‹ Recueil de Chansons Populaires grecquesChapitre 75 sur 98 · LES DEUX FRÈRES · texte numérisé non relu

LES DEUX FRÈRES

Une veuve pleurait le matin, une veuve pleurait à midi; elle ne pleurait pas son mari, mais elle pleurait ses enfants. Elle avait un fils marchand, elle avait un fils soldat, elle avait un fils qui étudiait au loin dans la Romanie. Le marchand et le soldat allaient bien ensemble tous deux; le soldat parlait toujours, toujours de la guerre, et le marchand parlait toujours, toujours du commerce. Il revenait de Constantinople où il avait traité des affaires; il avait mille pièces d'or et il avait aussi deux mulets; dans le carrefour il rencontra un brigand: ««Marcliand, lui dit-il, où est ton argent et où sont tes marchandises.» — «J'ai mille pièces d'or, j'ai aussi deux mulets; prends mes mille pièces d'or, prends mes deux mulets, et fais -moi seulement la grâce de me laisser revoir ma pauvre mère.» Il ne prit point les mille pièces d'or, il ne prit pas les deux mulets, mais il tira son poignard et lui en donna trois coups, l'un au côté, l'autre à l'épaule, et le troisième, le plus petit, il le lui donna au cœur. Et il s'en repentit, et il en eut du remords; il se tourne et interroge le marchand: «Quelle est ton origine? lui dit-il.» — «Tu m'as assassiné, pourquoi me questionnestu ?» — «J'en ai tué mille et mon cœur n'a pas été ému et, maintenant que je t'ai donné un coup mortel, mon cœur a été touché de compassion. Ma main a tremblé et mon

25 «Εμείς τριά άΖέλφια έμές^ ivotç t'jv c(/j».<3v V eT^ry Svoîç èyévTov τηρ-ηττ^ς, ίξέβεν ςτά ρασ/α, dXKoç hOv ζτά γράμματα μακρά ςτψ tevirsiavy έγώ ϊμνε ττραγματευττις^ Ικαμνα 'κραγματζίαν, » (ίΚατά ΤΓοΰ λάς^ 'πραγματευτ-η^ εμείς άοέλφία ημες,^

3© "Αί τα χάριν άρπαζα τον και ςτάν γ/ατρόν υπάγει' «Γιατρέ μου κοαμογιάτρεντε, και κοΰμογιατρεμ^ε^ για γιάτρευίον τόν άαελφόν μ\ άτος ôi ν άπουάνγΐ' αν οέλίβς χ^λια^ ίπαρε κ αν ôéXjjç Zvd χι^άΖες^ àv ÔèXç έπάρ τόν μαΰρόν μου ποϋ ατέκ αρματωμένος. »

35 «ΟύΙέ τά χίλια παι'ρ i/cè, oiZè τά Ζυό χιϊααόες^ ovoè παιρώ τον μαΰρόν αου πα ΰτέκ αρματωμένος* άοά ςτά ούο μαχαιραις έγώ γιατρον οά βόυ^Μ^ άύά ςτης κάροιας ττρ/ γεράν, ά'όά γιατρός 'κ έμπαι'νει.» «Κατά μού λές, vè γιάτρε μου^ άτος ôè ν άπο^ώ/β.))

poignard est tombé.»» — «Nous étions trois frères, l'un ne connaissait pas l'autre. L'un est devenu brigand et est allé dans les montagnes, l'autre étudiait bien loin en pays étranger, et moi je me suis fait marchand et je me suis livré au commerce. >» — « D'après ton dire, marchand, nous sommes frères."»

Il le prend par la main et le conduit au médecin. — •« Médecin, toi qui guéris les gens, toi qui donnes des remèdes à tout le monde, guéris mon frère, mon frère qui va mourir. Si tu veux mille pièces d'or prends-les; si tu en veux deux mille, je te les donne; et, si tu le veux, prends mon cheval tout enhamaché. »» — « Je ne prends ni mille ni deux mille pièces d'or, je ne prends pas ton cheval tout enhamaché; à deux des blessures je mettrai un remède; mais, la blessure du cœur, il n'y a point de médecin qui puisse la guérir. » — «D'après tes paroles, médecin, mon frère va mourir. i»

Il tira son poignard et se l'enfonça dans le cœur. Ensemble ils moururent, ensemble aussi on les ensevelit.

