‹ Recueil d'opérasChapitre 774 sur 1141 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ZARAH, MANUELA.

MAXUELA.

Serait-il vrai, Zarah?... et cette aversion que tu as montrée jusqu'ici contre le mariage... ZARAii, souriant.

Je n'en ai aucune... j'en ai seulement contre les maris que vous m'avez présentés, le comte de Médina et ses amis, qui m'acceptaient pour payer leurs dettes... le marquis Alvar de Zuniga, surtout... ce seigneur insolent qui me regardait comme un tribut appartenant au vainqueur,

MAXCELA.

^''en dis pas de mal, il a oublié ton insulte.

ZARAH.

Je n'ai pas oublié la sienne... et si, au lieu d'un éventail, ma main eût porté une épée... Mais nous ne sommes que des femmes, on peut nous offenser sans courage et sans crainte.

MA>a'ELA.

Raison de plus pour choisir un défenseur.

ZARAII.

Je ne dis pas non.

MANUEL A

Don Juan de Guimarens, dont on fait tant d'éloges ?

ZAHAII.

Permis à lui de se présenter.

MAXLELA.

Et tu accueilleras ses hommages?

ZARAH.

A une condition... c'est qu'il me plaira... je ne l'en empêche pas.

MA-XUELA.

Et déjà tu es prévenue contre lui.

ZAHAII, secouant la tête.

Ah! si ce n'était que cela t

MAXLELA.

0 ciel ! tu es prévenue pour un autre?

ZARAH, souriant.

C'est possible.

Et quel est-il?

ZARAH.

Cela va vous étonner... je nen sais rien, je ne le connais pas.

MAXLELA.

EhîparXotre-Darae del Pilar, oùl'as-tu vu?

ZARAH.

Je ne l'ai jamais vu... et cela n'empêche pas.

MAXLELA.

Miséricorde!... dona Zarah, ma nièce, a perdu la raison.

ZARAH, souriant.

Je n'en voudrais pas répondre.

AIR

Il existe un être terrible, Protecteur magique et puissant ; A mes yeux toujours invisible, Et près de moi toujours présent !

Tremblez !... peut-être il nous entend ! Quand frémit le feuillage,

C'est lui !

Lorsque gronde l'orage.

C'est lui !

Dans cette fleur que j'aime,

C'est lui !

Et jusqu'en mon cœur même...

C'est lui !

Toujours lui !

Oui.

Il existe un être terrible, Protecteur magique et puissant, etc. Oui, je le crains, et pourtant je l'attends ! Et lorsque loin de lui, je compte les instans...

Soudain

L'orchestre fait entendre le motif du premier air de Riccai-do.

CAVATINE

Je crois entendre Sa voix si tendre Qui vient me rendre Le trouble au cœur !

Et ce doux rêve Qu'amour achève, Soudain fait trêve

iO

MAGAGIN THÉÂTRAL.

A ma douleur !

A mes regards sans jamais apparaître, Il me suit... il m'appelle... et s'envole soudain 1 Sous mon balcon, sous ma fenêtre, Ce matin enco r ! . . . ce matin ! . . . Je crus entendre Sa vois si tendre, etc.

Oui! oui, voilà le secret de mon cœuri

Voilà d'où vient mon trouble et mon bonheur 1

Page 1