SCENE PREMIERE
CHARLOTTE , seule , enveloppée d'une mante rabattue sur les yeux , et entrant par la netite porte du théâtre.
Personne ne m'a vue ! me voici dans la loge grillée de monsieur le duc ! et m'y voici incognito... non pas que je ne sois rassurée par ma conscience et par le motif qui m'amène; mais on est si méchant au théâtre, et puis ils sont tous si jaloux de moi ! parce que j'ai du talent, de la figure... Quels propos on ferait au foyer si l'on me savait ici I « — Avez-vous vu » Charlotte ? — Non. — Elle est dans la >» petite loge de l'ambassadeur. — Bah ! 1» en tête-à-tête ? — Précisément. — Ah ! » c'est une inconvenance qui n'est pas » permise... » Avec ça, qu'elles ne s'en permettent pas, mes camarades; mais, moi , je suis trop bonne, je vois tout et je ne dis rien , pas même que la seconde chanteuse a deux amans , et que la troisième n'en trouve plus. ( Allant pris de la loge grillée du fond. ) Ah ! mon Dieu ! voilà qu'on arrive dans la salle, on allume les rampes... tout le monde doit être sur le théâtre ; heureusement je m'y suis prise de bonne heure, et sans rencontrer personne; j'ai pu entrer par cette porte dérobée qui donne sur la scène. ( Examinant. la loge. ) Quel luxe ! quelle élégance I c'est drôle, tout de même... une loge grillée... vue à l'intérieur !
PREMIER COUPLET
Que ces murs coquets , S'ils n'étaient discrets, Que ces murs coquets Diraient de secrets!..
La grille légère
passe cet acte, retites por
'ouverture de la des décorations celle de droite
Dérobe avec art
, Plus d'un doux mystère , :.;
Plus d'un doux regard !
La pièce commence , '.
On risque un aveu ; Mais l'ouvrage avance , On s'avance un peu!..
Puis, sans qu'on approuve Un hardi dessein , Une main se trouve Dans une autre main !
Ah! ah! ah!
Que ces murs coquets , ^
S'ils n'e'taient discrets, Qne ces murs coquets Diraient de secrets!..
DEUXIÈME COCrLCT
» Ah ! de ma tendresse
» Écoutez les vœux!..
» — J'écoute la pièce,
» Cela vaut bien mieux ! »
Mais la mélodie
A tant de douceur !
L'oreille ravie
Est si près du cœur !
La beauté sauvage . '
S'e'meut , et bientôt ■»'
L'on maudit l'ouvrage
Qui finit trop tôt !
Ah ! ah ! ah !
Que ces murs coquets ,
S'ils n'étaient discrets,
Que ces mm's coquets
Diraient de secrets.
ociooooQOc»OQBOCPcaaoagtfa'?f?^ggo'i'^P'^9Q<>°^°°