( Trébizonde.)

THÉONITSA.

« Qu'as-tu donc, Théonitsa, à pleurer nuit et jour? pourquoi ne me le dis-tu pas à moi qui suis ta mère?» — «Que te dirai-je, ma mère, que te raconterai-je, à toi qui connais l'amour et les peines secrètes ? Je me tenais à la fenêtre, je me mirais, et quand passait mon amant, le diable s'emparait de moi. » — «J'aimerais mieux te voir périr par l'épée d'un

/cil δχί 'Ρωμαία va itdpTiÇt va ysivji; Xpioriarj' κάλλια 'χω, ^βονίτΰα^ ςτόν aà-η va ei 'ècc,

ΙΟ fq] δχί ' Ρ(ύμΐ}ά va 'κάργις^ γαμττρο va τόνε Va. » Κ' ij κόρ-η άτΓο τψ m'fcpcc ψύένηαε Gapetà^ βαρεία 'ττεσε ςτο ΰτρυμα και oè ayjKxh; ττγειά, *Αλ•ηοεια αάν ψτόύαν, 'ττεφάνι βάναν τσι^» κ^ έχτύπα το κεφάλα -η Ύούρκα μάννα τνη*

15 Srav τψ κατεβαζ,αν άπο τη ακαλα τση

μικροί μεγάλοι κλαύααν τα μαύρα ττ^ς μαυ^αά. «Σα àà μ άντιγνάοιάαοννε ςτής Ιϊαναγιδίς την ιτόρτα^ κλαύαετε^ φας μοΜ^ δίΛ/ατά νά μ/ζραυοϋν τά χόρτα, Έραοτη^ ςτον αό-η υάμπα, κ ίλα νά μέ aijTrocaéjjç,

20 yoi χαράν μον άπούα/νω αν και αύ μέ λυττηο^ζ* κάταε και τρίΰμακάριυε, τά κόλλυβα μον φά τα, κλαναε^ πουλί μου, ουνατά τψ νέα ττού α ά/άττα.»

Τό TiavjT] έβαλαν φυλακή νά κάμγι τριάντα 'μέραις, KJI έτταραττέίαν τά βά,ειοιά και κάνει τριάντα χρόνους. Εννιά μ-ηϊααΐς έφύτευαε ςτης φυλακτ,ς τψ ντόρτα, Κ2] άτΓο τα èwia 'φάγε καρττο, έλευτεριά oèv εϊοε. S M/à κυριακη και μιά Καμττρ-η και μιά γιορτή μζγάλγ^, ο Γιάννης άναατέναζε κ -η φυλακή èrapax^rj• βασιλοπούλα τ άκουγε μέ^α ςτην κάμαρα ττη, και στέλνει και τον ϊκραζε γιά νά τον εροίττ^σ^• « Τιάννη., αν ττεινας^ Ιεν γεύεσαι • Τιάνντ;^ αν οιφάς,

οεν ττίνεις; ΙΟ Tiawvjj τ ϊχζις και ολιβεσαι και βαρυαναστενάζειςμ «Έμέ μ έβαλαν φυλακή νά κάμω τριάντα 'μέραις.

Turc, Théonitsa, qu'épouser un Grec et devenir chrétienne; j'aimerais mieux te voir dans le tombeau que la femme d'un Grec qu'il me faudrait appeler mon gendre. ^ — Et, de douleur, la jeune fille tomba gravement malade; gravement atteinte elle se mit au lit et ne se releva plus. Quand elle fut morte on lui mit une couronne et la Turque sa mère se frappait la tête [de désespoir^; quand on la descendit par l'escalier, petits et grands pleurèrent ses noirs cheveux. — «Lorsqu'on me fera passer par devant la porte de la Panagia, pleurez, ô ma lumière, pleurez fortement pour que l'herbe se fane, ό mon amant, je descends dans le sépulcre, viens-y ni'embrasser; je meurs avec joie, si toutefois tu me regrettes. Assieds-toi et récite trois fois pour moi la prière des trépassés; mange mes gâteaux funèbres; pleure, mon oiseau, pleure fortement la jeune fille qui t'aimait."

{Chant de Syrtosi danse naiiotiaL•.)

