‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 34 sur 98 · COMPLAINTE DE LA ROUMÉLIE · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE LA ROUMÉLIE

Tout le monde est dans l'allégresse, tous font retentir les instruments. La Roumélie et les îles sont plongées dans l'amertume. « Roumélie, pourquoi n'es-tu pas dans la joie, pourquoi ne fais-tu point résonner les instruments?•

« Dans l'esclavage où tu me vois, dans les fers du Turc, comment as-tu le cœur de me dire d'être dans la joie? Arrives-tu donc de l'étranger que tu ne sais pas encore ce qui a lieu en Roumélie, ce qui se passe à Constantinople? Es-tu l'ami des Grecs, et désires-tu apprendre pourquoi je ne me réjouis pas et pourquoi je suis dans la tristesse? Qui que tu sois, ouvre l'histoire, vois ce qu'était jadis la Grèce, et écoute ce qu'elle est maintenant que mon tyran a porté la désolation parmi la nation des Grecs. Où est mon Athènes, cette Athènes que le monde admira et qu'il vénère encore? C'est là que la liberté apparut pour la première fois dans le monde, c'est là que Solon promulgua les lois athéniennes, c'est là qu'accouraient pour s'éclairer les nations de l'Europe, là que, des extrémités de la terre, des îles et du continent, venaient les enfants des rois, les uns pour voir les chefs-d'œuvre des merveilleux artistes, les autres pour fréquenter les sages et apprendre les sciences, et entendre les leçons des philosophes. Cette Athènes, dont je te parle, et qui fut si fameuse, maintenant l'esclavage

τώρα -η βκλα6\ά τψ ϊφαγε, τώρα oiv ilvai 7r>icrv,

2 5 τώρα ο/ Ίιαβάτοας iroù irspvoùv, oi ζένοι πού ùiafiaivox/v^ άλλον έκεΐ δ^ν ό'ρίϋκουνδ^ άΧΚον itcsi ùiv (Tkknow^ τταρ ha ϊρ-ημον xuptw W ττοντον ij Ά6ψα^ κ ëvav φίλάργυρον άγαν ςτόν τόπον τού 'λρβοττάγοιυ. Κα/ ΤΓοώς ν άράξ}} ςτά Μωργ^ά καΐ Όάκρυα νά μψ /yrd',

30 και ΰτΓΟίος βϊχε τον Ιύδΐ ςτόν καιρόν τών 'FJ^r^vw^ ττρίχού παρά νά β/τλαΛω^^, hrptmv νά mcrsùcfi τον Βίχαν Krhst οΐ ôeoi οιά μιάν ΰτολψ του κόομον, και τάρα s/V άγριος κ ίρτ^μ^ς^ kjj άγρια ôspi'a &ρέφΜ» "Οπου ριζω το Φ^,έμμα /U^u, 5που γυρΐία^ όλέπα

35 ακλαό'ιά, χηράοες κ^ αρφανά και Ύούρκουζ'ματο'λ^ύταις. Σττιν 'Ρούμδλτ^ν KÔAs πααας, ςτον τάπον πού όρίζα ίατοντας έφτα^ούαιος^ ζ^τι τού όρμ-ησΰ κάμνει' yoûvety άχανίΧβΐ (ραμελ/αΐς^ και χόρτααν oèv 'έχει δοον πού νά 'ο^ τον ραγιά γυμι^άν και πειναιμΑ'^ον

4 ο Κ}] αν ψ κανένας πλούσιος,, μαύρ-η^ κακή του μοίρα! νά χάΰΐβ πΧούττη και Όύτ^ν κάυε ώρα Ktvwvsûsi. και τά κάίμένα τά νψιά άνάπαναιν oèv Ιχο^ν, ποτέ oèv λείπουν άπ έκει οί κλέπταις ττ^ς οαλά^ττ^ς^ Τούρκοι, Φράγκοι και Βάρ&ζροι, όλοι τά κατατρέχουν•

