‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 45 sur 98 · VÉLY BEY ET ASLAN BEY · texte numérisé non relu

VÉLY BEY ET ASLAN BEY

L ÉVÉNEMENT relaté dans cette chanson remante au 30 juillet 1830. Vély-bey et Aslan-bey, petits despotes Albanais, ne cessaient, à la tète de leurs bandes, de semer U ravage et la mort dans les proinnces de Janina, d'Aria et de Prêvéza. Vély surtout se distinguait par sa barbarie et sa cruauté. LÉpire toute entière était couverte de sang et de ruines. Les choses en étaient arrn'ées à un tel point que la Sublime Porte, qui venait de conclure la paix cci'ec la Russie , se hâta d'envoyer le grand vizir, Reschid Mechmet Pacha, à Bitolia, avec mission de rétablir tordre dans la contrée. Celui-ci arriva à la tète d'une artnée régulière, mais il se garda bieti d'attaquer les rebelles; la trahison lui fournissait pour les réduire un moyen plus expéditif et surtout beaucoup plus conforme aux antiques traditions de la cour de Stamboul. Voici donc le stratagème qu'H imagina. Il écrivit à Vély et à Aslan une lettre des plus flatteuses, par laquelle il les engageait livetnait à venir le troia'er pour recevoir la juste récompense de leurs services, et toucher en mhne tefnps la solde arriérée de leurs troupes.

Les chefs Albanais, sans défiance, ne soupçoimèrent pas le piège que leur tendait U rusé vizir; ils se firent, au contraire, un devoir de se rendre à une si honorable imitation, et se présentèrent chez Reschid, qui les accueillit de la plus cordiale façon.

Durant quelques jours, ce ne furent que festins et réjouissances \ mais l'heure du châtiment devait bientôt sonner. Le 30 Juillet, au matin, ils assistaient aux

évolutions militaires de Γ année ottotnane. Ce spectacle, qui avait pour eux Ρ attrait de la nouveauté, excitait au plus haut point leur curiosité. Cependant l'implacable visir avait donné ses ordres. Au moment oit les Albanais s'y attendaient le moins, ton pointa les canotis de leur coté, et, un instant après, les malheureux furent criblés d^ une grêle de projectiles. Un chant populaire, publié par M. Chasiotis, page 21^ de son recueil, raconte que Aslan-bey, malgré les blessures quHl avait reçues , réussit à fuir en montant à cheval; mais Baïram Pacha se mit à sa poursuite, ne tarda pas à f atteindre, et lui trancha la tète.

Άσλάμπεης νταβράντισε, τ' ατι χαβαλλιχεύ», Μπαϊρομ ΙΙααιας τ^ν χυνηγ^, τδ παίρνει ti χζφάλι. L'auteur du chant dont ces deux vers sont tirés applaudit à Γ assassinat des primats Albanais, '^qui ne craignaiatt ni Dieu, ni Mahomet, et ne faisaient pas V aumône aux pauvres.-»

Δέν έφο6ο5νταν τλν θεδ, ούτε xàv Μωχαμέτη, çtàv φουχαρα δέν Ιχαναν 'λότελα {l^pχαμiτι. Une chanson albanaise , relative h ce même événement •nous donne le nom d'un troisième chef tué avec Aslan et Vély. Il Rappelait Abas Thane.

A toi aussi on a tranché la tête; ta tête est allée à Stamboul, et ton corps est resté à Bitolia. Ο Abas Thane, fleur des héros, tu fus brave comme Aslan Poutcheja!

Deux savants albanologues, le Dr. Hahn et M. Demetrius Camarda, se sont trompés en assignant à ce fait la date de 1831. Aravantinos, dans sa Chronographie de l'Épire, le mentionne avec raison à Ρ année 1830. Voici les paroles de D. Camarda: «^11 célèbre Sadrasem Reschid «.Mechmet pascia, per sedare le turbolenze deW Albania « méridionale, convitb i principali capi a Monastir, dave a ^tradimento li fece uccidere, menando strage dei loro v-seguaci.^*

Les victimes, nous dit encore le poète amaute, dans ses vers indignés, furent impitoyablement dépouillées de leurs armes de luxe; pistolets incrustés d'or et de pierreries, fusils a crosse argentée, yatagans damasquinés à la lame recourbée comme le croissant du Prophète, devinrent la proie dune soldatesque avide et sans frein '). Ces terribles représailles produisirent en Èpire ΐ effet qu^on en attendait. Elles inspirèrent aux Albanais une crainte salutaire du gouvernement turc, et assurèrent au pays le cahne et la tranquillité.

') Kewfff Tf /χό^/ αςκρέτατ αρμι, îr/fff«joX«Tf, î jarayave, iè are άονφίιηί i \japt; κούσς re Içhfaii φιρμί\}ίν(; CaMARDA, Appendice al saggio di Grammatologia Albanest. Prato, 1866.

ΐγ2 CHANSONS GRECQUES.

S μας ψόε KJj 6 χυνόττωρος ττικρός, φαρμακαμένος, ό αατραζάμι^ς ϊγραφε ςτό Μοναττηρ" νά ττάμε.-α Στο Μοναττηρι 'πάγψαν, τάν τεμενάν τβ κάνουν.

«Υίάλώς τον τον Βελ^ήμπεψ, φωνάζει 6 αατραζάμτ^ς, καλώς τον τάν Άολάμττεψ, καλώς τα τά irouàia μαν

ΙΟ γιά ΰας ακιαγέτια μωατειλαν δλα τά βιλαέτια' τον κοΰαμπά της Κοζαντ^ς χαλάσετε τε^Μνς, τά Tiawiva χαλάσετε, το νρώτο βιλαέτι.ν — κΆλ-ηοεια, έφέντη, φταίζαμε• νά μας τό συμτΓαύ-ήσγις/η — «"Ολα αας τά αυμπά^ψα, δάς Εχω σάν τταίόιά μον

CHANSONS mSTORIQUES. I73

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