SUR LE TOURNOI DE BLOIS
Le duel de Jarnac et La Chateigneraye, aojsujet duquel j'ai donné une chanson fort curieuse, a quelque rapport avec Thistoire des dernières années de faveur de la duchesse dTtampes. Parmi les propos qui causèrent ce duel fameux, on connaît celui que tint, dit-on, Diane de Poitiers : « Madame d'Efampes se console de la maladie du roi dans les bras d'un autre. » Cet autre était le sieur de Jarnac, comme on peut le voir dans les pièces originales relatives à celte affaite, publiées par Le Laboureur, à la suite des Mémoires de Castelnau (t. ii, p. 554). La raison publiquement avouée fut Taccusation d'inceste avec sa belle-mère, portée contre Jarnac ; mais plusieurs historiens ont ajouté que le propos cité précédemment détermina La Chateigneraye à se battre. Brantôme^ neveu de ce dernier, semble aussi 1c faire entendre, et parle à mots couverts d'une dame qu'il ne veut pas nommer. Les premiers vers du second couplet de notre chanson semblent aussi rappeler cette circonstance.
Avant la pièce sur le duel de Jarnac et La Chateigneraye, j'en ai donné une autre dans le même genre et
qui se rapporte à Pavénement de Henri II à la couronne. C'est un récit des fêtes qui eurent lieu à Blois dans cette circonstance. On y parle d*un tournoi dans lequel Henri II fit merveille ^ et d'une mascarade singulière et qui rappelle quelque peu les ancieiines Bacchan:^les. Un détail signalé par les réformistes, et que mentionne en effet notre chanson, a empêché les historiens de parler de cette mascarade. Voici les paroles de Henri Etienne dans son Apologie pour Hérodote :
M Toutefois, je me contenterai d*un seul autre exem- » pie, qui fera que ces priapes ramenez an jardin de plai- » sance,v||^ ces paintures semblables à celles de Philenis » et d^Ëlephantis, nous sembleront à comparaison estre » choses légères et qui ne méritent pas quasi qu'on en » parle. Cest exemple est d'un esbatement qu'on prit à » Blois à rentrée du roi Henri deuxième de ce nom, de
«faire despouiller un nombre de p (et principale-
M ment de celles que les Italiens appellent ffaciate; et, » estant toutes nues ainsi que quand elles viudrent du » ventre de leurs mères, les faire monter sur des bœufs, » et sur iceulx, en tel équipage, faire leur monstre par- » tout où sembloient bon à messieurs qui les suivoient, » faisans office de picque-beufs (1). »
Henri Etienne, suivant l'usage des satiriques, exagère un peu quand il dit un nombre de filles nues; la chanson ne parle que de trois. Malgré tout, ces deux témoignages d'une nature b*cn opposée suffisent pour attester la réalité de cette siogulière représentation.
(1) Apologie pour Hérodote, chap. xii.
CHANSONS
SIIB LA PRISE DE BOULOGNE, LA BATAULE DR BBNTT, ET SUB LE SIEGE DE METZ.
Je D*ai que peu de mots à dire sur les six chansona relatives à ia prise de Boulogne, à la bataille de Renty et au siège de Metz. Celles qui se rapportent à ce der** nier événement sont les plus curieuses et ont eu beaucoup de célébrité. On peut lire les détails de oatta action fameuse dans les mémoires du temps, et Bertrand de Salignac, seigneur de La MotheFénelon, témoin el ae* teur de ce siège, en a écrit une relation détaillée (i). Je me contenterai d'y renvoyer, en observant toutefoia 411a dans les quatre chansons composées par les soldats frai^ çais> on trouve sur chacun des grands capitaines qui eurent part à cette action des détails curteoi et dOQ* veaux*
CHANSONS