LORD ELFORT, JULIANO, HORACE
i.ord Elfort, prenant Juiianoà part pendant qu'Horace remonte le théâtre, regarde dans le salon à gauche et disparaît.
LORD ELFORT, à Juliano. Mon ami, mon ami... car vous étiez mon seul ami... je étais tremblant de colère... mon femme était ici!
JULIANO, vii^ement. Pas possible... sans nous en prévenir... dans quel dessein?
LORD ELFORT. Permettez...
JULIANO. Elle qui se disait malade... et qui avait voulu rester chez elle... Savezvous que ce serait indigne!
LORD ELFORT. Modérez-vous ! .. . . car vous voilà aussi en colère que moi... et
c'était là ce que j'aimais dans \m ami \ rritable.
JULIANO, SI- modérant. Certainciueii'.,..
Eh bien donc!... achevez...
LORT ELFORT. Je l'avais trouvée ici, causant en tète-à-téte avec le seigneur Horace de Massarena.
JULIANO. Horace vous vous êtes
abusé.
LORD ELFORT. C'est ce que je me disais. . . en prenant son bras qui était toute tremblante.
JULIANO. Ce n'était pas une raison. 'i.
LORD ELFORT. Attendez donc ! . . . Je parlai à elle... qui répondait jamais . . pas nu
mot!.... mon conversation le gênait
l'ennuyait...
JULIANO. Ce n'était pas encore là une raison...
LORD ELFORT. Attendez donc... Vous connaissez le taille élégante et le tournnn; de mylady... vous la connaissez comme moi...
JULIANO. Certainement...
LORD ELFORT. Eh bien! mon ami... ce était de même... tout-à-fait...
JULIANO, s^ animant. En vérité !
LORD ELFORT, de même. Et je avais encore des preuves bien plus... bien plus... effrayantes,.. Vous savez que mylady, ma femme... était du sang espagnol... du sang des É?' Olivarh. . . et comme toutes les dames de Bladrid... elle portait souvent des mouchoirs où étaient brodées les armes de sa famille. . .
JULIANO. Eh bien!...
LORD ELFORT, avec colère. Eh bien!
l'inconnue... le masque... le domino... ii avait brodé sur le coin du mouchoir à elle... les armes d'Olioarés.
JULIANO. O ciel!...
LORD ELFORT. Je avais vu... vu de mes yeux... que j'étais... que j'étais fvirieux... je méditais d'arracher le mouchoir... 1 mascaïade. . .
JULIAXO. Quelle folie!... quel éclat!
LORD ELFORT. Yes... ce était une bé tise... et je avais pas fait.
JULIANO. C'est bien.
LORD ELFORT. Je avais pas pu!... elle avait tout-à-coup quitté mon'bras,... s'était glissée dans la foule et au milieu d deux cents dominos noirs... comme sien... impossible de courir après... Mais ce était elle.
JULIANO. J'en ai peur.
LORD ELFORT. C'était bien elle qui se était dit malade.
JULiANO.Etpouiquoi? Jemele demande m ri; t- ! ■■
MAGASIN THEATRAL
LORD ELFORT, avec chaleur. Pourquoi ?■ . pourquoi?... Mais vous ne voyez donc rirn. .. vous?... ce était pour retrouver ici cette petite Horace de Massarena.
JULIANO. Malédiction!., et moi qui ai servi, protégé ses amours... nous étions deux... {a part) deux maris.
LORD ELFORT. Quand je disais qu'il porterait malheur à moi... mais bientôt, "espère. . .
JDLIANO. Allons, mylord.... allons, calmons-nous.Dans ces cas-là, ilfaut se modérer, et surtout se taire.
LORD ELFORT. Ce VOUS était bien facile à dire...
JULIANO. Du tout... cela me fait certainement autant de peine qu'à vous
mais il faut voir... il faut être bien sûr...
LORD ELFORT. Ce était mon idée.... et je priai vous, mon cher ami... de prêter à moi sur-le-champ votre voiture...
JULIAXO. Pourquoi cela?
LORD ELFORT. Je avais demandé la mienne dans trois heures seulement, et je voulais à l'instant même retourner chez moi, à mon hôtel... pour bien me assurer que mylady n'y était pas.
JLLIANO, à part. O cielî... comment la sauver ?
LORD ELFORT, /«/-icMa;. Alors. .. je attendrai son retour... alors je attendrai elle ce soir... et demain, ce petite Horace que je détestai... que je... Adieu... je pars tout de suite.
JULIANO. Je ne vous quitterai pas... je vous accompagne. . . je descends avec vous. . . Demandez nos manteaux... moi, jefaisappeler mon cocher. ( Voyant rentrer Horace.) Il était temps... c'est Horace !