5 ο τρομάρα πιάνει τά ντ^αιά, αάν μάοοννε πχς φθάνει• μ£ χρυαά οώρα τρέχουνε νά τον ΰυναπανττ,';ουν' ^ται και hèv τους οργισο^ και hèv τους αφανίζει, Κα/ άκόμτ; ζλα οεν τ άκουΰες <ha οΙ'Ϋαμγ^οι παγαίνουν

l'a dévorée, maintenant elle n'est plus, maintenant les voyageurs, les étrangers qui passent, ne trouvent plus, ne voient plus qu'un village désert là où était Athènes, et un avare aga là où siégeait l'Aréopage. Et qui peut, sans verser des larmes, aborder en Moréc? Quiconque l'aurait vue du temps des Hellènes, avant qu'elle ne fût esclave, eût cru que les Dieux l'avaient créée pour être l'ornement du monde; et maintenant elle est sauvage et déserte, et elle nourrit des bêtes fauves. Partout où je jette les yeux, de quel côté que je me tourne, je ne vois qu'esclavage, veuves, orphelins, et Turcs souillés de sang. En Roumélie, chaque pacha est tout-puissant dans sa province, et il (ait tout ce qui lui vient à l'esprit. Il dépouille et sacrifie des familles et n'est rassasié que lorsqu'il voit le raïa nu et affamé. Et si quelqu'un est riche, malheur, malheur à lui! À chaque instant, il court risque de perdre ses richesses et sa vie. Et ces pauvres îles, jamais elles n'ont de repos; là ne manquent jamais les écumeurs de mer. Turcs, Francs et Barbaresques ; tous y portent la dévastation. Et qui pourrait voir Négrepont sans être affligé, Rhodes sans avoir le cœur triste, la Crète sans verser des larmes, et toutes les autres îles sans gémir? Une fois chaque année le Capitan pacha part avec sa flotte pour faire le tour de l'Archipel. La frayeur s'empare des îles, lorsqu'elles apprennent son arrivée; on court à sa rencontre avec de l'or et des présents, afin qu'il ne s'irrite pas et ne se livre pas au pillage. Mais tu n'as point encore entendu tout ce que souffrent

κάύβ Λούρκος και τύραννος^ κάόί 'VuM^^àç και οκλάβος*

55 έ Ύοΰρκος Zipvii τάν'\*ωμγ)όν^ και ποιος νά τού μιλτ^Ο}}^ και νά ακοτώσβ iva ραγιάς ποιος ττάϋ νά τον Ka}J9ji', Νά μψ ôapp^ç τι ίνας 'ΥίΛμγιος άττο φοο'έρα άφίνν νά κτυττη^Ϋ} τού ôapô'açtov πού τρέχβι νά τον osip]j! 'νωμ^ός εις τ άρματα ποτέ Ύούρκον oh ètftofirfir,^

6ο μά πρέπει νά•^ άπομοντ;^ Sri, àv ôapéqu '^ούρκον^ μπορεί νά πάρΐβ τά Gowa^ KJj à; πάν νά τον yvptuow! μά οι Ύούρκοι πού όέν αυγχαρούν ' \*υ:μ•ηού πυ νά 6api9j]^ πέφτουν και κάνουν άοεαιά απάνω ςτους οίκους του, Νά αου ποιαις είναι των Ύουρκών jj κρι'ίες ςτάν \ε6'άντί.

6$ «Πόλ/ yUOL•, πού ειν τά κά^Χτ^ αου^ IIo7j άυοτυχι^μέντ^) Uaki μου^ φως πού φώτιζες Άνατολ-η και A;îff/, και τώρα εΐααι -η κατοικία ΰαρβαρωτάτου γένους* και βλέπεις τψ Άγιάν Σοφιά ςτ Άγαρτ^νού τά χέρια^ νά κάθεται kjj è Μαωμέθ εΙς των Γραικών τόν ορόνον^

yo νά ορέφ^ι τά'Ρωμ^^όπουλα μέ της ακ^αβιας το γά/ja. «Έ^ύρώπη^ και τι αούκαμα και χαίρεοαι νά (ΙΧέτη^ς iva οεριο ςτόν όρόνον μου, πού όέν χορταίνει αι'μα; μ ëva (τημάαι τού χεριού χ/λ/α κεφάλια πέφτουν κ εγ δλα ταύτα βλέπω τα και μαύρα οάκρυα γύνω'

7 5 και πού νά 'πω τά πάο-η μου κάνένανε οεν ίχω' κανένας δα/ ευρέθ>;κε νά μέ παργ^ορητ^ι, φαρμάκι ωσάν τί έπότιαα δλψ την οικουμΑνην /φ δλοι μ άλτ/αμονησανε, κάνεις oèv μΑ λυπάται, κ ο'ί Μόΰκοβαΐζ οι φίλοι μου, •η μονάχη μ έλπίοα,

