DU RÈGNE DE FRANÇOIS I
Je n'ai que peu d'observatiohs à faire sur ces dilféf entes chansons. Elles sont pour la plupart consacrées ail récit des événements divers qui ont signalé la lutte entre François P"^ et Charles Quint. Cette lutte est trop
(1) Art de yériiier les dates» édit. iu-foi.» t. m, p. 57é
(2) Ibld., t. H, p. 793. •
célèbre et trop bien connue pour que j'aie besoin d'en rappeler les faits principaux; aussi je me contenterai de quelques observations sur certaines de ces pièces.
La chanson qu'un compagnon aventurier composa à Foccnsion dos victoires remportées sur la mer par les mariniers de Dieppe est fort curieuse ; elle se rapporte, je crois, aux expéditions qui furent entreprises pendant le cours des années 15&4 et 1555.
Les trois pièces qui la suivent ont consacré le souvenir du siège de Péronne, que le maréchal de Fleurange sut faire lever aux troupes impériales avec une si grande ba^ bileté. Elles ont été composées par les aventuriers français, ainsi qu'on le voit au dernier couplet de la troisième de ces chansons :
Qui fist la chansonnete Ung noble adventurier Qu'au partir de Péronnc N'avoit pas ung denier.
Ce qu'il y a de remarquable c'est qu'on y trouve les mêmes formes et presque les mêmes vers que dans la chanson sur le siég^ de Marseille, dont j'ai parlé précédemment. La gloire du maréchal de Fleurange y est fort exaltée, on y parle aussi beaucoup du comte de Damp* màrtin , qui fut tué en effet pendant les opérations de ce siège.
De même, Jehan Lescot^ compagnon aventurier dauphinois, se déclare l'auteur d'une chanson fort curieuse relative à la campagne du Piémont.
Le caractère de la complainte populaire se retrouve encore dans la chanson composée sur le mariage de Ma* deleine , fille de François I«% avec Jacques Y, roi d'É--
cosse. Cette alliance tiVut pas lieu sous d^heureux auspices. François I«^ était au plus fort de sa lutte avec Cliarles-Quint; et les troupes impériales envahissaient une grande partie de la France. Aussi trouve -t-on dans les historiens fort peu de détails sur ce mariage. Cependant je lis dans les Mémoires de Martin Du Bel* lay, sous Tannéo 1536 )' n Le roy> dés-lors qu'il eut » donné ordre à Lion pour toutes les frontières de son » royaume, deslogea de Lyon ; et sur le diemin au haut I» de la montagne de l^rare, entre le dit lieu de Tarare » et Saint'^Symphorten , où y a un lieu qui s*api>elle n La C«hapeUe ^ auquel keu estant Ift au disner le vint » trouver le roy d'Ecosse^ »
Du Bellay, après avoir rappelé que et roi amenait au secours de François P' seize mille hommes, ajoute qu'il accourut en toute diligence pouif ne pas manquer à la bataille que Char1es->Quint allait Fivrer, il apprit en chemin la retraite des Impériaux î « Ce qui fut occasion » qu'il modéra sa diligence. Mais> continue Du Bellay, » le roy envoya au-devant de luy pour le hasler et qu'il » lèTssast venir son train après; et trouva le dict roy » d Ecosse ainsi que j'ày dict cy-devant^ à la ditte cha- * pelle, au quel lieu il fut grandement reeueilly du roy. y Et après plusieurs autres propos luy demanda Tune de » ses fil les en mariage» »
Bien que François F^ vit dans ee projet des diCQeullét assez grandes à cause du roi d^Angleterre, il ne voulut pas cependant refuser Jacques Y, « considérant la » franche volonté dont il avoit usé envers luy^ considé* » rant aussi Tancienne alliance des deux royaumes de * >» Frftnee et d Ecosse » et que le père du dit roy estoit M mort en bataille pour la party du feu roy Louis dou* » aième) m luy voulut au^sy plainement accprder, mais
» remist la chose en délibération d^entre eux deux après » que le dit roy aoroit veu la dame. »
Cette entrevue fut, à oequ il parait, favorable à la jeune princeise, car au commencement de Tannée suivante, le roi étant à Blois, dit Martin Du Bellay, « fut conclu le M mariage du roy d*Éco3se avec madame Madeleine et là » furent fiancés, remises les nopoes à faire à Paris. uËlles furent célébrées à Paris le !•' janvier 1557, dans Téglise de Notre-Dame ; le repas des noces , qui fut probable* ment la seule fête donnée à cette occasion, eut lieu dans le palais épiscopal.
