SCENE W
JULIANO, sortant du salon à gauche, HORACE.
JULIANO. Eh bien l quel tapage à la porte de la rue!... Jacinthe, Inésiile... où sont donc toutes ces femmes ?
HORACE Je ne sais... Inésiile était là... tout-à-l'heure... elle est descendue.
JULIANO. A la cuisine sans doute.... qui diable nous arrive?
Il va ouvrir la porte du fond. Pendant ce temps Horace s'approche de la porte \ droite iju'il ferme h double tour, puis il retire la clef et la met dans sa poche.
HORACE. La voilà en sûreté !
JULIANO , qui pendant ce temps a été ouvrir à lord Elfort. Cestvoxis, mylord, vous êtes bien en retard!
LORD ELFORT. Ce était vrai! {Apercevan.
Horace.) Encore cette petite Horace!
JULIANO. Vous ne devez plus lui en vou loir... maintenant que vous êtes sûr de la vertu de mylady.
LORD ELFORT. Yes grâces à vous qui
me avez fait avoir les preuves... mais
c'est égal... cette nuit était toujours
pour moi un jour malheureuse... et fâcheuse beaucoup.
JULIANO. Comment cela?
LORD ELFORT. En quittant mylady. . ..
je voulais, avant le souper avec vous... porter le cadeau de Noèl à la petite Estrella... vous connaissez...
JULIANO. Un premier sujet de l'Opéra de Madrid!
LORD ELFORT. Yes.,
JULIANO. Celle qui danse si bien la cachucha !
MAG/ïbl THEATRAL.
LORD ELFORT. Yes...
JULIANO. Et pour laquelle, dit-oa, vous faites des folies...
LORD ELFORT. Yes... je aimais beaucoup la cachucha... eli bien ! elle était pas chez elle... elle était sortie pour toute la Duit sans prévenir moi...
JULIANO. Parce que vous êtes jaloux et qu'elle a peur de vous !
HORACE , à pari et regardant du côté de 'a porte à droite. O ciel!
LORD ELFORT. Et pourquoi, je demande vous? pourquoi sortir toute le nuit?
JULIANO. Pour aller. . pour aller... danser la cachucha pour aller au bal.... la
nuit de Noël, tout le monde y va... à commencer par vous.
LORD ELFORT. C'cstégal... je avais mis moi en colère.
JULIANO. Ça ne coûte rien.
LORD ELFORT. Je avais tout brisé...
JULiANO. C'est plus cher — parce que demain il faudra réparer... à moins que cette nuit... vous ne soyez heureux au jeu où l'on vous attend...
LORD ELFORT. lesl je allais jouer.
Il entre dans le salon à gauche.
JULIANO, se retournant vers Horace.
Ainsi que toi, mon cher Horace.... on demandait ce que tu étais devenu.
HORACE. J'allais vous rejoindre !
JULIAINO. Ah! mon Dieu!... comme tu es pâle et troublé .. Est-ce qu'il y aurait une nouvelle apparition !
HORACE. Dutout... mon ami... {A part.) Ah! si c'est elle, c'est indigne ! c'est infâme!... je les tuerai tous deux et moimême après...
JULiANO, à Horace. Allons, viens.
HORACE, le retenant par la main. Un mot seulement!...
TULIANO. Qii'est-ce donc ?
HORACE. Cette belle dansetise.... dont vous parliez tout-à-l'heure... la signora Estrella... tu la connais?
JULIANO. Certainement et beaucoup!...
et toi ?
HORACE , eicec embarras. Eh bien ! . . . eh bien!., tu ne trouves pas qu'elle ressemble un peu à cette petite servante Aragonaise...
JULIANO. Inésille!!
HORACE. Oui, il y a qnelque chose...
JULIANO. Ah ça ! à qui diable en as-tu aujourd'hui avec tes ressemblances? Tu me parlais tantôt de la reine et maintenant d'une danseuse... il n'y a pas le moindre rapport... pas même apparence...
HORACE. Tu as raison... cela ne ressemble .. et 'e l'aime mieux...
j content... {A part.) Oser la soupçonner... I quand tout-à-l'heure... elle va tout pidire et tout m'apprendre... {Haul.)k\\o\ viens, viens, mon .imi.
JULTANO. Qu'est-ce qu'il te prend! ; voilà maintenant radieux et triomphant.
HORACE. C'est que je pense à elle !
JULIANO. A l'inconnue il en deviei.
di'a fou, ma parole d'honneur!
HORACE. C'est vrai! j'en perds la tê'e.' \ JULIANO , remmenant. Viens perdre to!
argent , cela vaudra mieux !
Il sort en emportant le dernier flambeau qui était resté sur la table du souper, laquelle table a e'tt reporte'e près de la porte du salon. A la sortir d'Horace et de Juliano le théâtre se trouve dans l'obscnrité.
cooccoBoaoooooonoQgooooooooogapooeoaaoo «eew