8ο και τί καλό μού κάμανε, cav η/.θαν ςτον Αεβάντε; νά μ άφανίΰουν τά νησιά και νά μέ παραιτήσουν και πάλιν μέ τον TUpœ/jov νά κάμουν τφ άγάττην, νά σου σέ τί κατάστασιν μ ηφερεν rj σκλα^ία•

les Grecs. Chaque Turc est un tyran, chaque Grec un esclave. Un Turc frappe un Grec; qui lui en parlera jamais? Et s'il tue un raïa, qui l'appellera en justice? Ne crois pas que ce soit par crainte qu'un Grec se laisse insulter par un barbare qui s'élance sur lui pour le frapper; un Grec en armes n'eut jamais peur d'un Turc; mais il doit avoir de la patience; s'il maltraite un Turc, il peut se réfugier sur les montagnes, et allez donc l'y chercher! Mais les Turcs, qui ης pardonnent pas à un Grec qui frappe, se précipitent sur ses parents et leur font subir d'indignes outrages. Voilà quels sont les jugements des Turcs dans le Levant.

•« Ο Constantinople, ville infortunée, où donc est ta beauté? Ville qui éclairais l'Occident et l'Orient, tu es maintenant la demeure du peuple le plus barbare, tu vois Sainte-Sophie aux mains des fils d'Agar, et Mahomet, assis sur le trône des Grecs, nourrir leurs enfants avec le lait de la servitude. Europe, que t'ai-je fait pour te réjouir de voir sur mon trône une bête féroce, toujours altérée de sang? À un signe de sa main mille têtes tombent. Et moi, je vois tout cela, et je répands de sombres larmes et je n'ai personne à qui raconter mes souffrances; personne ne s'est trouvé pour me consoler, comme si j'avais abreuvé de poison l'univers entier. Tous m'ont oubliée, nul ne m'a prise en pitié. Et les Russes, mes amis, mon seul espoir, quel bien m'ont-ils fait, lorsqu'ils sont venus dans le Levant? Ils ont ruiné mes îles, m'ont négligée, et ont de nouveau fait la paix avec le tyran. Voilà en quel triste état m'a réduite l'esclavage; un esclavage si cruel ne s'est jamais vu

μύα QiÙJxGià τόαο aKMj^ij ςτον κό<3μον οέ/ έφ<»Τ/^ Ss κ ίλίΓ/'οα άτΓο κάμμαά μβρίά νά /^^τρίΰοώ irfv Ιχα* και (JÙ μού yjyttç νά χα,οώ, ττΰαγνίοια να (ia^*iw^

πού άλλου, παρά ςτά οάκρνα μον, παρψ/ορίά oh CpicKU.

(ι8οο.) Άπόψ' sTàa ςτον νπνον μον, ςτον ΰπνον πα/ύ κοιμυοίμαυη^ π^ντε ποτάμΛα πέρναγα, τά πέντ άράο άράι^χ' τδνα ποτάμ r/rav οολό, οολό κ α!ματ(£μέ>ο, κ εγού μαύρος ε^ώναζα, Sco βή} αν -ημπορου<3\'

S « Πα/δ/ά /Uoy, κάμετε καροίά, και πέρα νά ριχΟου/ΐβ^ τους Τούρκους ύά βαρέσαμε, οά πάραμε και CÊÙ.a(hvç. » Κ>ί άπο τον ΰτηον ^urr/rjca, ΰάν τρομαγμένο λάφι, KJj άκουα μιά \pikr, φ(£νη, φιλ-η KJj άνορειαμένγ^, το καραούλι φώναζε, το κ(3ψαούϊα κράζει'

ΙΟ « Γιά στ^κου, Υ^ατααντάνη μ^υ • γιά σήκου^ καπετάνε' μας πρόοακαν, μας π/Λκαζαν οι ΰκυλοαρβανίταις.)) « Ms τι ποοάρια νά ΰταύώ, με τί χέρι νά πιάΰ(ύ το ίρ7;μο τουφέκι μου και το μαύρο σπαοι μου! "Ελα, Γευίργάκτ; άόε},φέ, κ ϊπαρε το κεφάλ/,

IS νά μ-η το πάγουν ςτον πααδί, ςτον σκύλο τον ϋιζ/ργ/ cùps νά βρ^ς το κόλι μου, νά 6ρ^ς τον Αεπενιύττ/^. Ύί νά αε κάμχύ, Σούφ-άγδί, πέντε γροσιών Άράτη;! Άνάοεμα τψ ευλογιά πού μ! έκαμε κουφάρι! και α ίάειχνα, παλγιότουρκε, ποιος εΊν ό Ι^ατσα'/τάνγ^ς.

