HISTOIRE DU SAGE VIEILLARD
Il y avait dans un pays un vieillard, un petit vieillard, avec ses fils, ses filles, et ses gendres. Π vint une mauvaise année, la contrée fut dévastée et ils se trouvèrent dans un extrême besoin.
Le vieillard appela tous ensemble ses fils, ses filles, ses gendres et leurs enfants, et il commença à leur tenir ce langage : « Mes enfants bien-aimés, mes gendres et vous leurs fils, ne vous désolez pas de cette disette qui est survenue dans le pays, à cause des péchés que connaît le Seigneur tout-puissant.
Mais venez, liez-moi les pieds et les mains, attachezmoi par le cou, emmenez-moi et vendez-moi dans la grande
a60 CHANSONS GRECQUES.
as 6 οεόατετΓτος à A^yoi»
va κυβδ^νγ^^ψε τούτον τον Ιυατνχΐΰμένον •χρόνον.9
Άκονααν αυτοί τον γέρο, κ ϊτηαδαν και Îosaav τον
30 è κ τάς χείρας κ έκ τους ττόάας, KoU ^Μμένον έκ τραχήλου τον ίττηγαν ςτά 'παζάρι ωσάν ακλά&ον, ώαάν loùXoVy tcji dpxiaav και οίαλαλούααν
3 s iTcèf πουλούν βίς τα τταΧ,άρι ëva yépOj γεροντά/α,
4 ο ëva yépoj γεροντάκι'
κ yjvpTÇKav τον πβ καυέτον μ δλψ του την φαμελιά:^, κ είπαν τον κ -ηρωτηΰάν τον αΤέρο, γέρο, γεροντάκι,
et célèbre ville de Byzance, que bâtit Constantin le Grand, le couronné de Dieu, afin d'avoir de quoi passer cette malheureuse année. »
Ils entendirent le vieillard, le prirent, lui lièrent les pieds et les mains, et le conduisirent, attaché par le cou, au marché, comme un captif, comme un esclave. Et ils se mirent à proclamer partout que l'on vendait au marché un vieillard, un petit vieillard.
Les courtisans et les grands ofïiciers apprirent que l'on vendait au marché un vieillard, un petit vieillard; ils allèrent chez le roi et lui dirent : « Prince, prince, on a amené sur la place un vieillard et on le vend au naarché. » Le roi leur dit: «Allez lui demander s'il connaît quelque science d'agrément. »
Les courtisans et les grands officiers se rendirent près du vieillard pour le questionner; ils le trouvèrent assis avec toute sa famille, et ils l'interrogèrent et lui dirent: «Vieillard,
55 ζεύρεις τίττοτβς τεχνίτοαν,η S.iyst τους 6 γεροντάκης• «ίβύρα τέχνψ, άρχοντες μου^ δτί είμαι λίοογνώττης^ και γνωρίζω τά λίοάρια,
65 *Eyy»p/Xtf και την φύαιν των άνΰρωττων και άλογων^ άπο τΐ γενεάν είναι, κ άττά τι φυλψ κρατειώνται,Λ Βλέποντες οι μεγι^τάνοι
75 Λέ/ε/ τους ό βασιλέας' «Σύρτε KQ αγοράσετε τον.»
vieillard, petit vieillard, connais-tu quelque science d'agrément?»
Le vieillard leur répondit: «Je connais une science, mcsseigneurs, car je suis connaisseur en pierreries, je connais les pierres précieuses, telles que, par exemple, les diamants, les émeraudes, les saphirs, les rubis balais, et autres du même genre. Je connais aussi la nature des hommes et des chevaux, je puis dire de quelle espèce et de quelle race ils sont. >•
Les grands de la cour entendant les paroles que disait le vieillard, le sage vieillard, vont chez le roi et lui transmettent la réponse du vieux. Le roi leur dit : «1 Allez l'acheter. »
Les courtisans allèrent pour conclure le marché avec le fils aîné du vieillard, et l'un d'eux lui dit: «Mon bon marchand, combien vends-tu le vieux, moyennant combien de réaux nous le donnes-tu?»» Le fils du vieux leur
85 Λέ/β/ τους ô γυιός τοΰ γίρον «Έξ)7 χίλιάΟΒζ ργίάΚια Ιόατδ fqi άγοράαετέ τον.»
