A MA FEMME
Enceinte de son premier enfant, et qui se proposait de le nourrir.
La nature à tes vœux cessant d'être rebelle , Comble enfin les désirs de ton cœur enchante ; Huit courriers ont déjà confirmé la nouvelle , Et tu n'as plus qu'un pas vers la maternité. Laissant des préjugés la trompeuse chimère ,
En dépit d'un monde censeur,
Tu veux n'obéir qu'à ton cœur , Et payer de ton lait le vrai titre de mère ;
Ah ! poursuis un projet si beau , Seconde et suis le vœu de la nature ,
Elle t'impose un doux fardeau ,
( I<fc )
Le refuser serait lui faire injure ;
Ton enfant ne sucera pas
Le lait d'une femme étrangère ;
Ses deux iunocens petits bras ,
Ne s'ouvriront que pour sa mère.
De ses premiers transports tes jeux seront témoins Tu verras sous tes yeux ëclore sa tendresse ; Ta boujehe recevra sa première caresse , Et son premier baiser va payer tous tes soins.
Si, comme au rems de la féerie, Pour un enfant chéri Ton fermait des souhaits,
De nous si quelque Fée amie Pouvait accomplir ceux que pour lui j'aurais faits;
Je voudrais qu'il eût ta douceur,
Ton esprit et ton caractère;
Mais je voudrais qu'il eût mon cœur
Pour savoir bien aimer sa mère.