Madeleine, née à Saint-Germain en-Laye le 10 août 1520 , était la troisième fille de François h'. Elle ne vécut pas long- temps dans cette sauvage Ecosse, où elle vint sî triste de quitter Blois, la cour,. ses compagnes, et Celui qu'on avait fait mourir méchamment et qu'elle regrettait avec tant d'amertume. Six mois après, le â juillet de la même année, elle mourut. £c cependant Jacques Y, son mari , n'était pas un prince ordinaire* Plein de courage et d'habileté, il avait aussi de grandes qualités de cœur, et quelques -historiens Pont surnommé Jacques^le-Bon. On peut lire dans THistoire d'Ecosse, par Walter Scott , plusieurs traits qui font honneur à ce prince (i).
La chanson sur le mariage de Madeleine est extraite d'un petit volume appartenant à la Bibliothèque royale. Il est intitulé : Le fiecueil de toutes lee sortes de chansons nouvelles, rustiques et musicahs, et aussi ceux qui sont dans la déploration de yénus; Lyon, 1555,
(1) Histoire d^Ecosse, chap. xxiv, t. xxvr, p. 221 et suiv. des Œuvres complètes, traduites en français par Defauconprei ; Paris, Goiselin , 1830, in^*.
Les a^nturîers français ne se sont pas bornés & célébrer les différentes victoires auxquelles ils avaient pris part : ainsi, des quatre chansons composées sur la paix qui eut lieu en 1538, deux leur appartiennent. On y trouve un récit des cérémonies et des fêtes qui furent célébrées dans cette mémorable occasion.
Des huit pièces qui tenninent Tbistoire politique du règne de François I«% les plus curieuses appartiennent sans contredit aux compagnons aventuriers. Dans la première, il est question d'un certain Da nobis, gentil coiQpégnon, pendu pour ses méfaits à Rouen, sans doute par suite de Tordonnance de Érançois P^* dont j'ai parlé au commencement de cette notice.
Celles qui suivent ont été aussi composées par les aventuriers; elles se rapportent aux guerres qui eurent lieu en 1545 dans la Picardie et T Artois. On y raille beaucoup le comte de Nassau et les Hennuyers qui combattaient sous ses ordres, du mauvais succès de leurs attaques ; enfin ces chansons renferment des détails curieux au sujet d'une victoire remportée sur les Impériaux par les Français entre Saint-Pol et Béthune, auprès d'une petite ville appelée Fins. Du Bellay, en terminant le neuvième volume de ses Mémoires , parle des avantages obtenus par les Français dans cette guerre , mais il ne dit rien des faits constatés par les chansons dont je parle. Je les ai copiées dans un petit recueil appartenant à la Bibliothèque royale, d*après un exemplaire original imprimé en caractères gothiques et dont voici le titre en entier ; s'ensuyt la rencontre
ET DESCONFITURE DES HENNOYERS , FAICTE ENTRE SAINT-POL ET BETUNE, ET A LA JOURNÉE DE FIN, FAICTE DES HENNOYERS PAR NOZ GENS MIS A FIN ET MOULT FORT ANOYEZ AVEC LA SUMMATION d'ARRAS; ET SE
CHANTE SUR LE CHANT : ffÉLAS ! JE L'AY PERDUE CELLE QUE J*AYMOIS TANT. ON LES VEND A PARIS, EN LA RU« NEUVE NOSTRE-DAME, A L'ENSEIGNE DE L'ESCU DE FRANCE.
Les deux chansons sont précédées d'une pièce de vers écrite par Tun des aventuriers et qui contient le récit du combat. On y fait principalement Téloge du capitaine de ces aventuriers, appelé Mailiy j voici cette pièce, qui est assez courte :
Vive le roy et sa noble puissance , Venant en bruit , en triunfle et crédit; » De par le Dieu qui a la congnoisssance Des batailles , ainsi comme Ton dit ; C'est Mars lequel eu ses faictz Tenhardy, Car tout partout de luy obtient victoire. Et mesmement de Pasques le vendredy Mailly en fit une neufve mémoire.
