‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 38 sur 98 · SIÈGE DE MISSOLONGHI · texte numérisé non relu

SIÈGE DE MISSOLONGHI

Je voudrais être un oiseau, m'élever dans les airs pour voir la Roumélie, le sombre Missolonghi combattant la Turquie, quatre pachas et les chefs de l'Albanie avec douze mille hommes.

Des canons menacent sur la terre, des vaisseaux sur la mer, les boulets tombent comme la pluie, les bombes comme la grêle et les balles des fusils nombreuses comme le sable de la mer. Us tombent aussi de Missolonghi, mais avec ordre, parce qu'ils sont peu nombreux, quatre cents fusils. On leur dit de se rendre, on leur dit de se soumettre, et eux veulent la guerre, veulent mourir les armes à la main: «Nous ne deviendrons pas infidèles comme les Xéromérites, comme les chiens du Valtos, comme le Turc Georgalds, qui a trahi ses frères pour avoir leurs dépouilles. Petits et grands s'écriaient: •« Aux armes, levonsnous pour délivrer la patrie ou mourir! Honorons le pays qui est la fleur de la Grèce, qui est fameux dans le monde, qui est la clef de la Roumélie et la colonne de la Morée. •» Le prince et le général Marcos leur disaient: «Mes enfants, résistez tant que vous pourrez, il nous vient des renforts par terre et par mer. Et si l'on nous laisse seuls, nous ne nous soumettrons pas encore; nous honorerons la nation, comme nous le devons. Car les vilains gardeurs de cochons nous ont couvert de honte. Le peuple du Xéroméros n'est pas si coupable que le chef, ce chien de Varnakiotis. Le gouvernement l'avait honoré, l'avait nommé général, et lui, comme Judas, nous a trahis. Ο ciel, ne

ως tJ oifc^ rw /αφαλ^^ 6 σκύλο Bopva/c/âr);;, ΤΓοΟ -η βουΚ-η τόν τίβΥ,ΟΒ και ά^ίχτ,γίν τίν βάν&ΐ' αάν 6 Ίονοας πλην kjj οωτός τψ ττρούο^ίάν μάς κάμ^ν

3© μψ τό ffaTra^^ijÇy oCpavé * και^ γή^ μψ υπομίίνγΐζ réroiov κακό ττοΰ ϊκαμεν à Ύούρκο-Βαρνακίχτης^ ΤΓΟύ χάλαγε τα Κάρβλ/, το Trijps çràst λαυμόν το/ν. Κλαίουν μητέ^δς τά TrcuhoL, ywoùKsç "ai τους άτ^ρας, και oi 6o'3KOÎ τά <7Γξ>66ατα, ζβυγίτΜ τά ζβν/άρ/α,

3 5 κλαίδί κ -η χη yia τά σίταρτά bnoù τά άφααΐαοα(,» Ύούρκοί τον Μόίρκο φώναζαν νά ô'yji νά npooKw^jj^ και Οίλαέτια τοίταζαν νά ίχ άρματωλίκι. «Έ/ώ Zèv γίνομ άττιστος^ 'biv sïv τα φνοίκό μου^ γιατ δίμοα Μάρκος Μπότζαρ-ης^ 6 πρώτος άττ τό Σαύλι.

4ο Έ/ώ Ύοιφκίά ùèv TrpocKWWf τους τταλγιοοφάονίταις' θέλω βαοτά^ει πόλεμον μέ τους Μεαολογγ/τοίς^ και rpjpa Ζύναμες πολλοίς, r^vpa και που^.Ύ,κάρια, άπου βαατούοι τ άρμυατα, ΰτυκανται ΰάν }Μοντάρια.» 0/ γκεμιτζ-ηοες πολεμούν κανόνια καΐ τρουμποίνια,

