‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 32 sur 98 · MAITRE JEAN · texte numérisé non relu

MAITRE JEAN

Que celui qui a de l'esprit, de la réflexion et de l'intelligence dans la tête s'arrête à méditer l'histoire de Maître Jean, qui, le premier de Sfakia et chef de maison, fit un appel pour reconstituer la nationalité hellénique.

A chaque Pâques, à cliaque fête de Noël, il mettait son diapeau et disait au protopapas: «J'aniènerai le Russe.•

«Maître Jean de Sfakia, descends pour lire le firman du Sultan et faire ton apologie.»

«Tais-toi donc, protopapas; je n'ai point encore tout dit: Je veux prendre la croix et aller la planter sur la porte de la Canée, je veux, à coups de fusil, chasser les Turcs dehors. »•

«Silence, maître Jean, il ne nous convient pas de parler ainsi. Si le Sultan vous entendait, il nous enverrait les Turcs.»

«Qu'il envoie son armée et toute sa flotte! Sfakia possède des hommes de cœur, de vrais pallikares. Qu'il envoie son armée et tous ses étendards, Sfakia renferme des hommes de cœur aussi nombreux que ses ramiers. »

« Maître Jean, maître Jean, fais tout ton possible pour que le Pacha ne t'entende pas, car il nous enverrait des Turcs. »

Mais le Pacha l'entendit et fut vivement irrité. L'armée ottomane arrive à Kastro et à Rhetymno; quand elle débarqua on fit gronder les canons, et les Sfakiotes les entendant s'enfuirent sur les montagnes désertes. Et, quand les troupes se furent rassemblées, on mit en jeu les pier-

Κ ο/ ^(f)Gct(iCÎVOt τα aKoCcxaiv κ Î6'cc).«v r^^ μυχχαί^ς, Wiavow καΐ κάμνουν μιάν γραφψ και ατέρνονν την ίττάνα • « ^(ΰρίΰμένε ffacthà^ γράφε μου τι νά κάμν^ νά πολεμγ^ίοΰ τά Σ^α/ί/α, ^ νά τά ρεφουοάρν; »

3 ο aMij τΓολεμτ/ΰγις τά Σφακιά και μγ, τά ρεφουοάρ-βς^ μά ατεΐλε νά μού τηάΰουνε τάν Ζάΰκαλον τον Vtawr,. »

riop/'woyvff άφ' τά Χανιά ααράντα μτταϊράκία^ νά ττάνε νά τά καύίουνε του Viawr^ τά κονάκια, ΙΙάνω ςτά Λ'ραγκοκάζτεύ^.α κουρτ'ιί,ουν τά τζαντΎ^ρια^

35 και μΑ<:α ςτην )\vU7ro}jv τά κάνουν τά ταλίμια, και κάτω ςτην γρυση ττηγγ} τταιΧουνε τά τταιγνίοια. Δ/ôow τα Άράόενας φωτιά, καίγουν τον Άϊγιά^/ϊ;* κατακανμέντ^ Άράοενα, και αεις Άραοενιώταις, και τΓουναι κ οι άνορειωμένοι αας, και πού οι τταιγνιοιώταις;

Κλαίγει yy Σγονρομαγυά)^.γ^νη και τά μουυ^Λά τγ^ς βγάνει, κλαίγει ταις ουγατεραις τατ^, τοις ωργιοπλουμιαμέναις, ΊΓου προξενιά TJjç ττέμφανε άττού τόν '\ϊγιά'/•/γ,, και τάρα ταΐς έγ'ούαανε και ταις κάμνουν αάν κοΰρβαις.

μ δλον του τον αυαυλα)\ ύΐκόν του μπαϊράκι• αέρνουν και τη γυναικά του /χαζ/ μέ τά παιοιά ttjç. « ^άακαλε Γιάννη των Σφακιών μέ το πολύ φουααάτο, ποιος τωλεγε πώς οά γεν^ -η ΚρΥ/ΤΥ/ 'Ρωμγιακάτο',»

και TÔT ό μυαϋρος ταοϊ λαλεί, αάν ζάρουν ριταατα^οες• «"Αν οέλετ άσπρα, οίοω αας • κ}] αν θέ}.ετε, παράοες' μά 'γω 'πατάς μου τα' έκοβα τα^ μεγαλοβοομάύοις* κγι άν οέλετ άαπρα, οίοω αας • κη αν οέλετε, ταγ^κίνια• SS μά 'γώ 'πατάς μου τάκοβα, κ έφόρτωαα καράβια, »

riers, et les Sfakiotes, en les entendant, jetèrcnt-là leurs épces.

ils prennent [du papier] et font une missive qu'ils envoient en haut lieu: «Sultan, notre maître, écris-moi ce que je dois faire. Faut-il combattre Sfakia, ou faut-il l'abandonner? "•

η Ne combats point Sfakia et ne l'abandonne pas, mais envoie quelqu'un se saisir de Maître Jean. *

Quarante étendards sortent de la Canée; on va mettre le feu aux palais de Maître Jean.

En haut à Franco-Castello, les Turcs dressent leurs tentes, et dans Anopolis ils font l'exercice, et en bas à la source d'or ils jouent des instruments.

Ils incendient Aradéna, ils brûlent le village de Saint Jean. Pauvre Aradéna et vous, ses habitants, où sont donc vos braves guerriers, où sont vos musiciens? Ils se sont enfuis sur les montagnes, et ils ne savent ce qui se passe. Madeleine la crépue pleure et s'arrache les cheveux; elle pleure ses filles, ses filles belles comme fleurs, qui avaient reçu du village de Saint Jean une demande en mariage; et maintenant on les dépouille et on les traite comme des prostituées.