Χέγουαιν οι μεγΐ'7τάνοΐ' αΣάν mXka τάν λές τόν γέρο,
95 Kai μεγάΧ οφφικιάλοι, ^■η χιλιά'όες ργιά^α IOCT8 κγι άγοράΰετέ με, &ς καοώς αύτος αάς λέγει• ούτε γάρ ούτος ήζεύρει
100 τί ΤΓουλει και τι γυρεύει, μψ-ε αεΐς }tèv -ημπορείτε νά γναρίΰΤ/τε το κέρΖος ΊΓοΰ αάς rJλύεv είς το χέρι. »
dit : «< Donnez-moi six mille réaux et achetez-le. » Les courtisans lui disent: «Tu veux vendre le vieux bien cher, tu nous le fais un prix bien élevé; baisse-le un peu afin que nous le prenions, mon bon. >»
Le vieillard leur dit: «Princes, seigneurs et grands officiers, donnez six mille réaux et achetez -moi, comme celui-ci vous le dit, car il ne sait ce qu'il vend et ce qu'il demande; et vous, vous ne pouvez savoir le gain qui vous vient entre les mains. »
Le vieillard ayant ainsi parlé, les grands l'entendirent, donnèrent six mille réaux et le prirent, comme le leur demandait le fils du vieillard. Et aussitôt qu'ils l'eurent pris, ils le conduisirent au roi pour que le vieillard lui fît sa soumission comme à son maître, au maître de sa liberté.
266 CHAMSONS GRECOUSS.
115 ΕΤίέν τον ô ffaatXéaç καί έττρόατα^εν evôéuç va Τϋ hciûKows καμάρα^ va τόν κάμουν κα,ι ταίνι h αφράτο τταζιμαύί^
120 και κροδάκι μίαν κούτταν, νά Ίτερνάχι την ζαην του, Κα/, άφ' ου τάν 'Xevêepàaav, îyo μψες άττεράσαν, φαριν -ήφΒραν ςτό φόρος,
"Ηκουοαν ο/ μεγιατάνοι, ο! μεγάΧ όφφίκίάλο/, ττάν και Xèv τβ ôaoikèuç' «Βασ/λέα, 6aaikéa,
135 f^^t àv ψαι, καούίς λέτε, οίμορφο, κάλο, και ά^/ο, ^όΰτε jqi αγοράσετε το.)) ΪΙηγααιν οι μεγίΰτάνοι κ είτταΰΐν του γεροντάκι^'
Ι40 αΤέρο, γέρο, γεροντάκι, φαριν -ηφεραν ςτο φόρος, καΐ ΤΓουλοΰν το ςτο τταζάρΐ' KTj ωριοεν ό βασιλέας νά aè ττάρωμεν αντάμα.
Le roi le vit et lui fit aussitôt donner une chambre et servir comme ration un biscuit frais et une coupe de vin, pour soutenir sa vie.
Et il y avait déjà deux mois qu'il était en captivité, lorsqu'on amena sur la place un cheval pour le vendre au marché.
Les courtisans et les grands officiers apprirent cela, ils allèrent trouver le roi et lui dirent: ««Prince, prince, on a amené un cheval sur la place et on le vend au marché. » Le roi leur répondit : « Prenez le vieillard, afin qu'il voie le cheval et l'examine; et, s'il est, comme vous le dites, beau et bon, s'il a de la valeur, ofirez-en un prix et achetezle. »> Les grands de la cour allèrent dire au vieillard : «Vieillard, vieillard, petit vieillard, on a amené un cheval sur la place et on le vend au marché, et le roi nous a
I4S va νπάμεν tlç rà φάρος j
va τό *^^ç, va t6 γναρ/δγ]ς.»
Έίτηκύο'η à YspovTOK^Çj Koù ύττηγβν çrà τταζάρι^ και τον μπ<χζαργιάνη ΰρίυκουν^
150 κ εΐττέν τον 6 γεροντάιτης' « ^Αηα^αργιάνν]^ μπα(,οφγιόαη^ ίμαύα ττώς ίχεις άτι και πουλεις το ςτ6 παζάρι• και αν βχ27ί, tffyaké το,
ISS νά τα 'δώ, νά τα γν(ύρΐ<ΐ(ύ άπα τΐ γενεάν «να/, άπα τΐ φν\ψ KpaTBièTat.yi "λκου^εν 6 μπαζαργιάν7;ς κ ίβγαλεν ίζω τό άτι.
