‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 50 sur 120 · PAR DU BELLAY · texte numérisé non relu

PAR DU BELLAY

[ Je ne puis dissimuler L'amitié que tant je prises Aussi ne veux-je celer Qu'en prenant je ne sois prise.

Puisqu^Amour m*a fait connoltre Que PHonneur en est le maitre, Je n'ai crainte qu'on la voie, Et veux bien que chacun Toie.

Car ce qui est louable à le penser Ne doit point Tceil ni Toreille offenser.

l Ce n'est folle affection Qui me tient en servitude, Mais une obligation Pour fuir ingratitude.

Ne pensez donc que je l'offense Ni moi ni ma conscience Quand un tel ami j'honore, Ou plutôt quand je l'adore, Car sa vertu ne se doit moins aimer Qu'ingratitude accuser ou blâmer.

5 Je laisserai donc parler

Ceux qui font de moi leur conte ; Un point me peut consoler Que ne puis recevoir honte, De leurs langues ne me garde Ayant Thonneur sous ma garde.

Celui qui aimçr me daigne, Me conduit sous son enseigne^ Et à bon droit celui qui garde honneur^ Car il est peint au vif dedans mon cœur.

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