Jean a été mis en prison pour y passer trente jours; les clefs ont été égarées et il y passe trente ans. Il planta neuf pommiers à la porte de la prison, et des neuf il mangea des fruits et ne vit pas la liberté. Un dimanche, un jour de Pâques, un jour de grande fête, Jean poussa un soupir et la prison en fut ébranlée. Dans sa chambre la princesse l'entendit; elle le fait appeler et l'interroge: «Jean, si tu as faim, ne manges- tu pas? Jean, si tu as soif, ne bois- tu pas? Jean, qu'as-tu donc que tu te désoles et que tu soupires si profondément. >»

«On m'a mis en prison pour y passer trente jours;

328 CHANSOWS GRECQUES.

Kij ετταραπέ^αν τά κλε/οίά και κοαύ» τριώττα χρόνους• κγΐ άττόφε oùVBtpsùnjKat ςτον ύπνο πού κοίμ^ύμονν^ πού μ άλλον τ-η γυναικά μου οέλουν νά τ-ην παντρέψουν.»

Ι s «"Αν Y/vaif Γίάννγ;, αάν ,αού Xi^, και ΰάν μπ αυντυχα/νείζ^ αύρε ςτό αταύλό μ\ ίπαρε τό μ/χυροπαίγνίυίάρ-η^ και μη δέ πάργι ό ύάρρος αου φτερνιά γίά νά τΰ οώ^ί, γίατί αού ΰπέρνει τά μυαλά τού 6'άοου οέκα πτ^χαίζ. Κ^ 6 Γίάννης έπαράκουαε^ φτερνιά υί'νει τβ μαύρου^

2ο KJI άπ τά βουνά πού βρίσκονταν ςτος κάμπους έπίτάχοη^ κ ευρίΰκει iva προεοτά πού ακάφτεί και κλαοεύει• αΚαλώ^ τά κάνεις, προεστέ.» — (ΐΚΜλυςιΤοπα}λΥ/κάρι.Λ «Και τίνος ειν τ αμπέλι αυτό πού cKaiftTBiç και

«Καλώ^ αοίς ηυρζ, άρχοντες, και aè, γλυκεία μου νύφη.» (ΐΚάταε, Γιαννάκη, ςτη χαρά • γιά κάτσε και ςτό γιώμα.» «Δέν ηροα 'γώ yia τη χαρά, οεν ηροα γιά το γιωμα, μόν ηροα γιά τη νύφη σας, όποΰν οικό μου ταίρι.»

les clefs se sont trouvées perdues et j'y ai passé trente ans. Et cette nuit, pendant mon sommeil, j'ai rêvé qu'on veut marier ma femme avec un autre.»

«« Si c'est comme tu me le dis, Jean, si c'est comme tu me le racontes, va dans mon écurie, prends le cheval fringant, mais qu'il ne te vienne pas à l'idée de lui donner un coup d'éperon, car il te répandrait la cervelle à dix coudées de profondeur.»

Et Jean n'en tint pas compte; il donne un coup d'éperon au cheval; et, des montagnes où il se trouvait, il fut lancé dans la plaine. Il trouve un primat qui bêche et qui émonde. — «Bonjour, primat.» — «Sois le bien venu, jeune homme.» — «A qui appartient la vigne que tu bêches et que tu émondes?» — «C'est celle d'un malheureux, celle d'un pauvre déshérité, c'est celle de mon fils Jean, dont la femme épousera aujourd'hui un autre mari. Hier on a pris la dot, et aujourd'hui c'est au tour de la bru.» — "Que Dieu te soit en aide, primat; dis-moi, où puis-je les rencontrer?» — «Si ton cheval est rapide, tu les trouveras à la maison; si ton cheval est lent, tu les trouveras à l'église.»

Il donne un coup d'éperon à son cheval, et il les trouve à la maison.

«Soyez les bien retrouvés, seigneurs, et toi, ma douce épouse.» — «Prends place à la noce, Jean ; assieds-toi pour manger.» — «Je ne suis pas venu pour la noce, je ne suis point venu pour manger, mais je suis venu pour votre mariée, qui est ma propre' compagne. »

