‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 33 sur 98 · COMPLAINTE DE LA ROUMÉL/E · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE LA ROUMÉL/E

Οετγε pièce de vers est extraite du voyage en Grèce de Divio et Nicolo Stéphanopoli '). Ces deux servants, membres de Vannque et illustre famille des Stip/iaîtopoli, encore actuellement existante dans le district grec de Cargese, en Corse ^ avaient été chargés par Bonaparte d'une mission eti Grèce, mission scientifique et littéraire en apparence, mais dont le but était essentiellement politique. C'était en 1797; Venise venait de capituler, et, le 26 mai, les Français avaient occupé les îles Ioniennes. Le général en clief de Vannée d'Italie^ écrivant le i"" août, de Milan, au Directoire exécutif, lui rendait ainsi compte du débarquement des soldats de la République à Corjou : « Un peuple immense était sur le rivage pour accueillir nos troupes, cn'ec les cris d'allégresse et d'enthousiasme qui animent les peuples, lorsqu'ils recouvrent la liberté. A la tète de ce peuple était le Papa, ou chef de la religion du pays, homme instruit et déjà d'un âge eti'ancé. Il s'approcha du général Gentili et lui dit: « Français, vous allez trouver dans cette île un peuple ignorant dans les sciences et les arts qui illustrent les nations; mais ne le méprisez pas pour cela; il peut devenir encore ce qiiil a été; apprenez en lisant ce livre a l'estimer. » Le général ouvrit avec curiosité le livre que lui offrait le Papa, et il ne fut pas peu surpris en voyant que c'était /'Odyssée d'Homère.*

') Voyage de Dimo et Nicolo Stéphanopoli en G tice, pétulant les années 1797 et 1798, (Tapris deux missions, dont l'une du gouvernement français et Vautre du général en chef Buonaparte; rédigé par un des professeurs du prytanée. Avec figures, plans et vues levées sur les lieux. A Londres, 1800. — Deux volumes in -S*».

IJ espoir de voir un jour la Grèce reprendre sa place panni les nations civilisées, en reconquérant sa liberté n'avait pas genné uniquement dam le cœur du prêtre grec de Corfou; Bonaparte, lui aussi caressait, depuis quelque temps déjà, l'idée d'affranchir de la domination ottomane la glorieuse patrie de Thétnistocle et de Philopœitten. Il aimait avec passion cette vieille terre classique, mh^e des Sages et des Héros, et il rêvait le rétablissement de V empire grec d'Orient, avec Constantinople pour capitale.

Ce fut dam le but de préparer Γ exécution de cette grande entreprise et d'en assurer le succès, quHl eiwoya aux Grecs deux de leurs compatriotes avec une lettre qu'ils devaient remettre au bey du Magne.

Le moment était on ne peut mieux choisi pour un appel aux armes; la Grèce totite entière n'attendait qu'un signal pour se lever comme un seul hmnme et counr sus au tyran. Deptds plusieurs années déjà, les Clephtes guerroyaient contre les pachas. Ils voulaiait vivre libres ou mourir, et, comme des lions, ils s'élançaient au combat en chantant le Δεύτε, παίδες των Ελλήνων, cette Marseillaise grecque de Rhigas, le martyr.

C'était avec ces Jwmmes que la balle connaissait que les Stéphanopoli devaient s' ejitaidre ; â était a eux qu'ils devaient faire part des projets de Bonaparte. Suivant leurs instructiofts, ils allèrent de préférence s'adresser au bey des Maïnotes, petite peuplade farouche et itulomptable qui avait su préserver son indépendance des atteintes du despotisme musulman. Le chef de ce peuple héroïque s'empressa d'accueillir les em'oyés de la grande Républiqtie et de leur ménager des cntrei'ues avec les députés de la Ltvadie, de la Macédoine, de la Crète et de l'Albanie.