Ύεγνίταις και μπακόϊ^αοες, αάν φ/οια μανι^μ4να^ ρίχνουν τουφέκια φοβερά, τραβούν και γιαταγάνια, θάνατον oèv ατοχαί,ο'/ται, ρίγνο'/ται càv ΪΜοντάρια' τους Τούρκους άνακράζουαι και τους π;ριγελού<:ι,

soufifre pas, ô terre, n'endure pas le mal que nous a fait le Turc Varnakiotis ; il a ruiné le Karéli et l'a pris sur son cou. Les mères pleurent leurs enfants, les épouses leurs maris, les pâtres leurs brebis, les laboureurs leurs paires de boeufs, la terre même pleure ses semailles détruites. >»

Les Turcs criaient à Marcos de sortir et de se soumettre, et ils lui promettaient des provinces dont il serait capitaine. — «Moi, je ne deviens pas infidèle, cela n'est pas dans ma nature; car je suis Marcos Botzaris, le premier de Souli, je ne me soumets pas à la Turquie, à ces vilains Albanais ; je soutiendrai la guerre avec les Missolonghiotes. J'ai trouvé beaucoup de forces, j'ai trouvé des pallikares bien armés qui résistent comme des lions.»»

Les marins combattent avec les canons et les tromblons,

les autres avec des sabres nus ; les artisans et les marchands,

comme des serpents furieux, tirent des fusils terribles et sont

armés de yatagans. Ils ne regardent pas la mort, ils s'élancent

comme des lions. Ils appellent les Turcs, ils les narguent, et

n'attendent que les renforts pour fondre sur eux. Seuls, ils

ont résisté vingt-deux jours. Jour et nuit, guerre et sans

sommeil, dans le froid. Alors les renforts arrivèrent, les

Péloponnésiens avec Petro-bey et quelques insulaires. Ils

portent les drapeaux de la Morée et les plantent sur le

retranchement. Alors les Turcs furent abreuvés de poison,

132 CHANSONS GKECQUE&

βάρβσαν τά τουμ-τυάκια τονς νά Λ(^ζ»χ<9^ τ άακέρί^ νά 'àoùct y là va κάμΜϋΐ δττύος τους όώσ^ι xaipi, *Ομβρπαοίάς iifKava^tj κράζβι τους ΆρύανΙτους^

« Μονΰτε^ Ύαοχαταραίοί μου, τ ^Wrj ποαιά τββράχία; τώρα τιμψτε τψ Ύουρ/αάν, pt'xôeTs ςτά χαντάκια ' τώρα καιρός ςτ6ν ττ^λεμον hid νά τιμτ^Οούμα^, τώρα νά καζαντίδίΰμβν καΐ νά μ•η vTpOTriacôoùpuv,

65 Τίποτες Zàv μάς Ιμ^ινεν άπ τους MeeoXoy//ra/f, ζΧους μας έντρτπιάαανβ, Ώολι'ταις κγ} *Αρύ'ανιταις, "Όλοι τους ώρκιζ^κανε άμ&τι ^ο\τ/(αμΑττ,, ςτό Μεΰολόγγι νά εμΰούν, νά κάμουν κιαμέτι. 'Ημέρα τάν Χριστουγέννων irpà του νά ^-ημερώσΐ}*

7 ο 'Αλλάχ, Αλλάχ! έφώνα^αν, κ^ ϊκαμαν τα γιουροΰαΐ' και il όρμ-ή των ϊτησεν είς τους Μεαολογγίταις, ως βρίΰκο'/ΓΟ ζεχωρίΰτοι άπα τους Μωραιτως* 'έκαμαν κ ëva ατοχαΰμον, τους είχαν γιά ψαρούς, αυτοί δμως εΰρέυΥι^αν άνορειοι παλ}.7;καράθ8ς,