Entre Sainct-Pol et Tantique Belhune, Dessus la terre de nos faulx ennemis, Fusmes courir, comme est nostre coustumé , Trente chevaulx et deux cens et demy Adventuriers , à quoy fusmes commis^ De par du bien et prismes bonne proye , Vaches , chevaulx et villains du pays.
Nostre cas fait, retournâmes en voye.
Au point du jour Mailly, nostre capitaine , Ung bataillon fit faire à sa devise De ses gens à plaine compaignie , Puis sen alla rede comme vent de bise , A Contay, où est la forte église , Donner assault, combattre main à main ; Ce oncques tel fort sans tret ne fut acquise Les maillotins sont drois passé Rommains.
Quant vint au fort^ onc homme print tel peine Que fist Mailly pour bien cscarmoucher ; D'aultre coslé capitaine d'enseigne Sur tous les autres se voulut avancer, Tant qu^il se fist par conipaignons hausser, Depuis entra en une verrière , Le lieu conquit et inonta au clocher ; Tel homme doit bien porter la bànière.
Incontinent, vecy la villenye Et martingault qui Commence à sonner ; A tous costez c^est droicte jacquerie , Mais nonobstant ne laissasmes à mener Nostre bulin et plusieurs prisonniers; Deux lieux de long nous donnèrent la casse Tant que nous y convint la bataille donner, Yiclorieus demourasmes en la place.
Yueillez sçavoir que en icelle bataille Le marichal des logis tint la main.
Sus son cheval, découvrant la chenaillei Vint à dire icelluy Sainct-Romain :
Cappitnine y sans atendre à demain , Chargeons sus eulx, ce n^est que viilenie. A ce mot les François aussi roide que daims Sont reloui'nay et de chère hardye.
Oncques Priant ne tous les filz d« Troye Telle prouesse ne passa par leurs mains. Par quoy Françoys doivent avoir grant joye^ Il estoit bien dix contre ung du moins
Père , enfans « cousins germains , Et Allemens qui leur pointe faisoient )
Saichez qui sont passez par ninins Et mis à mort^ Dieu leur ame pourvoye !
Remémorés la prouesse et vaillance Du capitaine qui est nommé Mailly; Jamais lion ne bâtit à oultrance Son entiemy comme a fait celuy ; Deux de ses frères a voit avec luy Qui ont faict fer en icelle victoire , Oncques bon sang ne peut fàilly ; A tout jamais il en sera mémoire.
Alors sergens, gens et officiers de bende Ce sont getlés à pied comme il fut dit,
La picqUe au poing et alfin que on Tattendè. lis ont acquis ce Jour là bon Credy.
Ccut de Hédin furent à la boucherie.
Botirgulnons, ne ^oy^z plus si liiittly De voslre faiot^ c« n'est que mocquerie.
Le crônique fut fait et composé Le jour saint Marc, environ minuyt, D'un comp^igtibn qui à mainte jôufnée En la guerre detnene sôh déduit.
De rhétorique il h^eit pas fbtt aduit ; Dont, sUl Vous plaist, le tiendrez eti èxcusiê; SMl a failly, point n'en fauU faire bruit \ Peu faict chopper se ung homme ne se abusei
La dernière des chansons politiques relatives au règne de François P^ est une complainte satirique sur la mort de Philibert d'Orange , prince de Nassau , tué au siège de Florence ^ à peihe âgé de trente ans. Brantôme a écrit son éloge dans la Vie des capitaines étrangers (i). Ge fut par dépit que ce prince devint Tennemi de la France : » Estant venu trouver le roi pour luy offrir son
(1) Tome t ttes ŒttVTes complètes » p. 187.
M service, avec fort belle compagnie, le jour du baptême M de monsieur le dauphin , le roy n*en fist le cas qu'il » devoit ; et mesmes ({ue le logis qu'on luy avoit marqué » et donné luy fust osté et donné à un autre; grande » faulte , ajoute Brantôme , dont il partist fort mal con- '> tent et de despit s'en alla trouver Charles d'Autriche, » qui fust du depuis empereur, pour s'offrir à luy, qui » ne le refusa pas. »
Le prince d'Orange , après que le connétable de Bourbon eut été frappé mortellement au moment d'assiéger Rome, prit le commandement des troupes; plus tard, il combattit souvent avec succès contre les armées françaises. Il ne faut pas être surpris si la fia malheureuse et prématurée de ce vaillant homme de guerre n'a fait qu'exciter la moquerie de nos soldats.