Dans ces réunions, oîi Γωι traitait des intérêts commum, il arrivait fréquemment au vieux Maïnote de retracer en termes vigoureux les atroces persécutions que le gouvernement

ttirc exerçait contre le vialliciircux peuple grec. Un jour, il crut devoir ajouter un noinrl intérêt aux détails qu'il avait donnés à ses hôtes, m. en y joignant le chant d'une complainte qui retrace, d'une manière également fidèle et touchante, l'état déplorable de la Grèce. C'est la réponse de Rotnélie à la demande que lui fait un étranger. Trois femmes cliantent altcmativanent, tandis qu'un Mainote accompagne leurs voix avec une espèce de guitare. >•

Comme souvenir des desseins dr Bonaparte ai faveur de l'affranchissement de la Grèce, ce myriohgue patriotique est digne d'attirer notre attetition. C'est ce qui nous a décidé à le publier.

Le texte donné par l'autettr du Voyage en Grèce est horriblement défiguré par les fautes d'orthographe et d'accentuation. Nous nous sommes appliqué à les faire disparaître et à donner une éditimi aussi correcte que possible. Nous avons également quelque peu modifié la ponctuation.

Le rédacteur du Voyî^ en Grèce, qui ^intitule *i professeur du prytattée^, a traduit en vers la Complainte de la Roumélie. Cette traduction, comme toutes celles du même gettre, est plutôt une paraphrase qu'une version réelle de l'original. Elle est en vers de différentes mesures.

Faisons remarquer en tertninant que les premiers vers de cette Complainte ont un grand air de parenté avec le début commun à un certain nombre de chants pojndaires. Elle nous semble avoir été composée dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, plusieurs passages le prouvent suffisamment. Passou\ qui a connu le Voyage des Stéphanopoli, puisqu'il en a extrait quelques distiques qui figurent dans son recudl, n'a pas jugé à propos d'y donner place à la Complainte de la Roumélie, qui par conséquent ne serait pas, selon lui, d'origine populaire.

"Oaoj: ό κόσμος χαφΰτοα^ δλοι O'arjoj/ Trccr/vloia* 7] '\*ούμελ•η καί τά νψιά rréKOws 'KiK^^ja^yLÎ'i/oL. α'Ρού//«λ)7, y là ùh xai^s'soti^ y là oh 6'<ipsiç ^ro/yv/'o/ot;» « Kiç τψ ακλιχβίάν ΤΓού μέ êupsiç, ςτά αΐογ,ρα του Λούρκα^ S βίτρέ^ νά μού 'ttjjç νά χαφεοά ττώς aè βαατά -η καροιά wu; μψ εΐααι ζένος κ ϊφύαΰες, /cg ακόμτ^ oh -ηζεύρεις τι yi'jsTM ςτψ 'νούμελψ, κου τι ττβρνά ςτψ Uo/jv; μψ siOGU φίλος των Γροακών /qj άπεύυμάζ νά μάύγις το τι ίχω και oh χαΐρομα,ι^ οια,τ είμαι λνττημέλη;

τ yjTov -η Γραικια μια φορά, κγ} άκοχηε τ είναι τώρα, πού ό τύραννος μου ρ-ήμαζε το yhoς τών Ύωμαίνν. \\οϋ εϊναι η 'λ&ψα μου, ττού εϊν εκείνη ij Άοηνοί, ΤΓού ό κόαμος έ^αμάατηκε και αέΟεται άκόμ-η;

εκεί οιαΧάΧγ,αε ο Σολών τών Ά^ψαιχν τους νόμους' έκεΐ ϊτρεχαν νά φατί'^ύούν της Εύρωττης τά δ^, KJ] άττό τά 'πέρατα της χης ϊρχουνταν -ςτην 'Χ^ψα τάν 6afsiké(t:v τά παίοιά ατερειάς και τοΟ 'π^λάyoυy

2 ο άλλα νά 'ÔOM/ τ èpyόχειpa τάν οαυμα^των τεχνίτ(£ν' άλλα νά αμίςονν τους ΰοφους, νά μάοουν εττι^τημαις, ν άκούαουν τταραόειγματα άττο τους φί/.070φους. Έκειν 7] Άοήνα 'που ypoïKÔ^, ττοϋΪΜβε τόσψ φήμψ.

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