VOILA C'QUE C'EST QU'TOUT ÇA
Air : Sans mentir. (Des Habitnns des Landes.) (NoteN°. 20.)
Jeunes gens encor novices , Par de beaux masques séduits , De nos travers , de nos vices , Dcsirez-voiis être instruits ?
Environnes de prestiges, Votre œil , qu'on ensorcela Ne voit partout que prodiges , Mais la chanson que voilà
Vous dira (ter.)
C'que c'est qu'tout ça !
Voyez cette Agnès modeste, Au maintien si compassé, Qui va trottant d'un pas leste, L'air ingénu , l'œil baissé :
La pauvrette toute émue D'un propos qui la choqua , Vite prend un autre rue....
Son amant demeure la ; Et voilà C'que c'est qu'tout ca !
Purgon , vrai puits de science, Chez deux malades se rend ; Il se trompe d'ordonnance , Et sort, de lui hcs-content ; Tout danger , la drogue prise , Chez nos malades cessa, El , grâce à cette me'prise , Aucun d'eux ne tnpassa :
Et voilà C'que c'est qu'tout çà!
Devant la cour assemblée, Plaidéc assez longuement , Certaine cause, d'emblée, Fut gagnée en un moment.
Le juge , l'âme joyeuse , A la buvette s'en va:
La triomphante plaideuse En secret l'attendait là....
Et voilà C'que c'est qu'tout ça !
Voyez ce le'ger poète Qui reçut déjà deux fois L'ordre de la Girouette , Depuis quinze ou seize mois ; Son antienne est : « vive , vive « Ce roi-ci , ce prince-là !
« Et comme il faut que je vive , « Vive, vive.... qui paiera !... »
Et voilà C'que c'est qu'tout ca !
Pour rendre sa foi plus ferme Avec certain jeune abbe' , Dame Ursule se renferme, Dès que le jour est tombe' , Chez la dévote jolie , Un beau jour se prononça Ce qu'à la vierge Marie Jadis un ance annonça....
(.66) Et voilà Cque c'est qu'tout ça !
Ce joli petit jeune homme Si sémillant et si vit'.
Pour vous servir, voyez comme Il est obligeant , actif !
Bientôt il saura vous prendre Votre argent.... qu'il gardera, Et votre femme si tendre....
Qu'à coup sûr il vous rendra....
Et voilà Cque c'est qu'tout ça !
Ce monde est un grand théâtre Où tout mortel est acteur ; L'un est juif, l'autre idolâtre, L'un valet , l'autre empereur ; Et quand , au bout du grand drame , Le masque enfin tombera , Roi , valet , suivante ou dame , Tout, là-bas , se confondra....
Et vodà Cque c'est qu'tout ça !
A une jolie femme qui en parcourant soft parc avec l'auteur, et lui faisant remarquer un charmant ermitage , lui proposait d'en être l'ermite.
Quoi ! tu m'offres , belle Sophie , D'être désormais le pasteur De ta chapelle si jolie !
Ah ! j'accepte de tout mon cœur , Et suis prêt à dire l'office ; Mais , pour être toujours en paix , Avant d'entrer en exercice , Convenons bien de tous nos faits.
Je suis un bon Israélite , Pieux et sur-tout très-fervent ; Il faudra faire au desservant Par jour , au moins , une visite , S'il se peut même, plus souvent ; A ce prix là , je me fais moine :
Je quitte le casque et l'estoc ,
(i63) Je prends le nom de frère Antoine,' Et j'endosse à lïnstant le froc.
Mais il faut encor , mon amie , Que tu saches auparavant Quelle doit être pour la vie La règle du petit couvent.
L'usage ehrétieTi veut qu'on fasse De tout saint lieu la dédicace , A quelqu'élu du paradis :
Or donc , c'est à sainte Sophie, Que , suivant les us établis, Mon petit temple se dédie ; Paurai le choix du crucifix , Du lutrin , de la liturgie , Du goupillon , du bénitier , Et de l'autel et du pseautier.