Parmi les indications de chansons historiques relatives aux règnes de Louis XII et de François h' qu'on rencontre dans les œuvres de Brantôme, j'ai recueilli quel* ques vers d'une complainte sur les amours du dauphin François, et sur la mort imprévue de ce jeune prince, qui fut , dit-on , occasionnée par le poison. Cet événement, l'un des plus lugubres du règne de François P^", en esc aussi l'un des plus obscurs. Malgré le supplice que le roi fit subir à Lyon au comte de MontecucuUi, qui versa, au moins les juges le déclarèrent- ils ainsi, le poison dans la coupe du jeune prince, il est encore incertain si la mort de ce dernier fut violente ou naturelle. Brantome nous a conservé le récit que l'on faisait à la cour de cet événement (1). Je regrette de n'avoir pu retrouver le texte complet de la chanson sur la maîtresse du prince, car il est certain qu'on y parlait de sa mort. Rien de plus
(1) Brantôme, Œuvres complètes, t. ii, p. 261.
bizarre que la réticence de Brantôme au sujet du nom de cette maîtresse, lui qui se vante de l'avoir eue pour cousine germaine, « fille de ma tante, dit-il, sœur de mon père(l). » C'était mademoiselle de TEstrange, fille d'honneur de la reine, celle-là même dont Clément Marot a dit dans ses Étrennes :
A la beauté de TËstrange,
Face d'ange, Il donne longue vigueur^ Pourveu que son gentil cueur
Ne se change.
La chanson que j'ai rejetée à la fin du règne de Fran • çois I» est fort curieuse. C'est une suite de couplets dans lesquels l'humeur, la condition diverse des beautés les plus célèbres de laconr sont indiquées sous le voile d'une allégorie ; ou les compare chacune à une des constellations.
C'est principalement depuis les premières années du XYi* siècle que la cour de France a mérité cette réputation de politesse et de galanterie qui l'a rendue célèbre chez tous les peuples de TEurope. Une des causes qui ont le plus contribué au développemept de cet esprit de politesse , c'est l'usage qui s'est peu à peu établi de réunir à la cour un certain nombre de femmes, et de les attacher particulièrement à la personne des reines ou des princesses du sang royal.
S'il faut en croire Brantôme , Anne de Bretagne a établi l'usage que les reines de France fussent accompagnées d'un nombre plus on moins considérable de dames chargées de les suivre partout : « Ce fut la première,
(1) T. If, p. 259.
* dit-il, qui commença à dresser la grande court dés M dames que nous avons veue depuis elle jusques à cett w heure , car elle en avoit une (rès-grande suite , et de :. dames et de filles; et n'en rerusa jamais aucune, tani » s'en faut qu'elle s'ecquerroit des gentils hommes leurs » pères qui estuicnt à la cour, sHIs avoieut des filles et M quelles elles estoient, et les leur demandoicnt. »
Malgré Pimportance d'un pareil témoignage, il ne faut pas croire que la cour de nos anciens rois ait été complètement dépourvue de femmes. En attachant à sa personne tout ce que la noblesse comptait de dames illustres, Anne de Bretagne donna seulement plus de solennité à un usage depuis long- temps établi. Il suffit de parcourir les comptes de déi>cnses de la maison royale pour s'assurer que depuis Philippe- Auguste jusqu'à François I*' plusieurs dames, prises dans la noblesse, accompagnaient toujours la reine. Le nombre , à vrai dire, n'en était pas aussi grand que sous Anne de Bre«tagne, Éléonore d'Autriche et principalement Catherine de Médicis. A cet égard, le témoignage de Brantùme ne doit pas être révoqué en doute. C'est, du reste, ce qu'il a voulu dire, comme le prouvent les détails fort curieux qu il ajoute sur l'étiquette introduite par Anne de Bretagne dans le service particulier de sa personne.
