‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 35 sur 120 · ANNEES 1547 A · texte numérisé non relu

ANNEES 1547 A

CHANSON

SUR ANNE DEPISSËLEU,

DUCHESSE d'ÉTAMPES.

Cette chanson est sans contredit l'une des plus eurieuses de toutes celles qui se rapportent aux règnes de Henri et de François II. Elle est relative à la disgrâce dont fut suivie, pour la duchesse d'Etainpes, la mort de François l". Elle n'a jamais été imprimée et se trouve dans un recueil manuscrit, de la seconde moitié du xvp siècle, dont je dois commuii}catioti à M. Jérôme Pichon. C'est un volume petit in-folio, relié en velours veit; on lit sifKl^pîemier des soixante quime feuillets dont. il se compose : « Ce livre appartient à damciselle «Marie Coppin, 6$| âe Jean Coppin , escuyer, sei-* » gneur de Laiaie , et de dame Anne de Maiily. » Aux quatre coins sont les éeussous de Coppin, Maiily, Cti»-- \A et du Fargis, qui re|lrésejitent les quatre quartiers de Marie Coppin. Les soixante premiers feuillets con* tiennent des chansons amoureuses, et les autres la généalogie des familles de Breugel et Coppin. La chanson sur la duchesse d'Etampes, la seule du recueil qui soit

liisluriquc, se trouve au feuillet i5, recto. Je dois observer cependant que deux antres chansons (folios 19 et 40] font peut-être allusion à des événements ^îonteoiporains, surtout celle qui a pour sujet un amant tué par un mari jaloux lorsqu'il venait à son premier rendez-vous. L'écriture de ce mannsciit, sans être trrauvaise, ne paraît pas cependant fœuvre d'une main très-habile; on peut signaler plusieurs passages évidemment altérés. La chanson sur la duchesse d'Etampes en offre un exemple qui m'd quelque temps arrêté et empêché de saisir le sens complet de cette pièce, ^a lieu du nom de Poinlhièvre (1), qu'on doit lire, il y a dans le manuscrit Poitierê; ce qui m'avait d'abord fait.penser qu'il s'agissait non-seulement de la duchesse d'Etampcs, dans les pçftfuers cou • plets, mais encore de Diane de Poitierê dans les autres. En comparant les faits connus de l'histoire avec ceux qui sont rapportés dans la chanson, je me suis aperça iM l'erreur du copiste, et j'ai restitué h pièce tout entiërt > à la mattresse de François I". Voici en abrégé l'hfislCFîre' de sa vie.

Anne dePisseleU; née vers 12^8, Tut admise en i^lt' au nombre des fHIes d'honneur de Louise de Savèffe, duchesse d'Angoulême, mère de ï'rançois h'. -Ëfle fat connue d'fibord sous le nom de mademoîsélte de Heilty^ Douée d^nne grande beauté, Anne de KsseleQ succéda bientôt^ dans l'esprit changeant de cviprinoe, auxlàreurs

(1} C*est ainsi ({u'on proncmçait alors le nom de PeuitUtVH, comme le prouve ce passage de Brantôme, daos'soa Dkcomn sur Henri 11 : « Et pour sa principale dame et maistresw. il

• prit (François [*'), après quMi fat venu de priiiMi, madeDMi'- » sclie d'Hcliy, que madame la régente avoit.prise fille ; et le-roy » ne Tavoit point encore vcue qu'à IV-nirevûe de ma dicte dame « sa mère; il la trouva très-belle et à son gré. Depuis, N laMt

• duchesse d'Estampes, et la maria avec M, de Pointievre^ et luy » fist de grands dons et biens. »

dout jouissait Française de Foix, comtesse de ChaleaubriaDt. Vers 1^^, elle épousa Jean de Brosses, ûls de René de Brosses qui, ayant suivi le connétable de Bourbon, fut tué à la bataille de Pavie. Les biens de celte famille avaient été confisqués ; Jean pensa qu'une alliance avec la favorite était ua moyen infaillible de regagner ces biens avec usure. Il ne se trompait pas, car non- seulement il rentra en possession du comté de Penthièvre, mais encore, le 25 juin 1554, Anne obtint pour elle et son mari le cooité d'Etampes, qui fut érigé en duché-pairie par lettres 6à mais de janvier i556; il en arriva ainsi en 1545 pour la baronnie de Chevreuse. De plus, tous ses parente et ceux de son mari furent pourvus d'exeelleîil^ bénéfices. Jusqu'à la fin du rè^ne de François I«' eUe garda sur Tesprit de ce prince le plus c;rand empire. Cependant elle avait à repousser les intrigues des amis du dauphin, et principalement celles de Diane 4e Poitiers. Celte lutte l'engagea même dans des eutre*^ prises crimioelleâ) car il est certain que sur les dernières sonnées du règne de François I", la duchesse d'Etampea fervit les intérêts de Charles-Quint, et, par Tentremise da comte de Bossu-Longueval, livra à TEspagne les se«crets^e la France, Le chansonnier semble raj^peler cette trahison, quand il fait dire à la duchesse qu'elle n'avait pas mérité qu'on lui laissât s^s terres et ses place^^ C*est ce qui arriva cependant, car le roi confirma par lettres-patentes du mois de septembre 1547, la donation da duché d'Etampes, Bien qu'on ait laissé, comme le dit la chanson^ à la maîtresse du feu roi ses rentes et ses places, elle n'en fut p^s plus heureuse : elle vécut seule et isolée dans une maison de campagne, après avoir squ~ tenu contre la famille de son mari et contre son mari lui-même, un procès par suite duquel elle perdit la jouis-

sauce de <>6s biens. On dit qn*elle favorisa la religion réformée. L'époque de sa mort est incertaine; elle vivait encore en 1575.

COMPLAINTE

SI n T.E DUEL DR JARNAC ET DE LA CHATEIGNERATE.

CHANSON

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