2 ο ^λφΐν οπίσω τά παΐύΐά KJ[j αυτόν τον \επζνιώτ-η, νά ξαγοράσ το αίμα μου με τούρκικα κεφάλα.))

dans le monde. Et je n'ai d'aucun côté l'espoir d'être délivrée. Et tu me dis d'être dans la joie, de faire retentir les instruments, à moi qui ne trouve plus de consolation que dans mes larmes ! »

Lxm.

KATSANTONIS.

Cette nuit j'ai eu un songe durant mon sommeil, durant le sommeil que je dormais; je passais cinq fleuves, tous les cinq à la file; et un fleuve était trouble, trouble et ensanglanté. Et moi, sombre, je criais de toutes mes forces: « Du courage, mes enfants, et élançons-nous de l'autre côté, chargeons les Turcs et faisons- les prisonniers. » Et je me suis éveillé de mon sommeil, comme un cerf effarouché; et j'entends une voix aiguë, aigiie et puissante ; la sentinelle criait, la sentinelle crie: ««Allons, lève-toi, Katsantonis; debout, capitaine; nous sommes trahis, ces chiens d'Albanais fondent sur nous. 1• — •« Avec quels pieds me tiendrai-je debout, avec quelle main saisirai-je mon pauvre. fusil et ma pauvre épée? Viens, mon frère Georgakis, et tranche-moi la tête, afin qu'on ne la porte pas au pacha, à ce chien de vizir. Va dans mon campement, va trouver Lépéniotis. Que ne te ferais-je pas Souph-aga, Arabe de cinq piastres! Maudite soit la variole qui a fait de moi un cadavre! Je t'aurais montré, vilain Turc, quel homme est Katsantonis. Je laisse après moi mes enfants et Lépéniotis; ils rachèteront

mon sang avec des têtes turques.»

Il6 CHANSONS GRECQUES.

Ή ΜΑΝΝΑ ΤΩΝ AAZAIÛN.

ΣΕ κορφοβούνι κάύουμοϋ•/, μαύρος^ άγρυτηίδμένος^ μέ το τουφέκι ςτο ττλενρό km τα ατταόι "ίαΰμένο, κ εκεί ττρός τά χαράγματα, κ ixti προς την αύγούλα, βλέττύί τον yjho ΤΓοίβγαινε κ έγρύσονε ταΐς ρόχαις,

5 κ εκεί 'που οιαλογίϊ,ομουν aè ποια λτ,μέρι νά πάγοΰ, ακούω μιά φιλ-η φ<ύν^, γυναικεία μυρολόγια, -ήταν η καττετάνια^α, η μάννα των Λαζα/αν, σ êva λοφίοι καλούνταν, ξέπλεγε τά μα}^λιά ττ^ς, μοιρολογοΰαε κ ^λεγε, μοιρολογάει και }Αγεΐ'

ΙΟ «Γ/α τταύ^ε 'λ/'/ο τ>}ν φωνή, arjoovia τα 'Ολύμπου, και αεΐς, πλατάνια φουντωτά, 'φέτος νά μαρανο-ήτε. Ύι ζουρλαμάοα, βρέ παιοιά, ΰάς -ηλοε ςτο Kcφά)J, Kifi άφ-ήΰετε τον ^Ολυμπον, το πατρικό σας ko/j, και νά πλαναατε ςτο για},ο, yoiî ςτά παλγιοκαίκια;

2 ο ςτούς Τούρκους ci άρματωλοι ποτέ ο» προσκυνούν. 'Κ,ατάρα νά 'χετε, παιοιά ♦ τά σώματα μη λυώσουν, δσο νά ζτ/τε, ttjv Τουρκία νά μη τψ προσκυνάτε, η

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