‹ Recueil d'opérasChapitre 217 sur 1141 · HORACE, JULIANO, BRIGITTE · texte numérisé non relu

HORACE, JULIANO, BRIGITTE

BRIGITTE , sortant du salon à droite. Je ne l'aperçois pas... est-ce qu'elle serait restée tout le temps dans le petit salon ?... ce n'est pas possible... Ah I encore tes ; deux cavaliers, celui qui dort... et celui qui... enùa... (^montrant Juliano.) le jour' (^montrant Horace. ) et la nuit!

JULIANO. Puis-je vous rendre service, ma belle signora ?

BRIGITTE. Non, monsieur, ce n'est pas vous que je cheiche.

JULIANO. Et qui donc?

BRIGITTE. Est-il possible d'être plus indiscret?... c'est déjà ce que je vous reprochais tout-à-l'heure.

JULIANO. Quand je vous ai dit que je vous aimnis...

BRIGITTE. A la première contredanse et sans m'avoir vuel

JULIANO. C'est ce qui vous trompe...

votre masque était si mal attaché, qu'il m'avait été facile de voir...

BRIGITTE. Quoi donc?

JULIANO. Des joues fraîches et couleur de rose.

BRIGITTE, à pari. C'est vrai!

JULIANO. Une physionomie charmante. . .

BRIGITTE. C'est vrai!

JULIANO. Lesplus jolis yeux du monde...

BRIGITTE. C'est vrai!

HORACE, bas à Juliano. Quoi! rdeilemeni?

JULI.ANO, de même. Du tout!... c'est de confiance... ce doit être ainsi... [ Haut à Bngi'/e.) Vous voyez donc bien, signora que vous pourriez vous dispenser de garder votre masque... car je vous connais parfaitement.

BRIGITTE. C'eit étonnant !

JULIANO. La preuve, c'est que tout-àl'heure ici, j'ai donné votre signalement exact à un domino noir qui vous cher chait,

BRIGITTE. Qui me cherchait?

JULIANO. Oui, vraiment... elle disait s (f Où donc est-elle?... où donc est-elle?.. — Dans ce salon, ai-je répondu, au milieu de la foule... Ah! mon Dieu! comment la retrouver?... en aurai-je le temps?» Puis regardant cette horloge, elle s'est écnée...

BRIGITTE, regardant Vhurloge et pous^ sant uncri. Minuit ! ce n'est pas possible... tout-à-l'heure, dans l'autre salon, il n'était

LE DOMINO NOIR

que onze heures... 3tonDieu! mon Dieu!

comaie le temps passe dans celui-ci I... [A Juliano.) Et ce domino... cette dame... où est-elle?

JUI.IANO. Partie!

BRIGITTE. 0 Ciel!

JLLi.wO. Partie eu courant.

BRIGITTE. Et sans m'attendre... il est vrai que cinq luinutes de plus... impossible après cela... il est trop lard... mais «l'abandonner... me laisser seule ainsi...

JULIANO. Ne suis-je pas là ?

BRIGITTE. Eh! non, monsieur, laissezmoi !

JULIANO. Je serais si heureux de vous servir... de vous défendre!

BRIGITTE. Vous voyez bien que je n'ai pas le temps devons écouter... Laissezmoi partir, je le veux !

JULIANO. Vous êtes fâchée ?

BRIGITTE. Je le devrais... mais est-ce qu'on a le temps, quand on est pressée?...

JULIANO. Signora... {Son masque à moitié se détache.) Ah ! qu'elle est jolie !

BRIGITTE. Vous ne le saviez donc pas?... Quelle trahison !... vous qui tout-àl'heure... Ah! minuit vont sonner... je pars.

JULIANO. C'est qu'elle est vraiment charmante, et je suis désolé maintenant de mon dévouement... Elle s'éloigne. .. elle a disparu... et je suis victlixie de l'amitié... Ah! et cette aiguille qu'il faut ramener sur ses pas. {Faisant retourner l'aiguille à Onze heures.) Ma foi, nous préparons de l'ouvrage à l'horlogtr de la cour. ( Se retournant.') C'est vous, mylord, quelles novivelles ?

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