‹ Recueil d'opérasChapitre 231 sur 1141 · SCENE A · texte numérisé non relu

SCENE A

HORACE, INÉSILLE.

WORACE, :>^uppfOt/ia .t d'tlle lunicle/neiU. Madame...

INÛSILLE. Qu'est-ce qiiec'esi, monsieur?

voulez-vous du Xérès ou du Malaga?

• Elle lui offre un verre.

HORACE, êloiin'^. Non, non, ce n'est pis possible !

INÉSILLE, imitant un léger patois de paysanne. Dam ! si vous voulez auir':

chose, dites-le... me voilà... je suis a \o. ordres...

HORACE. Quoi, vraiment !... vous seriez... .f*

INÉSILLE. Inési!''' l'Aragonaise... la nièce à dame Jacinilie.

HOR.\CE. Ah ! ne cherchez pas à m'abu ser, je vous ai reconnue !

INÉSILLE. Moi ! mon beau monsieur?

HORACE. Quand toul-à-l'hi'ure, po échapper à leurs poursuites, vous vous et jetée dans mes bras. . .

INÉSILLE. Dam! vous Xï\e sembliez phis sage et le plus raisonnable. . . excusezmoi... si je me suis trompée.

HORACE, i'ii>emeid. Oh I oui... oui...

sans doute!... car dans ce moment surtout je nesuispasbien sûr d'avoir toute ma raison.... A'ois-tu , Inésille.... si c'est toi.... {a^ec respect) si c'est vous. . . c'est affreux ^^ de vous jouer ainsi de mes tourniens

LE 00\lL\U \oin.

INÉSILT.E. Moi, nioiî bon Dieu! tourmenter un cavali. r si gentil et si bon !...

HORACE , s'm'finraiit sur elle. Eh bien !... si tu n'es pas elle... c'est une ressemblance si p.rande... si exacte... que j'éprouve auprès de toi... ce que j'éprouvais auprès d'elle... le cœur me bat... ma vue se trouble... je t'aime...

IiMÉSILLE, se reculant. Ah ben ! ah ben! rih ben! moi qui vous croyais si sage... prenez garde, je vais me dédire.

HORACE. Et tu as raison... je suis un fou... un insensé... dont il faut que lu aies pitié.., viens avec moi... {Il lui prend la main, qu'elle veut retirer.) Ah! ne crains rien... je te respecterai... mais je te regarderai... je croirai que c'est elle... et je te dirai... car avec toi... j'ai moins peur. .. je te dirai ce que je n'oserais lui dire... que je l'aime... que jemeurs d'amour... qu'elle est mon rêve... mon idole... (Il la serre dans ses bras et elle se dégage.) N'aie pas peur... ce n'est pas pour toi... c'est pour elle...

INÉSILLE. C'est égal, monsieur, comment voulez- vous que je distingue?

HORACE. C'est qu'aussi il n'y a jamais eu de situation pareille... moi qui croyais qu'elle seule au monde avait ses yeux... ce regard... que tu as, toi... {Leurs yeux se rencontrent.) Ah! c'est vous... c'est vous... madame... j'ensuis sûri vous aurez beau faire... vous ne me tromperez plus. Et la preuve , c'est que malgré moi j'ai retrouvé ma frayeur et mou respect... vous le vovez... je tremble... Pourquoi alors vous défier plus long-temps d'un coeur qui vous est aussi dévoué?... {On frappe a la porte en dehors.) Qui vient encore à une pareille heure?... quel est l'imporlun? (0// entend rier en dehors : N'ayez pas peur., ouvrez.. 'est un ami... c'est lord Elfort!)

INÉSILLE, avec effroi. Ociel! Lord Elfr>rt !

HORACE. D'où vient ce trouble?

TNÉsiLLE. N'ouvrez pas! n'ouvrez pas!

HORACE. C'est donc vous, madame

est bien vous!

INÉSILLE. O mon Dieu! mon Dieu!..

mment faire?... que devenir?

HORACE. Ne suis-je pas là pour vous protéger ?

INÉSILLE. Et s'il me voit seulement....

\e suis perdue !

HORACE. Il ne vous verra pas... je vous le jure!... nous sortirons de ces lieux sans qu'il vous aperçoive., mais vous aurez confiance en moi. . .

INÉSILLE. Oui, monsieur...

HORACE. Je s.îuiai qui vous ête'^. ?...

INÉSILLE. Oui, monsieur...

HORACE. Vous me direz tout ?

INÉSILLE. Oui, monsieur.

HORACE. Eh bien!.... là.... là.... dan cette chambre... {montrantcelte de Jacinthe dont je saurai bien défendre l'entrée... l'on me tueia avant d'y pénétrer... {On frappe plus Jurt et Iné^ille i<eut entrer d'ii,.< la chambre, Horace la retient parla main.) Mais vous n'oublierez pas vos promesses

INÉSILLE Oli! non, monsieur!

HORACE. Attendez-moi! dès que mylord sera entré dans le salon, je viens vous prendre.... et, enveloppée dans mon manteau, vous sortirez sans danger.

JstfilLh\L , fermant çii^cment la porte. Ou vient !

Lord Elfort continue à frapper plus fort k la porte du fond.

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