POUR LE MERCREDI DES CENDRES
Sur l'air : Pour passer doucement la vie.
Ov prends-tu ta fière arrogance, O mortel ! d’où vient ton orgueil ?
Cendre et poussière en ta naissance, Cendre et poussière en ton cercueil.
À Ah! ne perds jamais la mémoire : De ce jour où tu dois finir { ?
“On:foule aux pieds:la faute gloire, En-rappelant ce souvenir.
ite,
Laisse-là le soin des richesses, Qui te vient sans cesse agiter:
En vain pour elles tu t’'empresses, Il les faudra bientôt quitter.
Les plaisirs flattent ton envie, Leur douceur séduit aisément ; Mais souviens-toi, qu'avec la vie, Ils passeront dans un moment.
Où sont-ils, ces foudres de guerre, Qui faisoient trembler l’univers?
Ce n’est au plus qu’un peu de terre, Restes qu’ont épargnés les vers.
Va porter, mondaine parure,
Tes atours aux foibles esprits :
Ce corps qui n’est que pourriture, Ne doit s'attendre qu’au mépris.
Puisqu’au monde il n’est rien de stable, Que tout passe et fuit à nos yeux;
Si nous voulons un bien durable,
Ne le cherchons que dans les cieux.
POUR LE CAREME.
Sur l'air : Ton humeur est, Catheriné.
J ours heureux, tems favorable, Où Dieu calme. son courroux ;
Sa justice redoutable, N'est pluS’ terrible pour nous:
gps
pren
maman
Sous le cilice et la cendre, Le cœur percé de douleur, Opposons un amour tendre Au torrent de sa fureur.
Si la sainte quarantaine
Doit mortifier le corps,
De la bonté souveraine
Elle ouvrira les trésors.
Dans cette noble carrière, Dieu veut bien nous soutenir :
Le jeûne, avec la prière,
Du ciel peut tout obtenir.
Plus la chair est affligée Par une douce rigueur, Plus notre ame dégagée S'élève au parfait ana Elle est bientôt embellie Des dons les plus précieux:
En mérites accomplie, Elle plaît au roi des cieux.
Mais le monde, et ses idoles, Du jeûne ignorent les lois; Par mille raisons frivoles, Ils’en rejettent le poids:
L’indolence et la molesse Ne le peuvent supporter, La fausse délicatesse
Se:fait toujours écouter.
Riche, qui t’a fait l’arbitre Des maximes de ta foi ?
L’opulence est-elle un titre
Pour ne pas garder la loi ?
Pourquoi donc à l’abstinence
Le pauvre est-il condamné ? ® Et le riche, en l’abondonce,
Se croit-il tout pardonné ?
O Dieu, que votre colère . S’éloigne de dessus nous; Que notre douleur amère Prévienne vos justes coups.
Si l’horreur de notre crime Nous poursuivit nuit et jour, Le regret qui nous anime, Va mériter votre amour.