ΤςοαΑκβς όαρ/ί' άρμάτονβ ςτη 'Layoït^ νά ιτάγι^ νά κάμγι ΧΧάαχα και Ααμπρ-η μ ονλα τα ΤΓηύΧγ,κά^αα• ςτόν Ζρόμον imov 'τηηγαινΒ^ ςτη ατράτα ττού hctOaiveiy κάτεργα τάν μψύαανε μέ τψ τρομπομ/χρ/να * 5 « Μάϊνα, TaoXaKiÇy τά πανιά, μάΐνα και πάρ τα κάτου. » «Δίν τά μαϊνάρω, μώρ Wa'jià, και hèv τά παίρνω κάτΗ, 6ΐμαι Ύΰολάκης ζακου^τός, είμαι και πονεμένος, ςτην Πο'λ/ /ca/ ςτψ 'Layovpa ειμ/χι ζωγραφισμένος.)) Kj7 άκόμ-η 6 λόος 'àèv τέλειω'3ε και ΰυντυχιά κράτησε,

15 πέατε και χαιρετίσματα εΙς τη γΧυκειά μου μάννα, και ςτΎ] Ζόλια γυναικά μου, [ςτ^ οολια μου γυναΐκαΐ^• δντας άαπρίαγι ό κόρακας και γέν^ περιστέρι, KJJ δντας ΰτερεύσιι -η ^άΧασαα και γένγι περιβο^Λ, τότες, ας το φυλάγουνε, νά ip^rj 6 Ύσολάκης,

CXLVI, TSOLAKIS.

TSOLAKIS mettait une barque en mer pour aller dans le Zagora célébrer les fêtes de Pâques avec tous les pallikares. Dans le chemin qu'il parcourait, dans la route qu'il suit, des galères l'avertissent avec la trompe marine. — «Cargue les voiles, Tsolakis, cargue les voiles et abaisse-les.» — «Je ne les carguerai point, Pacha, et je ne les abaisserai pas. C'est moi qui suis le fameux Tsolakis, et mon portrait a été peint dans le Zagora et à Constantinople. » Il n'avait pas achevé de parler, son discours durait encore qu'il fut frappé à la main droite. La mer est pleine de cadavres et le vaisseau rouge de sang. Il s'adresse à ses pallikares et leur fait ses recommandations : « Si vous allez, pallikares, dans mon pauvre pays, déployez des voiles noires sur mon pauvre navire; saluez de ma part ma douce mère, saluez aussi mon épouse, ma pauvre femme désolée. Quand le corbeau blanchira et deviendra colombe, quand la mer sera à sec et deviendra un jardin, alors, qu'on y prenne garde, Tsolakis viendra célébrer les fêtes de Pâques avec tous les pallikares.»

{Basse Mœsie.)

ΊΙ ΕΚΔΙΚΗΙΙΪ TOT 'ΑΝΔΡΟΣ

Ώμορφονεος άγάιτηΐβ άμορφη ' πΰα^όρ^μέτη^ κ έχα/ρουνταν ςτάν ϊρωτα και çrijv γλυκείάν άγάτττ^' πλψ πίκρα, ςτψ ζεφάντϋαι ϊμε}^^.ε νά φι/τρύσ^ΐ' ό άνδρας ό βοφείόμοίρος τψ ττρούο^ίά λογ/άζεί, S Kai παίρνει τους συντρόφους του^ και ttolsi νά τους

TrhxKxsjj • τΐύρέ τους κ ίξεφάντοναν γλυκά ςτο μυειονίτ^τι^ κ είχανε ττροΰμ/χ την οροσιά, και φατερό τ άττίρια. Ό άνορας ttjv γυναικά του άλύττητα ΰκοτόνει, αΐμάτυύσε τά χέρια του ςτά ατήύ-η πού φιλούσε,

15 κ ϊττειτα το βαρέσανε νά φύγ-β νά μανίσ^' γιά πέντε ^ιμερόνυχτα τ άλογο περπατούσε, hèv έπορπάτειε μάφευγε σάν τού βουνβ ξεφτέρι' ποτάμια^ λόγγους ϊσκισε, και ράχαις και λαγκάοια, τβ σάρκες ' ματϋίύ-ηκανε τού Ζόλιου καβα}Χάρ-η'

2 ο τού -ήλιου ςτο βασ'ιλεμα της πέμπτης της -ημέρας, το άλογο γονάτισε και πέφτει άπο^αμμ^έτ^ο, και άι^υχος τβ κείτεται άπαν ο καβουΧάρτ^ς, KTj άγρια πουλιά μαζώχοτ^καν νά φάνε τά κορμιά τους. ^ιαβάταις επερνούσανε εκείνψε τψ ωρα'

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