'ίΐς τό sTbsv, άπεκρί^• (ίΧοντρομέρι, χοντροκόπρι,
ordonné de te prendre avec nous et d'aller au marché pour que tu voies ce cheval et que tu l'examines. »
Le vieillard se leva et se rendit au marché. Ils y trouvèrent le marchand, et le vieillard lui dit: «J'ai appris que tu as un cheval et que tu le vends au marché. Si tu l'as, amène-le, afin que je le voie et que je me rende compte de quelle espèce et de quelle race il est »
Le marchand entendit cela, et amena le cheval dehors.
Le vieillard lui dit: «Monte sur ce cheval; conduis-le par
ici, fais-le aller par là.» Quand il l'eut vu, il φ: «Ha
de grosses cuisses et de grosse fiente, il est lent à la course.
Ce cheval, à ce que je crois, a perdu sa mère lorsqu'il
était encore petit poulain; on l'a donné à un bouvier qui
lui a fait boire du lait de vache, et il a les mœurs de la
vache. >»
Ainsi parla le vieillard; l'on s'informa du fait, et il se trouva avoir dit la vérité. Et sa ration fut
Κα/, ττερνώντας ούο βψες^ rjkèsv δνας μτταζοίργίαατης
1 8ο έκ τους μακρυνούς τους τάττους, μέΰα άττό τους Ίνοίοας^ τους μεγάλαις και ι:\ουοΊοας* κ ίφβρβν iva TTSTpatif ΤΓολυτίμψ-ο Xiôocpr
185 Kai τό εϊχε φυ}Μγμένο, aè χρυσό κουτί ΟαΧμΑνο.
Πάν κοίί λέν τα ôoLaïkéoiÇ'
1 95 «Βασ/λέα, 6aaikéa^
TjXôev ëvaç μτταζαργιάίτης έκ τους μακρυνούς του; τόπους^ μέαα άττό ταΐς Λνοίαις^ ταΐς μεγάλαις και ΤΓλουΰίοας,
200 κ ϊφερεν ëva ττετράδ/, ΤΓολυτΙμψο λιοάρι, και πουλεί το ςτο τταζόίρι.»
augmentée d'un autre biscuit frais et d'une autre coupe de vin.
Et deux mois s'étant écoulés, il vint un marchand des pays lointains, des Indes, ces grandes et riches contrées, et il apportait une pierre, une pierre précieuse, et pour la garder il l'avait mise dans un écrin d'or. Et cette pierre valait soixante-dix mille ducats tout ronds.
Les courtisans et les grands officiers apprirent qu'une pierre précieuse était en vente au marché. Ils allèrent dire au roi : « Il est venu un marchand des pays lointains, des Indes, ces grandes et riches contrées, et il a apporté une pierre, une pierre précieuse qu'il vend au marché. Le roi
ao5 va rà *δ^, va τα ympis^^ και\ âv ψΜ καοώς Xérst Ζόατ8 Kjj άγοράδδτί το.»
ϊϊ-ηγοΰΐν οΐ μεγιττάνοι^ Koi τόν γβροντάκη π^ραν,
κ yfipYiKcxv τόν μτταζαργιάνη^ και χΜρετισμον τοΰ δ/oow κ είπέν τον à γεροντάκης* αΦίρ« AWU, KûùJy τόν h'êov,
Κα/ εύούζ ωαάν τον εΐοεν, èv τφ άμα άττεκρΐ&ψ «Φέρβτέ μου βάτου φύλΚα, KJn άπα σπάρτον μίαν ^/ζαν^
220 νά κατηΐΰυμεν τον λ/οον, νά ψοφί<ηρ το OKOuXyjKiy που τβ οίίει τόαψ λάμφίν.»
