COMPLAINTE DE MAITRE JEAN
Les Sfakiotes, qm ne Jetaient jamais snttis plus aguerris et plus fiers que dans le courant du siècle dernier, furent entraînt s dans la désastreuse expédition de 1770. Cette entreprise, provoquée par Γ inquiète ambition de l'impératrice Catherine, pompeusement annoncée à l'Occident et brillamment commencée , ne devait aboutir , grâce a la sotte présofnption d'Alexis Orlof qu'à d'humiliants échecs et à une lamentable effusion de sang chrétien. La rtn>olte fut décidée et conduite dans Γ île de Crète par uti certain Maître Jean, dont le nom et le som>enir se sont conservés dans un chant populaire que fécrvins à Sfakia même, sous la dictée des ineilles femmes. Maître Jean dc%<ait sans doute le titre que lui donne la tradition à quelque stipiriorité intellectuelle qu'il aurait acquise je ne sais ou. Peut-être (n'ait-il, dans sa jeunesse, voyagé hors de Γ île. Quoiqu'il ett soity c'était le plus riche propriétaire de Sfakia. Il semble avoir eu une tète politique capable de former de vastes plans ou du moins de les cofnprendre et d'en poursuivre l'exécutiott avec patience et résolution. Il voulait, comme dit le poème populaire qui perpétue sa mémoire, rétablir la natiotialité hellénique, την 'Ρωμτ[)θούνην. Aussi, dès que Γ apparition de la flotte russe et les premiers succès de l'insurrection de Morée furent connus en Crète, Maître Jean souleva Sfakia. Il était en relation, depuis plusieurs années déjci, avec Benaki, le primat Messénieti, et ai>ec les chefs Mam'otes; des armes
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et des munitions avaient été amassées de longue main. I^s Sfakiotes réussirent d'abord; ils se répandirent dans la plaine, pillèrent beaucoup et réduisirait les autres à xV«fertner dans les plates-formes.
Ce fut alors que Maître Jean fit un voyage à Paros pour se concerter avec Orlof, et lui demander une coopération active, une attaque sur Vtme des forteresses de Γ île. Orlof, qui avait Vambition d'un grand rôle, mais qui n'en avait pas le géftie, ne sut rien comprendre et ne voulut rien faire. Il attendit, et, pendant qu'il se donnait de grands eàrs et qu'il tranchait du souverain, la Morte fut reconquise à l'aide de la soldatesque Albanaise. La partie était perdue, partout ai Crète les ratas étaient restés tranquilles ; Sfakia seul était en armes. Les pachas rassemblèrent des troupes et marchèretit, avec des forces imposantes, contre les Sfakiotes. Ceux-ci étaient diinsës, les uns voulaient se soumettre, les autres résister. Pendant qu'on discutait, les Turcs franchirent ks défilés, ravagèrent et incendièrent les villages d'Askyfo et d'Atwpolis, et ne se retirèrent qu'ai emmenant de nombreux prisonniers et un riche butin. Maître Jean 71' avait cessé de conduire la résistance; mais, fnal secondé, il fut partout battu et repoussé ; son frère même tomba aux mains des Turcs. Ceux-ci, malgré leur succès, ne regardaient point la rébellion comme supprimée, tant qu'ils n'en auraient point le chef entre les mains. De Mégalo- Kastro, le pacha fit porter à Maître Jean des paroles de pardoft et de réconciliation, en l'engageant à venir le trotever pour faire sa paix et rentrer e)i grâce. Pour mieux assurer l'effet de ses promesses trompeuses, on força, par des menaces de mort, le frère du chef à lui écrire une lettre, oii il se portait garant de la bonne foi du pacha et pressait Maître yean de céder. Tout en se conformant aux ordres de celui dont un signe pouvait faire tomber, sa tète, le rusé Sfakiote trouva moyeti de donner un avertissemait à son frère. Au
bas de sa missive, il écrivit trois fois la lettre μ, dans un endroit oit, sans frapper les yeux, elle pouvait, at>ec un peu d^ attention, être aisément distinguée. Cette lettre signifiait dans sa pensée μή (spOiQ;), μή, μή : Ne viens pas, ne viens pas, ne viens pas. Il espérait que son frère comprendrait ce langage, resterait dans la montagne et se déroberait à la mort qui Ρ attendait. Mais, celui-ci, las du rôle qu^ il jouait et des maux qu'il attirait sur son pays, conseillé d'ailleurs par de faux amis vendus au pacha, n'examina point la dépêche, s'empressa d'accepter ce qu'on lui proposait et donna tête baissée dans le piège. On Γ accueillit d'abord avec beaucoup d'amitié et d'honneurs; puis, dés qu'on fut sûr de le bien tenir, on changea de ton. Il fut pendu à Candie, comme brigand, et l'île entière retomba sous un Joug plus dur que jamais.
