‹ Recueil de chansons populairesChapitre 19 sur 98 · XXVIII. LE MARI BENET · texte numérisé non relu

XXVIII. LE MARI BENET

(Voyez tome I, page 70.)

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Ouan Co-lâ rviè di bô, Biè mouyè, biè fà

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s'en vé vouer se fôm', pou-z' èvouè è so - pè. Eh!

qu'on n' mè grondé gron-de, Eh! qu'on n'mè grondess' mi.

Quan Cola r\ iè di bô

Biè mouyè, biè fâtiè

Ë s'en vé vouer se fume

Pou-z' évoué è sopè.

Eh ! qu'on ri mé grondé gronde

Eh ! qu'on n' mé grondess' mi!

— Vé t' o vouer è l'ormâre Té (' bottrà è mé pi,

K y e ili pain ineulilii. Ma te n me toch'ré mi.

Y o n' é di biao d' côté ; Lo métin, màq' sey1 jo.

Ma te n'y toch'ré mi. Eh! . ... Té t' lovere so mi. Eh!

Y è il' le paye i bàtou : T' époiy'ré lo déjun

Te viré gér' dessu. El I époiy'ré Iè \èche.

De neu se t' oy' di bru Mâq' lo déjun sa pro

T' varé gère evo mi. Eh! ... . Te varé nie beuchè. Eh !

Traduction. Quand Colas revient du bois, bien mouillé, bien fatigué, il s'en va voir sa femme pour avoir à souper. Eh ! quon ne me (/ronde gronde, eh ! qu'on ne me gronde pas! — Va t'en voir à l'armoire, il y a du pain moisi: il y en a du blanc à côté, mais tu n' y toucheras pas. — 11 y a de la paille à la grange, tu iras coueber dessus. La nuit , si tu entends du bruit , tu viendras coueber avec moi. — Tu te mettras à mes pieds, mais lu ne me toucheras pas. Le matin, aussitôt le jour, tu te lèveras sans moi. — Tu apprêteras le déjeuner et tu arrangeras la vache. Aussitôt le déjeuner prêt , tu viendras m' appeler.

Vallée île Cleurie (Vosges). L. Jouve, Chansons en patois vosgien, Epinal, 1876, p. 13.

Allegretto.

Quand j'é-tais chez mon pè-re, Gar-çon à mari - er, Je

FEEH^

n'a-vais rien à fai - re Qu'u - ne femme à cher-cher. T'é -

ré mou d'mau, pôr om-me, Pôr omm', t'é - ré mou d'mau.

Quand j'étais chez mon père Garçon à marier, Je n'avais rien à faire Qu'une l'emm' à chercher.

T'en: mou d'inau, par omme, l'or o m m', tférè mou a 'ni au.

A présent j'en ai une

Qui me l'ait enrliabler;

Eli' m'envoit au bois

Sans boire ni manger. Téré. .

Quand je reviens du bois Bien mouillé, bien crotté.

Me \oilà-z' à la porte Sans boire ni manger. Téré.

— Vlà des os sous la table Si tu les veux rogner.

Tout en rognant ses os Le voilà t' étranglé. Téré. . . .

Kemireuiout (Vosges). L. Jouve. Chansons <n patois vosgien, Epinal, 1n7»>, p. 41.

JfZZ^u

Quand j'a-tôs chic mon pèyre, Gachon è mèri - cr .le

EEÊE?

n'a-veu-ie rin è l'èyere Qu'ine t'oum'è chercher, voï- et, T'a -

m^rn

rez ma - oue d'man, m'paure homme, T'arez maoue d'niau.

Quand j'atôs chie mon pèyre.

Gachon è mérier, Je n'aveuie rin è l'èyere Qu'ine l'ounr è chercher, vo'iet, Tarez maoue il'mau, m' paure homme.

T'arez maoue il'mau.

Je n'aveuie rin è fèyere Qu'ine tourne è chercher, Ma auj'd'heuïe j'on' a ieune Ç'not qu' pou m' l'èyere orager.

AU' m' ovouïe et let vingne, Sans bouïere et sans mainger.

Quand je r' %ins d' août* vingne .r soï'e lout mouillé, crotté :

.1' m' èchit déchue août' heuche, Et peuïe j' n' ouse co on'trer.

— Ou'lre, groù cochon, on tre, Avance eut' réchauffer;

J'a mie cueuïére in' belle poule Et peuïe co in poulet ;

Los oùsses sont dzous la tàïe.