"ΙΙφεράν του βάτου φύλλα, fqj άτΓο αττάρτον μ/αν ρίζαν,
22 5 f<^oci έττρόδτα^εν 6 γέρος, καί έκάττνισε τόν λίοον, κ èv τφ άμα έακοτίαυτ;, και άληύευ<3άν ό yépuv, Kvj αύγατ/ΰοτ; 6 λουφές τβ,
230 άλλτ^ μιά κούπα κρααάχι, κ èv αφράτο ΊΓοζιμαόι,
ΐΐέραααν πάλι Ζυο μψες, ττροζενοΰν τον βααιλέα μ' ëva ώμορφο κοράαί.
leur dit: « Prenez le vieillard afin qu'il la voie et l'examine, et, si c'est comme vous dites, offrez-en un prix et achetez-la. »
Les courtisans allèrent prendre le vieillard et ils se rendirent au marché; ils y trouvèrent le marchand et le saluèrent. Et le vieillard lui dit: «Apporte-moi la pierre, mon bon, afin que je la voie et l'examine.» Et il ne l'eut pas sitôt vue qu'il s'écria: « App)ortez-moi des feuilles de ronce et une racine de genêt, pour enfumer la pierre et faire crever le ver qui lui donne tant d'éclat.»
On apporta des feuilles de ronce et une racine de genêt, et le vieillard ordonna d'enfumer la pierre et aussitôt elle s'obscurcit; et il se trouva qu'il avait dit la vérité. Et sa ration fut augmentée d'un autre verre de vin et d'un autre biscuit frais.
Deux mois s'écoulèrent de nouveau. On proposa au roi une belle jeune fille en mariage, et le roi appela le bon
235 και 6 ΰααίλέας κράζκι ràv καλόν ràv γεροντάχη, και ουμά του τόν καύ/ζε/, και γλυκά γλυκά τον λέγει• αΓ έρο, γέρο^ γεροντάκι,
245 ^ àirà τΐ φυλή κρατειέτΜ.»
250 Kat γλυκά την χαιρετάει• αΚ,αλημέρα ΰου, κυρά μου.ι> αΚαλώ^ -ηλοες, γέροντα μου.»
Αέγει της irahv à γέρων• «ΪΙουναί ij κοίλ-η αου κόρ-η,
255 νά την "δα, νά την γναριαα, άττό τί γενεάν είναι, KJj άτΓο τί φυλή κρατειέταΐ)»
Βγηκεν il καλή -ή κόρη, ϊμττροοοεν ςτο γεροντάκι,
vieillard, le fit asseoir près de lui, et tout doucement lui dit: «Vieillard, vieillard, petit vieillard, va voir cette noble jeune fille qu'on me propose d'épouser. Vois-la, et examine de quelle race elle sort, et quelle est son origine.»
Le vieillard se leva et alla au palais de la noble jeune fille; il y trouva sa mère et il la salua doucement: «Bonjour, princesse. >• * Sois le bien venu, vieillard. »
Le vieillard lui dit encore : « Où est ta jolie fille, afin que je la voie, et que j'examine de quelle race elle sort et quelle est son origine.»
La jolie fille se présenta devant le vieillard; le vieillard la vit et sur le champ il lui dit: «Viens par id, tournetoi par là. » Le vieillard voyant la démarche de la jeune
276 aiANSONS GRECQUES.