Ces détails sur un personnage, dont le nom n'est mentionné dans aucune histoire publiée en Occident, m'ont été donnés dans le pays même par la tradition et les chants qui la consen>ent, puis confirmés à Athènes par mt des Cretois qui cotmaissaient le mieux l'histoire moderne de leur île, M. Antoniadis, un courageux combattant de la guerre de l'Indépendance, et le rédactntr, pendant de longues années de l'un des journaux les plus estimés qui se soient publiés à Athènes, /'Athina {Extrait de /'île de Crète, par Georges Perrot).
CHANSONS GRECQUn.
ΆπιίχΕί νουν και λογίσμόν^ kou yvx^t/ çrà ictjta^j^ ας κάτ(η] Kcd ΰυλλογιαο^ τον άάακαΪΛν τάν Viayinj,
άπουτον πρώτος τών Σφακίύν te tjtov koù νοικοκύοις^ κ ίκανβν TTspiKaXscr/ νά γίνΐβ 'ννμγ,οαύντ/ 5 Κ,ά&ε Ααμττρ-η^ Χρ/στού/ΐννα, ϊό'ανεν το καπέλο, κ ίλεγδν τού πρωτοπαπά • « Ύον MockoôO οά φέρν, » « υΜΰκαλε TiawTj τών Σφακιών^ KOLTodth. ν άναγνύ^ς φερμάνια. άττό τον 6*ασ/λ/α, κ/} àm/.oyià νά οώσ^ς. β « Σώττααε, ΰύ πρωτοπατΓΤΓά, μ άχόμΥι oh σού τοίττ/χ' ΙΟ έγώ 6ά Trapu το αταυρον ςτγ^ν πόρτα νά ko)XyjGUj έγω οά πάγω τα αταυρον εΙς τών Χανιών τη πόρτα, και μέ τά λιανοτούφεκα ϊ^ω νά τους πορ/αα, » « Αάακαλε Γίάνντ;, ύάΰκαλε, ΰώπα • oèv μάς έπρέπεί, βή^, αν τ ακούσει ό βαΰΐϊαδίς, Ύούρκους οά μας έπεμχ^ει. ι>
1 s « "Aç πέμιΡιι αυτός τ άακέριν του kJj οΰλψ τα την άρμάοα,
μά ϊχουν άνύρες τά Σφακιά άπ είναι παϊΧγ^κάρια, KJj ας πέμι^ηΐ) αυτός τ άακέριν του^ και ου/.α τά μπαϊράκια^ μά ϊχουν άνορες τά Σφακιά αάν τά περι^τεράκια. )> « υίάακαλε Τιάνντ;, ύάακαλε, κάμε Sca μπορέ^η^ς,
Κ.αι ό ΥΙα^ιάς αάν τ άκουγε, βαρύ τού κακοφάντ;• ςτο Κάστρο και ςτο 'Ρέουμνο το μουκαρυμι φθάνει• . SvToy έξεβαρκάραν το, ϊπαιζαν τστ} μπουμπάρόαις, κ 0/ Σφακιανοι τα άκούαααιν, κ ϊπιαααν ταγι ^ϊαοάραις. 2 s Kiy ονταν έττρεμαζόνουν το, ϊπαιζαν ταγ^ μπεργιεραις.