Tins, ç'o poue ti mainger;

Et peuïe qu'o los maingeant, Qu'ie | m m \ inssent fotraindier.

J'ara bin in' aute houme Avot tè vilaine pc.

Meuse, Mém. de la Soc. d' Archéol. lorraine, 1S05, p. 57.

Quand j'é- tais chez mon père, Gar - con à ma - ri

er Je n' a - vais rien à faire Qu'u - oe fennn' à cher-

cher. Verdu-ron, verdu-ron- nette, Verdu-ron, ron, ron, ron.

Quand j'étais chez mon père Garçon à marier [Ms) Je n' avais rien à faire Qu'une femme à chercher.

Verduron, verduronnette, \ , .

, , } bis

I rniuron, ron, ron, ron. )

Maintenant qu' j'en ai une EU' me fait enrager EH' m'envoit à la chasse

Sans boire ni manger.

Je reviens de la chasse Tout mouille, tout crotté :

Je demande à ma femme Ce qu'elle a pour manger.

Deux petites bécasses Plus un petit pâté :

Les os sont sur la table Se tu veux les manger.

Madame haussa la tète Et se mit à chanter.

Monsieur baissa la tète Et se mit à pleurer.

— Maintenant qu'elle est morte Jeu suis debarassé,

Je n'ai plus rien à l'aire Qu'une femme à chercher.

— Qu'est c' qui dira la messe?

— Ce s'ra Monsieur 1' Curé.

— Qu'est c'qui sonu'rales cloches*?

— Ce s'ra quat' pots cassés.

Environs de Vendôme. — Chanson recueillie en 1880.

Alle.m'etlu.

Quand j'é - tais chez mon père

rien à faire Qu'u-ne femm' à chercher. Dessur

J W~ir

jonc, le jo - li jonc, Dessur le jonc jo

li dessur le

jonc. Le jo - li jonc, des-sur le jonc jo

Quand j'étais chez mon père Garçon à marier ( bis) Je n'avais rien à faire Qu'une femme à chercher.

Dessur le jonc, le joli jonc, Dessur le jonc joli, dessur le jonc.

Le joli jonc, dessur le jonc joli.

Je n'avais rien à faire Qu'une femme à chercher.

A présent j'en ai une Qui me fait enrager.

M' envoyé à la charrue

Sans boire, ni sans manger.

Et le soir quand j'arrive

Bien crotté, bien mouillé

Je me plante à la porte, Encor je n'ose entrer.

De perdrix, de bécasses A\ ec ootre valet.

Les os sont sous la table Si tu veux les roucher.

Et encore si tu grondes Du bâton je jouerai.

— Entre, gros lourdaud, entre; — Oh! nenni, non, ma femme, Pour moi j'ai bien soupe Je m'en vais me coucher.

Jean s' tourne à la muraille Pour bien chaudement pleurer.

— Pleure, mon Jean, pleure, Tu auras beau pleurer.

Tandis que je s'rai jeune Je me divertirai.

Et puis quand je s'rai vieille Je me retirerai

Dans quelque presbytère Cbez quelque bon curé.

Qui a du vin en cave

Du lard dans son cbarnier.

Je n'aurai rien à l'aire Que la place à balier.

Chanson de dérobée de l'air', de Loudéae (Côtes du Nord) recueillie par M. Rolsselot en 1855. — Poés. pop. de la France, t. IV fEt 415 pour les paroles et t. V, fet "204 pour la mélodie.

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Quand j'é-tais cbez mon père Ob', gai ! vive l'a mour! Quand

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j'é - tais cbez mon père Oh ! gai! yi-ve la-mour! Gar-

con a ma - ri - er

Yi-ve ma Ion lan li - re .

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(iar-çon à ma - ri - er Vi-ve le lau - ri - er.

Quand j'étais chez mon père) . .

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()h .' gai '. vive r amour ! J

Garçon à marier

Vive . . . ma Ion lan lire

Garçon à marier

Vive le laurier.

Je n'axais rien à faire Le soir, quand je m' ramasse

Qu'une femme à chercher. EU' a toujours soupe

A présent que j'en ai une De perdrix, de bégasses

EU' me l'ait enrager. Et de pigeons lardés.

Les os sont sous la table:

— Jean, veux-tu les roucher?*

Jean passe à la ruelle Sur la paille à pleurer.

— Jean, pleure, mon Jean, pleure, Tu auras beau pleurer.

Tant que je serai jeune Je me divertirai.