S S ^tOTi έσκοτώο-ηκαν, τώρα μψ τους ^ρψεΐτε•

ils battent le tambour pour se rassembler et voir ce qu'ils ont à faire. Omer-Pacha crie, il appelle les Albanais, les Tchokatars choisis d' Ali-Pacha: «Où êtes- vous; mes Tchokatars, élèves d'Ali-Pacha î A présent, honorez la Turquie, élancez-vous dans les fossés. Le moment est venu de nous honorer dans la guerre, de nous enrichir et d'échapper à la honte. Les Missolonghiotes ne nous ont rien laissé, ils nous ont couverts de honte, Constantinopolitains et Albanais. » — Tous ont juré par Mahomet d'entrer dans Missolonghi pour y faire le déluge. Le jour de Noël, avant l'aurore, ils ont crié AUahî Allahl et ont donné l'assaut. Leur effort porta sur les Missolonghiotes qui se trouvaient séparés des Moréotes. Ils croyaient avoir affaire à des pêcheurs, mais ils trouvèrent de braves pallikares. Les Turcs mirent des échelles pour monter sur les retranchements, et sous les coups de fusil et sous les coups de sabre, ils tombaient comme des grenouilles. Combien ont péri dans cet assaut! Qui peut le penser et les compter? Deux Hellènes seulement, bien connus dans Missolonghi, succombent, et cinq cents Guègues et Albanais ont péri. Le premier se nommait Nicolas Kakouris, et l'autre Georges Mikroulis. Tous les ont regrettés, parce que c'étaient des braves; ils combattirent courageusement comme des lions terribles. Parce qu'ils ont été tués, ne les pleurez pas; ils sont morts pour la patrie, réjouissez- vous. Ceux qui périssent pour la nation ne meurent pas, ils laissent un

1^ aiANSONS GRECQUES.

&30i ςτό γένος χάνοντΜ hiv îivat πο^αμμένα^ άφ/νονν ivopuz καλόν και πάγουν υο^α>}μ£νοί' ο'ι Ύούρκοί èviKY^ÔrjKaVy φεύγουν και ùiv rr^pows^

go ''FXkrp/sç ζμΜς γαίρο'/τοΛ^ γυ,ουν και τραγοναουν8. Τών Toup/ctfv τά μτταϊράκία μένουν sic τα χαντάκι^ κ οΙ'ΈλΚψες τά μάζαζαν και τάκαμαν (αμάτΐ' CoTspov τά έμοίρα^αν έπάνν ςτά ταμπούρια^ και &3Όί τά έτταιρνανε^ οτύλιζαν τά γαϊόούρια• 95 τότ οί πασάδες ίκλαιγαν άϋάν άττελ'πΐ'ίμένοί^ όιότι άφαν/^^τ^καν και φεύγουν ντροττιααμένοί' οάκρυα ττικρά t/yjam càv τά μωρά πα/ο/α, κτυτΓούδαν και τά ari^ôr^ tùcv μέ άμετρον μανία, Kj] άμέα(ύς ττοϋ έμΛοααι οι ουατυχείς ττοΰΐάοίς

ιοο ττώς ίρχεται 6 'Ghusaeùç μέ ZfiiÎisKa xi}jaù8Çy

Ι05 τί μγ^χαντ/ν ατοχάα^γ,καν ! à οαί μονάς τους βάνει, παίρνουν ΰγρινιά και όένονται νά ϊμβουν ςτο πντάμι. Χ.ιλιοι έτΓτακόΰίοι εχά&ηκαν και τότε, ως μάς το είοοττοίψαν πολλότατοι ΰτρατιώται, "Αν ëXe/i^' -η οιχόνοια απ τους καπεταναίους^

1 10 KJ] άπό καμττό'Ίους άρχοντας, κ ώ:ύμφωνους ' Ρωμαίους, πααά^ες οεν επέστρεφαν ςτόν τόπον τους νά ϊμπουν, νά κάμουν νέαν σύναζιν κ επάνω μας νά ελ^υν.

beau nom et s'en vont avec gloire. Les Turcs vaincus s'enfuient, sans même tourner la tête; les Grecs, au contraire, se réjouissent, ils rient, ils chantent. Les drapeaux des Turcs restent dans le fossé. Les Grecs les ramassent et en font un faisceau. Ensuite ils se les partagent dans les batteries, et ceux qui les prenaient en ornaient les ânes. Alors les pachas pleuraient de désespoir, car ils ont été vaincus et fuient honteusement. Ils versent des larmes amères, comme des enfants sans raison, et frappent leur poitrine avec une fureur effrénée. Aussitôt que les malheureux pachas apprennent qu'Ulysse vient avec douze mille hommes, ils abandonnent leurs canons, leurs mortiers et leurs tentes, et, sans tourner la tête, tels que des ânes, ils prennent la fuite. A Vrachôri, ils s'arrêtèrent au bord du fleuve, car il était rapide, ils craignaient d'être emportés. Quel stratagème ils imaginent ! Le diable vient à leur aide ; ils prennent des cordes et s'attachent les uns aux autres pour traverser le fleuve. Mille sept cents périrent en cette occasion, comme nous l'apprirent nos soldats.

