'ils n'e'taient discrets, Qne ces murs coquets Diraient de secrets!..

DEUXIÈME COCrLCT

» Ah ! de ma tendresse

» Écoutez les vœux!..

» — J'écoute la pièce,

» Cela vaut bien mieux ! »

Mais la mélodie

A tant de douceur !

L'oreille ravie

Est si près du cœur !

La beauté sauvage . '

S'e'meut , et bientôt ■»'

L'on maudit l'ouvrage

Qui finit trop tôt !

Ah ! ah ! ah !

Que ces murs coquets ,

S'ils n'étaient discrets,

Que ces mm's coquets

Diraient de secrets.

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