265 aTTSKpiôrjKs καΐ itm*
α Κα/ ΤΓουτάνας ονγατέρα, και TToktTtKYjç έγγόνη^ και où ως τα Carspov αου μπάοταράον οέλεις νά κάμ-^ς
270 ΒΪς Wpo^ijv της βααιΚίίας.τ»
Οΰτας ϊλεζεν à γέρων, καΐ έγύριαβν άττίοα, κ yfkùsv βίς ràv βααιλέα, Αέγδί τον 6 άααιλέας*
2 8ο «Κα/" ΤΓοντάνας ουγατέρα, και πολιτικής έγγόνη, KJj αύτη ως το ΰΰτερόν της μττάσταρίον οέλει νά κάμ^ 6Ϊς 'ντροτΓψ της άαΰΐλείας.Λ
290 εϊπέν τον κ έρώτηζέ τον «Γερο, γέρο, γεροντάκι, οέλω νά μέ 'π^ς κ έμενα άπα τι γενεάν ειμυαι, KJj άπο τι φυλψ κρατειωμυαι.^
fille répondit et dit: «Fille de catin, petite-fille de prostituée, jusqu'à ton dernier enfant tu feras des bâtards, au déshonneur de la royauté. »
Ainsi parla le vieillard et il revint trouver le roi. Le roi lui dit: «Vieillard, vieillard, pauvre vieillard, comment as-tu trouvé cette noble jeune fille qu'on me propose d'épouser? »
Le vieillard lui dit: «C'est la fille d'une catin, la petitefille d'une prostituée, et, jusqu'à son dernier enfant, elle fera des bâtards au déshonneur de la royauté. »
Le roi, voyant la grande sagesse que possédait le vieillard, fut extrêmement suφris; il l'interrogea et lui dit: «Vieillard, vieillard, petit vieillard, je veux que tu me dises aussi à moi de quelle race je suis, de quelle famille
295 Kiysi τον à yspovrduojç* «Όμο^έ μβ, CaoiXéa, οάνατον va μη μέ Ζάσ^ζ^ V φυλακψ νά μη μέ 6akj}ç, και νά μη μέ βαοανί'^γις,
300 ιαζι νά αού το ' μαΧογηοα à'ïïà τί γενβάν etoou, tqi άπό τ/ φυλην κρατΒ/έοΜ,Λ Κα/ εύούς 6 βοιαιϊΛας δρκον ϊκαμβ μεγόΐΚον
3© 5 και φρικτόν ςτό γε^ντάκί• «Μα τον ijXjOy τα φεγγάρι, μά την βοαιΚεΙαν πώχα 8Ϊς την κεφαλήν μ άττάνύΰ, ύάνατον νά μη ai }ioÎace,
310 V φ^λακψ νά μη aà βάλν, και νά μη aè βααανίαω* μύνον νά μαϋ φανέρωσες άτΓο τί γενεάν είμοα, KJ] άπα τί φυΚψ κρατείαμΜ,»
je sors. » Le vieillard lui dit: «Jure-moi, prince, de ne pas me donner la mort, de ne pas me jeter en prison, de ne pas me mettre à la torture, et je te révélerai de quelle race tu es et de quelle famille tu sors.»
Et aussitôt le roi fit au vieillard un grand et terrible serment : « Par le soleil, par la lune, par la couronne royale que je porte sur ma tête, je jure de ne pas te donner la mort, de ne pas te jeter en prison, de ne pas te mettre à la torture; mais fais-moi savoir de quelle race je sors et quelle est ma famille.»
Alors le vieillard, enhardi, dit au roi: «Tu es fils d'un boulanger et tu te conduis comme un boulanger; et la royauté que tu possèdes, tu l'as prise contre ton origine naturelle, tu es paysan de naissance.» Le roi entendant cela fit
28ο CHANSONS GRECQUES.
315 τψ βαΰΐϊακη ΰουλτάνα, Kai, ύς rjKôs, τψβ λίγβί• «Έλα "δώ, κυρά μου μΛννα^ και βαΰίΚίκη οουΧτάνα, , οέλ(ύ να μυου φανβρώσΐ};
330 τ/νος γυιός έγώ imapxœy hexTi ô γέρος λέγει ποϊς φουρνάρ-η γυιός υττάρχα^ καί φoυρvάplJ τό^ιν 8χ«, και τψ eaaikilav ττωχίΛ
ΖΑο μα ταττείνοΰσιν και λέγει ' α'Αλτ,οες είττεν à γέραν* 6 ττατηρ σου γαρ υπηρχεν άτεκνος, και κλψονόμον ^èv -ημπόρεσε ν άφησγ]
3SO καί έγέτ/ησα εσένα,
aussitôt appeler sa mère, la sultane royale, et, quand elle fut venue, il lui dit: «Approche ici, princesse ma mère, royale sultane, je veux que tu me révèles de qui je suis fils, car le vieillard affirme que je suis fils d'un boulanger, que je me conduis comme un boulanger, que j'ai pris contre nature la royauté que je possède et que je suis un vrai paysan.»
