RODOLPHE , ROSE-D'AMOUR
rose-d'amoi;r.
Est-ce que vous êtes enrhumé, bon hermite?
RODOLPHE, saisissant cette idée et toussant. Oui... oui, mon enfant, en l'attendant.
rose-d'amour.
Pardon, bon ermite, pardon ; il m'est arrivé tant de choses aujourd'hui, voyez-vous!... je vous raconterai tout cela ; voici ce que M™^ Rerthe vous envoie.
RODOLPHE
Mets cela sur la table, et viens l'asseoir un moment à mon côté.
ROSE-D'AMOUR
Volontiers, bon ermite.
(Elle pose le petit pot de beurre sur la table, la galette par-dessus, prend une escabelle et la place près du fauteuil.)
RODELPHE.
Pourquoi donc, mon enfant, es-lu venue si tard aujourd'hui?
ROSE-D'AMOUR
Ne me grondez pas, bon ermite... D'abord, je me suis égarée... il a fait un orage !...j'ai rencontré monseigneur le Loup... j'ai dansé ù une noce... oh ! j'ai bien dansé... Aussi, j'étouffe avec ce petit chaperon... Bon ermite, voulez-vous me permettre de le quitter?
RODOLPHE, à part.
Elle me le demande ! (Hast.) Ici , mon enfant, tu n'as rien à craindre.
ROSE-D'AMOUR
C'est que vous m'avez tant recommandé de le garder!... C'est un joli présent que vous m'avez fait là, bon ermite; tout le monde m'en fait compliment.
(Elle quitte le petit chaperon, le place sur la table, et vient se rasseoir près de Rodolphe.) RODOLPHE, à part.
Pauvre petite !
rose-d'amour.
Bon ermite, achevez-moi le joli conte que vous m'avez commencé l'autre jour.
RODOLPHE, riant, à part.
Voilà qui va m'embarrasser un peu... (Haut.) Quel était donc ce conte, mon enfant?
Vous savez bien , bon ermite , celui qui parlait de la petite Claire et de Robert le trompeur.
RODOLPHE
Ah! oui... oui... la petite Claire... je m'en souviens.