‹ Recueil d'opérasChapitre 475 sur 1141 · A^ETTE · texte numérisé non relu

A^ETTE

C'est par jalousie, j'en suis sOre, qu'il m'envoie à l'ermitage aujourd'hui.

RODOLPHE, à part.

L'heureux mortel que cet ermite!

NASETTE.

11 a peur de monseigneur ; comme si monsei-' gneur empêchait les jeunes filles d'être sages! Il se mettrait à genoux devant moi, avec tous ses biaux habits, qu'il n'obtiendrait pas tant seulement mon bouquet.

RODOLPHE, à part.

Oui-dà ! nous allons voir.

NANETTE

Mais je m' sommes assez reposée... il faut se rendre ben vite à l'ermitage. Si M. le magister y arrivait avant moi , il n' voudrait peut-être plus m'épouser, et puisque j' suis orpheline et sans dot, il vaut encore mieux un méchant mari que pas du tout. (Elle se lève.) Partons... (Regardant de tous côtés.) Eh bien ! de quel côté faut-il tourner à présent?

RODOLPHE, s'approchant en riant.

Rassurez-vous, mon enfant; vous voilà... dans le bon chemin.

NANETTE, avec un cri.

Ah I mon Dieu I c'est monseigneur !

(Elle veut s'enfuir.) Restei, belle Xanette;

Pour mon cœur (luel plaisir nouveau 1 Je vois en vous la hersîerelte La plus aimable du hameau.

NANETTE

Il ne faut pas que je m'anùte ; Du magister j' crains le courroux.

Je ne suis qu'une bcrgerette ; Je n' dois pas causer avec vous.

RODOLPHE

Au bois vous allez donc seulette!'

MANETTE

Monsieur 1' magister l'a voulu.

RODOLPHE

Peut-être il vous suit en cachette î

NANETTE

Non, il sait bien qu' j'ons iV la vertu.

RODOLPilE.

Que je voudrais, belle Nanette, Recevoir de vous ce bouquet Qui, près de cette collerette, Sert de parure à ce gentil corset !...

NANETTE

Non; j' sais a quoi c' la nous engage ; Et jamais, monseigneur, jamais, Aux garçons de notre village Je n'avons donné de bouquets.

ENSEMBLE

RODOLPHE, à part.

Je ris de sa résistance ; Un peu de confiance.

NANETTE, à part.

Oh ! j' ferons résistance ; J'ons d' la vertu, vraiment.

De la vertu !

Employons le talisman.

(S'approchant d'elle, d'un air patelin.) En échange, belle Xanette, De ce bouquet que je regrette.

J'aurais donné ce diamant.

NANETTE

Simpie fillette de village.

Que m'importe ce diamant !

J'aime bien mieux rester sage.

RODOLPHE

Regardez-le seulement.

NANETTE

Voyons donc ce beau diamant...

RODOLPHE , riant.

Nous y voilà, nous y voilà.

NANETTE, regardant l'anneau.

Ah!

(Elle porte vivement la main à son cœur et reste tout

interdite, frappée par le pouvoir du talisman.)

NANETTE, à part.

Bonheur extrême !

Que je ne conçois pas.

LE PETIT CHAPERON ROUGE

RODOLPHE, à part.

Bonheur extrême I O l'aimable embarras !

(S'approchant d'elle d'un air patelin.) Je voulais cette fleur nouvelle; Pourrais-tu me la refuser ?

(Nanette détache son bouquet et le donne à Rodolphe avec émotion.) N'aurai-je pas encor, ma belle, Avec cette fleur, un baiser ?

Réponds, réponds...

(Rodolphe s'approche de Nanette; il l'embrasse: elle fait un mouvement qui doit exprimer ce qui se passe dans son ame.)

RODOLPHE et NANETTE, à part.

Quel trouble ! quel délire !

,,. , son

S'empare de cœur.

•^ mon

Gomme il bat ! comme il soupire I...

O moment enchanteur!

RODOLPHE, revenant à elle avec malice.

Au bois vous allez donc seulette?

NANETTE, naïvement.

Monsieur 1' magister l'a voulu 1

RODOLPHE

Peut-être il vous suit en cachette.

NANETTE, vivement.

Non, non.

RODOLPHE, riant.

Âb 1 oui.

C'est qu'il connaît votre vertu î

NANETTE

Quel trouble ! quel délire Vient agiter mon cœur !

Je tremble, je soupire...

O moment enchanteur !

RODOLPHE

Quel trouble, quel délire Vient agiter son cœur !

Elle tremble et soupire...

O moment enchanteur !

(Il s'approche d'elle et veut l'embrasser.) LE COMTE, les apercevant.

Téméraire I

NANETTE, efl^rayée et s'enfuyant.

Ah! mon Dieu, v'à quelqu'un.

coooooooooooooooooooooooooooeoooooooooooooooooooooo

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