Point de cloclie à mon monastère , Ou pour prier , ou pour manger ; Mais toujours Flieure du berger Sera celle de la prière ; En bonne dévote , il faudra A moi seul venir à confesse , De moi seul entendre la messe ;
( i69 ) Et quand l'ermite quêtera , D'un souris , ou d'une caresse, Toujours il se contentera.
Enfin, il veut pour tout bréviaire, Tes grands yeux, pères du désir, Tes jolis bras pour scapulaire , Et pour prébende le plaisir.
Si parfois la peine tourmente , Ma douce et bonne pénitente , Elle me trouvera toujours Prêt à lui donner du secours, Et prêt à verser dans son âme, Ce baume heureux , consolateur Qui guérit toujours une femme , Et remplit les vides du cœur; Mais si dans le doux exercice , De ce pieux et saint office, Le démon vient à me tenter , Je ne veux pas lui résister ; Que sous tes traits il se présente , Volontiers je suivrai la pente Des conseils qu'il me donnera, Et des plaisirs qu'il m'offrira :
( *7,° ) Il ne sera pas dit qu'un moine, Parce qu'il a le nom d Antoine , A l'exemple de son patrou , Fuira, comme œuvres du démon, Cheveux d'ébène , pied mignon , Jambe fine , taille légère, Esprit vif, charmant caractère , Joli corsage et cœlera — Le ciel , s'il veut , se fâchera Contre une pareille doctrine ; Dans mon cœur elle a pris racine :
Arrivera ce qu'il pourra !....
Les ennemis de mon système Vont , armés d'un pieux courroux ^ Contre moi, criant anathème , De l'enfer provoquer les coups ; Mais je te le dis entre nous , Des félicités inconnues Sont à mes yeux de mince aloi ; Il échappe à nos faibles vues , Ce paradis si loin de moi , Et pourquoi le chercher aux nues, Quand je le trouve auprès de toi?
COUPLETS
Chantés au repas que les Membres du Caveau moderne donnèrent dans le local de Tivoli , à Pierre Laujon , leur Président , le jour de sa fètc , après une maladie qui les avait privés de sa présence pendant un mois (i).
Air du premier Pas.
A Tivoli Le plaisir nous installe , A Tivoli tout plait , tout est joli ; D'un même accord , et d'une ardeur égale. Nous avons tous émigré de Cancale A Tivoli. (b:s.)
(i) En société avec mon ami Eésaugieci.
A Tivoli , Après un mois d'alarmes , En retrouvant sou maître et son ami , L'Epicurien verse de douces larmes , Et du bonheur goûte encore les charme?
A Tivoli.
A Tivoli , Horace , dont s'honore Des chastes sœurs le temple favori, Fit résonner longtems son luth sonore, Et dans Taujon, Horace chante encore
A Tivoli.
A Tivoli , Ovide a su nous faire De l'art d'aimer le poème che'ri; Non moins heureux , Laujon , octogénaire, Viens nous tracer aujourd'hui Tait déplaire
A TiYoli.
( «73 •) A Tivoli , Comme à Rome ou révère , Du paradis le porte-clef béni ; Du bon Laujon l'amitié douce et chère Nous fait trouver le paradis sur terre, A Tivoli,
{A Laujon.)
A Tivoli , S'illustra maint poète, A Tivoli, plus d'un myrthe a fleuri; Ce tivoli des jeux est la retraite, Où pouvions nous mieux célébrer ta fête,
Qu'a Tivoli?
ANECDOTE
TJjf grenadier français , sur les-murs deMézière ,
Se battait en homme de cœur ,
Quand une bombe meurtrière Lui coupa les deux mains. . . Témoin de son malhe
Et croyant soulager sa peine , Son officier lui présente sis francs...
« Oli ! oh ! dit le soldat , vous croyez . c S) « Quici je n1ai perdu qu'une paire de gants.