Cette coutume, bien loin de se perdre sous les règnes suivants, ne fit que s'accroître, et Ton sait tout le parti que l'astucieuse Catherine de Alédicis en tira.
L'on s'était si bien plié à cette mode , que sans les dames et filles d'honneur de la reine , il semblait que la cour ne pouvait exister ; ainsi Brantôme dit à ce sujet : (« Bien souvent ay -je veu nos roys aller aux champs, » aux villes et ailleurs, y demeurer et s'esbaltre quelques » jours et n'y mener point les dames: mais nous estions
M 8i esbahis, si perdus, faschez, que pour huict joura que » n^us faisions de séjour séparez d'elles et de leurs beaux v » yeux , ils nous paroissent un an et tousjours à sou*^- » Jïaitcr (1). » ■■ ,■
Ce fut principalement sous le rî*gne de François l*f que Tusage de réunir à la cour les femmes et Icii filles dei plus iprands seigneurs du royaume fut établi. Lei habitudes galantes de ce prince et de tous ceux qui l'environnatent en furent la principale raison. Non seulement il «e oomplaisttit dans les intrigues gnlantes, mais il aimait beaucoup à y voir iti autres occupés. « J'ai « ouy conter à aucuns, remarque Brantôme en ses Dameê » GalanH^i'è)^ qu'il voiiloit fort que les lionnestes gen- » tiJs hommes de sâ eour ne fussent jamais sans des >» maîtresses $ et s'ils n'en faisoient, il les estimoit des » fdts et des sols; et bleu souvent aux uns et aux autres » leur en demandoit les noms et promcttoit les y servir >» et U'ur en dire du bien, tant il esloit bon et familier ^ « et souvent eussi, quaiid il les ? oyoit en grand arrai- » E0nn€«ient avec leurs maîtresses, il les venoit accoster » et kur demander quels bons propos ils a voient avee «elles; et s'il ne les (rouvoit bons, il les corrigeoit et » leur en apprenoit d'autres. »
Ceshabitudes Jointes au grand respect que FrattçoisF'* voulut toujours qu'on eût pour les femmes, coniribuèrent à développer pendant son règne cet esprit de politesse dont là bonae compagnie ne s'eét jimaais plus éloignée à l'égard des femmes.
Dans la chanson si Lien appelée le del de la coût*, toutes les femmes qui se signalèrent par quelque intrigue
(1) Capitaines illustres françois , t. i. François I". (3) piseoitn vu^ t. vu de l'édit» Ind* , p. 5Ja^
8ont désignées sous le nom d'une constellation; on trouve cette chanson dans le premier volume d'une collection fort curieuse de chansons historiques toutes relatives à la France du xvr au xvm« siècle. Cette collection, composée de trente cinq volumes in-folio, après avoir été formée avec beaucoup de soin par le ministre de Louis XVI, M. de Maurepas, fait partie du cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale.
A la marge des différentes pièces de cette collection, on lit de petites notes historiques dans le genre de celles que je reproduis au bas des couplets du Ciel de la cour. D'après ces notes, le séraphin du seizième couplet serait le cardinal de Lorraine. Les lignes suivantes, que je copie dans les Dames Galantes de Brantôme, pourront faire juger si ce prélat méritait de figurer dans cette chanson.
« J'ay ouï conter que quand il arrivoit à la cour quel' » que belle Aile ou dame nouvelle qui fust belle , il la » venoit aussi tost accoster, et l'arraisonnant, il disoit » qu'il la vouloit dresser de sa main. Quel dresseur ! Je » crois que la peine n'csloit pas si grande comme à » dresser quelque poulain sauvage. Aussi pour lors di- » soit-ou qu'il n'y avoit gnères de dames ou filles rési- » dentés à la cour ou fraischement venues qui ne fussent » desbauchées ou atrappées par son avarice et par la » largesse du dit cardinal ; et peu ou nulle sont-elles » sorties de cette cour femmes et filles de bien. Aussi » voyoit-on pour lors leurs coffres et grandes garde- » robbes plus pleines de robbes, de cottes, et d'or, et » dVgent, et de soye, que ne sont aujourd'huy celles M de nos reyncs et grandes princesses (i). »
(1] Daines Galantes, tome vu, p. 530 des Œuvres complètes.
RBGHB BB LOUX8 ZXX