El quand je serai \ ieille le n\'\ retirerai

Dans quelque presbytère

Avec un bon cure.

J'aurai du \ in en cave A boire à mon souhait.

Du loti sur la table

Du lard dans le charnier

Dans la plus haute chambre .Mon chapelet je dirai.

,.-/'. ht r - ignifte ronger.

Ai/. m i tforbitian). - Chanson recueillie par If. Denis dd Désert.

C'é— tait un |>ay - san Ke-ve-nant de cam - pa - gne

Dans sa mai-son trou-va Quan-ti - té de gen - dar-mes.

— -JS

Et du vin, bu-vons, trin-quons Sinn Gott et Mein Herr

Landsniann et ver - damm.

C'était un paysan Revenant de campagne Dans sa maison trouva Quantité de gendarmes.

Et du vin, buvons, trinquons, Sinngott et mein herr Landsniann et ver damm.

Grand Dieu! qu'est-ce ceci?

Ce sont des dragonnades.

Ils mangeront tout ton pain

Ton beurre el ton fromage. Et du vin

Ils mangeront toutes les oies,

Tu auras le plumage :

Ils boiront tout ton vin

Le meilleur de ta cave. El du vin . .

Ils coucheront dans ton lit Avec ta jolie femme ;

Les enfants que tu auras

Ce sera trois gendarmes. Et du vin

l'a sera capitaine

L'autre officier des gardes,

El l'autre sera tambour

Battra la générale. El du vin . . .

Et l'autre sera tambour

Battra la générale ;

Ce sera pour appeler

Les cocus du village. /:'/ du vin . . .

Chamois (Canton de Uivet, Ârdennes). Chanson recueillie par M. Nozot vers 1S56. Pois. pop. de la France. Mss. de la K. N., t. VI, f*« 94.

La perdrix rôle, rôle, vole Et la perdrix volera.

Je me levay par un matin

A la chasse m'en alla.

Je ne Irouvay ni cerf ni biche.

Qui me voulut attenda.

Et frère ha ha

La perdrix rôle, rôle, vole

Et la perdrix volera.

Qu'une petite beste noire

Qu'on appelle un porc sangla;

Je bandy mon arbaleste

Luy baillay de mon mastra. Et frère . . .

Je la tuay toute morte

En ma maison la porta.

Je trouvay ma femme couchée

Messire Jean entre ses bras. Et frère . . .

— Sus, sus, sus, de par le diable Quel ménage est-ce là?

Il vaudroit mieux estre à 1 église A chanter per oinnia. Et frère . . .

Trésor des jd/is excellentes chansons amoureuses 1/ airs dt court. ltouen, 1614.

S-zr

Ylà p'tit Jean qui prend sa ser-pe, Tra la la la la hi

- c^r-fc:

tra: V'ià p'tit Jean qui prend sa ser-pe. S'en va fagot-ter z'au

Fin.

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bois, S'en va fa-gotler z'au bois, Son va fa-gotter z'au bois.

Vlà p'tit Jean qui prend sa serpe,

Tr< il nia. lalahitra :

Vlà p'tit Jean qui prend sa serpe.

S'en va fagotter z'au bois, [ter.)

Laissit sa femme couchaie: Il était ben dix, onze heures,

— Tu t'iév'ras quand tu voudras. Ou son déjeuner ne v'nait pas.

Et pour mais qu' tu sais levaie II vaut mieux laisser tout faire A déjeuner tu m' apporteras. Il n'arrivera qui pourra.

Vlà p'tit Jean qui prend sa serpe A sa maison il s'en va.

Trouva sa femme couchaie Le curé z' entre ses bras.

— Tiens, p'tit Jean, voilà ta soupe Et ton petit morceau de lard.

Y a d' l'eau dedans la cruche T'en boiras tant qu' tu voudras.

Ylà p'tit Jean qui prend sa serpe, S'en va fagotter z'au bois.

Tandis qu'il mangeait sa soupe Le chat emportit son lard.

— Auquel est-ce j'y courrai-je De ma femme on de mon chat ?

Si je cours après ma femme M'sieu 1' curé me battera.

Si je cours après mon chat Mon chat me grapignera.

Ronde de Maniqueville, près Féramp | Seine-inférieure), recueillie par M. Ed. Jle en 1853. — Poes. poji- <h la France, JIss. de la B. N., t. IV, t'et 455.

a bis) (Voy. t. I. p. 70). Ajoutez un bémol à l'armature.

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