Alors la mère du roi, la royale sultane, se mit à genoux humblement et dit au monarque: «Le vieillard a dit vrai. Ton père n'avait pas d'enfants et ne pouvait laisser un héritier du royaume qu'il possédait, et cela me rendait triste. Ayant donc vu que le boulanger était un brave garçon, je couchai avec lui, et je te donnai naissance, à toi qui es roi aujourd'hui. >•
Quand le roi eut bien et sûrement appris que le vieillard
355 sic τά Ίτάντα και elç τούτο., άμχτ^α, τα ίίαν/χάχ^, κ siTTs ττρός τα γεροντάκι' αΤέρο, γέρο, γεροντάκι, οέλω νά μΑ φανερώσιις
ττώς φονρνάρ-η γυιος χ/πάρχα,η Ιίέγεί τον 6 γεροντάκτ;;' ΛΪΙώς νά μη aè κατΛλάό'ω νώς φούρναρη γυιος υπάρχεις,
365 'JtoO άντις νά μού χοφίίηυς ^àpOy και χίοριά και aX^jx πράγματα τετιμημένα, νά τιμήσεις και ϊμάνα, νά μέ Ζώαγις άρχοντ/αν,
38ο ϊκαμες εις την αοφίαν, ωαάν ëvaç φύΰμοττούλης,ϊ) Ύαυτα λέγοΒν ό πρεαβύτης, ο ΰοφος Ô γεροντάκης, άπεκρί& à βααιλέας•
avait dit la vérité en cela et en toutes choses, il l'admira énormément et lui dit: «Vieillard, vieillard, petit vieillard, je veux que tu me révèles à quoi tu as compris que j'étais fils d'un boulanger.» Le vieillard lui dit: « Comment n'aurais-je pas compris que tu es fils d'un boulanger, puisque, au lieu de me donner des présents, des villages et autres choses précieuses, au lieu de me combler d'honneurs, de me conférer un titre de noblesse, comme il convient aux princes et aux grands rois, en récompense de mes nombreuses complaisances et des grandes bontés que j'ai eues pour toi, tu m'as donné pour ration un biscuit fiais et un verre de vin; et tu as accordé à la sagesse une récompense vile et grossière, telle qu'il sied à un boulanger. » Le vieillard, le sage vieillard, ayant dit cela, le roi lui répondit: «Tu as dit vrai, vieillard; par-
385 α'Αλτ^ές tiTToç^ M γίρον^ Kod λοιπόν αυγχάρψόν μαι* /cat Ihoù ΤΓοΰ oè χαρ/ζύο ^rj χιλ/άΖοίζ Ργιάϊαα ΤΓύΰΖωκα Kfi άγόρα^ά as•
390 Ky dXkûi εκατόν έζψτα, }iia τα φαρίν ΤΓοΰ μονττες yià va μη τα άγοράαω* καί άκόμγ] ce χαρί'ζύο έ^ομψτα χιλ/ά^οας
395 άλοστρόγγυλιχ οουκάτα hd κείνο τα ττετράόι, τα ΤΓολύτ/μον λί^άρι, ποϋφερεν 6 μπαζαργιάντ^ς, κ είττές ^αοϋ, καί hèv το ττήρα.
40S κ èv τφ άμα τψ έφεραν, κοά έφόρεααν τάν γέρον, καί τον ϊδτείλαν οπίσω είς τάν τότην τβ, μέ Ζόζαν καί τιμψ μ^γάλύντάτψ.
donne moi donc. Voilà six mille réaux, le prix que tu m'as coûté, dont je te gratifie, en voilà cent soixante autres pour le cheval que tu m'as dit de ne point acheter. Je te donne encore soixante-dix mille ducats tout ronds pour la pierre, la pierre précieuse qu'avait apportée le marchand et que tu me dis de ne pas prendre. »
Aussi parla le prince, et il donna l'ordre d'apporter une pelisse de zibeline et d'en revêtir le vieillard, le sage vieillard. Et aussitôt on l'apporta et on en revêtit le vieillard, et on le renvoya dans son pays avec gloire et grands honneurs.