Le premier dont se saisissent les Turcs c'est Maître Jean; ils s'emparent aussi de tout le personnel de sa maison et de son étendard particulier, et ils entraînent sa femme et ses enfants.

« Maître Jean de Sfakia avec ta nombreuse armée, qui donc disait que la Crète allait redevenir Grecque ? »

Quarante hommes du pacha le prennent et lui lient les mains derrière le dos, et alors l'infortuné leur dit, comme c'est la coutume des suppliants:

« Si vous voulez des iispres, je vais vous en donner, et des paras, si vous en voulez, mais c'est moi-même qui les ai frappés pendant les grands jours de la Semaine-Sainte. Si vous voulez des aspres, je vais vous en donner, et des sequins, si vous en voulez, mais c'est moi-même qui les ai frappés et en ai chargé des navires. *

I02 CHANSONS GReCQUBB.

a ^v ΰέλομεν œii τ άΰΤΓρα αου^ μονό αϊτού TÔ^ikjûUpi9m^ OMKOLÏjB VtawY,^ οέλομεν μέαα την κχφαλή βου. »

Χαρούμενοι τον irciipvows και ςτού Uacià τον itàvs^ κγι ζνταν τον άνζβόίί,ανζ βίς τού Wousta. τη 'îkcù.ol^ 6ο εστράφη κε "ζεροΊά οεζιά^ κ έφάναζε μεγόύ.α•

« Καλώς δάς ηύρα^ αφέντη μου^ αφέντη άφεντάυ<ύν ! « « Καλώς TOVS τον Γιάννη μας^ κρου^ίάρψ τών κρουσάρ<£ν^ έΰύ 'ααι ττού καυχηατηκες πώς tèv φο6'άααι Χάρον, και ΰύ 'σα/ ττού καυχηατηκες ττώς οά τόνε κρεμΛ'5είς 6 s ςτην ττόρτα τόν χρυ^ό ατανρόν, fqj άττοκειά νά νεράη^ς.» Καφέ γλυκον τυ φέρανε εΐιε χρυσό φιλτΰάνι^ κ Sva τΰΐμτΐούκι //-ασε/χ/, χ/>^α τ^εκ/νια κάνει, "ϊ/τέκει και αυλλογιζεται^ κουνεΐ την κεφα}.η του, τα γόνατα του τρέμουνε, τταγόνει το κορμί r«, 70 κ έτρέχαΰΐν τά μάτια του ^ίάκρυα αάν τά poGiùia, (Γ^^τααμπα νά με όάσουνε ^ίακκού^α πεντακόσια, νά 'αιάδω το αεράγι μαυ ως ητονε και πρώτα! η Και à Μασιάς κρυφογελα, λέγει τού ΰερα'ΐκέρη' «Γ/α την ζωην του όεν ύηφά, μά το ΰεράγι 6é)ji.n 75 Κ^ άττης άπόπιε το καφέ, τού παίρνουν τό τσιμπβκι. πιάι^ουν και καταβάί,ουν τον κάτοί εις τό τιμπρούκι^ και πιάνουν και τβ γοέρνουνε τό χειλομάγουλό τον, κ ëva γυαΧί τού δώσανε νά Ό^ τό πρόσωπο του. Κ>/ άττης και άπογοάρανε και την οε^ά τον χέρα, 8 ο ετότες έτουρκεύσανε την μιά του θυγατέρα,

Ky\ άπης και άπογοάρανε και την ζερβιά του γέρα, έτότε χαζιρεύον^ε την άϊΧη θυγατέρα, κ έρωτησεν η ορφανή• « ΥΙαιοιά, πουν ό μπαμπάς μου; λ « Κάτω ςτό γλέντι κάθεται με τ ά}Χα πα}Χηκάρια. » 8 s Κ' εκείνον τον έτρώγανε της οά},ασαας τά ipapia.

«« Nous ne voulons ni de ton argent ni de ton or ; ce que nous voulons, Maître Jean, c'est ta tête. »»

Avec joie ils le prennent et le conduisent chez le Pacha, et quand il eut monté l'escalier du Pacha, il se tourna à droite et à gauche et s'écria fortement: «Mon maître, seigneur des seigneurs, sois le bien retrouvé!»

«Sois le bien venu, Maître Jean, corsaire des corsaires! C'est toi qui te vantais de ne pas craindre la mort; c'est toi aussi qui te faisais fort de suspendre la croix d'or audessus de la porte [de la Canée •, et de passer ensuite. »»

On lui apporte de doux café dans une tasse dorée, et une pipe en bois de jasmin de la valeur de mille sequins. Il se tient debout, pensif; il secoue la tête, ses genoux tremblent, son corps est glacé, et des larmes, grosses comme des pois chiches, coulent de ses yeux. « Que ne me donnet-on cinq cents bourses, dit-il, pour rebâtir mon palais comme il était naguère ! ••

Le Pacha rit furtivement , et dit au séraskier : « Il ne se soucie pas de sa vie, mais il songe à rebâtir sa demeure. »>

Quand il eut bu son café, ils lui prennent la pipe. Ensuite on le fait descendre dans le cachot. On le saisit et on lui écorche les lèvres et les joues, et on lui donne un miroir pour se regarder le visage. Et, après lui avoir écorché la main droite, on fait turque l'une de ses filles ; et, après lui avoir écorché la main gauche, on se dispose à faire turque son autre fille. Et la pauvre oφheline demande : « Enfants, où est mon père?»

«n est en bas à se divertir, asas avec les autres pallikares. >»

Hélas! l'infortuné servait de pâture aux poissons de la mer. {Ile de Crète.)

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