S'il n'y avait pas eu de discorde entre les capitaines et plusieurs chefs désunis, les pachas n'eussent pas rentré dans leur pays pour réunir de nouvelles armées et revenir

contre nous.

{Missolonghi.)

«KoAOKOTPûNH Qooùûp^y πρώτέ μου καιτβτάνα^ μψ ζεττατόν^ς την Τουρκιά, τους μπέι^Ζβς ^fcorôvYjÇ' frêç μας àv οέλ^ς χαζψέ, νά στβίλϋμ ί?α οέλνς,» Κα/ ττίΰω γράμματα 'oTsXsfs, και ττίαα γράμμα STÙMf 5 «Δα* ééXu 'γώ τον χαζψέ, μγ^^έ το μόΐ>Λμμά δος, μόν οέλα τά κδφάλία αας, ςτ Άνάπλ/ νά τά we/X«.» «Βάίτα, κοωμΑ'κ (^66(£ρ•ή, και çù, Κ.ολοκοτρ<ϋντ/' ΤΓβλτά κ ïXff à 'VsciT ττααιάς kjj αυτός ^Ομαρβρίάνι^ς, μεντάτι νά μοΰ κάμΛυνε νά 6γώ νά ττοΪΛμ-ηδα.το

ΙΟ «Ποί £?σα/, (Jpè Κιαμΐλμπετ^, και ου, μττέτ^ Κοροίά/η;' γιά ττάρ τά 'παλ}^τ^κάρία οου και ουλό αου τ ώίκέρί, κ ϊβγα νά ττολεμ-ηιοίμε μέΰ τ 'λναττλιοΰ τψ ττόρτα, να 'o^ç του ΤΙάνου το ΰττα^ί, Γενναίου το τουφέκι, ττώς ΤΓολε,αά κατάκαμττα όίχως Kovèv μεντάτί.η

15 Ύρείς ΎουρκοπουΚοας κάοον^αι εΙς τψ επάνω τάμτηα, έκΚαίγανε τον πόνον τους και το τταράττονόν τους, κλαίνε τ αχούρια γι άλογα, κ γ} άεμο^ιαίς για Τούρκους, κλαίει κ ij μυαύρ rj μττέψα γιά τον Κίαμγ;λ εφένττ;.

(Août 1823.)

Ναχεν ήμερα βροχερ-η και νύγτα ij ττουντίδμέντ^

COLOCOTRONIS.

'«Théodore Colocotronis, mon premier capitaine, ne détruis pas les Turcs et ne tue pas les beys. Dis-nous si tu veux de l'argent, afin que nous t'en envoyions autant que tu désires.» Et il leur envoie une lettre, une missive il leur envoie: «Je ne veux pas de votre argent, je ne veux point de votre or, ce que je veux ce sont vos têtes pour les envoyer à Nauplie.» — «Patience, pauvre Théodore, patience, Colocotronis; peut-être que Reschid pacha et Omer Vrionis vont arriver à mon secours, et me permettre de te livrer bataille.» — «Hé! où es-tu, Kiamil-bey? Où es-tu, bey de Corinthe? Allons, prends tes pallikares, prends toute ton armée et viens que nous nous battions à la porte de Nauplie. Tu vas voir l'épée de Panos, le fusil de Gennœos ; tu vas voir comment il combat dans la plaine, sans aucun secours.» Trois Turques sont assises sur la batterie, elles versent des larmes sur leurs douleurs, sur leurs chagrins. Les écuries pleurent les chevaux, les mosquées pleurent les Turcs, et la pauvre épouse du bey pleure Kiamil-effendi.

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