«'Haie //ou, και fcùp ifXis μου, κο^μΛτρίγυ^ιιττι μυαυ, αυτού '\p7j\a πού ττερπατεις και χαμ-ηλά 'γναντεύεις, μψ εΤοες, μ-ην άττάντηαες μικρών τταίόιυν 'πατέρα; ϊ> «ùièv εΐοα, ùèv άττάνττ^αα μικρών τταιοιών πατέρα, λ
S ((Μψ εΤοβς, μψ άπάντηοες των γυναικών τους άνίρας;» ((Μικρορφανούλι άπάντ7;'3α κάτα ςτό σταυροορόμ/, μά 'ταν τα μάτια του y'kapoLt τά χείλια του καμμενα.)) αϊΐού -ήΰουν, ορφανό παιοι, KJj απ τό ύεό 'ργΐΰμένο;» ((ΥΙ^γα ςτη Οειά μου γιά ψωμί) ςτού μπάρμπα μβ ν'άλ>.ά|«,
και φεύγει, και μ εΐοαν τά ^αυέρφια μου και μέ λιοοΰολούνε,» ((Φεύγ^ άπ εμπρός μου, ατριγγ}ακο, kj) άπ τό οεό
ÇUtamepiÀ νά κάτααμεν έμεΐς οι λυπημένοι, νά μαζύΰχοοΰν τά Ζάκρυα μας νά γίνουνε ποτάμι, νά κάμουνε νεροαουρμη νά πάν ςτον κάτου κόζμΛ, γιά νά νιφύούν οΐ άνιφύοι, νά πιουν κ οΐ ωφα^μένοι, S νά πλύνουν κ ji βεργόλιγναις τά ακουφομάνοτ}Λ tuv, νά ρίξουν κ 0/ γραμματικοί νερό ςτά καλαμάρια.
cxxvn.
« Soleil, maître soleil, toi qui fais le tour du monde, toi qui marches là-haut et qui regardes sur la terre, n'as-tu pas vu, n'as-tu pas rencontré le père des petits enfants?» — «Je n'ai pas vu, je n'ai point rencontré le père des petits enfants. Là -bas dans le carrefour j'ai rencontré un petit orphelin, mais ses yeux étaient ternes et ses lèvres desséchées. >• — « OCi étais-tu, enfant 0φhelin, enfant maudit de Dieu?» — «Je suis allé chez ma tante pour avoir du pain, chez mon oncle pour changer de vêtements, mais ma tante m'a vu et a fermé sa porte, et mon oncle s'est enfui; mes cousins m'ont vu et m'ont lancé des pierres. » — « Fuis loin de moi, petit revenant, enfant maudit de Dieu, car tes larmes qui tombent éteignent mon feu.»
cxxvm.
AsSEYONS-NOUS à l'écart, nous qui sommes affligés, afin que nos larmes se réunissent et deviennent un fleuve, afin qu'elles forment un cours d'eau et aillent dans l'autre monde, pour que ceux qui ne se sont pas lavés se baignent, pour que ceux qui sont altérés boivent, que les sveltes jeunes filles lavent les mouchoirs dont elles se coiflent, et que les savants mettent de l'eau dans leurs encriçrs.
ΜλννΧδες ττυχετΒ 'ζαίαιά^ ywaÎKSç ιΤΗχ$τ àvtptç^ άφουκραΰοήτβ να αάς ira τβ γίμίτζ:^ τα 6άρψ "Ενα καράβι αρμένιζε çràv κόρφο ττ^ς Άττα/ΜΟζ^ βαρειά φουρτούνα το βαρείς μ/χίατρΌτραμοιτ^άνα^
εΐ'/ε καί τριά ' Ρύύμγ}67Γουλα ττβ τβς καιρούς έβλεπαν. Ύό ΤΓρώτο βλέπει άποΰπερού^ τ άλ)»ο το μ£':ονύκτι^ το τριτο^ τό μικρότερο, απ Tijv αύγη και ^πίζα, Κ' εβγηκε το ναυτόπβλο τψ χάρτα:ν νά κνττά^^
«Τ/ 'έχεις, 6pè ν(χυτάπβλο, και κλαίεις και λυπείζαι;)) «Τα ε7Ζα, καπετάνιο μβ, ύεος να μψ τα φέργ^! τψ οάλαΰααν οωρώ βοννά, τον κόρφον και μαυρίζει• ταχοήτε, Τούρκοι, ςτά τσαμιά ''Ρωμιοί, ςτά μοναστήρια•
25 Κ^/ δταν τον λόγον ίλεγε, oèv τδχε τελειαμένον,