‹ Recueil d'opérasChapitre 444 sur 1141 · ÉLISE, DELMAR, LÉON · texte numérisé non relu

ÉLISE, DELMAR, LÉON

ÉLISE, « Lion, Comment, vous ici.

Monsieur?

léo^ , troublé. Madame...

DELMAR, bas à Elise. Je vous l'avais bien dit... amoureux fou.

ÉLISE , bas à Delmar. Vous le flattez.. . je ne sais si je dois.. .

DELMAR , bas à Elise. Songez ^i votre promesse, (Haut à Léon.) Je vais annoncer ton ariivée au Comte.

LÉON, bas d Delmar. Gardes-l-en bien.

DELMAR. Je te laisse avec Madame.

LÉON, bas d Detmar. Je suis au supplice...

DHLMAR. Ma cousine, soyez trauquille, son parti est pris, et en vérilé j'admire son calme et sa résignation.

Il s'éloigne en faisant des signes d'intelligence à Elise et sort par la porte du fond,

ÉLISE, LÉON, p«is DELMAR.

Moment de silence. Embarras de Léon.

LÉON. L'agréable conversation.

Élise. C'est ce que je nie disais.

LÉON. Mais pourquoi cet embarras... ce que je viens d'apprendre me prouve que le passé n'est plus rien pour vous.. . ainsi, tous deux, soyons indulgens, et croyezmoi, faute de mieux, restons bons amis...

Élise. Monsieur ..

LÉON. Ou vous aime, Madame, vous consentez à des nœuds bien désirés sans doute., .qui peut le comprendre mieux que moi, et votre lieureux époux...

ÉLISE. Il n'a tenu qu'à vous de n'avoir rien à lui envier... mais votre silence, votre abandon....

LÉON. C'est vrai... je sais le peu que je Y;iux... Mais espérez-vous mieux aujourd'hui ?.. tenez. Madame, je vous dois une dernière preuve d'attachement... celui que vous épousez, le connaissez-vous bien?

ÉUSE, avec intenlion. Oui, Monsieur, très-bien.

LÉON. J'en doute... entre nous. . . c'est le plus mauvais sujet...

ÉLISE. Prenez garde. Monsieur, vous ne savez pas de qui vous parlez...

LÉON. Oui, Madame, un très-mauvais sujet .. je vous en donne ma parole, et je ne puis voir sans étonnement, sans dépit, que vous approuviez en lui.. .

ÉLISE. Ce que je blâmais en vous ?

LÉON. Oui, Madame.

ÉLISE, avec intention. Moi, je me l'explique parfaitement.

LÉON. Et vous n'êtes pas effrayée de votre avenir?

ÉLISE. Nullement.

LÉON, avec chaleur. Eh! bien, moi, Madame, il m'inquiète. Il me trouble... cet époux... ah! du moins, s'il avait ma sincérité, mon cœur... s'il vous aimait comme je vous aimais. . . comme je vous aime. . . encore peut-être...

ÉLISE. Encore, Monsieur... vous le savez, tout est fini eiitre nous, et je vous rencontre fort à propos pour vous rendre votre dernière lettre...

LÉoN,ftwwienf, à part. Elle ne l'a pas quittée!..

ÉtïSE, à part. Vraiment, je comtnence à croire que Delmar avait raison,. .

DUO

ÉLISE , montrant la lettre.

La voilà donc cette épître jolie, Ecoutez-moi, Monsieur...

LÉON

Madame, épargnez-moi,..

ÉLISE , lisant.

« Comptez toujours , ma douce amie , » Sur mon amour et sur ma foi , » Et .si jamais je vous oublie, » Que la foudre tombe sur moi. »

LÉON

Madaîne, épargnez-moi...

{À pari.) Qu'avec plaisir je la revoi...

Je la trouve encore plus jolie.

Se peut-il qu'un lival me l'enlève en ce jour...

ÉLISE

Son ardeurse ranime, ah! pour moi, quel beau jour.

Lui rendaul la Icllrc.

Reprenez-la.

LÉON

Je vous jure encor...

ÉLISE

Plus de scrmens.

LÉON

Je vous promets...

ÉLISE

Vaine promesse.

LÉON

De vous aimer...

ÉLISE

Non , non. •

LÉON. i

De vous aimer «ans cesse. * ÉLISE.

Adieu, Monsieur l'heure me presse.

Adieu , je rejoins mon époux. ^

LÉON , à part.

Son époux !.. ah ! je sens renaître mon courroux. ÉLISE.

Quel dépit, quelle jalousie.

LÉON

Rien ne peut calmer ma furie. '

ÉLISE. i

J'éprouve un trouble égal au sien.

LÉON

Elise ! Elise ! est mon unique bien.

Mon cœur palpite, Comme il s'agite, Comme il bat vite.

' ÉLISE

Ah! quel bonheur!

LÉON

Ah! quel tourment!

Moment cruel.

ÉLISE

Moment charmant!

De m'adorer toute la vie Il fait le doux serment.

LÉON

De vous aimer toute la vie, Je fais ici le doux sermeut.

Plus de dépit , de jalousie.

LÉON

Plus de dépit , de jalousie-

ÉLlJE.

Plus de courroux, que tout s'oublie.

LÉON. Plus de rigueur, que tout s'oublie.

ÉLISE

Ah ! malgré moi je crois à son serment. ■* ' LÉoN.

Et rendez-vous aux vœux de votre amant. Éli.-e, à part.

Ah J quel bonheur, il m'aime encore.

'Haut.) Cessez, Léon... que i'aites-vous? LÉON.

Je brave tout je vous adore , Et je le jure â vos genoux...

Il se jette aux pieds d'Elisc.

DELMÂE, entré avant la fin du duo, et se olaçant vivement entre Elise et Léon. Que vois-je ! Iiiipriuleiit... aux pieds de ma cousine ... mais tu n'y penses pas .. quand son mari est si près d'elle ! !

LÉON. Eh! que m'importe...

DELMAR Ma cousine , rentrez de grâce dans votre apparleinent.

LÉON, avec force. Elise, je vous reverrai.

ÉLISE. Gardez-vous en bien...

DELMABj/'ai, reconduisant Elise. Il enrage...

Elle rentre dans son appartement.

LÉON, vivement. Tu le vois, je suis aimé... et ce rival, ce rival invisible , je saurai le trouver, nous nous battrons, je le tuerai. . .

DELMAB. Oh! par exemple, je voudrais bien voir cela...

LÉON. Oui , mon ami , je le tuerai...

DELMAR. Silence, malheureux, et suis Il sort rapidement par le fond en emmenant Léon.

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